ISBN : 2707303143
Éditeur : Editions de Minuit (1980)


Note moyenne : 3.49/5 (sur 142 notes) Ajouter à mes livres
" Qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ?
- Je ne sais pas. "

Une leçon de piano, un enfant obstiné, une mère aimante, pas de plus simple expression de la vie tranquille d'une ville de province.

Mais un cri soudain vient déc... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (12)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Pasdel, le 18 mars 2012

    Pasdel
    Il s'agit ici d'un roman intimiste qui paraît superficiel dans son récit et sa construction, mais qui trouve toute sa profondeur dans nos réflexions. A partir d'un vague assassinat dont on ne saura rien, Marguerite Duras construit son roman, sur la solitude, l'exclusion, L'Amour et la mort. A partir de chapitres répétitifs, basés sur des lieux et des personnages eux aussi répétitifs, l'auteur nous entraîne, non pas dans ses réflexions, mais dans les nôtres. On pense très vite connaître la fin, mais une fois ce livre refermé, l'histoire continue.
    Dans ce roman « impersonnel », dont on ne connaît pas le narrateur, l'héroïne dont le lecteur attend la mort apparait peut être déjà morte. Morte pour elle, morte pour son mari, car elle ne semble exister qu'au travers de son fils voire de Chauvin. Ce dernier paraît d'ailleurs en connaître plus sur la vie d'Anne Desbaresdes que celle-ci. Duras cherche à retranscrire dans ce texte le for intérieur de son héroïne à travers ces non-dits, l'importance des sons extérieurs : le cri, la musique…
    Ces deux éléments mis ensemble ravivent les émotions de l'héroïne qui dès lors se sent obliger de revenir sur ces lieux. A la recherche de quelque chose, à la recherche d'un passé dont on ne connaît rien, si ce n'est ses silences qui reviennent dans ses conversations, ses souvenirs cachés qu'on imagine douloureux.
    C'est un roman où il ne se passe rien, où rien n'est dit ouvertement, mais que l'on a du mal à refermer.


    Lien : http://leslecturesdepasdel.over-blog.com/article-moderato-cantabile-..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (31 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 27 juin 2010

    vincentf
    Comment expliquer la tension profonde ressentie à la lecture de ce petit livre où il ne se passe presque rien ? Une mécanique absurde semble être mise en marche. Un homme tue une femme dans un bistrot. Un autre homme et une autre femme prennent leur place. Tout le roman tend vers cette mort absurde qui finalement n'a pas lieu (pas encore ? peu importe).
    La mort dans ce texte est autre chose que le sang versé. C'est la mort sociale, l'adultère esquissé dans la "pose mortuaire" des mains qui se touchent et des lèvres qui s'atteignent. La tension vers la mort qui traversait le livre, la volonté d'Anne Desbaresdes de comprendre cette femme qui a accepté d'être assassinée, le rapprochement incompréhensible de deux êtres égarés, dépressifs sans doute, le devenant, sombrant dans l'alcoolisme, aboutit à L'Amour, esquissé, mortel. L'enfant qui occupait toute la place disparaît, meurt textuellement.
    Il y a dans la lecture de Moderato cantabile quelque chose de décevant et c'est ce quelque chose de décevant qui rend le roman passionnant. Un homme et une femme vivent devant nos yeux leur histoire, absurde peut-être, tragique sans doute, mais nous ne comprenons rien à cette histoire. Qui est le narrateur de ce roman ? L'enfant ? La patronne du café, seul témoin des rencontres, regard indifférent sur le drame qui peut-être a lieu ?
    Moderato cantabile est sans doute un roman sur l'impossibilité radicale de saisir ce qui se passe au coeur de l'esprit humain, sur l'absence totale et définitive d'explication rationnelle aux actes que nous accomplissons. Anne et Chauvin ne parviennent pas tout à fait à comprendre les raisons de l'assassinat du début du roman comme nous ne parvenons pas tout à fait à comprendre les raisons de leurs rencontres quotidiennes, de leur amour mortel qui n'aboutit pas à l'assassinat. Aucun mystère. Rien que les faits, nets, précis, absurdes et mécaniques, présents, et ce sentiment oppressant que nous ne pouvons qu'échapper à nous-même.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Anassete, le 04 mai 2010

    Anassete
    Très envoûtant et très entraînant. Je ne prétends pourtant pas avoir compris la morale finale. Je dirai même que j'ai été déçue par cette fin brutale.
    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Glacha, le 30 avril 2012

