> Cécile Dutheil de La Rochère (Traducteur)

ISBN : 2070627942
Éditeur : Gallimard Jeunesse (2010)


Note moyenne : 3.54/5 (sur 52 notes) Ajouter à mes livres
Floride, 1947...
Un ancien soldat au passé trouble, une femme trop belle, un homme aussi séduisant qu'énigmatique... quel fil invisible les relie ?
Dans un hôtel au luxe défraîchi et la chaleur étouffante de septembre, Evie surprend l'ombre de mensonges et... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Hanana, le 21 mai 2012

    Hanana
    Ce que j'ai vu et pourquoi j'ai menti n'est tout d'abord pas le genre de livre que j'ai l'habitude de lire. Pourtant, j'ai adoré. Les sentiments et émotions sont exactes, les réactions des personnages aussi; ce livre ne ment pas, il raconte la vie telle qu'elle est. Il décrit des personnes ni bonnes, ni méchantes, des humains tout simplement, avec toutes leurs faiblesses et leurs hontes, qui réagissent aux evenements avec leur propre sensibilité.
    Le thème de l'adolescence est bien traité, la jeune fille étant finalement la seule à appréhender les évenements d'une façon calme, puisqu'elle n'a rien à se reprocher. le récit se déroule après la seconde guerre mondiale. L'ambiance est d'ailleurs magnifiquement décrite, en cela on se croirait vraiment dans un film noir (l'auteur, en effet, a l'habitude d'écrire des romans sur base de film, comme la guerre des étoiles) . Quant à l'héroïne, si elle parait cruche au début, l'univers qui l'entoure a compensé mon agacement, et son évolution tout au long de l'histoire est si remarquable qu'on ne peut que s'identifier à elle.
    Le mystère est très présent même après avoir refermé le livre; on ne saura pas ce qui s'est passé sur le bateau. Mais le choix qu'a dû faire Evie, l'héroïne, est le "pont" qui l'a fait passer de l'enfance à l'age adulte : assumer ses choix sans jamais savoir si ce sont les bons. Tout ceci entremêlé d'une histoire d'amour initiatique et de reflexions sur l'intolérance, notamment antisémite.
    Un roman bourré de mystère sous la lune et de traces de rouge à lèvre sur des mégots de cigarettes... au fond d'une piscine.
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    • Livres 4.00/5
    Par melusine1701, le 20 janvier 2012

    melusine1701
    1947. Evelyne, surnommée Evie, vit à New York avec sa mère, Beverly, et son beau-père Joe. Avec sa meilleure amie, elles s'amusent à se maquiller et à fumer des cigarettes en chocolat, pour faire comme les adultes. Mais Evie sait qu'elle n'arrive pas à la cheville de sa mère, jeune, si belle, presque trop, admirée, abandonnée par un mari rencontré trop jeune. A la fin de l'été, Joe décide soudain de les emmener en vacances à Palm Beach. L'hôtel est presque désert, mais la petite famille se lie d'amitié avec les rares clients. Un soir, Evie emprunte à sa mère une belle robe, des chaussures à talons, du maquillage, et se rend à une soirée organisée dans l'hôtel. Elle y rencontre Peter Coleridge, un jeune homme qui l'attire beaucoup, mais qui s'avère avoir déjà rencontré Joe pendant la guerre, dans des circonstances dont le beau-père n'a pas vraiment envie de parler. D'ailleurs, Joe n'aime pas beaucoup Peter, même si celui-ci s'offre volontiers des virées avec Bev et Evie.
    La couverture de ce roman et la promesse d'un roman noir m'avait attirée vers ce livre. Et je n'ai pas été déçue. Très tôt, l'ambiance d'après-guerre, avec l'insouciance et la légèreté, est teintée d'une étrange nostalgie, comme si l'on sentait que ce soulagement n'est que temporaire pour l'héroïne. Elle est d'ailleurs immédiatement très attachante et dépeint l'adolescence avec une subtilité étonnante: tantôt dans l'âge bête lorsqu'elle glousse avec ses amis ou critique les autres filles, tantôt hésitante et mal dans sa peau, toute les nuances sont abordées. Mais celle qui sert de fil conducteur à l'intrigue, c'est cette rivalité permanente avec cette mère si jeune, si belle, si admirée, si parfaite, si idéale. Evie rêverait d'avoir le charme et le sex appeal de sa mère, et ne cesse de se déguiser en elle dans des tentatives toutes plus décevantes les unes que les autres. Et pourtant, elle reste étonnamment fusionnelle avec celle qui, seule, a cumulé les emplois pour subvenir aux besoins de sa fille dans une époque où une femme qui travaille est encore très mal vue. Mais c'est un roman noir… Et si, dans cette mélancolie qui la caractérise, Evie vit ses premiers émois amoureux et sensuels avec une passion pour Peter débordante et aveuglante, le lecteur un peu attentif devine qu'elle ne voit pas le drame qui se joue sous ses yeux lorsque sa mère la congédie pour rester seule avec le jeune homme ou prétend se rendre à des cours de sport.
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    • Livres 5.00/5
    Par Mei-Amadis, le 26 février 2011

