ISBN : 9782226215154
Éditeur : Albin Michel (2010)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 36 notes) Ajouter à mes livres
En 1859, le médecin-major Rochambaud, qui suit les armées de Napoléon III dans leurs campagnes d'Italie, écrit au médecin de campagne d'un village normand, le docteur Le Coeur. A travers eux, le soldat Délicieux, ordonnance du premier, et sa famille peuvent communiquer.... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Kittiwake, le 07 mai 2012

    Kittiwake
    C'est au travers d'un échange épistolaire puis d'un journal que nous sommes conviés à recevoir les confidences d'un médecin de campagne exerçant en Normandie au milieu du 19è siècle. La tentation est grande de mettre en parallèle l'exercice de cette profession à cette époque et de nos jours.
    Bien entendu ce qui frappe d'emblée et le manque de connaissance et de moyens pour venir en aide aux patients, lorsque l'on a à sa disposition essentiellement de l'opium, et des plantes. D'autre part, il n'y avait pas de limites aux interventions : appendicite, césarienne : le bloc opératoire de fortune était la pièce principale de la demeure. La distance parcourue par journée, quand on a pour véhicule un cheval, limite le nombre des malades secourus. C'est aussi pourquoi il était nécessaire d'avoir d'autres sources de revenus que la médecine, d'autant que le serment d'Hippocrate stipule que le malade qui n'a pas les moyens ne doit pas payer (pas de sécu en ces temps passés). C'est pourquoi notre praticien possédait 3 fermages lui permettant de subsister.
    Malgré cela, bien des points communs peuvent être mis en évidence : le rôle de la parole ou du geste (serrer une main, palper un pouls) dans la démarche thérapeutique, la nécessité de croire à ce que l'on prescrit «il est évident que le praticien qui n'a pas confiance dans la vertu de son adresse ne saurait apporter à l'étude et à l'exercice de son art, le zèle, l'attention, le dévouement et la persévérance nécessaire». de même la confrontation avec la mort ne fait l'objet d'aucune accoutumance «j'ai vu trépasser nombre d'humains, mais jamais je ne suis parvenu à m'habituer à ce vide qui entre dans le regard».
    Déjà des précautions étaient nécessaires pour pratiquer un examen intime chez une femme, et notre bon docteur exigeait d'avoir un témoin.
    Deux obstacles se dressent devant la bonne volonté du docteur : l'hygiène et les croyances, auxquelles, pour rejoindre les opinions très anticléricales de notre narrateur, on peut rattacher la religion.
    Car en ce qui concerne l'hygiène, «un homme un vrai, se doit de rester sale, ne raconte-t-on pas que l'odeur du bouc attire les femelles? La crasse, l'huile comme ils disent, favorise la pousse des cheveux, soutient l'intégrité du corps et des organes, les puces assainissent le sang». A la même époque, Semmelweiss en Autriche perdra la raison pour n'avoir pu instaurer le lavage des mains entre la pratique d'une autopsie et celle d'un accouchement...(cf la thèse de Louis Ferdinand Destouches, dit Céline...).
    Le veuvage et la confrontation régulière avec la mort, échauffent les sangs de Dr le Coeur, et il confie volontiers à son journal les péripéties de sa vie amoureuse On pourrait considérer que c'est son hobby, seule activité pratiquée en dehors de son travail!
    Bien d'autres aspects sont abordés dans ces écrits, la rédaction d'un mémoire sur la rage et ses origines, les balbutiements de la vaccination, ou encore les relations avec les aristocrates de la médecine siégeant da s la capitale ou les villes
    L'ensemble est porté par une écriture élégante, avec un style délicieusement suranné. L'on ne serait pas surpris si l'officier de santé Bovary demandait une consultation pour sa femme! Si l'on ajoute à cela un travail important de recherches historiques, l'ensemble est totalement crédible et pourrait passer pour un récit inspiré de faits réels.

