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Par EMOTION, le 06/08/2011
Les Heures de
Michael Cunningham
Dans les yeux des gens, dans leur démarche chaloupée, martelée, ou traînante; dans le tumulte et le vacarme; les attelages, les automobiles, les omnibus, les camions, les hommes-sandwichs qui se frayent un chemin en tanguant; les fanfares; les orgues de barbarie; dans le triomphe et la petite musique et le drôle de bourdonnement là-haut d'un avion, dans tout cela se trouvait ce qu'elle aimait: la vie; Londres; ce moment de juin.
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Par Nadael, le 08/11/2010
Les Heures de
Michael Cunningham
Nous menons nos vies, nous faisons ce que nous avons à faire, et puis nous dormons -- c'est aussi simple et banal que cela. Certains se jettent par la fenêtre ou se noient ou avalent des pilules ; plus nombreux sont ceux qui meurent par accident ; et la plupart d'entre nous, la vaste majorité, est lentement dévorée par une maladie ou, avec beaucoup de chance, par le temps seul. Mais il y a ceci pour nous consoler : une heure ici ou là pendant laquelle notre vie, contre toute attente, s'épanouit et nous offre tout ce dont nous avons jamais rêvé, même si nous savons tous, à l'exception des enfants ( et peut-être eux aussi) que ces heures seront inévitablement suivies d'autres , ô combien plus sombres et plus ardues. Pourtant, nous chérissons la ville, le matin ; nous voudrions, plus que tout, en avoir davantage.
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Par Just13, le 03/10/2011
Les Heures de
Michael Cunningham
Mon chéri,
Je suis entrain de sombrer dans la folie à nouveau, j'en suis sûre: je sais que nous n'arriverons pas à bout de ces horribles crises. Et cette fois je ne guérirai pas. Je recommençe à entendre des voix, et n'arrive pas à concentrer mes pensées.
Aussi vais-je faire ce qui semble la meilleure chose à faire. Tu m'as rendue parfaitement heureuse. Tu as été pour moi ce que personne d'autre n'aurait pu être. Je ne crois pas que deux êtres eussent pu connaître si grand bonheur jusqu'à ce que je commençe cette affreuse maladie. Je ne peux plus lutter d'avantage, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. Et je sais que tu le feras. Tu vois, je n'arrive même pas à écrire correctement. Je n'arrive pas à lire. Ce que je veux dire, c'est que je te dois tout le bonheur de ma vie. tu t'es montré d'une entière patience avec moi et indiciblement bon. Tout le monde le sait. Si quelqu'un avait pu me sauver, c'eût été toi. Tout m'a quitté excepté la certitude de ta bonté. Je ne veux pas continuer à gâcher plus longtemps ta vie. Je ne crois pas que deux personnes auraient pu être plus heureuses que nous l'avons été...
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Les Heures de
Michael Cunningham
Mrs Dalloway dit qu’elle se chargerait d’acheter les fleurs.Car Lucy avait bien assez de pain sur la planche. Il fallait sortir les portes de leurs gonds; les serveurs de Rumpelmayer allaient arriver. Et quelle matinée, pensa Clarissa Dalloway: toute fraîche, un cadeau pour des enfants sur la plage. Laura Brow essaie de se perdre. Non, ce n’est pas tout à fait exact - elle essaie de rester elle-même en gagnant l’entrée d’un monde parallèle. Elle pose le livre ouvert contre sa poitrine. Déjà sa chambre (non, leur chambre) paraît plus habitée, plus réelle, parce qu’un personnage du nom de Mrs Dalloway est sorti acheter des fleurs.
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Les Heures de
Michael Cunningham
La scène entière occupe le pont, résonne à travers les pierres et le bois, et pénètre le corps de Virginia. Son visage, pressé de profil contre le pilier, absorbe tout : le camion et les soldats, la mère et l'enfant.
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Par Aifelle, le 02/08/2011
Les Heures de
Michael Cunningham
"Elle sent la migraine monter peu à peu le long de sa nuque. Elle se raidit. Non, c'est le souvenir de la migraine, c'est sa peur de la migraine, tous les deux si nets qu'ils se confondent avec un début de migraine. Elle se tient droite, dans l'attente. Tout va bien. Tout va bien. Les murs de la pièce ne vacillent pas ; aucun murmure ne s'entend à l'intérieur des murs. Elle est à, debout, avec un mari à la maison, avec des domestiques, des tapis, des oreillers et des lampes".
