> Maurice Edgar Coindreau (Autre)

ISBN : 2070374254
Éditeur : Gallimard (1982)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
S'inspirant de la révolte d'un groupe d'esclaves noirs qui, sous la conduite de Nat Turner, avait, en août 1831, jeté la terreur parmi les Blancs dans une région écartée du sud-est de la Virginie, William Styron, dans Les confessions de Nat Turner, fait œuvre à la fois ... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    The Confessions of Nat Turner
    Traduction : Maurice-Edgar Coindreau
    De format beaucoup plus modeste que "Le Choix de Sophie", "Les confessions de Nat Turner" suscita la polémique parce que Styron s'était refusé à occulter le côté "illuminé religieux" de son héros. Pour les bien-pensants, Turner devait être exclusivement un révolté social, le premier qui brava la Mort pour dénoncer le statut des esclaves noirs dans le Sud des Etats-Unis. le personnage devait s'arrêter là et c'est sur cette réputation tronquée que l'on devait lui tisser des lauriers.
    D'emblée, Styron refusa le mensonge et s'attaqua à restituer Nat Turner tel qu'il fut - ou, en tous cas, tel qu'il parvint à le reconstituer au gré des témoignages.
    Enfant précoce, fils d'un Noir évadé et d'une domestique si bien intégrée à la famille blanche qui l'avait élevée qu'elle fut enterrée dans son cimetière, Nathanael Turner savait lire dès quatre ans. L'entourage de son maître, Samuel Turner, l'y avait grandement encouragé car Samuel croyait que, tôt ou tard, il faudrait bien éduquer les esclaves et réviser leur sort. Ce que n'avait malheureusement pas prévu ce Blanc que Nat évoque toujours avec un curieux mélange de tendresse et de mépris, c'est que sa fortune diminuerait tellement qu'il lui faudrait vendre ses possessions.
    Ce fut ainsi que Nat se retrouva simple marchandise dans les mains d'un pasteur homosexuel puis, de hasard en hasard, entre celles d'un fermier redneck - c'est-à-dire l'un de ces "pauvres Blancs" dont parle Margaret Mitchell dans "Autant en emporte le vent" - la plus basse caste blanche dans le Sud esclavagiste.
    Elevé dans la certitude qu'un jour, il ferait quelque chose de grand - et si Samuel Turner avait pu le conserver, il est vraisemblable que Nat aurait été affranchi un jour ou l'autre, avec un métier dans les mains - notre héros, qui est fier, est ramené à la réalité sordide, cruelle, injuste de l'esclavage, que Styron décrit sans aucune complaisance. Pour le soutenir, un seul viatique : la prière. Avec la lecture, Mrs Turner avait aussi enseigné au petit Nat la Bible et les chants religieux.
    Sorti de la prière et de la méditation, Nat n'a rien. Pire : à ses propres yeux, il n'est rien. Sa sexualité, assez trouble, partagée entre un attrait naturel pour l'homosexualité et le désir (plus conventionnel) des femmes blanches que lui inspire la conscience de sa condition, ne s'exprime que de façon très minimale. Et, comme de juste, cette retenue de l'instinct en fait un orateur très recherché qui, peu à peu, va prêcher la colère divine s'abattant sur les Blancs.
    Styron a choisi la première personne pour rédiger ces "Confessions ..." Grâce à une écriture particulièrement intelligente et sensible, il parvient à mettre à jour les contradictions dont est tissé le caractère de son personnage principal - comme d'ailleurs celui de la majorité des hommes. Nat, par exemple, admettra de bonne grâce avoir ordonné le massacre de personnes qu'il n'avait aucune raison de détester et qui, même, avaient fait preuve de bonté envers lui. Il déclare lui-même à son avocat être dans l'impossibilité d'expliquer le phénomène autrement que par la volonté de Dieu.
    Mais Styron fait mieux : il rend le lecteur solidaire de Nat (notamment quand il évoque les conditions de l'esclavage, les pratiques de certains Blancs et Noirs, etc ...) tout en le contraignant à le désapprouver dans son délire mystique. Pour un agnostique - blanc ou noir d'ailleurs - le propos est d'ailleurs très clair : Nat Turner le Noir a été contaminé par l'idéologie religieuse biblique. D'autres, qui n'étaient ni esclaves, ni considérés comme moins que rien, se sont laissés prendre à ces redoutables sirènes. N'est-il pas normal dans ces conditions que Nat, dont l'intelligence ne fait aucun doute mais que la "rupture" forcée avec cette image paternelle que représentait pour lui Samuel Turner et plus encore les conditions dans lesquelles elle survint ont forcément fragilisé à outrance, ait sombré lui aussi ? ...
    Roman subtil, roman dérangeant à plus d'un titre, "Les confessions de Nat Turner" rappelle que, bien avant la guerre de Sécession, le Sud se divisait entre partisans de l'esclavage et adeptes d'un retour à la liberté pour les Noirs. Il démontre aussi combien ces deux visions, si dissemblables qu'elles fussent, étaient aussi utopiques l'une que l'autre. Les songeries de Nat Turner, ces pensées qui tournent en vase clos, se heurtent aussi bien à l'une qu'à l'autre. A sa manière, Nat aura cherché une troisième voie - qui s'ouvre sur la Mort, la sienne et celle de parfaits innocents. Peut-être en existe-t-il une autre mais le Sud - et l'Humanité à travers lui - finira-t-il par la découvrir ? Styron en doute - et son lecteur aussi. Mais il a le mérite de prouver une fois encore que, Blanc ou Noir, l'Homme est assailli par les mêmes démons. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par steppe, le 29 août 2011

