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Critiques de Leonardo Oyola (22)
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Chamamé

Il commence ainsi, ce roman. Comme une explosion, comme une giclée de foutre. Dès la première page, tu sais que tu vas boire et baiser dans un univers de violence sous la moiteur argentine. Un road-movie-book à travers la pampa. Comme dans un rêve, mais d’une violence fracassante. Parce que Noé prêche au volant de son Arche. Une Arche conduite par « Perro ». Ces deux-là se sont rencontrés en taule et ont tabassé pas mal de paraguayens. Tatoués et déjantés avec une certaine idée de la spiritualité et un code de l’honneur toujours bafoué suivant les circonstances. La route est parsemée d’embuches, la vengeance sera au bout de la route avant d’atteindre la triple frontière avec le Brésil et le Paraguay, la violence se déchainera à chaque tournant.



Change de fréquence, Pampa FM, du rock et de la poussière. Truffé de référence aux partitions rock’nrollesque, de Gun’s Roses à Metallica, la sono hurle, braille, déverse un flot d’inhumanité dans un monde où il ne vaudrait mieux pas avoir oublié ta machette, fidèle compagnon guidé par la main du Seigneur tout-puissant. Mais dans cette violence très sanguinolente, de beaux moments de romantisme sont évoqués, même au bordel. Quel acte d’amour n’est-ce pas que de gicler son foutre dans la bouche de la femme aimée et aimante. Des clins d’œil à la culture pop télévisuelle ou aux mateurs cinéphiles de belle blonde, de Sheriff fais-moi peur à King-Kong – le spectre est large – se rajoutent à l’ambiance visuelle, les images tournent, la poussière vole, le sang coule et le sperme gicle.



Un roman qui déchainera toutes les passions les plus violentes, spasmes et éjaculations, pour une lecture plus que jouissive. Tu ne trahiras pas. Tu n’abandonneras pas ton partenaire. Tu ne coucheras pas avec sa sœur. Tu veilleras sur sa famille. Tu exploseras les flics qui ont causé sa perte. Tu baiseras bien profond ceux qui ont du pognon, jamais ceux qui n’en ont pas. Et quand ce sera ton tour de danser avec la plus moche, Guns N’Roses … tu seras aveugle et sourd-muet, comme dans la chanson de Shakira. Let’s GO ! Rock ‘n’ Roll dans la pampa. Julia, Julia…



Julia, une Quilmes ? Agenouille-toi, il faut que je te parle de cet amour que l’on ressent. Tu es la plus belle parce que Eli et Romina et Jessica sont trop vieilles, parce que la chatte d’Azucena pue la mangue et que le bordel et le foutre des autres, tu vas t’en lasser. Julia, prie le Seigneur tout puissant, accepte ma semence comme une hostie divine, abreuve-toi de mon foutre et mon âme pour purifier toutes les mauvaises actions qui règnent sur cette terre et au ciel. Amen.


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Chamamé

Effectivement, comme il était noté sur le bandeau-titre, ce polar n’est pas Suédois !



Des fois que le lecteur serait un peu crétinus sur les bords et n’aurait pas compris, en lisant le 4ème, que ce roman noir allait l’entraîner dans la moiteur de l’Amérique du Sud et non dans le froid des pays du Nord.



Violent, voilà le maître mot de ce roman noir percutant comme une balle dans le bide.



Déstructuré aussi parce que le récit n’est pas linéaire et on fait des bons dans le temps pour revenir sur des faits passés, ce qui déstabilise un peu si vous n’êtes pas attentifs, sans parler que ça fait parfois retomber le suspense car ces retours vers le passé ont parfois lieu juste après un final de chapitre sous haute tension.



Niveaux personnages, ne cherchez pas celui d’un flic, ils ne sont pas là, nous sommes dans un roman noir et dans cette littérature-là basta la flicaille et bienvenida les truands en tous genres.



Manuel "Perro" Ovejero est un truand, mais son compagnon Noé, pasteur auto-proclamé de son état est bien pire encore, c’est un fou diabolique, un assassin, un taré. Bref, évitez de croiser sa route.



Le code d’honneur des truands, on le respecte quand ça arrange, quant à la spiritualité du pasteur Noé, elle est à géométrie variable et la parole de Dieu vient des chansons entendues à la radio, quelles qu’elles soient, mais jamais du créateur céleste. Pas de soucis, Noé arrange sa propre réalité et ne le remettez pas trop en question ses paroles divines si vous tenez à la vie. Dites amen et fuyez, pauvres fous.



Véritable road-movie déjanté, sanglant, la vengeance étant un plat qui peut se savourer chaud, quand ça va clasher entre Perro et Noé, la route va être parsemée de cadavres, surtout si les Paraguayens veulent eux aussi se venger de nos deux affreux.



C’est cru, bourré de sexe en tout genre, de violences, de sang, de cadavres, de digressions de notre Perro national et de chansons rock en tout genre puisque tous les chapitres commencent par des extraits d’une chanson de Bon Jovi (Blaze of Glory).



