> Daniel Leuwers (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253005274
Éditeur : Le Livre de Poche (2006)


Note moyenne : 3.66/5 (sur 484 notes) Ajouter à mes livres
Lire Le Grand Meaulnes c'est aller à la découverte d'aventures qui exigent d'incessants retours en arrière, comme si l'aiguillon du bonheur devait toujours se refléter dans le miroir troublant et tremblant de l'enfance scruté par le regard fiévreux de l'adolescence. Le ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par quiliravivra, le 21 août 2011

    quiliravivra
    Un roman lu au même âge que les héros puis relu beaucoup plus tard mais toujours avec le sentiment d' envoutement ressenti à la 1ère lecture.
    Les thêmes de l'enfance et du merveilleux, l'amour idéalisé et les serments adolescents sont traités de telles manière qu'on pénêtre corps et âme dans le monde du Grand Meaulnes: on ressent le froid, l'odeur de l'école, le calme et les chuchotements des secrets.........
    J'ai préféré pour ma part la première partie qui se passe à l'école au village de Sainte-Agathe jusqu'au récit de la « fête étrange ».
    La suite ne m'a pas semblé nécessaire et je crois que je l'ai même zappé !
    Quant à ceux qui n'aiment pas ce roman je leur dis qu'ils ont peut-être un peu oublié la magie de l'adolescence ? Ce n'est pas internet et ses rencontres virtuelles qui va quand même nous supprimer cette soif d'absolu, d'Amour avec un grand A qui est la raison d'être de ce merveilleux roman et de son auteur, Alain Fournier .
    A 19 ans en apercevant une belle inconnue sur les trottoirs parisiens Alain-Fournier souffrira toute sa vie de n'avoir pas pu la décider à vivre à ses côtés. Ce passage de sa vie, mêlé à des souvenirs d'enfance en Sologne lui fournira le thème du « Grand Meaulnes » qu'il écrira à 27 ans, un an avant de mourir sous les balles allemandes de la Grande guerre.
    « Mon credo, en art et en littérature : l'enfance. Arriver à la rendre sans aucune puérilité, avec sa profondeur qui touche les mystères ».
    Alain Fournier
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    Critique de qualité ? (37 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Woland, le 14 décembre 2007

    Woland
    Lorsque je l'avais lu pour des raisons scolaires alors que je me trouvais en 3ème, en 1974, je n'avais absolument pas aimé ce livre. Je l'ai relu hier et ...
    ... et mon opinion n'a pas changé.
    D'accord, la construction est impeccable. D'accord, le style l'est tout autant. D'accord, il y a une romantique histoire d'amour. D'accord ...
    Mais on n'y croit pas un seul instant. Avec le recul des années, j'ai enfin compris pourquoi : il n'y a, ici, aucune analyse psychologique, les personnages subissent tous leur destin - y compris Meaulnes.
    Rappelons brièvement l'histoire :
    Un adolescent de 17 ans environ, Augustin Meaulnes, fils d'une riche veuve solognote, est placé comme pensionnaire chez l'instituteur du coin, M. Seurel. Il se lie d'amitié avec le fils de celui-ci, François, qui est aussi notre narrateur.
    Un jour, parti sans autorisation pour chercher les grands-parents Seurel à la gare - nous sommes en période de Noël - Meaulnes s'égare et se retrouve dans un domaine perdu où se déroule une étrange fête à laquelle ne semblent conviés que des enfants et des adolescents. Il parvient assez facilement à se mêler aux convives et apprend ainsi que cette fête a été voulue par le jeune Frantz de Galais, en l'honneur de sa fiancée, une jeune couturière qu'il tient à épouser malgré les réticences paternelles et en dépit de celles de la jeune fille qui s'inquiète, non sans raison, de ce changement si brutal de condition.
    Et puis, Meaulnes croise Yvonne, la soeur de Frantz et en tombe éperdument amoureux. Mais cet amour est sans espoir puisque, après la fête, il est bien incapable déjà de retrouver le domaine où tout s'était déroulé.
    De fil en aiguille, après des péripéties incroyables, il finit par monter à Paris où il rencontre - tenez-vous bien - l'ex-fiancée de Frantz (lequel s'est enfui avec des bohémiens (!!!) parce que Valentine lui avait en définitive refusé sa main, le jour même de la fameuse fête). Bien entendu, Meaulnes n'apprendra son identité que lorsqu'il sera trop tard ... c'est-à-dire après que lui-même l'aura demandée en mariage !!!! Sous le choc, il rompt et retourne panser ses plaies en Sologne.
    Quelques années plus tard, c'est François, le narrateur, qui retrouve Yvonne et qui guide celle-ci vers Augustin, qu'elle n'a jamais oublié. Ils se marient, la jeune femme se retrouve enceinte et - j'espère que vous êtes assis - comme Frantz revient de chez les bohémiens pour rappeler à Meaulnes la promesse qu'il lui avait faite jadis (à savoir tout faire pour que Valentine accepte de l'épouser), le nouveau marié et futur père de famille laisse tout tomber pour tenter de retrouver la petite couturière et la ramener à Frantz.
    Il y parvient mais, quand il revient au logis (plus d'un an et demi après), Yvonne est morte des suites de l'accouchement. François lui remet alors sa fille et voilà le père et le bébé partis "pour de nouvelles aventures ..."
    Pour nombre de personnes - et c'est toujours ce que l'on m'en a dit - "Le grand meaulnes" est un chef-d'oeuvre. Eh ! bien, je suis au regret mais pour moi, c'est un livre froid (sauf peut-être au tout début), qui souffre terriblement de la fadeur trop lisse de ses personnages et de péripéties qui auraient mieux trouvé leur place dans un roman populaire.
    On affirme aussi que "Le grand meaulnes" est un roman sur l'adolescence. Franchement, à ce compte-là, mieux vaut lire Alexandre Vialatte qui se fait de l'insolite une règle et qui, du coup, donne véritablement vie à ses personnages.
    Et vous, que pensez-vous du "Grand Meaulnes" ? ;o)
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 17 mai 2012

