ISBN : 2864248506
Éditeur : Editions Métailié (2012)


Note moyenne : 3.17/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
Laurent Kropst est en maths sup à LLG, Louis-le-Grand pour les intimes. Interne, il doute qu’il existe un monde en dehors des colles et des blagues vaseuses de ses petits camarades. Pire, au-delà du dixième au classement général de maths et de physique, il ne connaît pl... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par yv1, le 08 février 2012

    yv1
    Attention, plongée dans le monde des grandes écoles, de l'élite de la nation. Entre blagues potaches, bizutages et véritable compétition entre les élèves, la lutte est dure. Pas de sentiments, il faut être le meilleur !
    Emmanuel Arnaud décrit un monde qui m'est totalement inconnu, et ce qu'il y a de bien dans son roman, c'est qu'il place son héros dans une classe de maths, là où la Littérature n'est pas la bienvenue. Ce genre d'études est cloisonné : les matheux avec les matheux et les khâgneux entre eux ! Il nous explique d'abord les méthodes de chacun des élèves pour arriver à grapiller quelques points dans les devoirs, entre les bûcherons, les analytiques, les intuitifs, ... Puis, les semblants de relations qu'ils instaurent entre eux : parfois de l'admiration, de la déférence, toujours liées au classement général de la classe. C'est un monde totalement clos qui peut faire peur à des non-initiés comme moi ; personnellement, je n'ai pas aimé plus que cela mes années lycée, mais elles étaient libres et je communiquais avec d'autres, sans arrière pensée.
    Là, lorsque Laurent commence à fréquenter les littéraires, à lire Proust et à discuter philosophie, il se met à dos ses collègues matheux. Mais finalement peu lui importe, puisque Mélanie et Claudia lui ouvriront des horizons qu'il ne soupçonnait pas. Son esprit s'ouvre et cela lui servira même dans ses études.
    C'est un roman assez étonnant, fort bien écrit, presque un huis clos dans les murs de Louis le Grand, original dans le fond et la forme qui montre la jeunesse de notre future élite. Attention, parfois, ça peut faire peur, de mépris envers les plus petits, d'arrangements entre amis, de retournements de vestes : enfin, finalement rien de plus que ce que l'on voit tous les jours de la part de nos dirigeants adultes ! Oui, oui, Rastignac est bien réel et multiple. C'est un roman qui véhicule, par l'intermédiaire de ses héros, les principes décrits plus haut que je déteste et que je n'aimerais pas que mes enfants adoptent. Néanmoins, ce livre m'a retenu parce que justement, l'auteur en parle bien, ausculte et analyse les comportements des uns et des autres. Ses héros ne me sont pas sympathiques, ils sont même à l'opposé de moi, mais ils ont un côté pathétique : leur vie est toute tracée, déjà définie ; il m'est même venu l'image de certains d'entre eux, plus vieux et responsables politiques ou autres, personnes respectées au passé et au présent pourtant pas vraiment glorieux, coincés dans leur vie confortable de notables avec impossibilité d'en sortir sans une volonté hors du commun. Finalement, je les plains lorsque eux me méprisent.
    Laurent Kropst fait le lien entre le livre et les maths dans ce roman qui "est une ode à l'intuition, qui réconcilie la science et la littérature" (4ème de couverture) et qui mérite d'être découvert. 135 pages pour tenter de comprendre comment sont formés nos futurs patrons, chefs d'entreprises, hommes politiques, ... Personnellement, l'ambition, les moyens pour arriver à des fins prometteuses, l'absence de scrupules, etc, etc me font froid dans le dos et me dégoûtent : tous les ingrédients sont là, réunis, pour se faire peur mais sans hémoglobine ou suspense. Ça peut même être mieux qu'un thriller.
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    • Livres 3.00/5
    Par luocine, le 08 février 2012

    luocine
    J'ai beaucoup apprécié la description des différents types d'intelligences, et en tant que littéraire adoré que ce soit la fréquentation des grands auteurs qui finissent par aider le personnage principal à prendre confiance en lui et à passer l'horrible barre fatidique « de la sup étoile à Louis Legrand ».
    Le système élitiste des « prépa- parisiennes » est parfaitement décrit ; je ne sais pas pourquoi la France s'enorgueillit de ce système mais ce qui est sûr c'est que rien ne le fait jamais changer.
    Ce que confirme ce petit roman, c'est que, sous couvert d'égalité, les dés sont complètement pipés.
    A Louis-Le-Grand il y a, par exemple, et je pense dans d'autres grands lycée parisiens aussi, des premières et des terminales où on fait si vite le programme officiel , qu'on a le temps d'assimiler également celui de la première année de prépa.
    On découvre aussi que les parents prof en prépa ont des enfants qui réussissent en prépa, comme c'est bizarre !
    Qu'avoir un QI de 200 est la seule façon d'accéder à ses classes si on vient de l'extérieur.
    Alors Laurent venant d'un honnête lycée de la banlieue chic de Paris, finira par ruser pour parvenir à ses fins et pourquoi pas ?
    On découvre également que les littéraires jouent dans une autre cour, ce sont en général des filles. Elles ne pourront pas intégrer Polytechnique, alors si elles sont jolies, fortunées et intelligentes elles viennent en Khâgne pour trouver leur futur Polytechnicien.
    L'auteur ne dénonce pas ce système, il se contente de le décrire à travers un personnage qui s'adapte très bien et finit par tirer son épingle du jeu.
    C'est justement à travers cette objectivité parfois froide, voire glacial que le lecteur prend conscience que notre élite sort d'un moule peu recommandable.