Là où j’ai un peu décroché, c’est avec des extraits de chansons en anglais et en espagnol, utilisées par le pasteur pour dire ce qu’il avait à dire et le fait de devoir tout le temps aller en fin de roman pour lire la traduction a ralenti ma lecture et à la fin, ça devenait soulant.



Il y a aussi un manque d’épaisseur dans les personnages de Perro et de Noé, comme s’ils étaient survolés, en plus d’être survoltés et il est difficile de s’y attacher, même si, dans certaines chapitres, Perro a su montrer de l’humanité et de l’amour, contrairement à Noé qui, depuis qu’il a pété un jour les plombs, est devenu une bête, loin du message de Jésus !



Si ce roman noir avait eu un peu plus de cohérence et pas ces nombreux allers retours dans le passé au point que j’y perde pied et s’il n’avait pas eu ces gros placards d’extraits de chansons argentines, plus toutes ses références à une certaine culture pop, sans doute que j’aurais pris plus mon pied dans cette ambiance violente où rien de bon ne peut en sortir.


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Chamamé

Manuel Ovejero, dit Perro, et le pasteur Noé écument les routes du Litoral, province argentine coincée entre Paraguay, Brésil et Uruguay. Pirates de la route ultraviolents, Perro et Noé sont liés par un code d’honneur des bandits dont ils attendent la première occasion pour le bafouer. C’est Noé, le pasteur illuminé, qui saisit le premier l’occasion en filant avec leur dernier butin. Dès lors, Perro, le pilote surdoué, le roi de la route, n’a qu’un objectif : le retrouver en suivant sa piste semée de cadavres et se venger.



On ne peut aborder qu’avec circonspection le roman d’un auteur qui place en exergue de son ouvrage une citation extraite de Young Guns II et en ouverture de chacun de ses chapitres un extrait de chanson de Bon Jovi, avant de parsemer le livre d’allusions à Guns N’ Roses… Cela étant, ce mauvais goût (ne nous voilons pas la face) parfaitement assumé n’est pas qu’un simple accessoire. On aurait en effet pu craindre que, alors que depuis quelques années les romans « décalés », « tarantinesques », plus ou moins réussis (du Livre sans nom au plus récent et bien plus réjouissant Gokan, pour n’en citer que deux) fleurissent, Chamamé n’en soit qu’un de plus, dissimulant derrière quelques références rock et séries Z, un vide aussi abyssal que les paroles d’une chanson de Corona.

Bien sûr, une partie des références musicales, télévisuelles ou cinématographiques qui émaillent le récit de Leonardo Oyola sert au décorum de l’ensemble et à créer une connivence avec le lecteur. Toutefois, ce jeu de références sert aussi et surtout à caractériser des personnages qui ne vivent leur vie qu’à travers le prisme de cette sous-culture qui vient ici se mêler aux croyances et légendes guaranis et à un christianisme mâtiné de paganisme incarné par le très haut en couleur pasteur Noé qui entend la voix du Christ dans toutes les paroles – aussi hermétiques et mauvaises soient-elles – des chansons qui arrivent à ses oreilles.



Il en ressort une atmosphère électrique et débridée dont le caractère frénétique est accentué par les allers-retours, d’un chapitre à l’autre, entre les deux personnages principaux mais aussi entre le présent et différentes périodes de leur passé.

Sous un aspect à tout le moins éclaté Oyola sait garder une cohérence (faute d’une logique !) dans son récit et mener ce road-movie halluciné jusqu’à destination, parsemant son intrigue de scènes d’actions aussi épiques qu’extravagantes.



Sans doute peut-on regretter le manque d’épaisseur de ses personnages qui ne semblent exister qu’au travers de leurs références culturelles (dont on a dit ce que l’on en pensait un peu plus haut). Peut-être aussi cette sensation vient-elle du fait que si Oyola cherche à ancrer les personnages en question dans une certaine réalité (particulièrement appuyée par les notes et citations sur les chansons, séries télévisées, films ou dessins animés japonais, et même la playlist caractéristique des éditions Asphalte), on peine à savoir si l’on voyage à leurs côtés dans un Litoral réel, fantasmé ou purement imaginaire.

Reste qu’au final, Chamamé se révèle assez amusant, voire réjouissant parfois ; un roman outrancier que ses qualités, sans gommer totalement ses défauts, rendent plutôt attachant.


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Chamamé

Chamamé, c'est comme essayer de prendre une grosse bastos dans la gueule sans arriver à l'éviter. Un road-movie halluciné qui démarre sans s'arrêter.



Chamamé, c'est voir un film de Tarantino en se disant : ok, une scène tranquille où ça discute de fric, de nanas et de pétards... mais elle arrive

quand la tuerie ?



La tuerie a commencé sans prévenir et le feu d'artifice explose. Et là je peux vous dire que le lecteur s'en prend plein la tête.



