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> Vanina (Traducteur)

ISBN : 2070702375
Éditeur : Gallimard (1984)


Note moyenne : 3.96/5 (sur 26 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans un coin abandonné et désert des entrepôts de Bahia, grand port brésilien, vivent en marge de la société de nombreux gamins surnommés les "Capitaines des Sables".
Vêtus de guenilles, sales, quasi affamés, lâchant des jurons et fumant des mégots, ils sont en v... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (5)

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    • Livres 4.00/5
    Par andman, le 30 juin 2013

    andman
    Jorge Amado a seulement 25 ans lorsqu’il écrit « Capitaines des sables » en 1937.
    Ce roman se déroule à Salvador de Bahia, ancienne capitale du Brésil et point de convergence, à l’époque de l’esclavage, des cultures européennes, africaines et amérindiennes.
    Les bas-fonds de cette ville chargée d’histoire où vivent les communautés les plus diverses inspireront le grand romancier brésilien tout au long de sa carrière. Le sort des déshérités, les conditions de vie des laissés-pour-compte, les injustices sociales imprégneront l’œuvre de cet écrivain proche du peuple.
    C’est dans un entrepôt désaffecté, au bout d’un no man’s land sablonneux, que nous faisons la connaissance d’un groupe d’adolescents livrés à eux-mêmes.
    Patte-Molle, Sucre d’orge, Le Professeur, S’là-Coule-douce, Le Chat, sont les pseudos qu’ils s’attribuent les uns aux autres. Seul un blondinet balafré, Pedro Bala leur chef, a conservé le nom de feu son père, leader syndicaliste des dockers piétiné par la cavalerie dix ans plutôt.
    Ces enfants abandonnés n’ont que leur débrouillardise pour survivre, la mendicité et le vol partagent leur quotidien. Leur dextérité au poignard et au rasoir compense leur manque de force face aux adultes. Leur complicité, leur amitié, leur solidarité sans bornes permettent à ces jeunes garçons en manque d’amour de malgré tout se raccrocher à une certaine humanité.
    Seul adulte à connaître leur repère, l’abbé José Pedro a toute leur confiance et certains d’entre-deux sont sensibles à son message de paix. Mais la grande majorité n’a pas une âme d’enfant de chœur et les instincts primaires priment souvent sur la raison.
    Le lecteur appréciera néanmoins les déambulations de ces gamins espiègles dans la chaleur des rues fleuries de Bahia.
    Apparaît alors l’énorme fossé existant entre les bas quartiers miséreux du port et les riches demeures dans la partie haute de la ville. Par petites touches, sans forcer le trait, l’écrivain donne l’impression d’idéaliser le comportement de survie des Capitaines des sables ; il ne glorifie pas leurs exactions mais n’est pas loin de leur trouver des excuses au regard du monde sans pitié qui leur est imposé.
    Près d’un siècle plus tard, les disparités au sein de la société brésilienne sont à peine moins criantes et les manifestations de masse dans les grandes villes du pays, ces dernières semaines, auraient probablement inspiré la plume militante du regretté Amado.
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  • Par filippo, le 21 juillet 2014

