> Tadahiro Oku (Traducteur)
> Anna Guerineau (Traducteur)

ISBN : 2253933244
Éditeur : Le Livre de Poche (2000)


Note moyenne : 3.59/5 (sur 29 notes) Ajouter à mes livres
" Monsieur Rikyù a assisté à la mort de beaucoup de samouraïs.
Combien d'entre eux ont dégusté le thé préparé par Monsieur Rikyù avant d'aller trouver la mort sur le champ de bataille ? Quand on a assisté à la mort de tant de guerriers, on ne peut pas se permettr... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Deuzenn, le 05 juillet 2011

    Deuzenn
    Difficile pour un lecteur occidental d'entrer dans ce livre qu'est Le maître de thé, d'Yasushi Inoué!
    D'abord parce que l'intrigue prend place à une époque de l'histoire du Japon (l'époque Azuchi Momoyama, qui vit l'unification du Japon) que, personnellement, je maîtrise mal. Ensuite, parce que, plus précisément, l'intrigue tourne autour de la cérémonie du thé, tradition complexe héritée des moines bouddhistes zen et empreinte de signification sociale et politique, que je maîtrise tout aussi mal. le dépaysement était donc garanti!
    L'histoire est celle d'Honkakubô, un moine qui servit pendant près de dix ans Monsieur Rykyû, grand Maître du thé, jusqu'à ce que ce dernier reçoive l'ordre de se faire hara-kiri sans raison apparente.
    Après la mort inexpliquée de son maître, Honkakubô a quitté le monde du thé et vit retiré loin de la capitale, jusqu'au jour de sa rencontre avec un autre amateur de thé qu'il connût jadis. Cette rencontre imprévue va faire ressurgir des souvenirs et des questions restées sans réponse. Pourquoi Rykyû s'est-il suicidé?
    La quatrième de couverture présente ce roman comme un livre-enquête, en réalité, pas vraiment. Honkakubô ne cherche pas à savoir pourquoi Rykyû s'est donner la mort mais plutôt pourquoi il l'a accepté. Cette "enquête" tient donc plutôt du cheminement méditatif et s'étire sur plusieurs dizaines d'années, ce qui est assez déconcertant, pour ne pas dire frustrant!
    Pourtant, ce court roman est un vrai voyage au cœur du Japon et fait découvrir une société et une mentalité complètement différente, empreintes de soumission, de hiérarchie, de poésie, de lenteur mais aussi de mort.
    Probablement pas ma lecture de l'année mais une parenthèse intéressante au pays du soleil levant.
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    • Livres 5.00/5
    Par estrella_oscura, le 30 avril 2012

    estrella_oscura
    A l'aube du XVIIe siècle, le Taïko Hideyoshi - deuxième des trois grands unificateurs du Japon - ordonne à son maître de thé Rikyu de se donner la mort. Ce qu'il fait, sans demander grâce, sans animosité, et sans que personne ne comprenne jamais cette sentence soudaine.
    A partir de ce mystère, Yasushi Inoué imagine les pérégrinations, les rêves et les rencontres du disciple de Rikyu, Honkakubo, durant la trentaine d'années pendant laquelle ce dernier survit à son maître bien-aimé. Tout cela à travers les délicates effluves du véritable personnage principal de l'ouvrage : le thé.

    Une petite mise en garde, tout d'abord : la quatrième de couverture vend extrêmement mal le livre et risque d'engendrer quelques déceptions ! Non, il ne s'agit pas d'un livre-enquête et Honkakubo ne tente pas d'élucider le mystère du suicide de Rikyu - il dit lui-même dans le dernier tiers du roman qu'il n'a jamais cherché à faire la lumière sur cette affaire. Ne vous fiez donc pas à ce résumé fait pour appâter le chaland.

    En vérité, ce petit livre est une longue et délicate méditation sur le thé, sur le temps et sur la mort. Dans ce Japon ancestral, terriblement suranné et aérien, sévissent d'incessantes batailles et nombre des personnages jalonnant le récit sont samouraïs ou anciens samouraïs. le Chanoyu, l'art de servir le thé, est d'ailleurs considéré comme un art martial au Japon, au même titre que le kendo, le judo ou la calligraphie.
    Malgré l'apparente pesanteur de ce propos, Le Maître de thé est incroyablement zen, reposant, paisible, dépaysant. le lecteur est transporté dans un espace nouveau, parfaitement calme et blanc et il apprend, petit à petit, le déroulement d'une cérémonie du thé. Il y rencontre les étranges personnages majeurs de cette tradition. Tout comme un bol de thé précieux et brûlant, il se boit mais par petites gorgées, lentement, et dans une concentration parfaite. Quelques dizaines de pages par ci, par là, sans dévoration, afin de saisir tous les arômes, toutes les subtilités et l'essence même des choses dites.