Chamamé, c'est une chanson et danse d'une région argentine. Un mot qui signifie "agir sans réféchir". Sans plan, sans méthode, de façon improvisée.



Pourtant, Perro et le Pasteur Noé, en avaient un ,de plan pour récupérer un max de fric. Sauf que malgré leur code d'honneur, l'un (Le Pasteur) a doublé l'autre. Et évidemment, après son séjour en prison, Perro est bien décidé à se venger de son compagnon de route.



Chamamé c'est aussi un retour dans le passé de ces deux allumés, dans leur enfance. En arrière plan, leur goûts musicaux (le rock et les Guns N'Roses) et les séries B, bien pourries. Leonardo Oyola nous offre une bande son tout au long du récit qui plante bien le décors.



Mais attention, il ne faut pas se méprendre sur nos deux pirates de la route. Montrer le moindre sentiment, c'est réservé aux pédales et aux fiottes. Ici, place aux vrais mecs, à la baston et aux scènes bien musclées. Léonardo joue sur les codes du cinéma de série B qu'il parodie avec jubilation. Cependant, j'avoue m'être perdue dans certaines scènes et délires. Un roman qui sent la testostérone à 150% et qui décoiffe.
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Chamamé

Deux amis, pirates de la route, évoluent dans un monde violent et amoral. La trahison va cependant pousser l'un d'eux sur la voie de la vengeance. Récit d'une chasse à l'homme dans un univers peuplé de fous furieux. Deux amis, pirates de la route, évoluent dans un monde violent et amoral. La trahison va cependant pousser l'un d'eux sur la voie de la vengeance. Récit d'une chasse à l'homme dans un univers peuplé de fous furieux. une histoire de pirates de la route violente mais très prenante qui a reçu le Prix Dashiell Hammett 2008 du meilleur roman noir et c'est bien mérité
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Chamamé

Nous voilà partis en compagnie de Perro, trahi par son compagnon le pasteur Noé et qui a soif de vengeance. A cette chasse à l’homme se mêlent des souvenirs et qui nous renseignent davantage sur la personnalité des deux compères.



Ce que j’aime dans le roman noir, c’est cette capacité qu’il a à nous plonger dans des univers sombres que l’on ne côtoie que dans la rubrique des faits divers. Ici Leonardo Oyola nous livre un portrait sans concession et sans jugement d’hommes à la moralité douteuse mais dotés cependant d’un certain sens de l’honneur. On voit comment ces hommes ont plongés progressivement dans un monde violent dont ils sont à la fois les prisonniers et les geôliers. Perro a conscience de ses travers, mais il sent qu’il est à sa place parmi ces gens-là.



Les souvenirs nous offrent l’occasion de lire des scènes de bagarre d’anthologie à l’humour grinçant dans un style très descriptif et parfois même quelques moments de réflexion très intéressants.



J’ai cependant eu du mal avec le style de l’auteur. Tout d’abord, il mélange toutes les époques et j’ai parfois eu du mal à tout dêméler pour retrouver l’intrigue principale. Ensuite, il écrit dans un style argotique plutôt vulgaire auquel je ne suis absolument pas habitué et qui avait tendance à me faire décrocher de ma lecture. Enfin, n’étant pas une grande habituée de la littérature et de la culture argentine, il me manquait probablement un certain nombre de référence pour pouvoir apprécier pleinement ma lecture.
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Chamamé

Un road novel de banditisme, rock, brutal, exotique, tourmenté, et très réussi.



Septième roman de l'Argentin Leonardo Oyola, et le deuxième à être publié en français, en 2012, par les formidables défricheuses des éditions Asphalte, "Chamamé" oscille avec bonheur entre furie nihiliste déjantée et comédie parodique multi-référencée, rappelant donc en effet, comme cela a été abondamment signalé, certains des signes distinctifs de la "manière" d'un Tarantino.



Dans la région argentine des "trois frontières", zone de quasi non-droit aux confins du Brésil et du Paraguay, "Chamamé" raconte, entrecoupé de multiples flashbacks, l'aboutissement de la collaboration et de la rivalité de deux braqueurs aussi fous et violents l'un que l'autre, Noé - qui se donne volontiers de redoutables airs de prêcheur biblique - et Perro, conducteur hors pair, rocker, amateur insatiable de musique, improbable néo-romantique cultivant in petto sa passion amoureuse impossible entre casses, prisons, bars et prostituées - et narrateur du roman.



Sur un rythme hallucinant où le beat latin metal et rock FM alterne les instants d'une violence inouïe et ceux d'une rêveuse nostalgie, un road novel brutal, exotique, tourmenté, et parfaitement réussi.



"Angie Dickinson a fermé un œil et s'est concentrée sur la tonsure de Noé, que l'on distinguait à peine derrière la tête de l'otage. Elle en a également profité pour réduire de moitié la distance qui les séparait. Mais quelle idiote ! Elle s'était sûrement dit : "Tout doucement, j'avance de quelques pas et comme ça je me rapproche de l'autre cinglé", alors que c'était le cinglé en question qui la laissait approcher. Noé dissimulait le pasteur Jimenez dans sa manche, c'était un couteau avec une lame en acier du Brésil de quarante-cinq centimètres de long qu'il avait piqué à un vendeur black de la villa Elisa. En fond sonore, Miguel Mateos participait à la scène en leur infligeant un massacre musical qui dégueulait des hauts-parleurs."

