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L'employé de
Jacques Sternberg
Dans la salle de bain, le plafond était bas, plombé, menaçant. L'océan arrivait jusqu'au grand mur (...). J'entrai dans l'eau après avoir consulté une carte des environs, qui m'indiqua que je devais me trouver un peu à gauche des Philippines. Je me laissai descendre au fond de cet abîme. Lorsque je m'arrêtai, après cinq heures de plongée, j'étais dans un pré. (...) Avais-je rejoint, par le fond des mers, l'Europe ? On peut le supposer, car une borne Michelin m'indiquait que je me trouvais à deux kilomètres d'Auxerre. ne connaissant pas du tout la région, je me perdis en trente secondes. Une première fois, j'eus la chance de me retrouver par hasard au coin d'une rue.
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Univers zéro de
Jacques Sternberg
LA TIMIDITÉ
Il avait un tel souci de ne pas causer de dérangement qu'il referma la fenêtre derrière lui, après s'être jeté dans le vide du haut du sixième étage.
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L'employé de
Jacques Sternberg
D'invisibles vitres se brisent, des tentacules striés de nerfs humains tentent d'échapper à des dangers imaginaires, des contours se distendent comme des élastiques. Partout des formes montrent les griffes, des fuites s'offrent des sols blêmes qui basculent, puis disparaissent, pendant que des hasards s'opposent aux sons, entamant des procédures subtiles avant de se dévorer à belles dents. Des théorèmes sans chiffres et sans preuves s'effondrent dans leur gratuité, des incidents perdus creusent la nuit comme des taupes et, tandis qu'une échéance se redresse du fond de sa déchéance, une coïncidence manque son coup, puis vacille pour aller s'enliser dans un vacarme privé de cause.
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Par grisette, le 27/09/2010
Vivre en survivant : Démission, démerde, dérive (Collection L'École buissonnière) de
Jacques Sternberg
Je ne suis jamais entré dans un bureau sans me demander comment m'en échapper
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Par aleatoire, le 08/05/2011
Le Coeur froid de
Jacques Sternberg
le regard qui me liait à elle ne pouvait être qu'un regard empoisonné, décisif. Je savais déjà que ce regard avait plus d'importance que les multiples évènements qui avaient éclaté dans ma vie. Il était mon point de jonction ma vérité.
J'avais ouvert une porte, j'avais posé une seule question, j'avais reçu une seule réponse. Mais ce dialogue presque abstrait avait plus de poids que les millions de mots dont était jonché mon passé.
J'étais pris.
Ce passé d'ailleurs ne me concernait déjà plus. Ses prolongements ne pourraient plus me rejoindre dans l'avenir.
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Par Lali, le 31/01/2011
Dieu, moi et les autres de
Jacques Sternberg
La déception
Le premier jour, Dieu se créa lui-même. Il fallait bien un commencement à tout.
Un commencement qui le laissait insatisfait. Il était assez lucide en effet pour juger qu’il aurait pu être plus réussi. Physiquement et moralement surtout, car il se trouvait bourré d’insupportables défauts. Parmi lesquels la vanité, la susceptibilité, l’agressivité, l’intolérance, la mesquinerie et la cruauté.
Pour se prouver qu’il n’était pas dupe de lui-même, il se fit un plaisir de créer l’homme à son image.
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L'employé de
Jacques Sternberg
Je m'y fis ouvrir un compte fictif de 4.000.453 Frs. Je me signe un chèque couvrant cette somme. Mais on ne me remet que 53 Frs : entraîné au fond de quelque cataclysme abstrait, le chiffre 4 vient en effet de disparaître de la civilisation. Comme on pouvait le prévoir, cet incident en entraîne d'autres. Les mathématiques, privées du 4, se sont écroulées dans l'orthographe. L'univers n'est plus qu'une infernale explosion d’événements sournois et de réactions d'une incompréhensible violence.
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L'employé de
Jacques Sternberg
- Votre nom, me dit-il, ne ressemble pas à votre photo.
- Ils n'ont pas été pris le même jour.
- En effet, le nom est beaucoup moins net. Il prête à équivoque, j'estime.
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L'employé de
Jacques Sternberg
A certains endroits, le parquet rejoignait presque le plafond, il fallait ramper tout en prenant garde aux passages où il n'y avait plus de sol.
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Par gill, le 20/04/2012
Entre deux mondes incertains de
Jacques Sternberg
En 2494, à la fin du XXV° siècle - celui que l'on appela plus tard "l'âge de l'infini" - les terriens franchirent la zone pourpre de la galaxie K et, pénétrant dans une ère nouvelle d'ivresse et de gloire, ils annexèrent la première planète de cette galaxie, un monde que l'on désigna sous le nom de Stryx.
Conquête sans combat et sans pertes. Les stryges de Stryx n'opposèrent aucune résistance aux envahisseurs et ils les accueillirent au contraire dans la plus parfaite indifférence.
Mais les stryges furent une grande déception pour les terriens. Normalement constitués, humains de toute façon, assez semblables aux terriens, non dénués d'une certaine forme d'intelligence, mais étrangement apathiques et indolents, ataviquement mélancoliques, incapables de se défendre ou d'attaquer, les stryges ne firent pas une très bonne impression sur les êtres pleins de vitalité qui venaient de débarquer sur leur monde...
(extrait de "Les Stryges")
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