    Lien : http://kittylamouette.blogspot.fr/2012/05/victor-cohen-hadria-editeu..
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Florel, le 21 mai 2012

    Florel
    Lu dans le cadre du prix Livre de poche 2012 et j'en ressors mitigée. J'ai été emballée au début, puis passé les 300 premières pages j'ai commencé à trouver cela un peu long, et mise à part les quelques évènements qui s'ajoutent pour un temps à l'histoire, on a vite l'impression de lire souvent la même chose.
    Sans compter que pour ma part, j'ai trouvé le personnage parfois trop humain ou trop crétin (ça dépend comment on voit les choses) du coup je dois dire que le livre a perdu un peu plus de son charme. Cela dit comme la fin sonne un peu comme une terrible ironie du destin, je ne suis pas mécontente de cette lecture. Bon on va me dire que je suis horrible avec ce que je viens de dire, mais j'y vois une certaine leçon dans cette fin, donc...
    En résumé à lire si l'envie vous vient sinon ben tant pis.
    http://voyagelivresque.canalblog.com/archives/2012/05/21/24313952.html
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Elyssa, le 28 février 2011

    Elyssa
    Un vrai bonheur ! Un petit pavé qui se dévore en moins de deux. L'histoire du docteur le Cœur, médecin de campagne qui passe son temps à parcourir la campagne normande. De consultation en consultation, il consigne chacune de ses rencontres dans un journal intime où se mêlent et se rencontrent différentes intrigues et autres personnages. Des histoires de cœur et de corps, qui révèlent une médecine encore dans un stade de balbutiement, une médecine contrainte souvent de composer avec les superstitions. La langue est superbement classique. On en oublie que le texte a été écrit récemment, très récemment.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par luocine, le 06 décembre 2011

    luocine
    J'ai été complètement séduite par ce livre étonnant et je sais que je ne serai pas toute seule à l'apprécier. Je l'ai absolument dévoré sans jamais me lasser.
    Le roman est particulièrement bien construit, et permet de revisiter la société du 3° empire. Il est vrai que, comme nous sommes dans la société rurale normande, on pense souvent, ainsi que le dit la 4° de couverture, à Maupassant.
    Dans la première partie nous suivons les troupes impériales en Italie avec toutes les horreurs de la guerre et l'injustice de la conscription.
    Se mettre dans la peau d'un médecin, cela permet un tour d'horizon assez complet sur la société du temps : la médecine militaire plonge le lecteur dans la réalité historique, puis on voit le début du modernisme avec la science médicale qui commence à s'installer, on rentre dans toutes les maisons et on voit de près la misère et la mesquinerie des uns et des autres.
    Comme ce qui se passe dans la vie, les histoires sont touchantes, révoltantes, émouvantes.
    Il y a une foule de personnages, mais le roman est bien fait et on s'y retrouve assez vite. Ce qui m'a le plus intéressé ce sont les réflexions sur le sens de la vie. Une profonde humanité se dégage de ce livre qui correspond certainement plus à nos valeurs d'aujourd'hui qu'à celle d'un médecin de 1859 mais peu importe ou au contraire c'est la raison pour laquelle ce llivre m'a tant plu..
    Les conversations entre le guérisseur sorcier, les deux prêtres, et le médecin athées permettent de faire revivre l'ensemble des opinions du temps.
    Victor Cohen Hadria raconte bien l'amour : les sentiments et la réalité physique. le docteur le Cœur veuf qui a aimé sa femme a encore besoin de présence féminine à ses côté, il y a de beaux passages à ce propos, jamais choquants mais très humains : du Maupassant !!


    Lien : http://luocine.over-blog.com/
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par BVIALLET, le 08 mai 2012