    Mei-Amadis
    Ce que j'ai vu et pourquoi j'ai menti fait parti de ces livres dont la couverture et le titre vous intrigue. Je désirais lire ce roman depuis un moment déjà, mais je n'avais pas encore eu l'occasion de le découvrir. Grâce à Gallimard Jeunesse, l'occasion se présentait enfin, et je n'ai pas été déçue du voyage !
    L'histoire se déroule en 1947, juste après la seconde guerre mondiale. Quand Evelyn Spooner, quinze ans, apprend que son beau-père compte les emmener, sa mère et elle, passer quelques jours loin de New-York sur les plages brûlantes de Floride, la jeune fille, qui n'a jamais quitté la ville, saute de joie. La petite famille s'installe donc sur les côtes de Palm Beach, dans un hôtel à moitié déserté par les touristes. C'est le début des vacances parfaites... Jusqu'au jour où un certain Peter s'installe dans l'hôtel. La vie de Evie et de sa famille se met soudain à basculer : dans un hôtel au luxe défraîchi et la chaleur étouffante de septembre, la jeune fille surprend l'ombre de mensonges et de terribles secrets.
    Quel fil invisible relie entre eux les habitants de l'hôtel Mirage ? Que va y découvrir Evie ? Et ce drame qui s'y est produit, était-ce réellement un accident ? Au programme : amour, chantage et secrets troublants, le tout sur fond d'enquête policière.
    Dans Ce que j'ai vu et pourquoi j'ai menti, l'auteur, Judy Blundell dépeint une société américaine d'après-guerre complexe et intéressante qui renvoie au mythe du rêve américain, porteur d'espoirs, mais qui, lorsque l'on gratte un peu, laisse apparaître une hypocrisie et un racisme encore bien présents.
    Basé sur un côté psychologique très fort, le roman est le fruit d'une démarche littéraire intéressante. Captivant, ce roman rebutera peut être les lecteurs les plus friands d'action par son démarrage assez lent. Mais poursuivre ce roman vaut le détour, je peux vous l'assurer : vers le milieu du récit, le registre change, se fait plus sombre, empreint d'une maturité déroutante, le récit bascule dans le polar et c'est un vrai délice !
    Une œuvre adulte.
    La principale qualité de Ce que j'ai vu et pourquoi j'ai menti est de proposer aux lecteurs une véritable réflexion sur ce qu'est le passage vers l'âge adulte, tout en empruntant au roman noir son ambiance, ce qui donne un petit côté polar aux secrets de l'entourage de Evie.
    La voix naïve de l'enfant se heurte à celle de la narratrice adulte qui nous parle de faits passés. D'abord naïve, l'héroïne, au cours de ces vacances en Floride, va découvrir le monde des adultes. Evie est un personnage à qui on s'attache énormément, car on la voit grandir au fil de l'histoire. Comme elle, on tombe sous le charme de Peter, on idéalise les personnages, jusqu'à ce que les masques tombent.
    L'atmosphère qui se dégage de ce roman est plaisante, me rappelant le film Chicago, une comédie musicale se déroulant dans les années 20, avec Renée Zellweger et Catherine Zeta-Jones. Les descriptions de l'auteur ajoutent d'ailleurs au récit une touche de glamour à la complexité de l'intrigue, à l'image de la société de cette époque.
    A mi-chemin entre le roman d'apprentissage et le roman noir, Ce que j'ai vu et pourquoi j'ai menti est donc, à l'image de ses personnages, une œuvre double. Récit plein de non-dits, complexe, dans lequel le vrai se mêle au faux et le doute plane, je me suis laissée entraîner dans ce tourbillon d'émotions avec beaucoup de plaisir. J'ai aimé la complexité des sentiments que dégagent les personnages de ce roman, leur ambigüité, ce mélange d'amour et de mensonges… Vous l'aurez donc compris, je suis une lectrice conquise.
    Je remercie, une fois encore, les éditions Gallimard pour cette découverte.