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Chamamé

« Ils ne commencent jamais.



Ils explosent.



D’un coup.



Ils sont comme ça, mes rêves. »



Ainsi parle Perro, un jeune délinquant complètement déjanté. Encore qu’il y a pire dans le genre, à savoir son ami le pasteur Noé. Ils se sont rencontrés en prison, où ils se sont battus ensemble contre des paraguayens pour sauver leur peau. Depuis, ils sont inséparables, les meilleurs amis du monde : Perro le fou de la route, le dingue du volant et Le Pasteur Noé chargé de porter la bonne parole ensanglantée.



« J’ai fini par me faire tatouer un truc qui me rappelait ma première copine. Celle qui m’avait fait prendre conscienceque je ne faisais pas et ne ferais jamais partie du camp des gentils. »



A travers leur périple, dans un environnement toujours plus violent et sans limites, Ils envisagent le kidnapping comme potentielle source de revenus. Ils prennent donc la fille d’un ingénieur américain et demandent une rançon. Lors de la remise de l’argent, Perro se retrouve trahi et piégé par son ami de toujours, et enfermé en prison pour kidnapping et meurtre. Libéré par le pasteur Noé, il va le poursuivre pour se venger. Car il doit suivre les 10 commandements de la corporation :



« Tu ne trahiras pas.



Tu n’abandonneras pas ton partenaire après un coup qui aurait mal tourné.



Tu ne coucheras pas avec sa sœur.



Tu veilleras sur sa famille.



Tu exploseras le ou les flics qui ont causé sa perte.



Tu choperas le fric et tu feras jamais dans ton froc.



Tu baiseras bien profond ceux qui ont du pognon, jamais ceux qui n’en ont pas.



Tu ne feras pas de bruit.



Lorsque tu auras la maille, alors tu pourras te reposer.



Et quand ce sera ton tour de danser avec la plus moche, Guns N’Roses … tu seras aveugle et sourd-muet, comme dans la chanson de Shakira. »



Si Perro et Noé occupent le premier plan, leur périple va permettre de rencontrer une belle pléiade de personnages, tous plus ou moins cinglés et certains flics qui eux sont destinés à mourir, et plutôt rapidement. Pour vous imager un peu plus, Perro est un tueur avec des tendances romantiques par moments mais d’un caractère violent, très violent. Noé est un illuminé qui ressemble à un bulldozer dont le réservoir serait rempli d’amphétamines, et qui fait tomber tous les obstacles qu’il trouve en face de son objectif, à savoir batir une paroisse.



Ceux qui ont lu Golgotha vont en avoir pour leur argent. Accrochez vous, car Chamamé va encore plus loin. Et comme Chamamé a été écrit avant Golgotha, on peut se dire que Chamamé est la version décomplexée de Golgotha ou que le deuxième est la version assagie du premier. Car, si l’histoire est classique, nous avons là un livre noir, à la limite du cauchemar, dont on n’est pas près d’oublier ses phrases assassines, tranchées, coupées au couteau ou à la machette.



Il ne faut pas y chercher de message, dans ce road book, cette course poursuite, mais une volonté de faire vivre des personnages et des décors, en suivant scrupuleusement une intrigue très savamment tissée. Car le roman n’est pas linéaire, allant de digressions en souvenirs, de rêves en scènes hallucinantes et hallucinées. Tous les ingrédients sont fort bien intégrés sous la forme d’un polar dont on pourrait dire qu’il est un hommage au hard- boiled américain.



C’est aussi un roman imprégné de culture populaire, aussi bien américaine qu’argentine, faisant référence aux séries télévisées (le scenario fait penser à Shérif, fais moi peur la série navettissime des années 80) ou aux musiques (tout au long du roman on trouve des extraits de paroles) ou au cinéma (avec des phrases issues de Dirty Harry par exemple). C’est définitivement une constante chez cet auteur de revendiquer la culture des années 80.



Attendez vous à un rythme effréné, un roman écrit sous amphétamines, avec des dialogues savoureux, et des scènes très visuelles dans un style très cinématographique : pas de descriptions longues mais juste des petits détails pour donner un ton, une ambiance. Les phrases sont courtes, parfois hachées. Et la faculté de trouver les mots justes, les petits détails dans le décor, la petite touche d’un habillement font penser à un scenario de film. Et quel pied ce serait, de voir ce roman sur grand écran.



