Suite au naufrage de leur chaloupe et la perte des leurs, des Athéniens échouent sur une île imaginaire
L'île des esclaves.
Iphicrate, le maître dominateur, "le patron" ayant pour une fois perdu son gourdin; Euphrosine,la maîtresse coquette,superficielle et narcissique;Cléanthis, l'esclave pleine de ressentiments;Arlequin, l'esclave bienveillant et touchant et Trivelin ancien domestique devenu maître de par son autorité naturelle, se trouvent confrontés.
Le temps de la cohabitation,Trivelin (maître du jeu, donneur de leçon d'humanité) dont les ancêtres "irrités de la cruauté de leurs maîtres;quittèrent la Grèce et vinrent s'installer" sur l'île, va établir les règles et faire échanger les habits (donc les rôles).
Loin du léger marivaudage, malgré son côté farce, cette pièce de théâtre (au riche registre émotionnel), profonde, parle de pouvoir,de politique,de rapports sociaux, d'inégalités,de séduction,de fausses apparences, de l'identité (être soi sans les autres) et de l'exploitation (l'esclavage n'ayant été aboli qu'en 1848).
L'île des esclaves de Pierre Carlet de Chamblain de
Marivaux(dramaturge,romancier,journaliste et moraliste du XVIII° siècle) est à rapprocher de L'utopie de
Thomas Moore, une autre île imaginaire, une autre étude de société utopique.Deux classiques incontournables!