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La maison du bout du monde de
Michael Cunningham
La différence entre trente-six et vingt-cinq ans, dit-elle, c'est qu'a vingt-cinq ans tu ne parais jamais pathétique. La jeunesse est l'excuse par excellence. Tu peux tout tenter, te coiffer n'importe comment, et avoir l'air parfaitement à l'aise dans tes baskets. Tu ne t'es pas encore trouvé, donc tout va bien. Mais tu prends de l'âge, et tu t'aperçois que tes illusions commencent à transparaître.
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Par EMOTION, le 06/08/2011
Les Heures de
Michael Cunningham
Dans les yeux des gens, dans leur démarche chaloupée, martelée, ou traînante; dans le tumulte et le vacarme; les attelages, les automobiles, les omnibus, les camions, les hommes-sandwichs qui se frayent un chemin en tanguant; les fanfares; les orgues de barbarie; dans le triomphe et la petite musique et le drôle de bourdonnement là-haut d'un avion, dans tout cela se trouvait ce qu'elle aimait: la vie; Londres; ce moment de juin.
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Par alex23, le 20/12/2012
Les Heures de
Michael Cunningham
Dans un autre monde, elle aurait passé sa vie entière à lire. Mais c'est le nouveau monde, le monde libéré - on y fait peu de place au désoeuvrement.
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Par Nadael, le 08/11/2010
Les Heures de
Michael Cunningham
Nous menons nos vies, nous faisons ce que nous avons à faire, et puis nous dormons -- c'est aussi simple et banal que cela. Certains se jettent par la fenêtre ou se noient ou avalent des pilules ; plus nombreux sont ceux qui meurent par accident ; et la plupart d'entre nous, la vaste majorité, est lentement dévorée par une maladie ou, avec beaucoup de chance, par le temps seul. Mais il y a ceci pour nous consoler : une heure ici ou là pendant laquelle notre vie, contre toute attente, s'épanouit et nous offre tout ce dont nous avons jamais rêvé, même si nous savons tous, à l'exception des enfants ( et peut-être eux aussi) que ces heures seront inévitablement suivies d'autres , ô combien plus sombres et plus ardues. Pourtant, nous chérissons la ville, le matin ; nous voudrions, plus que tout, en avoir davantage.
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Par Just13, le 03/10/2011
Les Heures de
Michael Cunningham
Mon chéri,
Je suis entrain de sombrer dans la folie à nouveau, j'en suis sûre: je sais que nous n'arriverons pas à bout de ces horribles crises. Et cette fois je ne guérirai pas. Je recommençe à entendre des voix, et n'arrive pas à concentrer mes pensées.
Aussi vais-je faire ce qui semble la meilleure chose à faire. Tu m'as rendue parfaitement heureuse. Tu as été pour moi ce que personne d'autre n'aurait pu être. Je ne crois pas que deux êtres eussent pu connaître si grand bonheur jusqu'à ce que je commençe cette affreuse maladie. Je ne peux plus lutter d'avantage, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. Et je sais que tu le feras. Tu vois, je n'arrive même pas à écrire correctement. Je n'arrive pas à lire. Ce que je veux dire, c'est que je te dois tout le bonheur de ma vie. tu t'es montré d'une entière patience avec moi et indiciblement bon. Tout le monde le sait. Si quelqu'un avait pu me sauver, c'eût été toi. Tout m'a quitté excepté la certitude de ta bonté. Je ne veux pas continuer à gâcher plus longtemps ta vie. Je ne crois pas que deux personnes auraient pu être plus heureuses que nous l'avons été...
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Les Heures de
Michael Cunningham
- Je me prenais pour un génie. J'ai réellement utilisé le mot, in petto, pour moi seul.
- Eh bien...
- Oh, vanité, vanité. Je me trompais. C'était au-dessus de mes moyens. La tâche était tout simplement insurmontable. C'était trop, beaucoup trop pour moi. Je veux dire, il y a le temps qu'il fait, il y a l'eau et la terre, il y a les animaux, et les maisons, et le passé et le futur, il y a l'
espace, il y a l'histoire. Il y a ce fil ou je ne sais quoi qui s'est pris entre mes dents, il y a la vieille de l'autre côté de l'impasse, as-tu remarqué qu'elle a déplacé l'âne et l'écureuil sur le rebord de sa fenêtre? Et, naturellement, il y a le temps. Et le lieu. Et il ya toi Mrs D. Je voulais écrire une partie d'une partie de toi. Oh, j'aurais tant aimé y parvenir.
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Par Lysiane7, le 08/10/2012
Les Heures de
Michael Cunningham
Mrs Dalloway
C'est à New York. A la fin du XXe siècle.
La porte du vestibule s'ouvre sur une matinée de juin si pure, si belle que Clarissa s'immobilise sur le seuil ainsi qu'elle le ferait au bord d'une piscine, regardant l'eau turquoise lécher la margelle, les mailles liquides du soleil trembler dans les profondeurs bleutées.
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Les Heures de
Michael Cunningham
Mrs Dalloway dit qu’elle se chargerait d’acheter les fleurs.Car Lucy avait bien assez de pain sur la planche. Il fallait sortir les portes de leurs gonds; les serveurs de Rumpelmayer allaient arriver. Et quelle matinée, pensa Clarissa Dalloway: toute fraîche, un cadeau pour des enfants sur la plage. Laura Brow essaie de se perdre. Non, ce n’est pas tout à fait exact - elle essaie de rester elle-même en gagnant l’entrée d’un monde parallèle. Elle pose le livre ouvert contre sa poitrine. Déjà sa chambre (non, leur chambre) paraît plus habitée, plus réelle, parce qu’un personnage du nom de Mrs Dalloway est sorti acheter des fleurs.
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Les Heures de
Michael Cunningham
La scène entière occupe le pont, résonne à travers les pierres et le bois, et pénètre le corps de Virginia. Son visage, pressé de profil contre le pilier, absorbe tout : le camion et les soldats, la mère et l'enfant.
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Par ballad, le 12/10/2011
Les Heures de
Michael Cunningham
« Elle a toujours un certain sex-appeal ; une sorte de charme bohème, une allure de magicienne, et pourtant, ce matin, elle offre une image tragique, si droite dans sa grande chemise et ses chaussures exotiques, résistant à l’attraction de la gravité, tel un mammouth enfoncé jusqu’aux genoux dans le goudron, reprenant son souffle après l’effort, massif et hautain, presque indifférent, feignant de contempler l’herbe tendre qui attend sur l’autre rive bien qu’il se sache condamné à rester là, prisonnier et solitaire, lorsque la nuit tombera et que sortiront les chacals. »
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