Sur la quatrième de couverture, il est dit qu’on y trouve des « scènes de bagarres d’anthologie dignes des films de Tarantino ». Effectivement, on ne peut penser qu’à Pulp Fiction tout au long de cette lecture, sans que Leonardo Oyola ait copié ou pastiché le film. Et si on peut y voir un hommage au hard-boiled ou aux Pulp Fictions américains, il est clair que j’ai eu entre les mains un livre culte. Et nul doute qu’il va devenir culte pour vous aussi !
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Golgotha

Dans cette histoire, derrière cette ville connue de tous pour être le joyau de l’Argentine, il y règne un climat de violence décrit avec justesse dans les situations, les personnages ou les dialogues. Ecrit avec beaucoup de précision et de justesse, c’est un roman qui sent le sang, qui pue la merde, dans un monde qui n’a plus rien d’humain et où règne une seule loi : celle de la jungle.



Ce roman, aussi impressionnant que dégoûtant, est un petit bijou de noirceur couleur sang dont vous ne sortirez pas indemne, une sorte d’enfer d’où vous ne souhaiterez q’une chose : en sortir le plus vite possible comme les personnages principaux de ce roman. Un agréable moment de lecture pour un autre éclairage de l’Argentine urbaine, malgré des digressions déconcertantes au début et des dialogues un peu trop longs par la suite.
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Chamamé

Perro, pour les intimes, est un malfrat récidiviste. Sa vie se résume à une série de vols et autres. Il n'a connu que ça les plans dangereux et la prison. En prison, il fait la connaissance de Noé, prisonnier repenti en prête. A eux deux ils vont faire plus de dégâts encore. Malheureusement Noé. va se faire la malle seule et Perro rancunier va le poursuivre.



Effectivement c'est un road movie.

Effectivement c'est comme un mauvais Tarentino.

Effectivement ce n'est pas un polar suédois.

Mais je n'ai pas aimé, ce mélange de rock et de violence, j'ai pas compris l'histoire ou alors je suis carrément passée à côté.
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Golgotha

Plus calme que "Chamamé", une fable radicalement oppressante néanmoins.



Publié en 2008 (et premier roman de l'auteur traduit en français, en 2011, grâce aux exploratrices éditions Asphalte), "Golgotha" peut se lire comme une sorte de contrepoint, chez son auteur, du baroque, exubérant et déjanté "Chamamé", écrit à peu près à la même époque.



Ici, pas de zone frontalière de non-droit livrée aux cavalcades insensées des braqueurs, mais la routine oppressante des grandes banlieues, et de leurs zones de cohabitation entre indigence profonde, simple survie et criminalité galopante.



Lorsqu'une jeune femme meurt des suites d'un avortement clandestin ayant mal tourné, entraînant le suicide de sa mère, c'est, pour un jeune policier - pourtant parfaitement au fait de tous les codes plus ou moins tacites régissant les rapports entre forces de l'ordre et bandes criminelles armées de la "cité" - LA goutte d'eau de trop... Décidant de châtier lui-même le responsable, un chef de gang particulièrement emblématique, il déclenche une vendetta inexorable, dont la solution ne pourra venir que du narrateur lui-même, son mentor, vieux policier blanchi sous le harnais, désabusé et usé, qui devra assumer, au fond de lui, ses propres échecs comme ceux de l'ensemble de la société argentine contemporaine, tenu qu'il est par les formes d'honneur et de fidélité qui ont cours ici...



Au milieu des atmosphères de bars rock latino où coexistent parfois plusieurs mondes, une fable plutôt calme en apparence, mais terrible en fait, et ce bien avant sa dure conclusion.



"Ce n'est jamais moi qui commence. Ce n'est pas moi non plus qui viens y mettre un terme. Je m'en mêle rarement. Encore moins depuis que j'approche de la retraite. Quelle merde ! J'ai fermé les yeux. Je suis allé me coucher après avoir regardé "El hombre del rifle" comme tous les soirs et lorsque je les ai rouverts... j'avais cinquante ans. À quel moment mon grog s'est transformé en vin et le vin en sang du Christ, un sang amer ? Je n'arrive pas à calculer combien de temps je suis resté comme un moribond. Je ne peux pas non plus jurer qu'aujourd'hui, je suis bien vivant. Parce que ce n'est pas une vie. Je suis un zombie."

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Chamamé

Bon résumé de ce polar qui part à cent à l'heure. Une écriture vive, énergique, musicale tendance affichée : le rock'n'roll. Là où je coince, c'est que je ne sais jamais si je suis dans le passé ou dans le présent, et moi, j'ai besoin de repères tangibles pour m'accrocher à une histoire. Si on me balade d'avant en arrière, de gauche à droite sans me laisser de possibilités de me retrouver, on me perd ! Dans la vie courante, je n'ai absolument pas le sens de l'orientation (et pourtant j'ai circulé 8 ou 9 heures par jour pendant plus de dix ans, c'est dire les angoisses), c'est un peu pareil dans mes lectures, j'ai besoin d'une base claire. C'est fort dommage car un récit un tantinet plus linéaire m'eût agréé davantage. Parfois, ça marche, parfois ça coince. Là, ça coince malgré les qualités du bouquin et une playlist vraiment alléchante !
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Golgotha

Reçu en service de presse grâce à Masse Critique de Babelio (merci d'ailleurs).