    steppe
    William Styron est plus connu pour son roman "Le choix de sophie" que pour "Les confessions de nat turner".
    Pourtant, ce livre est un petit chef-d'œuvre....
    Nombre d'ouvrages ont traité de l'esclavage et de la condition des noirs dans le Sud des États-Unis dans cette période trouble précédant la guerre de céssesion.
    Il s'agit là d'un récit inspiré de faits réels... L'histoire d'un esclave ayant pensé et
    organisé une révolte à nulle autre pareille.... de part son caractère sanglant et si injuste...
    Nat Turner était un jeune esclave d'une trentaine d'années lorsqu'il prit la tête de la plus marquante des révoltes des Noirs...
    Mais, William Styron, a pris le parti de raconter sans juger, de dire sans condamner la folie d'un homme qui, malgré toutes les justifications possibles n'en demeure pas moins un assassin...
    Mais un assassin que l'on se surprend à plaindre.
    William Styron nous brosse un portrait sans complaisance d'un homme pris au piège de sa colère...
    Et il nous plonge comme dans un bain de boue dans l'esprit meurtrier et complètement aliéné d'un homme aux pensées obscures et aux plans diaboliques d'extermination des Blancs.
    Mais tout l'attrait du roman réside dans l'exploration minutieuse de l'état d'esprit du jeune Nat, de son aliénation à Dieu, de sa certitude d'être l'élu parmi les autres...
    On plonge, horrifié dans l'esprit torturé du héros, on chemine avec lui vers sa vengeance finale...
    Et, même si comme moi, on croit pas en Dieu, on finit par comprendre sa colère et sa fougue.
    Nat Turner n'est rien d'autre qu'un homme mais un homme blessé qui, plus que de l'attitude des Blancs esclavagistes, souffre de celle de ses frères noirs...
    Vis à vis d'eux, il ne montre rien d'autre que du mépris à cause de leur inaptitude à se rebeller...
    Puissance, finesse et intelligence...
    A lire absolument...
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  • Par MIOP, le 09 février 2012

