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Par Alien, le 04/02/2012
La Théorie du panda de
Pascal Garnier
Il y a des gens qui ont besoin de faire, moi, j'ai juste besoin d'être.
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La Théorie du panda de
Pascal Garnier
« Tête baissée, les coudes sur les genoux, il regarde les paumes de ses mains ouvertes. Il se dit que dans les trains on a toujours les mains sales. Pas vraiment sales mais poisseuses de cette sueur grise, sous les ongles surtout, celle des autres qui ont touché avant vous les poignées, las accoudoirs, les tablettes. Il les referme, redresse la tête. Parce que l’immobilité totale qui l’entoure semble le provoquer, il se lève, empoigne son sac de voyage, remonte le quai sur une dizaine de mètres et emprunte le passage souterrain en direction de la sortie. Il ne croise personne.
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Par sylvie, le 18/12/2008
La Théorie du panda de
Pascal Garnier
"Je t'invite à manger parce que j'éprouve de la sympathie pour toi. Je vais t'offrir des aliments, de la nourriture. Nous nous connaissons à peine et pourtant, à cinquante centimètres l'un de l'autre nous allons saliver, mâcher, déglutir ensemble de la viande, des légumes, du pain. Ton corps et mon corps vont partager la même volupté. Le même sang coulera dans nos veines. Ta langue sera ma langue, ton ventre mon ventre. C'est un rite ancien, universel, immuable."
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Par saphoo, le 21/04/2010
Comment va la douleur ? de
Pascal Garnier
Le bébé est une sorte de tube ouvert aux deux extrémités. Par l’une on le remplit, par l’autre il se vide. Comme on venait de le remplir sur l’aire d’autoroute, il se vida à proximité d’Avignon
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Par saphoo, le 21/04/2010
Comment va la douleur ? de
Pascal Garnier
Mon passé est triste, mon présent catastrophique, mais par bonheur je n’ai pas d’avenir.Ainsi se consolait-elle
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Gare de Rachid de
Pascal Garnier
L'arrivée du train de 9h51 en provenance de Marseille fit s'envoler une poignée de pigeons gris qui s'éparpillèrent en applaudissant du bout des ailes dans le ciel rouillé de la gare. Appuyé sur son balai, Rachid les regarda se poser un à un sur les poutrelles métalliques qui s'entrecroisaient au-dessus du réseau compliqué des rails. La verrière était si poussiéreuse que, quelle que soit la saison, il faisait toujours le même temps, blanc-jaune le jour, bleu électrique la nuit. Ni ces pigeons ni Rachid ne connaissaient d'autre ciel que celui de la gare et ça suffisait largement. Rachid n'aurait pas pu dire depuis combien de temps il travaillait ici, ses souvenirs n'arrivaient pas à remonter si loin. Il avait bien quelques images de ciel bleu sans limite, sans nuage au-dessus d'une mer aussi bleue et aussi plate qui traînaient tout au fond de lui mais tout cela était rangé dans un coin de sa tête où il ne mettait plus les pieds depuis bien longtemps. C'était dans un autre pays, dans un autre temps, presque dans une autre vie. Sa vraie vie, celle de tous les jours, avait commencé juste à la descente de ce train de 9h51 en provenance de Marseille. Comme elle lui avait paru grande cette gare, immense, plus grande que tout ce qu'il avait connu de grand jusqu'alors, c'est-à-dire la mosquée de son village et on aurait pu en mettre au moins dix là-dedans.
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Par Seraphita, le 18/04/2010
La Théorie du panda de
Pascal Garnier
L’homme et la femme se font face, les bras croisés sur la table, presque front contre front, penchés au-dessus de deux tasses de café vides. On pourrait croire aux deux éléments d’un serre-livres sans livres. Lui doit avoir la quarantaine bien sonnée, la face osseuse, martelée de creux, les joues, les yeux, les trous de nez. Ses cheveux gras rejetés en arrière rebiquent sur le col de son pardessus. Elle est de dos, mais on voit un quartier de son visage dans le miroir, un quartier mal famé, fariné de poudre blanche supposée masquer la couperose, les boutons, les rides. Un gâteau laissé trop longtemps en vitrine.
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Par saphoo, le 21/04/2010
Comment va la douleur ? de
Pascal Garnier
la grimace qui crispait le visage des jeunes époux évoquait une furieuse envie de pisser ou bien la douleur insidieuse provoquée par le port de chaussures neuves. Le costume du marié semblait taillé dans du contreplaqué et les kilomètres de tulle enrobant sa promise sortir d’une bassine de barba à papa. Cramponnées à la traîne comme des morpions, les demoiselles d’honneur se tordaient les chevilles sur leurs premiers escarpins à talons. Les mères se tamponnaient les yeux, les pères bombaient le torse, les gosses jouaient à s’attraper en soulevant des tourbillons de poussière.”
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Par Seraphita, le 30/03/2011
L'A26 de
Pascal Garnier
La journée avait pourtant bien commencé, elle était de bonne humeur en se levant. Une flèche de lumière provenant d’une faille entre les volets avait ricoché sur l’émail blanc de son bol. Ça avait suffit pour faire ressurgir en elle tout un flot de bons moments. La vie a beau être ce qu’elle est, parfois elle fait des cadeaux, même à ceux qui ne le méritent pas, même à de sales gosses comme elle. C’est normal, la vie tue bien les braves gens, à coups de guerres, d’accidents de voiture, de maladie. Faut bien qu’elle rattrape ses conneries.
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Par Seraphita, le 18/04/2010
La Théorie du panda de
Pascal Garnier
La foraine ressemble à une poupée de porcelaine mal restaurée, maquillage craquelé, perruque blonde aux racines noires, lèvres tartinées d’un rouge épais déteignant sur deux rangées de fausses dents, yeux vitrifiés pour en avoir trop vu, pareils à ceux du monstrueux panda en peluche qu’elle pose sur le comptoir.