ISBN : 2070367266
Éditeur : Gallimard (1976)


Note moyenne : 3.03/5 (sur 37 notes) Ajouter à mes livres
Certes c'était une fille des plus communes. Pour Aimery, pour l'auteur de ces pages, pour la plupart des hommes, ce sont des êtres de rencontre, auxquels on s'attache un instant, seulement un instant, parce que la beauté, la paix qu'on y trouve ne sont pas de celles qu'... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par ballad, le 02 mars 2012

    ballad
    Un livre qui a beaucoup de charme et se laisse lire très facilement, grâce à ses tournures poétiques. Un roman en hommage à un personnage féminin très réservé que l'auteur auréole d'infiniment de mystère. La réserve de Pomme, sa sensualité involontaire, son extrême simplicité, sa pudeur, sa maladresse, semblent faire d'elle une jeune fille pas ordinaire. Elle tombe amoureuse d'un étudiant attendri par sa beauté secrète : pour lui Pomme est comme une œuvre d'art. Bien que ne partageant pas son amour, il n'ose pas lui faire de la peine et emménage avec elle dans sa mansarde pendant quelque temps.
    Ce roman m'a plu grâce à la poésie magnifique de son écriture, cependant j'ai par moment été gênée, car je me suis dit que c'était bien mal servir le personnage (et donc tous ceux qu'il représente de près ou de loin) que de sublimer l'apparence d'un personnage en en faisant une œuvre d'art insondable. Peut-être était ce voulu que de nous laisser imaginer ce que nous voulions de Pomme, mais selon moi la porte vers l'imagination est trop grand ouverte et peut laisser libre cours à la positivité comme à la condescendance du lecteur. Cela dit, il nous arrive à tous de rencontrer des personnes impénétrables et mystérieuses, qu'elles soient réservées ou extraverties.
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    • Livres 3.00/5
    Par monito, le 01 février 2010

    monito
    Ce court roman, prix Goncourt en 1974, est étonnant.
    C'est l'histoire de Pomme, jeune fille un peu paumée comme tombée de son arbre fruitier sans jamais avoir été ramassée.
    Elle naît dans le Nord de la France dans un bled sans nom, sans histoires et sans vie, d'un père qui partira sans jamais trouver le chemin du retour et d'une mère serveuse qui mettra aussi son corps au service pour mettre du beurre dans les épinards.
    Et Pomme grandit, vit des choses tellement insignifiantes que rien ne la révèle ou ne la réveille au monde. Elle fait des shampoings dans un salon de coiffure, rencontre Marylène et évolue dans son ombre, puis Aimery et là c'est pareil puis rien. Toujours rien.
    L'exergue du roman est de Musil et je ne résiste pas à la citer :
    « Un être qui ne peut ni parler ni être exprimé, qui disparait sans voix dans la masse humaine, petit griffonnage sur les tables de l'Histoire, un être pareil à un flocon de neige égaré en plein été, est-il réalité ou rêve, est-il bon ou mauvais, précieux ou sans valeur ? »
    C'est de Pomme dont il parle et ce faisant elle est presque insupportable et quasi sainte.

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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 07 octobre 2011

    brigittelascombe
    Quel triste avenir que celui de cette petite Pomme!
    Un bien joli roman que La dentelière(prix Goncourt 1974) de Pascal Lainé(agrégé de philosophie auteur, entre autres, de L'irrévolution prix Médicis).
    Après lecture, cette jeune fille aux gestes de dentelière,à l'humeur égale, maléable et soumise,dont les joues rondes lui ont donné le surnom de Pomme m'a évoqué Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley, ce qui m'a d'ailleurs choquée.
    Bêta travailleuse,Gamma populaire,Epsilon simiesque (gourde mais jolie tout de même!!),tout et une à la fois, Pomme, la dentelière qui n'est pas vraiment dentelière, mais à une autre époque aurait pu être lingère ou porteuse d'eau, est comme programmée,conditionnée pour un terne destin où les Alpha cultivés et intellectuels(comme Aimery, l'étudiant, futur conservateur, rencontré à Cabourg) ou plus évolués(comme la perfide Marylène "au style Juan les pins" du salon de coiffure où Pomme balaye les cheveux) lui sont barrés car porteurs de déceptions.
    L'image fait-elle toujours office de vérité?
    Le nord ouvrier qui cloque sur l'horizon,le père parti sans laisser d'adresse,la mère serveuse- prostituée et qui, même après l'arrivée dans une cité de la banlieue parisienne et son dur labeur de femme de ménages, va garder la fâcheuse habitude de lancer 'A vot' service' à ses interlocuteurs, le manque de goût, de bonnes manières,de culture,de vivacité,les trop grandes maléabilité et soumission,la présence un peu frustre, le manque "d'aptitude à l'oisiveté" sont-ils de pesants facteurs dans l'inexistence de Pomme, sont-ils porteurs des ressentiments éprouvés à son égard et causes de ses propres déceptions?
    Un enchainement de circonstances qui monte crescendo jusquau rejet et la déchéance.
    Une vision bien pessimiste d'une certaine classe sociale, qui loin de se révolter s'enlise dans la mal bouffe bien éloignée des Nourritures terrestres et de la bourgeoisie odieuse qui garde des oeillères avec ses fréquentations.
    Et l'ambition dans tout ça?La "gnaque"? L'envie de s'en sortir malgré tout? Un beau portrait émouvant, une fine description psychologique mais qui n'est pas à généraliser!
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    • Livres 5.00/5
    Par quiliravivra, le 14 juin 2011