Séduite par la littérature sud américaine depuis un an (Borgès, Garcia Marquez, Cortazar... sans parler de la BD), je pensais avec Golgotha me régaler. Ici, c'est l'association texte/musique dont l'abord me séduisait. Bref vous l'aurez compris, je ne suis pas convaincue : ce livre est loin d'être inoubliable, tant d'un point de vue littéraire que musical. Néanmoins, il n'est pas désagréable à lire pour autant : on s'attache aux personnages le temps nécessaire, on ressent leur violence... il faut prendre ce roman comme une chronique sur le vif d'un bidonville à Buenos Aires aujourd'hui. Un petit témoignage parmi d'autres, qui a le mérite d'exister.

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Golgotha

Ce roman a été écrit par un jeune homme de 23 ans. Et quand on dit ça, le résultat n’en est que plus impressionnant. La qualité littéraire est évidente, et malgré le fait que ce roman soit court, on a l’impression que tout est dit et bien dit. De l’équilibre entre la narration et les dialogues, des événements de l’intrigue à la psychologie du personnage principal, il est bien difficile de trouver des défauts à ce roman. La principale qualité de ce roman est la narration, et cette faculté de faire ressentir le monde de la nuit au travers de la vision d’un jeune homme, et cela sonne bigrement vrai, tant c’est écrit de façon synthétique et simple.

Car c’est une histoire simple que Jérémie Guez nous raconte, celle d’une chute inéluctable d’un jeune homme qui veut se croire un grand, d’un enfant qui est face au monde des adultes, d’un garçon qui ne peut résister à la tentation de l’argent. C’est l’histoire de la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf, version noire. Avec en toile de fond, une ville de Paris et sa vie de quartier nocturne, décrite de façon claire et concise, on s’y croirait.

Quel plaisir de lire ce roman, ou plutôt devrais-je dire avaler ce roman. Et quand on sait que ce n’est que le premier tome d’une trilogie parisienne, on en redemande. S’il continue comme cela, il se pourrait bien que Jérémie devienne un très grand du roman noir français. Et vu le niveau élevé de ce premier volume, il est clair que je vais être à la fois attentif, fidèle et exigent pour le deuxième roman. Ne ratez pas ce roman sous peine de passer à coté d’un auteur qui pourrait bien devenir très bientôt incontournable. J’attends la confirmation avec impatience.
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Chamamé

Leonardo Oyola nous embarque pour un road movie sanglant en Argentine, dans la zone de la triple frontière, celle de l’Argentine, du Brésil et du Paraguay. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un polar, mais plutôt d’un roman noir, vraiment très noir:



Pasteur Noé et Perro sont deux pirates de la route ultra violents, en particulier Pasteur Noé. C’est un drôle de pasteur en fait, il a jeté celui de la prison en bas du toit et a pris sa place après s’être auto proclamé. D’ailleurs rien ne dit que sa victime était un ecclésisastique plus convenable que lui. Il parle sans cesse de Dieu et affirme qu’Il lui parle, ce qui ne l’empêche pas d’être un assassin sanguinaire, cruel et surtout complètement fou. Son complice et ami est Perro, un beau gosse surdoué dans la conduite. Ils kidnappent une jeune fille et sa domestique, le père paie la rançon rubis sur l’ongle, mais tout dérape: Pasteur Noé décide de garder tout le butin pour lui et les deux otages meurent. Perro se lance à sa poursuite dans la pampa avant que son complice n’atteigne la triple frontière.



En fait l’histoire ne se déroule pas de manière si linéaire, la temporalité est complètement brouillée. Le personnage principal et narrateur est Perro et le récit fait des allers-retours incessants entre le présent et les flash back dans lesquels il raconte son histoire. Le temps semble ramassé et on a l’impression que tous les évènements sont très proches, alors qu’on comprend à la fin qu’il s’écoule plusieurs années depuis les scènes de violence vécues en prison et la chasse à l’homme entreprise par Perro. Le récit semble le plus souvent très embrouillé. Si Pasteur Noé n’est pas bien sympathique, on comprend que ces hommes ont vécu dans le milieu de la délinquance depuis leur plus jeune âge et n’ont pas vraiment pu s’en sortir. Toutefois Perro sait qu’il a eu sa chance avec Julia, qu’il a aimée et continue à aimer, mais il n’a pas eu le courage et la force de devenir un petit paysan pauvre, il a préféré l’adrénaline et l’argent facile. C’est ce qui rend ce roman si noir, les personnages sont englués dans un destin dont ils ne peuvent sortir. Même s’il est un assassin qui relève du grand banditisme, Perro reste un personnage finalement sympathique et attachant, il n’a pas perdu toute son humanité, contrairement au Pasteur Noé.