    Lien : http://antrelouve.canalblog.com/archives/2011/02/26/20490303.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Archessia, le 18 février 2011

    Archessia
    Evie a 15 ans, presque 16. Et en cette année de 1947, elle n'est plus une enfant, mais on ne la considère pas encore comme une adulte. Avec sa meilleure amie Margie, elles s'entraînent à fumer avec des cigarettes en chocolat, et gloussent en imaginant des baisers échanger avec le beau Jeff.
    Pendant longtemps, elle a vécu seule avec sa mère, son père les ayant abandonnées quand elle était petite.
    Sa mère ? Une vraie star de cinéma ! Incroyablement belle et séduisante, tout les hommes se retournent sur son passage.
    Evie est ravie quand elle se remarie avec Joe, un homme bien, qui doit partir pour la guerre.
    A son retour, ils forment une vraie famille, et les affaires marchent plutôt bien pour Joe.
    Sur un coup de tête, ils décident de prendre des vacances, et partent pour la Floride, dans un bel hôtel.
    C'est la saison morte, donc il n'y a vraiment pas beaucoup de clients. Evie apprend vite à connaître ceux-ci, et en particulier Peter, un jeune homme de 23 ans qui l'attire instantanément.
    Le problème, en dehors de la grande différence d'âge, c'est que Joe et Peter se connaissent, ils ont fait la guerre ensemble, et Joe semble bien décidé à les séparer coûte que coût.
    Que cache t-il ? Et pourquoi Evie a t-elle l'impression que tout lui échappe, que tout va s'écrouler, comme emporté par un ouragan ? ...
    La première moitié du livre raconte les journées paisibles d'Evie, jeune fille ayant encore un pied dans l'enfance.
    Elle veut profiter de son séjour en Floride pour être quelqu'un d'autre, en quelque sorte. Nouveaux vêtements, nouvelle confiance en soi, apprentissage du maquillage, et, bien entendu, découverte de l'amour.
    Le puissant, celui qui nous prend au ventre, au coeur et à la gorge.
    Le premier, tout simplement.
    Malheureusement pour elle, rien ne va se passer comme elle l'espérait, et son passage vers l'âge adulte se fera d'une manière brutale, traumatisante, suffocante.
    Un évènement va venir tout bouleverser, et bien que l'on sentait que quelque chose clochait dès le début, on ne peut s'empêcher d'être choqués de voir les indices se mettre bout à bout, pour nous révéler l'horreur et la déception.
    La première partie de ce livre peut paraître très longue (et elle l'est), mais au final, elle est nécessaire, histoire d'installer une vraie ambiance, de développer au maximum les personnages, de comprendre au mieux Evie et de se mettre à sa place.
    Ce qui fait que la deuxième partie du récit n'en est que plus douloureuse, plus poignante.
    J'ai vraiment été touchée par tout ce qu'il lui est arrivé, et la façon dont l'auteur décrit les ressentis accroit ce sentiment de promiscuité avec les personnages.
    Ce livre m'a beaucoup plu, un étrange mélange de roman noir, d'histoire adolescente, de passage à l'âge adulte sur fond de temps d'après-guerre.
    Evie représente l'innocence de l'enfance, et, l'entourant, tout ce que le monde des adultes recèle de plus sombre : mensonges, secrets, avidité, trahison, douleur, ...