    BVIALLET
    Dans la Normandie du XIXème siècle, le docteur le Coeur est un médecin de campagne qui se dévoue corps et âme pour ses patients, petits nobliaux, pauvres laboureurs ou filles de joie de bordels plus ou moins mal famés. Il sert d'intermédiaire entre le soldat Brutus Délicieux, parti avec l'armée d'Italie, et sa famille illettrée. Il est veuf et si travaillé par le manque de compagnie féminine qu'il papillonne un peu à droite et à gauche auprès de veuves, de vieilles filles, de prostituées et même de domestiques. Il finira par mettre dans son lit Honorine, sa propre femme de chambre.
    Roman historique (on y trouve tout un contexte relatif aux guerres de Napoléon III, Magenta, Solférino, aux débuts du chemin de fer et de l'ère industrielle) et surtout social (la description des moeurs frustes des paysans normands de cette époque est le seul côté vraiment passionnant de ce livre. le personnage de le Coeur est trop parfait et trop anachronique pour être vraiment crédible. Pensez donc, il est anarchiste, pacifiste, anticlérical, libertaire, opposant à la peine capitale, promoteur de l'amour libre et chercheur d'un vaccin contre la rage quelques décennies avant Pasteur... Un prophète, un visionnaire, un soixante huitard avant l'heure, ce toubib... Doublé d'une sorte d'obsédé sexuel... « Nous sommes tous dominés par notre sexe », dit l'auteur. de plus, le style qui se veut un tantinet d'époque est parfois un peu lourd et répétitif. Cette plongée dans les réalités sociologiques du petit peuple bas-normand rappelle immanquablement les nouvelles de l'immense Guy de Maupassant, mais sans son oeil observateur et malicieux, sans son génie créatif et sans son style inimitable. A choisir entre l'original et la copie, chacun sait ce qu'il faut toujours préférer.

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Critiques presse (1)


  • Actualitte , le 18 juillet 2011
    Victor Cohen Hadia possède une capacité à décrire les maux et les failles humaines avec un sens exacerbé de la psychologie humaine. La beauté et l’amour sont aussi formidablement bien racontés. Une fresque morale qui nous fait pardonner aux uns, leurs faiblesses, aux autres, leur cruauté.
    Lire la critique sur le site : Actualitte

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Citations et extraits

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  • Par Kittiwake, le 08 mai 2012

    Pour étudier et pratiquer convenablement la médecine, on doit y placer de l’importance, et pour y mettre un intérêt véritable, il faut y croire.Voilà la base morale de toute expérience médicale. Il est évident que le praticien qui n’a pas confiance dans la vertu de son adresse ne saurait apporter à l’étude et à l’exercice de son art, le zèle, l’attention, le dévouement et la persévérance nécessaire.
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    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par Kittiwake, le 08 mai 2012

    Ce fatalisme est la marque de leur vie entière. Comment s’étonner qu’il soient prêts à tout pour se concilier un démiurge qui n’existe que dans leur imagination? De même, lorsque tombe la foudre, comment imaginer qu’elle n’a pas choisi sa cible et qu’elle s’est abattue sans raison particulière? Comment accepter qu’il n’est aucune justification au malheur, et que celui qui le subit n’en est que la victime innocente, quels que soient les crimes qu’il a commis par ailleurs?
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  • Par luocine, le 06 décembre 2011

    Voilà le résultat de siècles d'un intense travail religieux, qui sanctifie la souffrance et dénie toute probité a la jouissance. Dans l'esprit de quel fou peut bien naître un tel mépris pour les œuvres humaines, qui seraient aussi celles de Dieu, s'il existait? Je serai en mesure de concevoir qu'un athée stupide bannisse une activité qui appartient si pleinement a la nature de l'homme, qu'un philosophe haineux des êtres vivants leur reproche ce qui est leur substance, mais qu'un croyant, qui regarde l'univers comme l'expression divine ,rejette ce qu'elle a dispensé de plus évidemment commun a toutes ses créatures est une sorte d'antinomie que je ne puis admettre. On devrait révérer le sexe dans les églises
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  • Par Kittiwake, le 08 mai 2012

    Dans ces milieux, il n’est guère bon de traiter les sujets avec des remèdes de peu de valeurs. On exige des épices précieuses venues de l’Orient, des mélanges complexes au nom grecs et latins, des baumes singuliers aux fragrances inattendues, le patient se sentant exceptionnel ne saurait être soigné de manière normale. Je suis d’ailleurs injuste en généralisant, car les riches ne sont pas unanimement des imbéciles, loin s’en faut!
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  • Par Kittiwake, le 08 mai 2012

    Pour ce qui concerne les affaires de sexes, je préfère toujours qu’une dame proche soit présente lors de mes explorations et puisse éventuellement témoigner des bonnes moeurs de mes manipulations.Car dès que l’on approche les vases d’une femme, les ambiguïtés deviennent plus conséquentes et il en cuisit à certains de mes confrères qui ne prirent pas les précautions qui sont les miennes
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