    filippo
    Les enfants du paradis
    Salvador de Bahia, Brésil, années 1930.
    Les capitaines des sables, bande de gamins des rues abandonnés, survivent par de menues rapines. Dans cette ville magnifique, libres comme l'air, ils forment un groupe uni par son chef, Pedro Bala. Chacun a un surnom évocateur : le Chat, Patte-molle, Joao Grande, Le Professeur, S'la coule douce, Sucre d'orge… Ils vivent en communauté dans un entrepôt abandonné : les grands protègent les petits, ils partagent tout.
    Leur fraternelle débrouillardise leur permet d'échapper à la police, à l'orphelinat, à la maison de correction. Sur la plage, ils découvrent l'amour avec de jeunes mulâtresses. Les seuls adultes qui côtoient leur univers sont le curé José Pedro ou le pêcheur Chéri du bon Dieu.…
    Jorge Amado, né en 1912, décédé en 2001, est le Victor Hugo des brésiliens. Ecrivains des pauvres, des exploités, des victimes d'une société injuste et égoïste, il magnifie la bonté et l'intégrité de ses personnages en nous faisant rêver.
    « Capitaines des sables » est une suite de courtes histoires qui créent une douce ambiance tropicale pleine d'enfants métissés dans une ville colorée. C'est vraiment bien écrit et tellement agréable…
    Ma critique pourrait s'arrêter là.
    Mais il faut aussi savoir qu'Amado a écrit ce roman en 1937 alors qu'il était communiste et qu'il a été publié en France en 1952, avant la mort de Staline.
    « Capitaine des sables » est donc typique d'une littérature qui a idéalisé une situation sociale à des fins politiques. Si on le compare à « La cité de Dieu », de Paulo Lins, qui évoque l'ultra violence des gamins des favélas de Rio, on se demande si on n'est pas dans le monde des Bisounours .
    Ne nous leurrons pas. Derrière les jeunes filles en fleur rencontrées sur la plage, il y a des viols, et dans les fuites éperdues après un larcin, il y a des coups de rasoir, ou de pistolet, des morts…
    Mais cela ne met pas en doute la sincérité de l'auteur, ni son talent, qui est immense.
    Jorge Amado savait transformer l'enfer en paradis, le cauchemar en doux rêve exotique, de violents faits divers en épopée.
    N'est-ce pas la marque d'un grand écrivain ?
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    • Livres 5.00/5
    Par Bbl, le 26 octobre 2012

    Bbl
    Vous avez vécu avec Eux quelques heures et ce que vous redoutiez arrive… la dernière page. Alors, pour ne pas avoir l'impression de laisser ces gamins en plan - alors que c'est eux qui vont peut-être vous manquer... -, vous relisez les pages cornées... pour enfouir en vous ces âmes frondeuses, insolentes face à la vie, qui vous ont tant appris.
    Si vous avez envie d'ailleurs, d'aventure, d'humanité, dévorez ce livre !
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    • Livres 4.00/5
    Par Charybde2, le 30 août 2014

    Charybde2
    La cruelle poésie d'une bande d'enfants abandonnés, au Brésil des années 1930.
    Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/08/30/je-me-souviens-de-capitaines-des-sables-jorge-amado/

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    • Livres 5.00/5
    Par VACHARDTUAPIED, le 05 avril 2013

    VACHARDTUAPIED
    tout simplement attachant.

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Citations et extraits

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  • Par andman, le 24 juin 2013

    On l'avait surnommé le Professeur, parce que, dans un livre volé, il avait appris à faire des tours de prestidigitation avec des mouchoirs et des sous, et aussi parce qu'en racontant les histoires qu'il lisait et beaucoup d'autres qu'il imaginait, il avait le grand et mystérieux pouvoir de les transporter en des mondes divers, il avait le pouvoir de faire briller les yeux vifs des Capitaines des Sables, comme, seules, brillent les étoiles de la nuit de Bahia.
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  • Par andman, le 27 juin 2013

    Pedro Bala sentit une vague déferler en lui. Les pauvres ne possédaient rien. L'abbé José Pedro disait que les pauvres, un jour, iraient dans le royaume des cieux où Dieu serait le même pour tous. Mais la jeune raison de Pedro Bala ne trouvait aucune justice là-dedans ; au royaume des cieux tous seraient égaux. Mais déjà sur la terre ils ne l'auraient pas été ; la balance, toujours penchait d'un côté.
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  • Par andman, le 29 juin 2013

    On n'eût jamais dit un midi d'hiver. Le soleil laissait tomber sur les rues une douce clarté, qui ne brûlait pas, mais dont la chaleur était caressante comme la main d'une femme. Dans le jardin le plus proche, les fleurs s'épanouissaient en gerbes de couleurs. Marguerites et dames-d'onze-heures, roses et œillets, dahlias et violettes.

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  • Par VACHARDTUAPIED, le 05 avril 2013

    Et il trouvait que la joie de cette liberté était bien mince en regard de la détresse de cette vie.

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Video de Jorge Amado

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Bahia
Dans ce troisième volet sur le Brésil, Pierre KAST nous invite à découvrir Bahia, à travers son histoire, son architecture, ses rites religieux , le tout très influencé par la culture noire des esclaves. Plusieurs artistes témoignent, dont l'écrivain Jorge AMADO et musicalement Gilberto GIL et Maria BETHANIA.








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