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ISBN : 2070308065
Éditeur : Gallimard (2005)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 203 notes)
Résumé :
«Mais la minute qui compte, c'est tout à la fin. Les gestes se sont alentis, le coiffeur vous a délivré du tablier de nylon, qu'il a secoué d'un seul coup, dompteur fouetteur infaillible. Avec une brosse douce, il vous a débarrassé des derniers poils superflus. Et l'instant redouté arrive. Le coiffeur s'est rapproché de la tablette, et saisit un miroir qu'il arrête dans trois positions rapides, saccadées : sur votre nuque, trois quarts arrière gauche, droite. C'est ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Herve-Lionel
15 novembre 2016
  • 4/ 5
La Feuille Volante n° 1088
La sieste assassinéePhilippe Delerm – Gallimard..
Philippe Delerm c'est le chantre du quotidien, le témoin de l'instant, des sensations, des impressions, des choses sans importance qui rythment notre journée ou notre vie, celle des quidams, des petits, des « sans grade ». C'est banal, c'est léger, sans grande importance et répétitif aussi, la sonnerie du téléphone, la poubelle qu'il faut descendre, la séance chez le coiffeur… Des petits moments de plaisirs, les pieds nus dans l'herbe, une douche dans la touffeur de l'été, le farniente de la plage et les châteaux de sable… Cela nous touchent, forcément, parce nous l'avons éprouvé, parce que cela nous dit quelque chose, même si on peut être étonné que cela fasse l'objet de mots écrits et publiés sur les pages d'un livre.
C'est ce que certains écrivains ont voulu faire, écrire la vie telle qu'elle est, pas celle éthérée des intellectuels, publiques des artistes du show-biz ou hypocrite des politiques, non celle de ceux dont on ne parle jamais. Ce sont des remarques, parfois acerbes, que lui inspirent ceux qui l'entourent, des impressions fugaces et c'est un simple stylo qui fuit et ainsi vous rappelle votre enfance, sur les bancs de la classe ou la puérilité des jeux qui ne se concevaient qu'au « conditionnel-sésame » (« on dirait que j'aurais fait ...» ) que l'âge adulte nous avait fait oublier un peu vite, mais aussi la timidité des premiers émois amoureux… Mais la roulette du dentiste, elle, vous ramène à une réalité plus actuelle. C'est parfois aussi l'évocation de tout le plaisir qu'on prend à la lente dégustation d'un artichaut, quand l'époque est plutôt au fast-food et au « time is money », à ce qu'il voit et qu'il décrit pour son lecteur, comme cette micheline-omnibus hors d'âge qui dessert encore pour quelques temps la gare d'un petit village. Il ajoute une pointe d'humour, une façon personnelle et malicieuse de rendre compte de la réalité, quand ce n'est pas avec une once de mauvaise foi. Rien ne lui échappe, ni un match de foot des « poussins » ni la déplaisante visite, généralement un dimanche matin où on a autre chose à faire, d' apôtres prosélytes venus vous porter la bonne parole en vous parlant du salut de votre âme ou du nécessaire retour à des valeurs religieuses traditionnelles et en vous priant de vous convertir sous le couvert d'une réflexion approfondie sur des vérités présentées comme les seules valables.
Nous avons droit à l'évocation un peu surannée des bals de campagne où on « valsait-musette », à la tiédeur bien actuelle des bistrots citadins et dans « l'heure du tee » dont le jeu de mot ne m'a pas échappé, c'est un autre monde mais puisqu'on étai dans la nostalgie, dans cette « saudade » chère à Fernando Pessoa, je me suis mis à regretter ces transformations qu'on bottait au rugby, mais en creusant une petite excavation dans la pelouse, d'un coup de talon résolu. Cela n'arrangeait sans doute pas le terrain, mais cela faisait partie du folklore. A l'heure des SMS, des courriels et du téléphone portable, je suis encore de ceux qui aiment recevoir des lettres, mais pas n'importe lesquelles, pas des factures ou des avertissements du percepteur, mais des lettres manuscrites, amicales ou, pourquoi pas amoureuses, j'aime les regarder, les décacheter, sentir l'odeur de l'encre et du papier, les lire, les relire, découvrir et interpréter l'écriture... et surtout pouvoir les conserver !