    Lien : http://luocine.over-blog.com/article-le-theoreme-de-kropst-emmanuel-..
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    • Livres 3.00/5
    Par dibou, le 14 février 2012

    dibou
    Un roman court, original, dynamique. L'histoire en elle même n'est pas exceptionnelle, mais l'intérêt de ce roman réside dans la description du monde impitoyable des classes prépa. L'auteur dans un style froid et cynique nous plonge dans l'univers du lycée Louis le Grand, où les élèves destinés à être "l'élite de la nation" sont prêts à tout pour réussir. Les mathématiques sont bien sûr très présents mais aussi la littérature, Kropst sympatisant avec des élèves d'hypokhâgne. Ce roman n'est pas un coup de coeur pour ma part mais une bonne découverte, l'auteur a su captiver mon attention et me faire découvrir un monde que je ne connaissais pas. Merci à Babelio de m'avoir permis de lire cet ouvrage par le biais de Masse critique!
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    • Livres 3.00/5
    Par zarline, le 10 mars 2012

    zarline
    Tout d'abord, je vais rassurer tous ceux qui sont à deux doigts de zapper ce livre à la seule évocation du mot "théorème" dans le titre. Oui, l'intrigue se passe dans une classe de maths sup, mais le sujet central de ce livre est ailleurs et les quelques démonstrations et raisonnements mathématiques sont tout à fait digestes même pour les plus traumatisés des fonctions et autres intégrales.
    Bien plus que les polynômes de Bernoulli, Le théorème de Kropst nous fait découvrir le quotidien d'une classe de matheux, dont la seule ambition est d'intégrer les grandes écoles polytechniques et d'ainsi atteindre les élites "ingénieuses" de France.
    Le mélange entre littérature proustienne, cours de physique et déboires d'adolescents est judicieux et le tout se lit très bien, mais je n'ai pu m'empêcher d'éprouver un certain malaise à la lecture de ce livre. Difficile en effet de déceler où l'auteur se place: est-ce de l'ironie sur ces ados de 18 ans qui considèrent que leur future réussite sociale dépend entièrement d'un devoir de physique ou, au contraire, soutient-il le désir intense de Laurent d'atteindre les élites sociales par tous les moyens?
    J'ai toutefois trouvé amusant de découvrir le quotidien et l'ambiance de ces écoles qui sont probablement très similaires à la description qu'Emmanuel Arnaud en fait. Un bon premier roman avec un thème original mais une intrigue peut-être un peu légère. Un auteur que je suivrai avec plaisir; je serais par exemple curieuse de voir si Emmanuel Arnaud nous emmènera, la prochaine fois, dans un univers qui lui est peut-être moins familier.

    Lien : http://unmomentpourlire.blogspot.com/2012/03/le-theoreme-de-kropst-d..
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  • Par keisha, le 29 janvier 2012

    keisha
    J'entends déjà les "vade retro lemme de Zorn et polynômes de Bernoulli et autres raisonnement par récurrence", bien horrifiés... Sachez pourtant que c'est vraiment light, et que ce roman donne aussi sa place à de la philosophie avec touche balzacienne, rien que ça! Plus des considérations sur la reproduction au sens de Bourdieu. Hé oui, les dés sont pipés en amont, quel que soit le talent. Laurent Kropst va-t'il s'en tirer tête haute?

    C'est ce que l'on saura en se plongeant dans l'univers impitoyââaâble de Maths Sup à Louis le Grand, sous les yeux amusés des Khâgneux. Laurent subira leur influence, se mettra à lire Proust, et l'intuition selon Descartes (le philosophe, pas le scientifique) lui permettra de se découvrir.

    Je n'ai jamais étudié à Math Sup mais je me suis bien amusée à découvrir ce portrait ironique de ses us et coutumes, et me suis régalée à lire la description de différents modes d'aborder un devoir surveillé - ou comment ça fonctionne, quoi! Un roman court, original, à découvrir sans crainte.

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-le-theoreme-de-k..
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Citations et extraits

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  • Par luocine, le 08 février 2012

    C’est ce que Gratien apprécie dans la pensée mathématique, cette faculté qu’elle a d’être déroulée à grande vitesse et dans toute sa clarté, comme une étoile filante. les chiffres, les calculs et les démonstrations entraînent son stylo , entraînent sa pensée… C’est cela la beauté des raisonnements mathématiques selon Gratien Bar : cette spirale qui se construit en s’accélérant et en se clarifiant à l’infini.
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  • Par luocine, le 08 février 2012

    Laurent finit l’année en se disant qu’il est tout compte fait à la fois Vautrin et Rastignac, ce qui est la seule véritable clé du succès : il a désormais le chemin ouvert vers la réussite, il entre en classe de spé étoile au lycée Louis-Le-Grand .

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  • Par luocine, le 08 février 2012

    Il faut savoir tout de même que dans un lycée du quartier l’an dernier un taupin est mort le jour de la « grande barbarie » . Comment ? Pas compliqué : du premier étage on lui a balancé sur la tête une éponge gorgée d’eau lourde comme du plomb ; il est mort sur le coup d’un traumatisme crânien. Pif, un concurrent en moins.
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  • Par luocine, le 08 février 2012

    Pour cela, quand bien même un DS causerait du souci, sourire toujours galamment à Mélanie’s, parler d’Arcade Fire, d’Heidegger et de Boby Lapointe dans la même soirée, et surtout, surtout, ne jamais s’écarter d’un pouce des préceptes de Galatée….
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  • Par luocine, le 08 février 2012

    Au début du mois d’avril, il se demande toujours comment gravir des places au classement général quand on ne possède pour soi aucun piolet magique.
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