Au niveau du style, ce livre n’est pas très agréable à lire, il est écrit dans une langue crue et argotique. Je me doute bien que des voyous ne parlent pas à l’imparfait du subjonctif, du moins pas ce style de voyous (on n’est vraiment pas dans le monde huppé de la haute finance et des délits qui vont avec !), mais quand même, je n’apprécie pas du tout ce langage souvent très vulgaire. Les héros se réfèrent sans cesse à des chansons de Bon Jovi, de Guns N Rosies et d’autres groupes de rock ou de hard rock et l’auteur nous gratifie de larges extraits de ces chansons, qui sont souvent aussi peu raffinées que le reste du texte. Les autres références culturelles des personnages sont centrées sur des séries américaines anciennes et des dessins animés japonais. D’ailleurs Noé dans sa folie confond les paroles de Dieu et celles des chansons. Rien de tout cela ne fait partie de mon univers culturel et j’avoue que je n’aurais pas dépassé dix pages de ce livre si je n’y avais pas été obligée. Au final, j’ai apprécié le personnage de Perro, dont l’humanité émerge peu à peu dans ce déluge de violence, mais la langue du texte est pour moi un défaut rédhibitoire, même si je comprends sans peine l’intention de l’auteur. Je ne suis pas sûre qu’il soit indispensable d’être si vulgaire pour évoquer le monde de la délinquance.


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Chamamé

Perro Lascano et son ami Noé, un fou de Dieu qui s’autoproclame pasteur, se connaissent depuis longtemps. Ils se sont rencontrés en prison et font depuis des affaires ensemble, pas très légales bien sûr les affaires : braquages, enlèvements... Dans le milieu de la pègre locale, ils sont respectés et tout va bien pour eux, merci. Enfin, ça, c'était avant que Frère Noé trahisse son compadre. Depuis, Lascano n'a plus qu'une idée en tête, retrouver son ex-complice, régler ses comptes, et pourquoi pas lui régler son compte.



Le moins qu'on puisse dire est que l'action ne manque pas dans Chamamé, titre pour lequel Leonardo Oyola a reçu en 2008 le prix Dashiell Hammett de la Semana Negra, récompensant le meilleur roman noir écrit en espagnol. L'auteur argentin nous offre deux cents pages de chasse à l'homme virile et furieuse, avec quelques scènes de castagne mémorables au passage – on imagine facilement une adaptation sur grand écran façon Robert Rodriguez. L'écriture, au service de l'action avant tout, ne s’embarrasse pas de fioritures : les phrases sont souvent courtes et vont à l'essentiel. Le tout est entrecoupé de nombreux flashbacks concernant Perro et Noé et permettant de mieux cerner le comportement de ces deux delincuentes aux tempéraments finalement bien différents.

Un bon son poussé à fond dans la voiture, une pièce dans le juke-box du bar, une ritournelle dans le crâne : la musique est omniprésente, y compris dans les dialogues, et autant dire que c'est plutôt rock&roll. On retrouve en fin d'ouvrage les références de tous les morceaux évoqués et l'auteur propose également une playlist personnelle, pour qui souhaite lire en musique.



Si on l'avait déjà entrevu avec Golgotha (écrit après cet opus, bien que paru en France avant), Leonardo Oyola confirme avec Chamamé qu'il possède un réel talent de conteur. Il parvient à embarquer son lecteur en quelques phrases pour ne plus le lâcher en route jusqu'au terminus. On est bien loin ici des enquêtes de Miss Marple, et les bandidos tournent plutôt à la tequila qu'à la cup of tea, aussi ce type de roman ne plaira sans doute pas à tous les publics. Maintenant, si vous aimez les fictions où la castagne et la testostérone règnent en maître, y a pas de tromperie sur la marchandise, c'est de la bonne came.
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Chamamé

J’étais entrain de parcourir la littérature d’Amérique latine lorsque j’ai été sélectionné à la Masse Critique de Babelio.

Cet auteur argentin nous présente un roman noir qui l’est véritablement. Les héros ou anti-héros sont mauvais jusqu’à la moelle. Ovejero et le Pasteur Noé tentent un cambriolage après leur sortie de prison. Naturellement, lorsque Noé entre en scène, tout se termine mal.



Pour revenir au contenu, j’ai trouvé le style de l’auteur assez déroutant sous des airs de rock.

De plus, j’ai apprécié la « playlist » qui accompagne ce roman. Une très belle idée de la part de l’éditeur Asphalte et de Leonardo Oyala. Néanmoins, j’ai repéré dans le texte le mot casse dalle au lieu de casse-croûte, je me demandais si c’était voulu ou non. Toutefois, cela passe avec deux malfrats. A part cela, les notes de bas de pages du traducteur ont été bien utiles car l’auteur fait référence à la culture de son pays par le biais des séries télévisées ou des actrices d’une certaine époque. Il se peut que ce titre pourrait faire un jour l’adaptation d’un film et pourrait entrer dans sa catégorie de film noir. En tout cas, c’est tout le bien qu’on lui souhaite.