    Lien : http://archessia.over-blog.com/article-ce-que-j-ai-vu-et-pourquoi-j-..
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    • Livres 1.00/5
    Par Ness, le 25 août 2011

    Ness
    Je ne sais pourquoi, peut être à cause de la couverture, du titre ou encore de la collection, mais j'attendais tout à fait autre chose de ce roman, Pendant toute ma lecture, j'ai espéré qu'il se passerait enfin quelque chose mais non, rien n'est venu.
    Pour moi ce roman est tout à fait banal et vous allez peut être me trouver dur mais j'ai eu l'impression de lire le scénario d'un téléfilm de l'après-midi sur M6.
    Au lendemain de la guerre, Evie bientôt 16 ans, partage sa vie entre le lycée, les copines et sa famille. Une famille pas tout à fait comme les autres : la mère est une blonde ténébreuse, son beau-père ancien soldat réussi dans les affaires, et sa grand-mère mène la maison à la baguette.
    Sur un coup de tête, Joe, le père, emmène Evie et sa mère en Floride, plus exactement à Palm Beach. Dans un hôtel quasi désert, la haute saison n'ayant pas encore débutée, la jeune fille va faire la connaissance d'un bien mystérieux soldat.
    Alors qu'ils pensaient refaire leur vie en Floride, notre petite famille va être confrontée à bien des bouleversements.
    Sans grande saveur, ce roman pour ados m'a laissé quelque peu sur ma faim. Serait-il prétentieux de part de dire que j'avais déjà tout deviné bien avant la fin.
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Citations et extraits

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  • Par Hanana, le 21 mai 2012

    Quand personne ne vous regarde, il est si facile d'imaginer que vous disparaissez...
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  • Par lilimarylene, le 17 juin 2010

    Elle a pris son paquet de cigarettes sur la table et lentement en a extrait une cigarette. Elle a tapoté le bout contre la table en coulant un long regard vers Peter et l'a placée entre ses lèvres. Il s'est penché pour l'allumer en protégeant la flamme d'une main contre un vent imaginaire.
    Ce geste, cette façon de s'effleurer, d'inspirer pour prendre une taffe en se penchant en arrière - c'était une danse qui m'échappait. Mais ce jour-là, j'ai décidé d'en apprendre les pas.
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  • Par Pays_des_contes, le 14 avril 2012

    Maman m’a apporté la robe en la tenant dans ses bras comme un nouveau-né et, délicatement, elle me l’a passée au dessus de la tête. Elle a accroché les agrafes dans le dos et arrangé la jupe d’une main professionnelle. Mrs Grayson a choisi une paire de sandales blanches à talons. J’ai glissé mes pieds dedans mais je chancelais.
    - Ne baisse jamais les yeux, m’a lancé Mrs Grayson. Tiens-toi droite !
    Je me suis redressée et j’ai relevé le menton.
    - Bien !
    - Regarde-toi maintenant, a ajouté maman.
    J’ai levé les yeux vers le miroir. Je m’attendais à voir une seconde version de maman et, d’une certaine façon, j’espérais que la robe serait avantageusement mise en valeur sur moi. Hélas, ce n’était pas le cas.
    - Souris, m’a dit Mrs Grayson. (J’ai souri.) Voilà, tu es superbe.
    Elle était sérieuse, pas comme Joe. D’ailleurs, soudain, j’ai pris conscience que lorsqu’il me disait que j’étais jolie, il m’associait toujours à maman, comme si j’étais le lot de consolation et elle le vrai prix. « Bien sûr que tu es jolie, ma fille, tu as vu ta mère ? »
    J’ai croisé le regard de Mrs Grayson dans le miroir et j’ai eu la surprise d’y saisir un petit air triste.
    - C’est ton tour, Evelyn. A toi de saisir ta chance, m’a-t-elle chuchoté à l’oreille.
    Juste une danse. Un seul tour de piste. C’est tout ce que je demandais.
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  • Par lilimarylene, le 18 juin 2010

    Un coup de vent a fait valser ses papiers. Je me suis précipitée pour les ramasser quand j'ai posé un pied sur un bout de papier à en-tête de l'hôtel. Je ne l'ai pas lu. Pas vraiment. Mais les mots m'ont sauté aux yeux. "Ça risque de nous exploser au visage... Il serait plus sage de retarder l'envoi du télex autant que possible pour toi."
    J'ai aperçu l'extrémité de sa sandale noire, vite, j'ai ramassé le mot et je lui ai tout rendu.
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  • Par lilimarylene, le 19 juin 2010

    - Un mouillage de sécurité, voilà ce qu'il nous faut.
    - Un mouillage de sécurité ?
    - C'est ce qu'il faut quand il y a un ouragan. Tu te débrouilles pour trouver une petite crique bien abritée et tu amarres ton bateau là en attendant que la tempête passe. Toi et moi, on devrait se trouver un mouillage de sécurité.
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