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Par ballad, le 02/03/2012
La dentellière de
Pascal Lainé
Pomme s’affairait à la vaisselle, très longuement, comme si elle avait eu peur de rester inactive devant lui. Et quand elle avait fini avec la vaisselle, ou bien avec le linge, elle feilletait attentivement des livres de chez Gallimard qu’il lui avait dit de lire. Ses doigts sentaient bon le Paic Citron.
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Par ballad, le 02/03/2012
La dentellière de
Pascal Lainé
Mais en se saisissant de ce personnage, qu’il comparait à un pollen au hasard du vent, minusculement tragique, l’écrivain n’a su faire que l’abîmer. Il n’y a peut-être pas d’écriture assez fine et déliée pour un être si fragile. C’est dans la transparence même de son ouvrage qu’il fallait faire apparaître la « Dentellière » ; dans les jours entre les fils : elle aurait déposé de son âme quelque chose d’infiniment simple, au bout de ses doigts ; moins qu’une rosée, une pure transparence.
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Par ballad, le 02/03/2012
La dentellière de
Pascal Lainé
Pomme, mais parfaitement homogène, d’une extraordinaire densité. Elle devait être ferme et charnue son âme aussi. Ce n’était pas de ces êtres dont la présence se résorbe dans l’abstraction du regard ou de la parole ; ses gestes, ses occupations même les plus futiles la réalisaient dans une sorte d’éternité de chaque instant.
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Par ballad, le 02/03/2012
La dentellière de
Pascal Lainé
C’est parce qu’elle avait les joues rondes qu’on l’appelait Pomme. Elles étaient aussi très lisses, ses joues, et quand on en parlait devant elle, de ses joues, tellement elles étaient lisses et rondes, ça les faisait même reluire un peu.
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Derniers jours avant fermeture de
Pascal Lainé
« Combien de millénaires de patiente réflexion, de travail, d’amour, d’énergie, de talent, de pensées sublimes et généreuses pour arriver à ceci : le Journal Télévisé de 20 heures ! ».
« L’amour de l’humanité est le seul bien et la seule richesse des hommes, chacun en détient une pard d’autant plus grande qu’il ne possède rien d’autre ».
« Les esclaves seuls demandent pourquoi ils sont venus sur terre et ils trouvent aussitôt un maître pour le leur expliquer ».
« Les vieux ne se lassaient pas d’entendre les mêmes anecdotes leur apporter la preuve qu’ils avaient existé. … Les vieux ne s’ennuient pas : ils sont occupés à ne pas oublier de vivre. Il n’ont jamais assez de temps. »
« Les soldats des armées modernes glisseront du pied sur les plans d’invations des état-smajors et finiront la campagne en barbotant dans les eaux usées de l’actualité ».
« Comme le temps passe, les amis, et tant de choses, pourtant, n’arrivent pas à passer ! ».
« Une ligne à haute tension filait vers l’horizon, telle une portée musicale que le silence environnant aurait fait ployer entre les barres de mesure ».
« Le bonheur passe trop vite, du simple fait qu’il passe ! ».
« Nous tous qui sentons que nous sommes au monde par mégarde, passons notre vie à chercher un sens au hasard et nous obstinons à exister, dans notre crainte un peu abjecte de laisser le monde durer encore sans nous et sans la moindre trace de notre passage ».
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La dentellière de
Pascal Lainé
Ils étaient anxieux maintenant,l'un et l'autre,une grande et violente passion était en train de naître,nourrie de leurs déceptions successives.
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Par ballad, le 02/03/2012
La dentellière de
Pascal Lainé
Des gens passaient sur le trottoir. Un petit garçon se planta devant eux pendant quelques secondes. Il suçait un esquimau rose et bavait un peu. Il avait l’air très soucieux pour ses trois ou quatre ans. Il se mit à se dandiner d’un pied sur l’autre en grattant tristement le fond de sa culotte. Tout à coup il détala.
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La dentellière de
Pascal Lainé
C'était un homme qui s'en va,son mari,par la même fatalité qui faisait du mari de sa voisine "un homme qui boit".
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Par ballad, le 02/03/2012
La dentellière de
Pascal Lainé
Elle sortait le matin de son lit déjà comblée de son sommeil sans malice comme d’une étreinte, le corps chargé d’une nostalgie que le jour, la foule, la bousculade même ne faisaient pas choir.
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Par line70, le 23/03/2011
Derniers jours avant fermeture de
Pascal Lainé
On est un fantôme quand on est mort sans avoir fini de vivre. Mais la plupart des humains n'ont même jamais commencé à vivre. Il y a donc très peu de fantômes.