En résumé, une bonne découverte dans l’ensemble pour un public averti ou amateurs de romans noirs ou encore des aventuriers.

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Golgotha

Reçu en service de presse grâce à Masse Critique de Babelio (merci d'ailleurs).

Si on aborde le livre uniquement par la couv', on peut soit être repoussé par cette couverture un peu simple, en noir, blanc, rouge, soit être au contraire attiré par ce que cache cette couverture. Ajoutons à cela que la connotation du titre "Golgotha" renforce ce sentiment intriguant.

Même si dans la plupart des livres, la préface n'est pas obligatoire, ici Carlos Salem nous livre une analyse assez intéressante de la vie de l'auteur, Leonardo Oyola, et de la réalité décrite dans la fiction qui suit.

L'histoire s'ouvre donc sur la découverte de ce "bidonville" en commençant par le bar "Tiens-moi le gamin". Les anecdotes attachés à ce bar, racontés par le narrateur, un vieux policier du secteur, plante le décor d'une micro-société qui, bien que vivant à proximité de la grande ville, vit en autonomie avec son organisation interne.

Cette narration, interne, d'un vieux policier désabusé, habitué à la vie particulière de ce quartier miteux joue un rôle majeur dans ce récit. C'est lui qui renforce cette impressionne d'éternité et de permanence d'une situation qu'on espère que temporaire.

C'est par ses yeux qu'on découvre le faible pouvoir de la police dans ce quartier, la puissance d'un groupe mafieux, celui responsable du trafic de drogue et le frêle équilibre qui tient cette organisation.

En soi-même l'intrigue n'innove pas tant que ça (un crime dans un quartier miteux, une vengeance et une escalade dans la violence). Mais ce qui prime, c'est ce que l'intrigue montre de cette vie à Buenos Aeres, entre pauvreté et misère, pour des milliers de personnes venus chercher la réussite, c'est la désillusion.

Ne pas oublier de se reporter à la bande-son rock'n roll argentin en fin d'ouvrage pour bien se délecter de la lecture.

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Golgotha

J'ai découvert ce livre par hasard puisqu'il m'a été envoyé par l'éditeur, via Babelio. D'habitude je ne suis pas du tout attirée par ce genre d'histoire, mais je me suis lancée et j'ai été conquise ! Leonardo Oyola nous livre ici un petit roman très noir qui se déroule dans les bas-fonds d'une banlieue miteuse de Buenos Aires. Le héros-narrateur est un policier proche de la retraite, qui nous livre son quotidien. Il est ici question de gangs, de dealeurs, d'avortements clandestins, de suicide, de religion ("golgotha" veut dire "Calvaire"), de policiers dépassés, de vengeance, de guérilla urbaine... C'est vraiment au coeur de l'Enfer que l'auteur nous emmène, et si le récit, très court, se lit d'une traite, on est pressé d'en sortir ! Dans ce lieu où règne la loi du plus fort, même les policiers n'ont pas confiance en la Justice et pensent qu'ils doivent eux-même "faire justice" et se venger.

J'ai trouvé que les personnages manquaient parfois d'un peu de profondeur, j'en mélangeais même certains, mais dans l'ensemble c'est un roman très simple.



Un roman très noir, qu'on ne peut lire que si on a le coeur bien accroché ! J'avoue que si celui-là m'a plu, je n'ai pourtant pas envie d'en lire d'autres du même auteur pour l'instant.




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Chamamé

«La fille est montée dans l’Arche. Sans la regarder, elle lui a dit qu’elle ne s’appelait pas Eve.

- Jéhovah m’a enlevé une côte pour que tu existes. Alors, ferme-là, merdeuse : tu t’appelleras comme je l’aurai décidé !»



Leonardo Oyola, né en 1973 à Buenos Aires, écrivain et journaliste à Rolling Stone a reçu le Prix Dashiell Hammett du meilleur roman noir en espagnol pour ce «Chamamé».



Chamamé est une chanson et danse d’Argentine. Ce mot signifie «agir sans réfléchir» en guarani.



Perro et Noé sont deux ex-taulards.

Ils vont sévir sur l’asphalte : sans tabou, ni morale, tambours battants et pieds au plancher.

A fond dans le mur !

Noé va trahir Perro.

Perro va chasser Noé, autoradio plein tubes de Guns’N Roses, Smashing Pumkins, Van Halen.

Chez Oyola, on ne fait pas dans la dentelle...

Flingues sur les tempes, putes en vitesse et voitures à tombeau ouvert.



L’écriture hallucinée, tranchante, aiguisée au couteau, roule à fond les manettes et embarque le lecteur attaché de force à sa ceinture d’insécurité.

Dialogues pas piqués des vers et scènes déjantées ponctuent (tuent) ce parcours sans foi ni loi.



Un roman parfois caricatural, voire grotesque, tombé dans le fossé du cliché...quand même...



Réservé aux amateurs de sensations fortes de séries B.

Et de Jessica Lange...



«This is the end» chantait Jim Morrison.

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