J'avais bien aimé « La première gorgée de bière » (La Feuille Volante n° 268) . J'ai retrouvé avec plaisir ces courts textes toujours aussi pleins de simplicité, de poésie, de dépaysement bienvenu. J'y ai retrouvé, toutes choses égales par ailleurs, l'ambiance que je goûte tant dans les poèmes de Léon-Georges Godeau. J'aurais peut-être apprécié un peu plus de nostalgie, mais cela tient à moi, sans doute ?
© Hervé GAUTIER – Novembre 2016. [http://hervegautier.e-monsite.com ]
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Seraphita
30 mai 2009
  • 5/ 5
L'auteur nous dépeint, en une trentaine de brefs chapitres (de 2-3 pages chacun), des instants, heureux, tels que « Juste une omelette, comme ça », celle qui accompagne les cèpes que l'on vient de dénicher dans le sous-bois, ou « Gagner le coeur d'un artichaut », quête délicate mais toujours récompensée, ou bien moins agréables, comme « La roulette », celle du dentiste bien sûr, ou « le oui oui au coiffeur » que l'on se force à prononcer alors que la coupe que l'on découvre dans le miroir ne nous semble guère flatteuse, ou encore des instants mélancoliques, à mi-chemin de l'agréable et du désagréable, tels que « Fruitaison douce » qui nous décrit un jour d'automne et tous les souvenirs que cette saison évoque. L'auteur raconte également de petites mesquineries ou hypocrisies quotidiennes, telles que « Donner sa place dans le métro », où finalement c'est au dernier moment qu'on se lève (« Il eût fallu se lever tout de suite »), une station avant de descendre. « La sieste assassinée », moment malheureux comme le titre le suggère, dépeint l'instant d'après la quiétude, quand tout bascule.
J'ai retrouvé dans cet ouvrage la qualité d'écriture qu'avait Philippe Delerm dans « La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules ». Les descriptions sont ciselées, travaillées au plus près et m'ont fait revivre des moments terrifiants (Cf. « La roulette ») ou bien agréables (Cf. « Gagner le coeur d'un artichaut »). L'auteur a le sens de la formule incisive et veut rejoindre le vécu du lecteur, en témoigne l'emploi du « on ». le livre se lit rapidement, le temps d'une sieste, préservée celle-là. le lecteur n'a pas la sensation d'ennui, les instants décrits tenant en 2-3 pages. Un livre qui a aussi le souci d'explorer la psychologie du quotidien à travers quelques petites formules toutes faites (« Je regarde jamais », « Vous vouliez lui parler !? », « Vous êtes bien, là ! »).
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myrtille67
14 juin 2011
  • 5/ 5
la poésie du quotidien, tout simplement, ou l'art de sublimer les petites choses de la vie. Chaque nouvelle de ce recueil est comme une photographie racontée.
Voilà un petit livre qui donne du baume au coeur, à lire pour éviter de se laisser submerger par les petites tracasseries journalières.
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vincentf
27 juin 2010
  • 4/ 5
Saisir la vie de tous les jours pour en faire du bonheur en mots, quel plaisir ! Presque rien pour dire presque tout, les textes miniatures de Delerm font calmement penser à du Delerm, le fils, L'heure du tee , celle de ce "salut aux étoiles qui n'ose pas s'avouer" quand le rugbyman a transformé un essai, se retrouve chez Vincent (chez moi) dans L'heure du thé, "Gabriel Fauré, Mozart, Laurent Voulzy", prélude d'une nuit-litote que l'on devine avec plaisir.
