Simon, tueur à gage proche de la retraite, s'est arrêté en mission dans la station thermale de Vals-les-Bains. Il fait la rencontre d'un jeune homme serviable et naïf, Bernard, qui rend visite à sa mère. Il va l'entraîner dans une dernière mission. En compagnie de Fiona, une maman à la dérive, et de Violette, son bébé, les voilà partis sur les routes vers la mer.
Un excellent roman de Pascal Garnier, un auteur dont j'avais déjà lu : « Chambre 12 » et «
Le Grand Loin ». Plus je lis cet auteur, plus je l'apprécie. Il nous dépeint avec brio des personnages désabusés, à qui la vie ne sourit guère. Ici, c'est Simon qui incarne cette figure. Tueur à gage sans scrupules, il aime à se présenter comme destructeur de
Nuisibles :
« - Et vous, au fait, c'est quoi votre job ?
- Dératisation, extinction des
Nuisibles, rats, souris, pigeons, puces, cafards… » (p. 43.)
Simon est un homme cynique, au bout du rouleau : ses missions touchent à leur fin ; côté santé, ça ne va pas fort : il souffre atrocement et vomit du sang.
Pascal Garnier nous dépeint, comme dans «
Le Grand Loin », un voyage, un parcours d'errance, dans lequel des rencontres fortuites se produisent. Simon connaît un petit moment de répit dans les bras d'une vieille empailleuse, Rose.
J'ai beaucoup apprécié l'humour noir de l'auteur. Voici, par exemple, un passage qui m'a fait beaucoup rire. Décrivant Bernard qui tient sur ses genoux un bébé, l'auteur écrit :
« Un liquide chaud coulait sur les genoux de Bernard. le môme se vidait comme une bouillotte trouée. » (p. 74.)
J'aime beaucoup ces descriptions brèves, très réalistes, très pragmatiques et qui prêtent à sourire, voire à rire. L'auteur accumule ce type de métaphore pour la plus grande joie des lecteurs.
La fin de l'histoire, la fin du voyage, est contée dès le début. Cela nous place d'emblée dans une perspective assez sombre. Je n'ai pas trouvé gênant de connaître d'emblée la fin. J'ai d'autant mieux apprécié le récit et je me suis demandé, au fil de ma lecture, comment on allait en arriver jusque là.
Un mot sur le titre : il s'explique, d'une part, par l'état de santé délabré de Simon, d'autre part par un mode de salut dans les pays africains. Comme l'explique l'auteur :
« Dans quel pays d'Afrique les gens se saluaient-ils le matin en disant : «
Comment va la douleur ? » Simon ne se souvenait plus. » (p. 166.)
Un roman qui nous décrit l'errance d'un homme cynique et désabusé, entraînant dans son sillage un jeune homme sympathique, au cœur tendre et naïf. A découvrir !