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Crépuscule de
Michael Cunningham
C'est ce que Peter attend de l'art.Cette maladie de l'âme,cette impression d'être soi-même en présence de quelque chose de magnifique et d'évanescent,de quelque chose(de quelqu'un) qui brille à travers la fragilité de la chair,oui,comme la déesse-putain de Manet,une beauté débarassée de sentimentalité parce que Mizzy est (n'est-ce pas?)un dieu-putain à sa manière-il serait moins fascinant s'il était le personnage bienveillant, brillant,spirituel qu'il dit vouloir être.
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Par Nadael, le 08/11/2010
Les Heures de
Michael Cunningham
Mais restent toujours les heures, n'est-ce pas? Une heure et puis une autre, et il faut passer celle-ci et puis, oh mon Dieu, en voilà une autre.
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Par csapin, le 23/03/2011
Le livre des jours de
Michael Cunningham
"Regardez autour de vous, dit-elle. Que voyez-vous ? Du bonheur ? De la joie ? Les Américains n'ont jamais été aussi prospères, les gens n'ont jamais connu une telle sécurité. Ils n'ont jamais vécu aussi longtemps, en aussi bonne santé, jamais, de toute l'histoire. Pour quelqu'un du siècle dernier, à peine, ce monde paraîtrait un vrai paradis. Nous sommes capables de voler. Nos dents ne pourrissent pas. Nos enfants ne meurent pas d'un instant à l'autre d'un petit accès de fièvre. Le lait est exempt d'excréments. Et nous en avons à volonté. L'Eglise ne nous brûle pas vifs pour d'insignifiantes divergences d'opinion. Nos aînés ne nous lapident pas pour adultère. Nos récoltes sont toujours bonnes. Nous pouvons manger du poisson cru au milieu du désert, si nous le voulons. Et regardez-nous. Nous sommes obèses au point d'avoir besoin de concessions plus vastes dans les cimetières. Nos enfants de dix ans se droguent à l'héroïne, ou assassinent des enfants de huit ans, ou les deux. Nous divorçons plus vite que nous ne nous marions. Tout ce que nous mangeons doit être emballé hermétiquement, car quelqu'un pourrait y introduire du poison, ou à défaut des épingles. Un dixième d'entre nous est interné, et nous ne construisons pas de nouvelles prisons assez vite. Nous bombardons d'autres pays pour la seule raison qu'ils nous inquiètent, et la plupart d'entre nous non seulement ne savent pas trouver ces pays sur une carte, mais sont incapables de dire à quel continent ils appartiennent. Des traces d'ignifugeants employés dans l'ameublement se retrouvent dans le lait des femmes qui allaitent. Sincèrement, pour vous, tout va bien ? Cela vous semble-t-il une histoire qui mérite de se poursuivre ?"
Bob dit : "D'accord, mais le Big Mac est toujours imbattable." Il se cura un ongle avec celui du pouce opposé.
"Et vous pensez pouvoir y changer quelque chose ? demanda Cat.
- On fait ce qu'on peut. Je suis un des rouages. Notre propos est d'annoncer aux gens que c'est fini. Fini de sucer le sang du reste du monde afin qu'un petit pourcentage de la population puisse vivre dans le confort. C'est un dessein ambitieux, certes. Mais l'Histoire a toujours été changée par de petits groupes de personnes très déterminées."
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Par ballad, le 12/10/2011
Les Heures de
Michael Cunningham
« Il émane toujours d’elle une curieuse impression de romanesque frustré, et en la voyant aujourd’hui, à cinquante ans passés, dans cette pièce à peine éclairée et d’apparence prospère, Louis songe à des photos de jeunes soldats, des garçons au visage énergique, l’air serein dans leur uniforme ; des garçons morts avant l’âge de vingt ans et qui continuent à vivre, incarnations d’une promesse gâchée, dans des albums de photos ou sur des tables d’appoint, beaux et confiants, indifférents à leur destin, comme les vivants survivent à leur travail et aux courses dans les magasins, ou à des vacances ratées. »
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