    MIOP
    S'inspirant de la révolte d'un groupe d'esclaves noirs qui, sous la conduite de Nat Turner, avait, en août 1831, jeté la terreur parmi les Blancs dans une région écartée du sud-est de la Virginie, William Styron, dans Les confessions de nat turner, fait ?uvre à la fois d'historien de sociologue, de peintre de m?urs et de psychologue, sans jamais oublier qu'il est avant tout romancier.
    Cela l'amène à prendre certaines libertés avec les faits, mais lui permet de brosser un tableau coloré de la vie dans les plantations du sud des Etats-Unis avant la guerre de Sécession et de nous présenter une analyse aiguë d'un dangereux illuminé, mystique sanguinaire et obsédé sexuel. Seul l'auteur du Choix de Sophie pouvait raconter cette histoire violente et perverse.
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    • Livres 5.00/5
    Par csapin, le 14 avril 2012

    csapin
    Ce livre magnifique nous présente une histoire dure qui nous rappelle - au-delà des inepties de personnages tels que cet étudiant congolais, Bienvenu Mbutu Mondondo, qui souhaite faire interdire Tintin au Congo pour cause de racisme... mais surtout de publicité et de profit potentiel à ressasser inlassablement le passé plutôt que de se consacrer à l'avenir - que l'atrocité de l'homme peut n'avoir pas de limites et qu'il est bien trop facile pour certains de tourner la tête désormais que pillages et abus ont été plus que largement consommés. C'est d'ailleurs cette horreur subie, cette annihilation forcée de la personnalité de chacun de ses frères esclaves qui rendent le sombre personnage de Nat Turner malgré tout attachant et sa folie vengeresse, si ce n'est légitime, du moins intelligible.

    Lien : http://gwordia.hautetfort.com/archive/2007/09/08/charlotte-sapin-les..
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Citations et extraits

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  • Par csapin, le 16 mai 2011

    Au cours des nombreuses semaines qui suivirent cette nuit-là, je me suis plus d'une fois demandé ce qui avait bien pu se passer dans les sens assoupis de Travis quand, avec une telle violence et une si brutale soudaineté, nous apparûmes devant lui et lui montrâmes clairement ces intentions que, même lui, maître indulgent et tolérant, devait avoir considérées comme un cauchemar possible, mais que, depuis longtemps, il avait chassées de son esprit comme on chasse toute idée d'un désastre lointain et impensable. Car certainement, dans les heures d'insomnie, comme tous les hommes blancs, il avait dû de temps à autre, se retourner dans son lit avec un gémissement de malade en songeant à ces dociles créatures, toujours portées à rire là-bas à la lisière du bois, se demandant dans un éclair de folle et terrible illumination ce qui pourrait bien arriver si - si, comme de gentils animaux familiers devenus subitement des bêtes déchaînées, ils décidaient de venir l'exterminer et avec lui, les siens, ce qu'il avait de meilleur, de plus cher. Si, par quelque tour de passe-passe, ces grands nigauds comiques, connus pour leur dévotion enfantine - si attendrissante de même que leur astuce dans leurs fautes et leurs manquements - mais qui n'avaient jamais eu la réputation d'être doués de masculinité, de volonté ou d'audace, se transformaient brusquement, en une nuit, en quelque chose de différent, en assassins implacables, disons, en chiens enragés, en bourreaux vengeurs - qu'arriverait-il alors à cette frêle et pauvre chair ? Sûrement, à certains moments de sa vie, Travis, comme tous les autres Blancs, avait dû être lanciné par des visions aussi troublantes qui le faisaient frémir d'angoisse dans son lit - car n'était-il pas vrai qu'un tel cataclysme ne s'était jamais produit ? N'était-ce pas un fait connu du plus humble fermier, squatter et vagabond, qu'il y avait quelque chose de stupidement inepte chez ces gens-là, quelque chose d'abject, de paresseux, d'émasculé, qui les empêcherait toujours d'accomplir des actes aussi dangereux, aussi audacieux, aussi intrépides, ce même quelque chose qui, depuis deux siècles et même davantage, les avait maintenus docilement en esclavage ? Certainement, Travis mettait toute sa confiance dans l'histoire, déduisant avec les autres Blancs que, puisque ces gens, à en croire les plus anciennes annales du pays, ne s'étaient jamais soulevés, ils ne se soulèveraient jamais et, dans cette confiance - solide comme le roc et aussi inflexible que la confiance du banquier dans le dollar - il lui était possible de dormir du sommeil de l'innocence, à l'abri de toute inquiétude. Aussi, ne fut-ce sans doute que l'incrédulité qui envahit son esprit à demi éveillé, et non le souvenir de frayeurs anciennes, lorsqu'il se redressa d'un bond dans son lit, près de Miss Sarah, jeta sur ma cognée un regard perplexe et dit : -"Qu'est-ce que vous venez tous faire ici ?"
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  • Par csapin, le 16 mai 2011

