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Par chartel, le 09/10/2012
Les Oeuvres de miséricorde : Fictions et réalité de
Mathieu Riboulet
Lève la main sur moi si je te le demande, aime ma soumission à nos communs désirs, et, la main du bourreau, les gestes d’assassins et le poids de la haine, sur cette terre d’Allemagne où ils ont tant pesé, dans ces corps d’hommes allemands où ils ont tant œuvré, pas plus tard qu’avant-hier, ici même où je suis à genoux devant toi, reléguons-les dans l’art, les livres et la pensée, et traitons d’aujourd’hui en tâchant de tout faire tenir en même place, et les millions de morts et notre joie de foutre.
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Par Maldoror, le 30/11/2012
Les Oeuvres de miséricorde : Fictions et réalité de
Mathieu Riboulet
Je ne pouvais décemment pas leur dire : papa, maman, je suis pédé, et tout ce qui ressemble à une force virile institutionnalisée me révulse, les flics, l'armée, le sport et la camaraderie, les pères de famille et les curés, tous ceux qui sentent sans que je dise un mot que je suis un danger pour eux, mortel, et qui n'auront de cesse que de m'éliminer. Je le savais, mais je n'avais pas le premier mot pour le dire. Heureusement, ça les aurait sciés.
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Par Rolienne, le 10/11/2012
Les Oeuvres de miséricorde : Fictions et réalité de
Mathieu Riboulet
« Et si j’étais né dans le Schleswig-Holstein en 1915, aurais-je pu, quelque part en Ukraine, abattre au bord d’une fosse qu’on leur a fait creuser des rangs entiers de Juifs, nus, et pousser de la crosse ou du piers les cadavres rétifs, achever d’une balle ceux à qui il échut de sombrer dasn la fosse sasn avoir pu mourir ? Aurais-je eu le courage de retourner mon arme contre moi ? Ce temps de mourir, où les bourreaux étaient à peine dans le fracas des armes, l’odeur du sang, les brûlures de la chaux, dans la besogne insensée où plonge la mise à mort, à fortiori de masse, où est-il ? Où sont les assassins, où sont ceux qui roulèrent au creux des plaines à blé de la riante Ukraine, quel lieu à ce qui se refuse à la pensée des hommes ? » Mathieu Riboulet, Les œuvres de miséricorde, 151 pages, Ed VERDIER 2012, page 99
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Par Efery, le 29/09/2012
L'Amant des morts de
Mathieu Riboulet
N'être rien d'autre qu'une fille perdue, déshonorée par son père, qu'on prend et puis qu'on jette, l'être avec la joie et la force qu'on puise dans la violence des abandons, ne pas s'en laisser conter par le remords ni la morale. N'être rien, en être là. Jérôme en serait là pendant longtemps.
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Par chartel, le 09/10/2012
Les Oeuvres de miséricorde : Fictions et réalité de
Mathieu Riboulet
Il n’est au fond pas d’énigme, de l’histoire et des hommes, qui ne soit résolue dans le geste de l’art.
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Par chartel, le 09/10/2012
Les Oeuvres de miséricorde : Fictions et réalité de
Mathieu Riboulet
L’art face à l’impensable fait comme les autres, il « impense » et contourne.
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Par Efery, le 08/12/2012
Les Oeuvres de miséricorde : Fictions et réalité de
Mathieu Riboulet
Le sais-tu, Adrien, que, bien d'avantage encore qu'Andreas, tu pourrais faire de moi tout ce que tu voudrais ? Mais : tu as ce corps de saint, blessé, que je ne toucherai pas, l'autre un corps de bourreau, ramassé, disparate, absorbant, tandis qu'en tes drapés de muscles on se reflète, et la souffrance avec, te laissant, intouchable, au-dedans du lacis, serré, de tes errances, et seul. Comment poser la main sur ta blessure ?
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Par pilyen, le 05/12/2012
Les Oeuvres de miséricorde : Fictions et réalité de
Mathieu Riboulet
La mère que nul n'appelait jamais par son prénom, Florine, trop beau, trop gai, trop léger et fin pour une vie de peine et de silence.