    Même si certaines affinités spirituelles et gustatives sont probablement nécessaires pour apprécier un tel livre, sa lecture fut pour moi un coup de coeur parfait et immédiat comme cela faisait longtemps. N'hésitez pas à tenter votre chance avec ce petit ovni oriental, le voyage pourrait vous plaire aussi !




    Lien : http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/archive/2012/04/03/le..
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    • Livres 3.00/5
    Par Lune, le 03 juin 2008

    Lune
    L'esprit fondamental du Chadô (la Voie du thé), selon Rikyû, se résume par :
    "Wa l'harmonie, entre l'hôte et l'invité, harmonie avec la saison, harmonie des ustensiles.
    Kei signifie le respect qui naît dans les sentiments de chacun et aussi vis-à-vis des objets.
    Sei exprime la pureté, l' honnêteté et la sérénité du coeur."
    Source : Ecole Urasenke de thé - B.
    Avec ce livre, nous pénétrons l'impénétrable à nos esprits occidentaux. Nous entrons au coeur d'une démarche spirituelle d'extrême-orient remontant ici au XVIème siècle : la Voie du thé. Inoué nous transmet la codification d'un Maître du thé, LE Maître : Rikyû, dont le descendant occupe toujours la même fonction à l'école Urasenke du Thé à Kyoto. Nous apprenons à nous familiariser avec tout un vocabulaire d'objets utilisés en cuisine, pendant la cérémonie du charbon, aux objets communs aux cérémonies (ex. chabana, l'arrangement floral pour le thé), aux mesures des pièces avec les tatamis, etc... Pour nous, le voile se lève un peu sur l'esprit qui en découle, sur le code de l'honneur, sur la recherche de la simplicité et du dépouillement suprême qui aboutit au dernier choix de Rikyû : l'acceptation de se donner la mort, ce qu'essayera de comprendre le narrateur. Il peut y avoir plusieurs façons de recevoir ce livre. Soit, attiré par cette philosophie, il sera le départ d'une recherche plus étoffée sur la Voie du thé et du zen (ici, les cérémonies de Rikyû ne sont pas de cet ordre), soit, pure curiosité de notre part, il nous en apprendra un peu plus sur une autre culture, soit, libre arbitre en éveil, il donnera lieu à une réflexion critique qu'il n'est pas possible de développer ici (ex., je ne peux accepter l'adhésion à un maître). Bref ce livre ne laisse pas indifférent les curieux, les esprits en recherche devant toute forme de quête spirituelle.
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    • Livres 3.00/5
    Par Alexielle63, le 10 janvier 2012

    Alexielle63
    Je ne sais trop quoi dire de ce livre…
    Le narrateur, Honkakubo, s'est retiré dans un petit village isolé, loin de la voie du thé, après la mort de son maître, Rikyu. Un beau jour, un moine, Monsieur Toyobo, le reconnait et l'invite à prendre le thé en sa compagnie afin d'évoquer le disparu. Il s'interroge notamment sur les causes ayant entraînées sa mort. A partir de là, chaque chapitre est dédiée à une nouvelle rencontre, chaque personnage venant s'entretenir avec Honkakubo pour les mêmes raisons. C'est une occasion d'évoquer la vie de maître Rikyu mais aussi et surtout une initiation à la voie du thé, un véritable art ou plus encore, une philosophie de vie dont Rikyu est l'un des plus fervents experts. le narrateur, chaque fois qu'il évoque une cérémonie du thé, fait la liste des ustensiles utilisés, ce qui fait que le récit se transforme en catalogue à plusieurs reprises et peut perdre l'intérêt du lecteur. J'ai beaucoup aimé la découverte de cette fameuse voie du thé ou chado (ou sado), même si l'auteur reste assez vague, ne va pas dans le détail. J'ai ainsi regretté ne pas connaitre le rôle primordial joué par les maîtres de thé en temps de guerre, bien que l'auteur l'évoque rapidement mais sans s'attarder dessus. de même, arrivée à la fin, je me suis sentie frustrée de n'avoir toujours pas de réponse claire à la fameuse question récurrente de ce livre : pourquoi maître Rikyu s'est-il donné la mort ou plus exactement, qu'a-t-il fait pour déplaire au taïko Hideyoshi ? de nombreuses hypothèses sont évoquées sans qu'aucune ne soit réellement choisie par l'auteur, ce qui nous montre d'ailleurs l'importance de la rumeur à cette époque et plus particulièrement concernant les grands maîtres de thé ayant connu une mort telle que celle de maître Rikyu. Une preuve de leur grandeur. Ils sont ainsi entrés dans la légende, pour leur dévouement à la voie du thé. Ils sont allés au bout de leur destinée, sans flancher, avec acceptation, résignation. Peut-être est-ce aussi la fin d'une période, celle de la voie « saine et simple » ? Mais la fin amène également une touche d'espoir en la personne de Sotan, petit-fils de maître Rikyu, qui revient vers ces anciennes traditions….

