ISBN : 2253122327
Éditeur : Le Livre de Poche (2008)


Note moyenne : 3.95/5 (sur 40 notes) Ajouter à mes livres
On ne saurait dire pourquoi l'univers de Pascal Garnier nous est si proche.
Pourquoi il nous envoûte avec des histoires plutôt simples, des personnages a priori ordinaires et malmenés par la vie, des mots familiers et des silences qui le sont encore plus. Ainsi B... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Seraphita, le 04 avril 2010

    Seraphita
    Simon, tueur à gage proche de la retraite, s'est arrêté en mission dans la station thermale de Vals-les-Bains. Il fait la rencontre d'un jeune homme serviable et naïf, Bernard, qui rend visite à sa mère. Il va l'entraîner dans une dernière mission. En compagnie de Fiona, une maman à la dérive, et de Violette, son bébé, les voilà partis sur les routes vers la mer.
    Un excellent roman de Pascal Garnier, un auteur dont j'avais déjà lu : « Chambre 12 » et « Le Grand Loin ». Plus je lis cet auteur, plus je l'apprécie. Il nous dépeint avec brio des personnages désabusés, à qui la vie ne sourit guère. Ici, c'est Simon qui incarne cette figure. Tueur à gage sans scrupules, il aime à se présenter comme destructeur de Nuisibles :
    « - Et vous, au fait, c'est quoi votre job ?
    - Dératisation, extinction des Nuisibles, rats, souris, pigeons, puces, cafards… » (p. 43.)
    Simon est un homme cynique, au bout du rouleau : ses missions touchent à leur fin ; côté santé, ça ne va pas fort : il souffre atrocement et vomit du sang.
    Pascal Garnier nous dépeint, comme dans « Le Grand Loin », un voyage, un parcours d'errance, dans lequel des rencontres fortuites se produisent. Simon connaît un petit moment de répit dans les bras d'une vieille empailleuse, Rose.
    J'ai beaucoup apprécié l'humour noir de l'auteur. Voici, par exemple, un passage qui m'a fait beaucoup rire. Décrivant Bernard qui tient sur ses genoux un bébé, l'auteur écrit :
    « Un liquide chaud coulait sur les genoux de Bernard. le môme se vidait comme une bouillotte trouée. » (p. 74.)
    J'aime beaucoup ces descriptions brèves, très réalistes, très pragmatiques et qui prêtent à sourire, voire à rire. L'auteur accumule ce type de métaphore pour la plus grande joie des lecteurs.
    La fin de l'histoire, la fin du voyage, est contée dès le début. Cela nous place d'emblée dans une perspective assez sombre. Je n'ai pas trouvé gênant de connaître d'emblée la fin. J'ai d'autant mieux apprécié le récit et je me suis demandé, au fil de ma lecture, comment on allait en arriver jusque là.
    Un mot sur le titre : il s'explique, d'une part, par l'état de santé délabré de Simon, d'autre part par un mode de salut dans les pays africains. Comme l'explique l'auteur :
    « Dans quel pays d'Afrique les gens se saluaient-ils le matin en disant : « Comment va la douleur ? » Simon ne se souvenait plus. » (p. 166.)
    Un roman qui nous décrit l'errance d'un homme cynique et désabusé, entraînant dans son sillage un jeune homme sympathique, au cœur tendre et naïf. A découvrir !
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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 05 mai 2011

    Malaura
    A Vals les Bains, la rencontre entre Simon, un vieux tueur à gages à la retraite triste et bougon et Bernard, un jeune homme candide, doux benêt au grand coeur. Séduit par l'irrésistible naïveté de ce grand gaillard au coeur tendre, Simon propose à Bernard d'être son chauffeur. La complicité immédiate entre les deux laissés pour compte décidera le vieux tueur à demander au jeune homme d'effectuer pour lui une toute dernière mission.
    Comment va la douleur?" est de ces livres qui vous charment car ils s'imposent naturellement comme des évidences, par la simplicité de l'écriture, par l'humour frais teinté de doux désenchantement de leurs lignes, par la sympathie dégagée par des personnages ordinaires, par une atmosphère aérienne qui vous transporte sans effort; bref de ces petits livres tout à fait charmants qu'on lit avec grand plaisir.
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    • Livres 4.00/5
    Par BMR, le 26 décembre 2010

    BMR
    Dans certains pays africains, on a parfois coutume de se saluer avec ce : Comment va la douleur ? (Cf. le film de Depardon également).
    La douleur, les personnages de ce petit roman de Pascal Garnier, la portent en eux.
    Une douleur physique (elle finira par emporter l'un, la main de l'autre est estropiée et bandée).
    Une douleur moins palpable aussi : ce petit bouquin fait se rencontrer trois ou quatre éclopés de la vie.
    Simon est le tueur à gages au bout du rouleau.
    Bernard est le simplet affligé d'une mère ivrogne.
    Sur leur route, ils croiseront Fiona la fille-mère et Rosa la belge.
    La fraîcheur naïve de Bernard éclairera d'une douce lumière les derniers jours d'un Simon désabusé.
    Pascal Garnier nous promène pendant ces quelques pages dans le sillage de ces petites gens, entre Lyon, l'Ardèche et le Grau-du-Roi, des lieux que traverse parfois le fantôme de Jean Ferrat.
    Cette histoire en forme de road-movie est un brin convenue mais se lit sans aucun déplaisir et la rencontre improbable du tueur retraité et du doux chômeur ne manque pas de sel.
    On pense parfois à Échenoz. De loin certes, mais à Échenoz quand même et il y a des références moins flatteuses.
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    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 27 septembre 2011