    LiliGalipette
    Quand Augustin Meaulnes arrive en pension chez les Seurier, il vit les dernières heures de son adolescence. Une escapade qui vire à la fugue, et le voilà au milieu d'une fête étrange, organisée pour une jeune romantique qui veut présenter sa fiancée au monde. Mais la fête tourne court. de retour au pensionnat, Meaulnes garde la nostalgie de cette nuit enchantée et le doux souvenir d'Yvonne. Il veut retrouver le château magnifique où s'est tenue cette fête curieuse et magique. Meaulnes passera sa vie à chercher, sans jamais se résoudre à se contenter de ce qui lui est offert.
    Très beau roman d'apprentissage, touchant et grave. Certaines scènes de la fête, les farandoles et l'euphorie débridée m'ont fait penser aux tableaux de Brueghel, l'innocence en plus. Je recommande ce texte aux adolescents. C'est très joli et le style de l'auteur est délicieux.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par monito, le 27 septembre 2009

    monito
    Découvrir un classique de la littérature en fouillant la bibliothèque de mon fils, voilà ce que je viens de faire en dévorant Le grand meaulnes. Quelle poésie, quelle passion, quelle histoire en ces quelques pages regroupées.
    François Seurel est le narrateur de l'histoire tragique d'Augustin, Yvonne, Valentine et Frantz. Il est le témoin et l'acteur de cette fin du XIXème siècle où notre pays allait entrer dans la modernité et ce faisant tourner le dos à une histoire où le temps savait être pris comme il est et non comme on voudrait qu'il fût.
    Histoires d'amour tragiques entrecroisées. Serments de fidélité et d'amitié que le sort s'amusera à transformer en serment mortel.
    Une écriture classique qui parvient à rendre vivants des souvenirs que je ne peux avoir vécu et qui pourtant doivent être inscrits dans un patrimoine génétique commun tant ils me parurent si réels, si proches et si familiers.
    Au XIXème entre 17 et 20 ans on ne sait plus quand se termine l'enfance et quand commence l'âge adulte. Aujourd'hui à voir notre jeunesse si brutalement projetée dans un monde qui n'est pas de son âge, on se raccroche à ces histoires… faire en sorte de les partager….
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par kanterror, le 01 novembre 2010

    kanterror
    Un classique de la littérature, classé 9e meilleur livre du 20e siècle par le classement Fnac / le Monde de 1999. Il fallait donc y jeter un coup d'oeil. C'est un roman fort étrange, scindé en deux parties bien distinctes, l'une fortement onirique, l'autre dans un prolongement naturaliste fin 19e siècle. Au final, cette coupure stylistique rythme davantage le livre que le découpage en trois parties de l'auteur. Un livre plaisant à lire, parfois tournant un peu en rond, mais qui semble avoir marqué durablement une grande partie de ses lecteurs. Je m'y suis d'ailleurs moi même attelé après un passage de l'autobiographie de Jean Paul Bourre " Guerrier du rêve" où l'auteur veut comme renoncement ultime partir à la recherche du "Domaine perdu du Grand Meaulnes". Mais le meilleur résumé du livre semble pour moi se tramer dans la chanson d'Henri Tachan " J'ai relu Le grand meaulnes" dont voici les deux premiers couplets :
    Avant-hier, bêtement, j'ai relu "Le grand meaulnes",
    J'ai traqué mon enfance au fil des pages jaunes,
    Dans un coin de grenier, j'ai voulu, sans vergogne
    Et sans billet, refaire mon voyage en Sologne,
    Dans un coin de grenier, j'ai voulu, sans vergogne
    Et sans billet refaire mon voyage en Sologne,
    Mais j'ai bien, j'ai bien trop lu, trop lu
    De livres pour les grands:
    Ah! Dieu, que je suis déçu, déçu
    Par mes livres d'enfants!
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Critiques presse (2)