    Lien : http://lecturesdalexielle.over-blog.com/article-le-maitre-de-the-de-..
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    • Livres 3.00/5
    Par Glacha, le 25 avril 2012

    Glacha
    --Le Maître de thé-- est la dernière nouvelle de --Yasushi Inoue--. Elle est très documentée et décrit historiquement la cérémonie de thé, la religion du thé et ses enjeux. Un moine raconte grâce à son journal, le suicide mystérieux de son maître de thé.
    J'ai beaucoup accroché au début de l'histoire, la sensibilité du moine, et sa façon de décrire le thé et ses cérémonie m'ont embarqué. L'enlisement de l'enquête et les nombreux personnages qui y jouent un rôle m'ont fait décroché. J'étais parfois un peu perdue.
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Citations et extraits

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  • Par sarasvati, le 20 juin 2010

    p.152-153/"- Cette route, elle est pour moi seul. Tu ne dois pas t'y engager.
    - Pourquoi cela ?
    - C'est la route de l'homme de thé Rikyū. Il y a une route différente pour chaque homme de thé : celle de Maître Shōō, celle de Monsieur Sōkyū, celle de Monsieur Tōyōbō, que tu as bien connu...Et Rikyū – est-ce un bien ou un mal ? - a choisi cette route glacée et désolée, en cette époque troublée.
    - Jusqu'où continue-t-elle donc ?
    - Elle se poursuit sans fin. Toutefois, lorsque viendra la paix, plus personne probablement ne s'en souviendra. Puisque c'est la route du seul Rikyū, c'est bien qu'elle disparaisse avec lui.
    - Cette route est pour vous seul, Maître ?
    - Oui et non. Un peu plus loin, devant moi, marche Monsieur Sōji Yamanoue ; et s'il y a quelqu'un derrière moi, cela doit être Monsieur Oribe Furuta. Voilà, c'est fini. »
    La voix de mon Maître s'interrompit net. Et depuis, je ne l'ai plus entendue.
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  • Par Dylou, le 05 décembre 2011

    "Vous devez être fatigué...", ai-je alors dit à son intention.
    A quoi j'ai obtenu immédiatement la réponse suivante :
    "Oui, on peut dire que je suis fatigué. Le monde est vraiment assommant ! Il en va ainsi lorsqu'on est vivant et c'est pareil quand on est mort ...
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  • Par biduldoodle, le 25 avril 2012

    Ouvrage difficile pour un occidental peu versé dans la cérémonie du thé au XVIeme siècle. Même la dimension spirituelle mise en valeur par Inoué reste difficilement accessible.
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  • Par Deuzenn, le 05 juillet 2011

    Ils découvrirent ce qui est le plus important pour l'homme de thé: préparer sereinement le thé, laisser faire le destin et ne pas tenter d'y échapper.
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Videos de Yasushi Inoué

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Vidéo de Yasushi Inoué

Le fusil de chasse de Yasushi Inoué au Livre de Poche .
A bout de forces, trop fatiguée pour bouger le petit doigt je laissai machinalement mon regard s'attacher à ton reflet sur la vitre. Tu avais fini de frotter le canon et tu remontais la culasse, que tu avais également nettoyée. Alors tu levas et abaissas plusieurs fois le fusil en épaulant à chaque fois. Mais peu après le fusil ne bougea plus. Tu l'appuyas fermement contre ton épaule et tu visas, en fermant un oeil. Je me rendis compte que le canon était manifestement dirigé vers mon dos.Yasushi InouéLe fusil de chasse, ou les multiples facettes d'une impossible passion. Trois lettres, adressées au même homme par trois femmes différentes, forment la texture tragique de ce récit singulier. Au départ, une banale histoire d'adultère. A l'arrivée, l'une des plus belles histoires d'amour de la littérature contemporaine. Avec une formidable économie de moyens, dans une langue subtilement dépouillée, Yasushi Inoué donne la version éternelle du couple maudit.








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