Il s'agit ici d'un roman intimiste qui paraît superficiel dans son récit et sa construction, mais qui trouve toute sa profondeur dans nos réflexions. A partir d'un vague assassinat dont on ne saura rien,
Marguerite Duras construit son roman, sur la solitude, l'exclusion,
L'Amour et la mort. A partir de chapitres répétitifs, basés sur des lieux et des personnages eux aussi répétitifs, l'auteur nous entraîne, non pas dans ses réflexions, mais dans les nôtres. On pense très vite connaître la fin, mais une fois ce livre refermé, l'histoire continue.
Dans ce roman « impersonnel », dont on ne connaît pas le narrateur, l'héroïne dont le lecteur attend la mort apparait peut être déjà morte. Morte pour elle, morte pour son mari, car elle ne semble exister qu'au travers de son fils voire de Chauvin. Ce dernier paraît d'ailleurs en connaître plus sur la vie d'Anne Desbaresdes que celle-ci.
Duras cherche à retranscrire dans ce texte le for intérieur de son héroïne à travers ces non-dits, l'importance des sons extérieurs : le cri, la musique…
Ces deux éléments mis ensemble ravivent les émotions de l'héroïne qui dès lors se sent obliger de revenir sur ces lieux. A la recherche de quelque chose, à la recherche d'un passé dont on ne connaît rien, si ce n'est ses silences qui reviennent dans ses conversations, ses souvenirs cachés qu'on imagine douloureux.
C'est un roman où il ne se passe rien, où rien n'est dit ouvertement, mais que l'on a du mal à refermer.
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