  • BDGest , le 06 janvier 2012
    Collant au plus près de la version d’origine, il en rend avec majesté et une grâce atemporelle le caractère singulier d’un texte qui oscille sans cesse entre rêve et réalité – le grand dilemme d’Augustin -, mais également profondément ancré dans son terroir. Visuellement, tout comme narrativement, cela se transcrit par des scènes de paysages, en apparence immuables, une impression de temps suspendu ou qui s’écoule plus lentement, un aspect passé des personnages et des lieux.
    Lire la critique sur le site : BDGest
  • Sceneario , le 07 novembre 2011
    Les éditions Casterman et Bernard Capo ont donc été inspirés de se lancer dans une telle opération qui aura le mérite d'appréhender le best seller d'alain Fournier dans une autre évocation non dépourvue d'intérêts. Une adaptation d'un classique littéraire abondamment commentée et réussie.
    Lire la critique sur le site : Sceneario

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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 04 mai 2010

    — Je vais entrer là, se dit l’écolier, je dormirai dans le foin et je partirai au petit jour, sans avoir fait peur à ces belles petites filles.

    Il franchit le mur, péniblement, à cause de son genou blessé, et, passant d’une voiture sur l’autre, du siège d’un char à bancs sur le toit d’une berline, il arriva à la hauteur de la fenêtre, qu’il poussa sans bruit comme une porte.

    Il se trouvait non pas dans un grenier à foin, mais dans une vaste pièce au plafond bas qui devait être une chambre à coucher. On distinguait, dans la demi-obscurité du soir d’hiver, que la table, la cheminée et même les fauteuils étaient chargés de grands vases, d’objets de prix, d’armes anciennes. Au fond de la pièce des rideaux tombaient, qui devaient cacher une alcôve.

    Meaulnes avait fermé la fenêtre, tant à cause du froid que par crainte d’être aperçu du dehors. Il alla soulever le rideau du fond et découvrit un grand lit bas, couvert de vieux livres dorés, de luths aux cordes cassées et de candélabres jetés pêle-mêle. Il repoussa toutes ces choses dans le fond de l’alcôve, puis s’étendit sur cette couche pour s’y reposer et réfléchir un peu à l’étrange aventure dans laquelle il s’était jeté.

    Un silence profond régnait sur ce domaine. Par instants seulement on entendait gémir le grand vent de décembre.

    Et Meaulnes, étendu, en venait à se demander si, malgré ces étranges rencontres, malgré la voix des enfants dans l’allée, malgré les voitures entassées, ce n’était pas là simplement, comme il l’avait pensé d’abord, une vieille bâtisse abandonnée dans la solitude de l’hiver.

    Il lui sembla bientôt que le vent lui portait le son d’une musique perdue. C’était comme un souvenir plein de charme et de regret. Il se rappela le temps où sa mère, jeune encore, se mettait au piano l’après-midi dans le salon, et lui, sans rien dire, derrière la porte qui donnait sur le jardin, il l’écoutait jusqu’à la nuit...

    — On dirait que quelqu’un joue du piano quelque part ? pensa-t-il.

    Mais laissant sa question sans réponse, harassé de fatigue, il ne tarda pas à s’endormir...
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  • Par nuitet0ilee, le 16 janvier 2012

    Tandis que l’heure avance, que ce jour-là va bientôt finir et que déjà je le voudrais fini, il y a des hommes qui lui ont confié tout leur espoir, tout leur amour et leurs dernières forces. Il y a des hommes mourants, d’autres qui attendent une échéance, et qui voudraient que ce ne soit jamais demain. Il y en a d’autres pour qui demain pointera comme un remords. D’autres qui sont fatigués, et cette nuit ne sera jamais assez longue pour leur donner tout le repos qu’il faudrait. Et moi, moi qui ai perdu ma journée, de quel droit est-ce que j’ose appeler demain ?
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  • Par chartel, le 08 octobre 2007

    C'étaient des costumes de jeunes gens d'il y a longtemps, des redingotes à hauts cols de velours, de fins gilets très ouverts, d'interminables cravates blanches et des souliers vernis du début de ce siècle. Il n'osait rien toucher du bout du doigt, mais après s'être nettoyé en frissonnant, il endossa sur sa blouse d'écolier un des grands manteaux dont il releva le collet plissé, remplaça ses souliers ferrés par de fins escarpins vernis et se prépara à descendre nu-tête.
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  • Par Orphea, le 18 mars 2009

    Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189...
    Je continue à dire "chez nous", bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quitté le pays depuis bientôt quinze ans et nous n'y reviendrons certainement jamais.
    Nous habitons les bâtiments du Cours Supérieur de Sainte-Agathe . Mon père, que j'appelais M.Seurel, comme les autres élèves, y dirigeait à la fois le cours supérieur, où l'on préparait le brevet d'instituteur, et le cours moyen. Ma mère faisait la petite classe.
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  • Par m75000, le 20 août 2011

    J'ai souvenir , à la lecture de ce chef-d'oeuvre de la littérature , d'émotions fortes dont quelques unes franchement érotiques .Ce bal croisé de personnages qui se cherchent puis se recherchent réveille en moi forcément comme en chacun je présume des souvenirs communs à ceux des protagonistes de cette histoire finalement assez tragique .
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