    meyeleb
    Prenez deux ou trois éclopés de la vie (le tueur au bout du rouleau, l'alcoolique, le simple, la paumée...), chacun traînant sa douleur à sa façon, mélangez pour créer des rencontres improbables, ajoutez une touche d'humour pour faire passer l'amertume, ça donne Comment va la douleur, un roman tendre et dur à la fois, qu'on ne regrette pas d'avoir lu.
    Merci à Seraphita de m'avoir permis de découvrir cet auteur.
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    • Livres 5.00/5
    Par saphoo, le 21 avril 2010

    saphoo
    C'est là mon envie de me plonger à nouveau dans ses livres après “Le Grand Loin” ce deuxième livre “Comment va la douleur” ressemble bien à ce refrain qui refredonne dans ma tête, une chanson humoristique et à la fois cinglante d'une douleur qui traverse l'histoire comme un coup d'épée. Pascal Garnier a le don de mélanger avec génie le noir et le blanc non pas pour nous peindre de gris son histoire mais un panache de couleurs qui jaillit à travers ses personnages toujours très marquants et originaux, même si ils ont parfois un petit côté répugnant, cynique ou marrant. Les descriptions sont si remarquables qu'on se croirait au cinéma, l'histoire se déroule tel un film, pas d'ennui, que du plaisir, des sourires, des angoisses parfois, de l'émotion et de la tendresse, assurément un joyeux cocktail de lecture dont je ne me lasse pas. Il est bien regrettable qu'il nous ait quitté si vite, si tôt.
    Pourquoi redire l'histoire, le résumé de l'éditeur suffit amplement à se plonger dans ce roman : “Comment va la douleur” est une expression africaine pour se saluer; je serai curieuse d'en savoir plus à ce sujet.
    La douleur omniprésente devient la raison majeure de cette décision d'embaucher “Bernard” si attachant. Tout au long de cette mission, on croise Fiona et sa fille Violette, Rose et Anaïs la mère de Bernard, un tableau à elle toute seule.
    J'ai encore bien ri des tableaux brossés par l'auteur, c'est d'un humour et pourtant il n'y a pas de quoi rire des malheurs des autres mais la façon dont il nous livre ces coups de “gueule” on ne peut que succomber.


    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2010/04/16/17593748.h..
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Citations et extraits

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  • Par saphoo, le 21 avril 2010

    la grimace qui crispait le visage des jeunes époux évoquait une furieuse envie de pisser ou bien la douleur insidieuse provoquée par le port de chaussures neuves. Le costume du marié semblait taillé dans du contreplaqué et les kilomètres de tulle enrobant sa promise sortir d’une bassine de barba à papa. Cramponnées à la traîne comme des morpions, les demoiselles d’honneur se tordaient les chevilles sur leurs premiers escarpins à talons. Les mères se tamponnaient les yeux, les pères bombaient le torse, les gosses jouaient à s’attraper en soulevant des tourbillons de poussière.”
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  • Par saphoo, le 21 avril 2010

    Le bébé est une sorte de tube ouvert aux deux extrémités. Par l’une on le remplit, par l’autre il se vide. Comme on venait de le remplir sur l’aire d’autoroute, il se vida à proximité d’Avignon
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  • Par BMR, le 26 décembre 2010

    [...] - Moi, j'aimerais bien y être déjà à la retraite.
    - Qu'est-ce que vous feriez ?
    - Rien.
    - Vous n'avez pas de passions, d'envies de voyages ?
    - Non, je voudrais juste avoir assez d'argent pour rien faire.
    - Vous finiriez par vous ennuyer.
    - Je crois pas. Quand on n'a pas de boulot ni d'argent, on s'ennuie parce qu'on pense tout le temps à comment en avoir, mais quand on a de quoi, rien faire c'est tranquille.
    - Vous ne lisez pas, vous n'allez pas au cinéma ?
    - J'ai du mal avec les livres. Arrivé au bas d'une page, je me rappelle plus le début alors forcément j'avance pas vite. Au cinéma je m'endors à cause du noir. Et vous, qu'est-ce que vous ferez à la retraite ?
    - Je ne sais pas. J'aime la mer, les bateaux.
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  • Par Lencreuse, le 21 juillet 2010

    Le lit était dur et froid malgré la couverture en chenille vert épinard. L’oreiller semblait en carton. Cela n’avait plus d’importance, Simon n’avait d’autre ambition que d’échapper à son corps. Il y parvint après avoir avalé une poignée de pilules qui lui bétonnèrent le cerveau et le rendirent parfaitement étanche. Au fond, il n’était pas plus mal ici qu’ailleurs. Il ne se sentait ni bien ni mal, il ne se sentait plus. L’abus des détergents servant à éradiquer la présence des précédents occupants du mobile home vous procurait une curieuse sensation de virginité.
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  • Par saphoo, le 21 avril 2010

    Mon passé est triste, mon présent catastrophique, mais par bonheur je n’ai pas d’avenir.Ainsi se consolait-elle
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