Les petites histoires un peu drôle et beaucoup vécues (on s'y croirait, le compliment qu'attend papa Delerm sans doute) qui se suivent nonchalamment dans ce livre, comme ma lecture, piquent dans le quotidien, le petit truc, le bidule, le détail qui compte et qui relègue loin derrière son évidence tout le reste parce que tout le reste, les grandes passions, les drames pathétiques, se trouve cristallisé dans un moment emblème, une photographie, deux ou trois mots bien sentis, rien de plus. Delerm ou la poésie du nécessaire : "On avait ce jour-là pas mal de courses à faire, quelques coups de téléphone à donner. La vérité n'étais pas au programme". Et voilà qu'elle déboule dans un petit livre qui vous donne envie d'écrire, vous aussi, d'acheter un petit carnet avec un élastique pour le fermer et d'y noter, au fil de vos pérégrinations quotidiennes, les petits événements que, si on ne les écrit pas, non seulement l'on oublie, mais que surtout l'on ne voit pas, sauf si un Philippe ou un Vincent Delerm vient cogner à votre porte pour vous rappeler qu'avant un oral de bac on va toujours à la piscine et que les filles de 1973 faisaient des exposés sur l'Apartheid ou sur le Che.
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floyd2408
04 novembre 2014
  • 5/ 5
Philippe Delerm aime l'instant fugace ,ces moments perdus aux firmaments de notre mémoire ,les scènes légères quotidiennes oubliées se réveillant par miracle dans ce souvenirs mirage de la brièveté machinale ,une rêverie suspendu au présent d'un age ancien ....J'ai lu Un trottoir au soleil avant La sieste assassinée comme l'onde éphémère d'un rayon de soleil qui réchauffe ma peau je retrouve la tiédeur de l 'écriture de Phillippe Delerm .un prémisse de l'instantanée comme le Mandala oeuvre qui s'efface avec le temps...
Dans ces 36 textes ou d'une pluie sur Rolland Garros côtoie l'imaginaire des yeux plissés sur une plage le sublime d'une pivoine.une journée avant le bac ,une omelette aux champignons.la secrétaire au téléphone....on découvre avec douceur et plaisir ces scènes coulant dans notre mémoire pour réveiller nos souvenirs d'enfance qui s'y mêlent....j 'aime cette écriture
Comme cette Madeleine de Proust :nous repartons dans l'enfance ...
Une pépite de savoureux moments
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Citations & extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
SeraphitaSeraphita30 mai 2009
Tant de voitures sont passées au virage, avec le même fléchissement, que tout danger semble à présent impossible. Mais c'est précisément l'instant où une énième automobile décélère avec une minuscule exagération. Le temps de latence avant la reprise du moteur se prolonge. Pis : à la place du ronflement rassurant monte bientôt l'élastique docilité de pneumatiques décomposant leur élan sur le macadam amolli. Déjà on a compris. Tout est perdu.
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redblueredblue31 mars 2012
La vérité n'était pas au programme. Et voilà qu'elle survient sur votre seuil en regard myosotis et barbiche assyrienne ! La vérité ... Mais déjà le barbichu livide tire de son sac à malices une brochure coloriée, et bien vite l'aménité paillassonnée tourne au vinaigre.
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SachenkaSachenka11 mai 2014
Le présent des bios, c'est comme un voyage en diligence où l'on s'arrête à toutes les fontaines. À quoi bon se presser. Chaque gorgée d'eau pure est une éternité.
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lrudulierplrudulierp17 juillet 2016
quand après toutes les excuses, on est enfin allongé dans le hamac et qu'on entend des pneus crisser sur la gravillons de l'allée
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genougenou14 septembre 2013
On a le droit de tout : de jardiner, d'écouter la radio, de faire l'amour, de faire la sieste, de lire une bande dessinée, avachi dans un fauteuil. Mais la télé, la vraie télé, c'est mal
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