ISBN : 2843043131
Éditeur : Zulma (2005)


Note moyenne : 4/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Orphelin et employé dans une poissonnerie, Marc passe pour un pauvre type un peu simplet. En tout cas, aux yeux de sa sœur et de sa femme. Mais quand il devient riche en gagnant au loto, puis en héritant de la fortune d’une vieille dame à toutou, les choses changent. Le... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par Seraphita, le 10 mars 2012

    Seraphita
    Un château au beau milieu d'un parc. Un fleuve, en contrebas. C'est dans cette belle demeure que Marc va maintenant résider. Un cadre idyllique que dément bien vite la faune locale, des silhouettes grotesques, pour Marc qui n'y voit plus trop depuis qu'il a reçu une balle dans la tête. Il côtoie un « gnome sans âge » qui pique allègrement le contenu de son assiette, manquant « s'étouffer en rajustant à la hâte un râtelier un peu trop grand pour sa bouche », … Il y a aussi Isabelle, ancienne prof d'histoire-géo, qui essaie, assez maladroitement, de lui procurer quelques jouissances physiques, … Drôle d'endroit dans lequel Marc a atterri. Des souvenirs d'une vie d'avant lui reviennent par bribes, un mariage, et de petites phrases en passant : « La mariée est peut-être en blanc, mais le marié est sacrément noir ! ». Si noir qu'aujourd'hui, il n'y voit goutte. Une infirmière sympathique, Mireille, prend l'habitude de l'emmener régulièrement jusqu'au fleuve. Il peut entendre, goûter, le Flux et reFlux inlassables des eaux… Jusqu'au débordement final, où le ciel et l'eau se conjuguent dans une symbiose dévastatrice.
    « Flux » est un roman noir magistral qu'on lit d'une traite et qui nous laisse sans voix… à l'image de Marc, frappé d'un noir sensoriel. Un roman à la fois tendre et poétique, mais aussi cruel et tragiquement absurde. Un roman qui explore la folie des êtres, la différence, sous un angle décalé. Pascal Garnier prend ici le point de vue de Marc, un homme simplet, manipulé par des êtres sans scrupule parce qu'il a gagné « le gros lot », comme ça, par hasard. Dans sa tête, les gens normaux sont bien différents. C'est ce qu'il se dit quand Mireille, l'infirmière sympathique, lui adresse une question :
    « - Pourquoi vous ne parlez jamais, Marc ? Ce sont vos yeux qui sont atteints, pas vos cordes vocales ?
    Il ne comprit pas la question. Ne pas voir, ne pas parler, ça lui paraissait évident comme de ne rien entendre. Les gens normaux ne sont pas comme nous c'est ce qui les rend si différents. » (p. 45)
    L'écriture de Pascal Garnier paraît simple, mais il a le sens de la formule qui frappe, notamment lorsqu'il parle du quotidien :
    « le samedi soir, le restaurant était plein à craquer de gens qui se vidaient de leur semaine en remplissant leurs verres. » (p. 31)
    Le moment de la mort de Bob, le vieux chien puant qu'une vieille dame a légué à Marc, en échange d'une belle fortune, m'a beaucoup touchée :
    « J'ai soif, mon petit maître, toute cette eau verte si fraîche, à portée de langue… C'est ça, approche-moi, accumule autant de pierres que tu veux sur mon chariot, mais aide-moi à boire, là, là… plus près… encore plus près…
    Bob coule immédiatement, sans un bruit. Quelques bulles, quelques rides concentriques à la surface du canal, puis, l'oubli. L'eau cicatrice vite. » (p. 98)
    « Flux » : une histoire d'eau qui happe, jusqu'à l'abandon, illustrée fort à propos par des dessins originaux de l'auteur, une histoire de vue, tissée de paradoxes, où résonne tout du long, en filigrane, l'incipit : « A tous ceux qui ont vu sans être vus. »
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Citations et extraits

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  • Par Seraphita, le 10 mars 2012

    Il ne comprit pas la question. Ne pas voir, ne pas parler, ça lui paraissait évident comme de ne rien entendre. Les gens normaux ne sont pas comme nous c’est ce qui les rend si différents.
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  • Par Seraphita, le 10 mars 2012

    Sur l’écran, deux politiciens identiques au point qu’on aurait pu croire à un sketch joué par un seul acteur devant un miroir, s’invectivaient en se reprochant respectivement de se couper la parole. Ils se quittèrent en se serrant la main, fiers comme des coqs, sans avoir rien dit. Cela n’avait pas grande importance, ici, on ne s’intéressait qu’aux couleurs mouvantes.
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  • Par Seraphita, le 10 mars 2012

    Les doigts fébriles d’Isabelle s’acharnaient sur sa ceinture, sa braguette. Elle sortit son sexe ratatiné de son slip pour se l’enfourner dans la bouche. Comme elle n’arrivait à rien, elle se mit à le masturber aussi violemment que si elle tordait le cou à un canard.
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  • Par Seraphita, le 10 mars 2012

    Le samedi soir, le restaurant était plein à craquer de gens qui se vidaient de leur semaine en remplissant leurs verres.
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  • Par Seraphita, le 10 mars 2012

    A tous ceux qui ont vu sans être vus.
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