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Par nadejda, le 22/03/2011
Vers l’autre été de
Janet Frame
Je ne veux pas habiter le monde humain sous de fausses apparences. Je suis soulagée d'avoir découvert mon identité après avoir été si longtemps dans le doute. Pourquoi les gens devraient-ils avoir peur si je me confiais à eux ? Pourtant les gens auront toujours peur et seront toujours jaloux de ceux qui ont réussi à établir leur identité ; cela les entraîne à prendre la leur en considération, à l'isoler, la dorloter, de peur qu'on ne la leur emprunte ou qu'on empiète sur elle, et dès qu'ils se mettent à la protéger ils sont bouleversés de découvrir que leur identité n'est rien, qu'elle est une chose rêvée et jamais connue ; alors commence la quête douloureuse -- que choisir -- bête ? autre être humain ? insecte ? oiseau ?
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Par nadejda, le 22/03/2011
Vers l’autre été de
Janet Frame
Grace essaya de ne pas penser à son incapacité à communiquer par la parole ; elle retraça la part qu'elle avait prise ce soir-là à la conversation. Si seulement elle avait dit ceci, si seulement elle avait dit cela ! Pourquoi semblait-elle toujours s'arrêter au milieu des phrases et ne pas pouvoir continuer parce que ses mots et ses idées s'étaient enfuis ?
Elle se mit à pleurer, en silence, et bercée par ses larmes elle s'endormit.
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Visages noyés de
Janet Frame
« Je veux couvrir d’épaisses chaussettes de laine les pieds de ceux qui dérivent vers l’autre monde. Mais je rêve et ne puis m’éveiller. On me précipite du haut d’un rocher et je m’y raccroche, je ne tiens plus que par deux doigts que le Géant Irréalité vient piétiner en dansant. […] Je ne sais pas la différence qui existe entre les choses, je ne vois entre elles que des ressemblances. Pour moi, la différence s’est flétrie comme une fleur, elle s’est éparpillée dans le vent. Et, de même que le chaton du noisetier s’envole pour laisser place à la noisette, il ne m’est resté qu’un fruit, la similitude. »
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Par nadejda, le 22/03/2011
Vers l’autre été de
Janet Frame
Comment s'était-elle jamais habituée à vivre en Grande-Bretagne, se demanda-t-elle. Comment avait-elle pu échanger le soleil, la plage, la tente chatoyante de lumière, le paysage spectaculaire, montagnes, rivières,ravins, glaciers, contre la blessure saignante de briques qui semblait une part importante de ce pays ; les arbres grêles de l'hiver, si fatigués, qui poussaient dans la crasse, comme si un dieu débraillé, penché au-dessus de la blessure qu'il voulait nettoyer avait pris quelques brindilles pour la sonder, et amusé par ce qu'il voyait, les avait laissées plantées dans la blessure.
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Par nadejda, le 22/03/2011
Vers l’autre été de
Janet Frame
On parle de voyage dans l'espace, du courage que cela demande -- regardez les hommes beaux intelligents et joyeux qu'on a choisis pour faire le tour de la terre. Il faut un courage immense pour affronter l'espace intérieur ou extérieur, pour marcher dressé, pour se déplacer sans soutien, en proie au temps qu'il fait et à son compagnon le temps qui passe, artiste de la destruction esthétique -- qui donne des petits coups de ciseaux dans les cheveux, trace les rides, capitonne le ventre d'oreillers de graisse... Où l'homme trouve-t-il le courage ?
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Par philo15, le 09/11/2010
Ma terre, mon île - Un ange à ma table, tome 1 de
Janet Frame
Je sus que j'étais une rêveuse simplement parceque la réalié me paraissait trop sordide, soumettant année après année, nos rêves à un déclin impitoyable.
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Par philo15, le 09/11/2010
Ma terre, mon île - Un ange à ma table, tome 1 de
Janet Frame
J'écrivis dans mon journal : "Cher Mr Ardennue, on croit que je vais devenir institutrice, mais je vais être poète."
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Par nadejda, le 22/03/2011
Vers l’autre été de
Janet Frame
Il était encore temps de retourner à Londres dans l'appartement, de se retirer dans la solitude miséricordieuse, s'asseoir devant sa machine à écrire pour s'envoyer à elle-même des signaux bruyants, ce qui constituait son style et son intention littéraires.
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Par nadejda, le 22/03/2011
Vers l’autre été de
Janet Frame
... elle était une chasseuse de vérité passionnée, quelle que fût cette vérité même la plus insignifiante, et elle voulait le monde du dehors et le monde du dedans dénudés de toute imposture...
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Par nadejda, le 22/03/2011
Vers l’autre été de
Janet Frame
Le possible n'était pas un sac ou une boîte que l'on pouvait fermer hermétiquement, c'était une cascade vers laquelle tout s'écoulait, tout ; on ne pouvait pas choisir ni diriger ni détruire le puissant courant du possible.