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Par patrick75, le 27/04/2013
Un matin de virginie de
William Styron
Maintenant encore je ne saurais le dire avec certitude, mais sans doute ai-je toujours dû supposer que le Shadrach encore jeune affranchi en Alabama tant d'années auparavant avait été plongé, comme la plupart de ses frères et de ses soeurs de race, dans un autre esclavage plus atroce peut-être que le servage sanctionné par l'usage. Un millier de fois déjà a été contée la chronique de ces êtres libérés pour se voir livrés à leur nouvel et incompréhensible cauchemar : le cauchemar de leur pauvreté, de leur faim, de leur humiliation, des croix flambant dans la nuit, du massacre aveugle, et, par dessus-tout, de l'interminable peur.
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Par patrick75, le 27/04/2013
Un matin de virginie de
William Styron
J'étais de la taille idéale pour commander une section de Marines, c'est-à-dire grand mais sans excès, bien en chair, mais sans pour autant être trop musclé : ceux qui étaient trop gros offraient une cible parfaite aux balles japonaises.
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Par Eloah, le 09/05/2010
Face aux ténèbres de
William Styron
Quant à ceux qui ont séjourné dans la sombre forêt de la dépression, et connu son inexplicable torture, leur remontée de l'abîme n'est pas sans analogie avec l'ascension du poète, qui laborieusement se hisse pour échapper aux noires entrailles de l'enfer
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Par Gwordia, le 13/04/2012
Face aux ténèbres de
William Styron
La dépression de Camus et maintenant celle de Romain Gary - de toute évidence aussi celle de Jean (Seberg - ndlr) - étaient pour moi des maux abstraits, en dépit de ma compassion, et à l'instar de la majorité de ceux qui jamais n'ont personnellement fait l'expérience de la maladie, je n'avais pas la moindre idée de ses véritables dimensions ni de la nature de la souffrance qu'endurent tant de victimes à mesure que l'esprit poursuit son insidieuse déliquescence.
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Par Gwordia, le 22/03/2011
William Styron
"Il m'a fallu du temps pour comprendre que la littérature était plus que le simple fait de raconter une histoire : un mode d'expression artistique à travers lequel on peut transmettre des messages importants. Quand je dis "message", je n'entends évidemment pas propagande ou prêche. Je veux dire qu'un écrivain peut, si son art est assez fort, faire passer à travers une fiction une vision intuitive de l'Histoire ou de la société contemporaine que les historiens et sociologues ne peuvent exprimer. J'écris pour trouver un sens aux événements majeurs de mon temps lorsqu'ils causent des angoisses et des chocs psychiques : l'esclavage en ce qui concerne Nat Turner, l'Holocauste pour Le choix de Sophie. Un roman, si on y a mis assez de passion et d'intelligence, peut être plus vrai que toutes les thèses des érudits et forcer la compréhension mieux qu'aucune autre documentation : il s'agit à la fois d'être totalement libre dans son imagination et de ne jamais trahir l'exactitude historique. Mon ambition, en tant qu'écrivain, n'est pas de changer le cours du destin des hommes mais de modifier, sans s'éloigner de la vérité, les perceptions d'un seul homme ou d'une seule femme.
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Par patrick75, le 26/04/2013
Un matin de virginie de
William Styron
La longue habitude de vivre ne nous prédispose pas à mourir.
Sir Thomas Browne,
Urn Burial.
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Par Aethys, le 02/08/2012
Le Choix de Sophie de
William Styron
[...]Quand au reste, il n'y a aucune raison de le mettre en doute ; sa mère, la maladie et la mort de sa mère, l'épisode de la viande passée en fraude, son arrestation par les Allemands suivie peu après par sa déportation à Auschwitz. Pourquoi , dans ce cas, passa-t-elle sous silence certains éléments et détails qu'en logique, n'importe qui se serait attendu à la voir inclure dans son récit ? Fatigue et dépression cette nuit-là, sans doute. Puis, par la suite, peut-être, une multiplicité d'autres raisons, mais le mot "remords", je m'en rendis compte cet été-là, revenait de façon obsédante dans son vocabulaire, et il est maintenant clair à mes yeux que c'était un effroyable sentiment de culpabilité qui, le plus souvent, la poussait à entreprendre les impitoyables bilans auxquels elle soumettait son passé. J'en vins aussi à comprendre qu'elle avait tendance à voir l'histoire de son passé récent à travers un filtre de mépris masochiste - phénomène nullement rare, semble-t-il parmi ceux qui comme elle avaient subi cette épreuve particulière. Simone Weil écrit au sujet de ce type de souffrance : "Le malheur marque l'âme jusque dans ses tréfonds avec le mépris, le dégoût et même la haine de soi qu'en toute logique devrait susciter le crime, mais qu'il ne suscite pas vraiment."[...]
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Par steppe, le 26/04/2012
Le Choix de Sophie de
William Styron
"Laisse ton amour ruisseler sur tout ce qui vit."...
....Car en fait Auschwitz ne vint-il pas bloquer le flot de cet amour titanesque, comme une fatale embolie bloque le flot sanguin de l'humanité ? Ou encore altérer totalement la nature de l'amour, au point de réduire à une absurdité l'idée qu'il est concevable d'aimer une fourmi, ou une salamandre, une vipère, un crapaud, une tarentule, un virus de la rage - ou même des choses belles et bénies - dans un monde qui a toléré que soit érigé le noir édifice d'Auschwitz ? Je ne sais.
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Par steppe, le 26/04/2012
Le Choix de Sophie de
William Styron
"Un jour je finirai par comprendre Auschwitz." Propos optimiste mais d'une absurdité débile. Personne ne comprendra jamais Auschwitz.
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Face aux ténèbres de
William Styron
(Le poète russe Maïakowski avait sévèrement jugé le suicide de son célèbre contemporain Essenine quelques années plus tôt, ce qui devrait constituer un avertissement pour quiconque se sent enclin à condamner l'autodestruction.)
Lorsque l'on pense à ces créateurs, ces hommes et ces femmes dotés de tant de talent, et voués à la mort, on est amené à s'interroger sur leur enfance, l'enfance où tout le monde le sait, les germes de la maladie plongent leurs racines; se peut-il que certains d'entre eux aient eu, alors, une intuition de la nature périssable de la psyché, de la subtile fragilité? Et pourquoi eu furent-ils détruits, tandis que d'autres- frappés de façon similaire - parviennent à s'en sortir?
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