    Glacha
    Moderato cantabile est le premier livre de Marguerite Duras que j'ai lu et je n'ai pas été sensible du tout à son style d'écriture.
    Le récit raconte l'histoire d'une mère et de son fils qui assiste à un meurtre de la fenêtre de la salle de piano où le fils vient prendre sa leçon hebdomadaire. En allant au café où s'est déroulé le meurtre, la mère rencontre un homme et va alors naître une relation ... ils parlent et parlent encore de ce meurtre dont ils ne connaissent rien.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par jbicrel, le 12 novembre 2011

    jbicrel
    Ce roman ne date certes pas de la dernière pluie puisqu'il a été publié en 1958 mais je viens de le relire pour les besoins du travail et, stupeur, il a conservé toute la fraîcheur d'une pluie d'été justement. Comme toujours avec Duras qui ne rate jamais son affaire, je suis encore sous le charme, subjuguée par le je-ne-sais-quoi des romans de Marguerite Duras.
    Moderato cantabile c'est l'histoire d'une sonatine de Diabelli encore et encore répétée, de la sirène hurlante de l'arsenal, d'une villa au bord de la mer, d'un arsenal, d'un café, d'une fleur de magnolia qui n'en finit pas de fleurir puis de faner, d'un cri de femme, du rose de journées finissantes, du rouge du crépuscule, du vin qui empoisonne, du sang d'un crime passionnel et du tricot d'une patronne de café, ,... toujours les mêmes comme une obsession lancinante qu'il s'agit pourtant de faire aboutir.
    Entre Anne Desbaresde, l'épouse oisive du directeur d'Import-Export et des Fonderies de la Côte et Chauvin ancien ouvrier des Fonderies, il y a un monde et pourtant : (cf citation)



    Lien : http://aller-plus-loin.over-blog.com/article-duras-marguerite-modera..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

> voir toutes (6)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par liratouva2, le 13 mai 2010

    Moderato cantabile, dit l'enfant.
    La dame ponctua cette réponse d'un coup de crayon sur le clavier. L'enfant
    resta immobile, la tête tournée vers sa partition.
    -Et qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ?
    -Je ne sais pas.
    Une femme, assise à trois mètres de là, soupira.
    Tu es sûr de ne pas savoir ce que ça veut dire, moderato cantabile ? reprit la dame.
    L'enfant ne répondit pas. La dame poussa un cri d'impuissance étouffé, tout
    en frappant de nouveau le clavier de son crayon. Pas un cil de l'enfant ne
    bougea. La dame se retourna.
    -Madame Desbaresdes, quelle tête vous avez là, dit-elle.
    Anne Desbaresdes soupira une nouvelle fois.
    -A qui le dites-vous, dit-elle.
    L'enfant, immobile, les yeux baissés, fut seul à se souvenir que le soir venait
    d'éclater. Il en frémit.
    -Je te l'ai dit la dernière fois, je te l'ai dit l'avant-dernière fois, je te l'ai dit cent fois, tu es sûr de ne pas le savoir?"
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par liratouva2, le 13 mai 2010

    "-Parfois encore, c'est l'été et il y a quelques promeneurs sur le boulevard. Le samedi soir surtout, parceque sans doute les gens ne savent que faire d'eux-mêmes dans cette ville.
    -Sans doute, dit Chauvin. Surtout des hommes. De ce couloir, ou de votre jardin, ou de votre chambre, vous les regardez souvent.
    Anne Desbaresdes se pencha et lui dit enfin.
    -Je crois, en effet, que je les ai souvent regardés, soit du couloir, soit de ma chambre, lorsque certains soirs je ne sais quoi faire de moi.
    Chauvin proféra un mot à voix basse. Le regard d'Anne Desbaresdes s'évanouit lentement sous l'insulte,..."
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par Pasdel, le 18 mars 2012

    L’enfant ne bougea pas davantage. Le bruit de la mer dans le silence de son obstination se fit entendre de nouveau. Dans un dernier sursaut, le rose du ciel augmenta.
    — Je ne veux pas apprendre le piano, dit l’enfant.
    Citation de qualité ? (13 votes positifs)
  • Par mandarine43, le 16 mars 2011

    Anne Desbaresdes boit de nouveau un verre de vin tout entier les yeux mi-clos. Elle en est déjà à ne plus pouvoir faire autrement. Elle découvre, à boire, une confirmation de ce qui fut jusque-là son désir obscur et une indigne consolation à cette découverte.
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par mandarine43, le 16 mars 2011

    Anne Desbaresdes boit, et ça ne cesse pas, le Pommard continue d'avoir ce soir la saveur anéantissante des lèvres inconnues d'un homme de la rue.
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)

> voir toutes (173)

Videos de Marguerite Duras

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Marguerite Duras

Interview de Patrice Chéreau à propos du spectacle « La Douleur » sur des extraits tirés du journal de Marguerite Duras - Théâtre des Amandiers de Nanterre, 2008








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Moderato cantabile par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (310)

> voir plus

Quiz