    Une haine de l'homme blanc aiguisée à l'extrême est naturellement une émotion que les Noirs ressentent sans la moindre difficulté. Pourtant, à dire vrai, on ne trouverait pas cette haine dans l'âme de tous les nègres : elle dépend de trop de modes de vie, mystérieux et cachés, de trop de hasards, pour fleurir abondamment partout. La véritable haine dont je parle - une haine si pure, si inexorable qu'aucune sympathie, aucune chaleur humaine, aucune lueur de compassion ne peuvent en écorner, en rayer la surface de roc - n'est pas commune à tous les nègres. Comme une fleur de granit au feuillage cruel, elle sort, quand elle le fait, d'une frêle petite graine jetée sur un sol incertain. Beaucoup de conditions sont nécessaires pour que cette haine se développe complètement, pour que grandisse sa malveillante croissance, mais la plus importante de toutes est que le Noir, à une certaine époque, ait vécu dans une intimité plus ou moins grande avec l'homme blanc. Qu'il connaisse l'objet de sa haine et qu'il connaisse toute la fausseté du Blanc, sa duplicité, sa cupidité et sa dépravation sans bornes.

    Car s'il ne connaît pas l'homme blanc de très près, s'il n'a pas eu à se plier à ses bontés futiles et arrogantes, s'il n'a pas respiré l'odeur de ses draps de lit, de ses caleçons sales, de l'intérieur de ses lieux d'aisance, s'il n'a pas senti l'attouchement fortuit et pourtant insolents des doigts de ses femmes sur la chair noire de son bras, s'il ne l'a pas vu au repos ou en train de se divertir ou de prier hypocritement ou de s'adonner abominablement à la boisson ou de se livrer derrières les meules de foin à des accouplements charnels et adultères - s'il n'a pas connu toutes ces vérités intimes et familières, j'affirme qu'un Noir ne peut que feindre la haine. C'est haine n'est qu'une abstraction, une illusion. (...) Je priai un instant avec une contrition passionnée : c'était une prière de l'âme et je sentis que le Seigneur m'avait compris et m'avait accordé son pardon pour cette défaillance. Mais néanmoins, l'intensité de ma passion me troubla grandement et, pendant tout le reste de la matinée, je fouillai dans ma Bible, espérant y découvrir la clé de cette puissante émotion et la raison des sauvages pensées qui m'avaient assailli quand la femme s'effondra, si pathétiquement noyée dans sa sympathie. Mais la Bible ne me donna pas de réponse et je me rappelle que, plus tard, ce jour-là, quand Moore vint me chercher au marché pour me ramener à la ferme dans la charrette entre les champs d'été jaunâtres et desséchés, j'étais plein de sombres sentiments que je n'arrivais pas à chasser, profondément troublé par le fait que ce n'était pas les insultes, le mépris ni même l'indifférence d'une personne blanche qui pouvaient allumer en moi cette haine meurtrière, mais sa pitié, peut-être même le plus tendre élan de sa charité.
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  • Par csapin, le 16 mai 2011

