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Par andman, le 02/04/2013
Le Convoi de l'eau de
Akira Yoshimura
Sa seule arme était la connaissance obtenue par les études. Mais, comme quelque chose d'hétérogène, elle ne se confondait pas au travail des ouvriers couverts de sueur et de cambouis.
Dans ses yeux minces qui luisaient derrière ses lunettes cohabitaient sans cesse la crainte et l'arrogance. Comme s'il tentait de dissimuler le sentiment d'impuissance vis-à vis des travailleurs, commun aux ingénieurs diplômés de l'université.
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Par andman, le 03/04/2013
Le Convoi de l'eau de
Akira Yoshimura
On dit que le projet de budget du plan des travaux intègre les indemnités des victimes en fonction de la puissance maximale en kilowatts du barrage. En somme, la mort est une réalité prise en compte dès le début. Ceux qui travaillent dans un tel contexte semblent s’efforcer de devenir insensibles à la mort d’autrui. Dans la pratique, si l’on devait s’apitoyer à chaque décès, il n’y aurait pas de travail possible.
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Par joedi, le 06/05/2013
Le Convoi de l'eau de
Akira Yoshimura
Les ossements étaient sortis des trous, posés sur la terre, et leur blancheur s'étendit aussitôt sur toute la surface du cimetière.
La montagne, enveloppée de feuillage rouge vif, présentait un contraste remarquable avec la blancheur des os.
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Par joedi, le 06/05/2013
Le Convoi de l'eau de
Akira Yoshimura
La vie carcérale ... à laquelle me faisait toujours penser l'humidité. Les murs et le sol glacés, bien sûr même dans cette vie-là il y avait un temps et des équipements pour nous permettre de prendre le soleil. Mais pour nous qui étions enfermés, le soleil également n'était autre qu'une lumière dispensée avec restriction.
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Le Convoi de l'eau de
Akira Yoshimura
Un abîme s'ouvrit au fond de moi.Tandis que dans cet espace vacant,quelque chose d'énigmatique et lourd s'engouffrait brusquement avec la violence d'un torrent en crue.
Le hameau qui avait bien voulu soigner ma blessure était en train de disparaître de cette vallée.
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Par andman, le 07/04/2013
Le Convoi de l'eau de
Akira Yoshimura
Les ossements étaient sortis des trous, posés sur la terre, et leur blancheur s’étendit aussitôt sur toute la surface du cimetière.
La montagne, enveloppée de feuillage rouge et vif, présentait un contraste remarquable avec la blancheur des os.
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Le Convoi de l'eau de
Akira Yoshimura
“Au fond de la vallée, deux mondes s’étaient constitués. Sans s’influencer l’un l’autre, à l’intérieur d’une frontière abstraite, ils semblaient mener chacun sa vie de manière indépendante.”
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Le Convoi de l'eau de
Akira Yoshimura
"La procession ne se dirigeait pas vers le monde civilisé, elle s’enfonçait davantage dans les profondeurs de la montagne. Sur les sommets, la neige arrivait jusqu’à elle, étincelant tout autour. Elle s’y enfonçait, comme aspirée par la blancheur."
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Par Woland, le 25/10/2012
Naufrages de
Akira Yoshimura
[...] ... La visite des bateaux, en évitant aux villageois de mourir de faim, était l'événement le plus heureux qui pouvait arriver, au même titre qu'une campagne de pêche exceptionnelle ou une bonne récolte de champignons ou autres végétaux dans la montagne, mais ailleurs, pour les gens des autres villages, c'était un crime passible des châtiments les plus extrêmes. Sans ces naufrages, le village aurait disparu depuis longtemps, laissant la place à une côte inhospitalière semée de rochers. Les naufrages avaient permis à leurs ancêtres de survivre sur cette terre, et les villageois se devaient de perpétuer la tradition.
Ils croyaient que l'âme des défunts partait loin dans la mer, et qu'après un certain temps, comme elle n'avait aucun autre endroit pour aller, elle revenait s'installer dans le ventre d'une femme enceinte. Isaku était bien décidé à quitter le village le moins possible quand il serait marié, et à perpétuer la tradition afin que les âmes ne soient pas désorientées.
Il pensait de temps en temps à sa propre mort. Son corps serait incinéré, ses cendres enterrées. Son âme quitterait le village pour s'en aller vers le large. Puis, après un long voyage, il arriverait enfin à l'endroit de la mer où se rassemblaient les âmes des villageois. Elles constituaient un village au fond de la mer, où tout était clair et transparent. Les plantes aquatiques y formaient une forêt ondulante, et les rochers étaient couverts de coquillages nacrés.
Des bancs de petits poissons phosphorescents aux reflets mordorés nageaient qui, lorsque le poisson de tête faisait volte-face, faisaient demi-tour d'un seul coup. Cela ressemblait au spectacle des flocons de neige tombant dru.
Le fond de la mer était toujours calme, et la température de l'eau constante. Les âmes étaient habillées de vêtements transparents comme des méduses, et leurs cheveux étaient lumineux. Leur visage brillait d'un éternel sourire et elles ne parlaient pas. Elles étaient aussi livrées au profond sommeil de la mort. Parmi elles se trouvaient sa grand-mère dont il n'avait qu'un vague souvenir, et sa petite soeur Teru qui était morte un an plus tôt, un peu avant le Nouvel An. Les autres qui se tenaient derrière étaient sans aucun doute celles des ancêtres. ... [...]
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Par BMR, le 11/06/2010
Naufrages de
Akira Yoshimura
[...] Les maquereaux ne s'étaient pas vendus, la pêche au poulpe n'avait pas beaucoup donné, et ils n'avaient pas ramassé de grandes quantités de coquillages, aussi l'arrivée providentielle du bateau mettrait-elle les villageois à l'abri du besoin pour deux ou trois ans peut-être. Ils allaient pouvoir vivre quelques temps tranquilles, et personne ne serait obligé de se vendre.