    quiliravivra
    Un très beau roman que j'ai aimé lire adolescente (prix goncourt 1974) et dont le film en 1977 avec l'excellente Isabelle Huppert s'est montré pleinement à la hauteur .
    Le personnage principal est une jeune fille provinciale apprentie coiffeuse surnommée Pomme (car elle mange des pommes au lieu de causer) , très silencieuse donc, peu cultivée et surtout issue d'un milieu défavorisé.
    Elle rencontre un jeune intellectuel bourgeois dont elle s'éprend.
    A cause du fossé social et culturel leur rencontre amoureuse ne pourra pas se transformer en avenir et Pomme va sombrer peu à peu dans la folie.
    Pascal Lainé réussit à faire de la jeune femme un peu "terne" un personnage très attachant et comme auréôlée d'un secret.
    L'écrivain accroche le lecteur en traduisant de façon très fine et beaucoup de psychologie une vie somme toute banale.
    Un excellent livre que je recommande
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par femond, le 08 octobre 2011

    femond
    Ce livre mérite bien son titre. Pascal Lainé fait dans la dentelle et nous brode un roman d'une exquise finesse à partir d'une étoffe toute simple : la vie de Pomme, une jeune femme terne qui peu à peu prend de l'épaisseur et du l'éclat.
    Ce roman m'a tellement marqué que je n'ai rien oublé de cette hiistoire qui a fait l'objet d'un film assez réussi avec l'excellente Isabelle Hubert.
    A lire ou relire sans modération.
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Citations et extraits

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  • Par ballad, le 02 mars 2012

    Pomme s’affairait à la vaisselle, très longuement, comme si elle avait eu peur de rester inactive devant lui. Et quand elle avait fini avec la vaisselle, ou bien avec le linge, elle feilletait attentivement des livres de chez Gallimard qu’il lui avait dit de lire. Ses doigts sentaient bon le Paic Citron.
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  • Par ballad, le 02 mars 2012

    Mais en se saisissant de ce personnage, qu’il comparait à un pollen au hasard du vent, minusculement tragique, l’écrivain n’a su faire que l’abîmer. Il n’y a peut-être pas d’écriture assez fine et déliée pour un être si fragile. C’est dans la transparence même de son ouvrage qu’il fallait faire apparaître la « Dentellière » ; dans les jours entre les fils : elle aurait déposé de son âme quelque chose d’infiniment simple, au bout de ses doigts ; moins qu’une rosée, une pure transparence.
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  • Par ballad, le 02 mars 2012

    Pomme, mais parfaitement homogène, d’une extraordinaire densité. Elle devait être ferme et charnue son âme aussi. Ce n’était pas de ces êtres dont la présence se résorbe dans l’abstraction du regard ou de la parole ; ses gestes, ses occupations même les plus futiles la réalisaient dans une sorte d’éternité de chaque instant.
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  • Par ballad, le 02 mars 2012

    C’est parce qu’elle avait les joues rondes qu’on l’appelait Pomme. Elles étaient aussi très lisses, ses joues, et quand on en parlait devant elle, de ses joues, tellement elles étaient lisses et rondes, ça les faisait même reluire un peu.
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  • Par ballad, le 02 mars 2012

    Des gens passaient sur le trottoir. Un petit garçon se planta devant eux pendant quelques secondes. Il suçait un esquimau rose et bavait un peu. Il avait l’air très soucieux pour ses trois ou quatre ans. Il se mit à se dandiner d’un pied sur l’autre en grattant tristement le fond de sa culotte. Tout à coup il détala.
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Pascal Lainé nous livre sa vision du monde pour la sortie de son livre "Maman, quand je serai grand je veux être patron du CAC 40" (essai, 2008).








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