    De même, c'est Hark qui avait trouvé une expression pour définir une sorte de sensation - un sentiment intime impossible à exprimer par des mots - que tout nègre ressent lorsque, dès l'âge de douze ou dix ans ou moins encore, il prend conscience qu'il n'est qu'une marchandise, une denrée, aux yeux de tous les Blancs dénués de caractère, de sens moral ou d'âme. Hark appelait cela "se sentir cul-noir", et je ne connais pas de meilleure façon d'exprimer ce sentiment de torpeur et d'effroi qui se cache au fond du coeur de tous les nègres. "N'importe qui, Nat, que ça soit les bons ou les mauvais, même not' maître, Mr. Joe, tous les Blancs, ça vous fait sentir cul-noir. J'ai jamais vu un Blanc me sourire sans que je me sois senti deux fois plus cul-noir qu'avant. Comment que ça se fait, Nat ? Imagine un Blanc qui te traite bien, tu devrais te sentir cul-blanc. Eh ben, non ! Que ce soit le jeune maître ou le vieux maître qui me parle gentiment, j'me sens cul-noir de bout en bout. J'm'imagine que, quand j'arriverai au ciel, comme tu dis que je le ferai, le bon Dieu lui-même le fera sentir cul-noir, le pauv' vieux Hark, debout devant son trône doré. Il est là, lui, blanc comme neige, et il me parle tout ce qu'il y a de plus gentil, et moi j'me sens comme un ange cul-noir. Parce que ça ne ratera pas, j'sais déjà ce qu'il s'apprête à me dire. Sûr et certain, sûr et certain, j'peux déjà l'entendre crier : "Hark, hé mon gars ! Cette salle du trône, elle a besoin d'un sérieux coup de fion. Hop, gredin de cul-noir ! Hop, va-t'en me quérir la serpillière et le balai !""
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  • Par steppe, le 29 août 2011

    Jamais, depuis le jour où j'avais été vendu pour la première fois, je n'avais ressenti une rage aussi grande, une rage intolérable, une rage qui me rappelait la fureur d'Isham quand il hurlait des insultes à Moore, une rage qui était le point culminant de toutes les angoisses réprimées, de toutes les frustrations qui grandissaient en moi depuis ce temps lointain, dans mon enfance, où des conversations de véranda m'avaient appris que j’étais un esclave, et un esclave pour toujours. Mon coeur, comme je l'ai dit, se rétrécissait, mourait, disparaissait en moi et, pour combler ce vide ma rage, comme un nouveau-né se mettait à hurler. C'est à ce moment là que j'ai compris sans le moindre doute, sans la moindre conscience du danger que - quel que soit l'endroit, quel que soit le moment, quelle que soit la douce jeune fille cueillant innocemment des fleurs sous une charmille, ou la dame penchée sur son tricot dans la fraîcheur d'un salon de campagne, ou l'innocent jeune homme contemplant, assis, les murs couverts de toiles d'araignée dans les cabinets au bout de son jardin d'été - le monde entier des Blancs s'effondrerait un jour, tomberait en morceaux, victime de ma vengeance, périrait de mes mains et selon mes plans. J'eus un haut- le- coeur et dus faire un effort pour ne pas vomir sur les planches où j'étais assis.
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  • Par steppe, le 29 août 2011

    - Oui,j'ai dû vendre ces quatre garçons parce que j'avais besoin d'argent....
    ...Je les ai vendus par désespoir, pour pouvoir me cramponner ici, sans but, quelques années encore. - Il fit un geste brusque avec son bras levé et il sembla passer la main sur ses yeux d'un rapide mouvement de colère. - Sûrement que l'humanité n'est pas encore née.
    .... Comment pourrait-on expliquer autrement une cruauté aussi boiteuse, aussi gauche, aussi haïssable ? Même les sarigues et les mouffettes sont supérieures à nous ! Même les belettes et les mulots ont un respect instinctif pour les autres bêtes de leur espèce et de leur sang. Il n'y a que les insectes qui soient assez bas pour pour faire les bassesses que font les hommes - comme ces fourmis qui grouillent sous les tulipiers en été et entretiennent goulûment des petits pucerons verts à cause de la miellure qu'ils distillent. Oui, c'est bien possible que l'humanité ne soit pas encore née. Ah, que de larmes amères le Seigneur doit répandre quand il voit ce que les hommes font aux autres hommes! -
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Seul le silence de RJ Ellory - Bande-annonce
Joseph a douze ans lorsquil découvre dans son village de Géorgie le corps dune fillette assassinée. Une des premières victimes dune longue série de crimes. Des années plus tard, alors que laffaire semble enfin élucidée, Joseph sinstalle à New York. Mais, de nouveau, les meurtres denfants se multiplient Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, RJ Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote, par la puissance de son écriture et la complexité des émotions quil met en jeu.








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