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Par gill, le 01/02/2012
Du côté de chez Marianne de
Marcel Aymé
La Meunière (4 juillet 1934)
Il semble que dans le département de la Haute-Loire, on ne badine pas avec l'amour. Mme Germaine Thomas, une ardente meunière de cinquante ans, s'est vu condamner à la peine capitale par les assises du Puy pour s'être rendue coupable de trancher la gorge de son époux, avec l'aide d'un très jeune amant, Jules Francon, qui, plus heureux qu'elle, s'en est tiré avec sept ans de travaux forcés.....
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La bonne peinture de
Marcel Aymé
Ne casse pas les pieds à M;Lafleur, coup Moudru. Il a autre chose à faire qu'à t'écouter.
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Par Couperine, le 04/12/2010
Le passe-muraille de
Marcel Aymé
Un jour, le sous-chef fit irruption dans le réduit en brandissant une lettre et il se mit à beugler :
- Recommencez-moi ce torchon ! Recommencez-moi cet innommable torchon qui déshonore mon service !
Dutilleul voulut protester, mais M. Lécuyer, la voix tonnante, le traita de cancrelat routinier, et, avant de partir, froissant la lettre qu'il avait en main, la lui jeta au visage. Dutilleul était modeste, mais fier. Demeuré seul dans son réduit, il fit un peu de température et, soudain, se sentit en proie à l'inspiration. Quittant son siège, il entra dans le mur qui séparait son bureau de celui du sous-chef, mais il y entra avec prudence, de telle sorte que sa tête seule émergeât de l'autre côté. M. Lécuyer, assis à sa table de travail, d'une plume encore nerveuse déplaçait une virgule dans le texte d'un employé, soumis à son approbation, lorsqu'il entendit tousser dans son bureau. Levant les yeux, il découvrit avec un effarement indicible la tête de Dutilleul, collée au mur à la façon d'un trophée de chasse. Et cette tête était vivante. A travers le lorgnon à chaînette, elle dardait sur lui, un regard de haine. Bien mieux, la tête se mit à parler.
- Monsieur, dit-elle, vous êtes un voyou, un butor et un galopin.
Béant d'horreur, M. Lécuyer ne pouvait détacher les yeux de cette apparition. Enfin, s'arrachant à son fauteuil, il bondit dans le couloir et courut jusqu'au réduit. Dutilleul, le porte-plume à la main, était installé à sa place habituelle, dans une attitude paisible et laborieuse. Le sous-chef le regarda longuement et, après avoir balbutié quelques paroles, regagna son bureau. A peine venait-il de s'asseoir que la tête réapparaissait sur la muraille.
- Monsieur, vous êtes un voyou, un butor et un galopin.
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Par lanard, le 15/07/2010
Le Confort intellectuel de
Marcel Aymé
Page 117 :
Autrefois, l’art était tout bonnement une façon de faire. Il y a un peu plus de trois cents ans que le mot a commencé à se draper dans un brouillard majestueux et par la suite, il s’est tellement sublimé qu’il est devenu je ne sais quelle angoisse cosmique. quel infini indivisible dont le principe imprégnerait certaines créations de l’homme. Tout ça me paraît fleurer la mysticité et ressemble fort à une invention de cuistres laïques en mal de religion. L’Art majuscule, prétexte à combien de doctrines, théories, invocations, prédications, et qui a ses rites et ses augures, je lui trouve un air de famille avec le Bon Dieu. Et quant à l’art sans majuscule, quant à ce participe divin dont les initiés éprouvent si vivement la présence dans un poème ou dans un tableau, ne vous semble-t-il pas qu’il est au chef-d’œuvre ce qu’est l’âme à la chair d’un chrétien? Je vous dis que ce ne sont pas là des façons claires de parler. Quand on parle de l’Art, tout le monde se comprend et personne ne sait au juste de quoi il s’agit. Voilà bien le pire danger. Se comprendre à demi-mot entre initiés tout en ne comprenant rien, c’est, je crois, le véritable mal du siècle — un mal qui n’est peut-être pas particulier à la bourgeoisie, mais dont elle est tout de même seule à crever.
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Par annie, le 29/03/2009
La Tête des autres de
Marcel Aymé
Je pense que les hommes appelés à en juger d'autres devraient avoir fait un stage de deux ou trois mois en prison.
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Travelingue de
Marcel Aymé
L’agrément de la vie, c’est de choisir en ayant l’air d’ignorer le hasard.
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Par grisette, le 20/06/2010
Uranus de
Marcel Aymé
«Ma petite fille, souviens-toi que dans la vie, la seule chose qui compte, c'est l'argent.»
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Par petitours, le 27/11/2010
Le passe-muraille de
Marcel Aymé
Les noctambules qui descendent la rue Norvins à l'heure où la rumeur de Paris s'est apaisée, entendent une voix assourdie qui semble venir d'outre-tombe et qu'ils prennent pour la plainte du vent sifflant aux carrefours de la Butte. C'est Garou-Garou Dutilleul qui lamente la fin de sa glorieuse carrière et le regret des amours trop brèves. Certaines nuits d'hiver, il arrive que le peintre Gen Paul, décrochant sa guitare, s'aventure dans la solitude sonore de la rue Norvins pour consoler d'une chanson le pauvre prisonnier, et les notes, envolées de ses doigts engourdis, pénètrent au cœur de la pierre comme des gouttes de clair de lune
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Les Contes Bleus Du Chat Perche de
Marcel Aymé
-Voilà la Chine, dit Marinette. C'est un pays où tout le monde a la tête jaune et les yeux bridés.
-Les canards aussi? demanda le canard.
-Bien sûr. Le livre n'en parle pas,mais ça va de soi.
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Les Contes Bleus Du Chat Perche de
Marcel Aymé
La panthère grelottait, ses membres étaient déjà raides.
-J'ai bien froid dans mon poil souffla t elle en voyant arriver ses amis.
Le vieux cheval essaya de la réchauffer avec son haleine,mais il était déjà trop tard pour qu'on pût rien faire d'utile. Elle lêcha les mains des petites et fit entendre un miaulement plus doux que le miaulement d'un chat. Le canard l'entendit murmurer:
-Le cochon, le cochon..
Et la panthère ferma ses yeux d'or.