ISBN : 9782226229700
Éditeur : Albin Michel (2011)


Note moyenne : 3.57/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
Léna est née dans le Grand Nord sibérien. Elle aime plus que tout la brume, la neige, l’attente et l’immobilité, qui n’ont ni couleurs ni frontières. Son mari Vassia, pilote dans l’armée de l’air, n’a qu’un rêve : poursuivre la grande épopée soviétique de l’espace dont ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par yv1, le 25 août 2011

    yv1
    Léna est l'attente personnifiée. Vassia son mari est souvent absent, de longues semaines et revient sans crier gare. C'est ce qu'aime Léna, ces imprévus. Pour combler l'absence, elle travaille, bien sûr, mais elle aime se perdre dans les files d'attente des magasins, elle observe l'orme de la cour, elle , la fille du Grand Nord, peu habituée à cette nature et elle écrit à Dimitri et Varvara qui l'ont élevée à la mort de ses parents. Varvara est une vague vieille cousine et Dimitri est l'homme qui vivait chez elle, que le Parti a puni en l'envoyant dans cette contrée inhospitalière qu'est la Sibérie. Ses lettres sont très belles, mélancoliques, poétiques. Varvara la bonne vieille paysanne russe, très prosaïque, pragmatique n'y comprend pas tout et le fait entendre à Dimitri
    Chaque chapitre de la première partie commence par une de ces lettres, puis, à la suite, l'auteure énonce la vie de Léna, et celle de Mitia et Varia (les diminutifs de Dimitri et Varvara) : c'est l'Histoire de la Russie depuis les années 20 racontée par des témoins directs. Et puis, tout cela est ponctué par l'histoire de la conquête spatiale racontée par Vassia. Et le talent de Virginie Deloffre -dont c'est le premier roman- est de m'intéresser, que dis-je de me ravir avec un domaine qui, a priori n'est pas ma tasse de thé. Les étoiles, les constellations et les gens qui vont les voir de près, ça me passe au dessus de la tête, si je puis me permettre de dire.
    Et c'est maintenant que je place mon dithyrambe, mon "enthousiasme excessif" comme ils disent dans le dictionnaire sur l'écriture de l'auteure. J'ai été happé par son style, ses phrases magnifiques racontant l'attente de Léna et décrivant la Sibérie, arrière plan du roman, omniprésent, pesant, lourd, oppressant, mais inoubliable, et ses habitants, notamment les Nénètses, peuple nomade éleveurs de rennes.
    Un roman qui se déguste lentement, au rythme de Léna pour bien en apprécier toutes les subtilités de sa langue. Un roman qui parle d'une région attirante, fascinante, d'un pays aux fortes traditions et de la fameuse âme russe. A certains moments, j'ai cru être plongé dans un roman d'Andréi Makine, notamment celui que je préfère : La femme qui attendait. Et bien, sûr, c'est pour moi un compliment que de le dire.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
  • Par moustafette, le 01 novembre 2011

    moustafette
    Léna vit au rythme des absences et des retours surprises de Vassili. A ce mari, pilote militaire sans cesse en mouvement entre ciel et terre, Léna oppose une immobilité sans faille. Elle se déplace à minima entre le combinat où elle travaille et les files d'attente des magasins. Tentant de se faire toute discrète comme pour se dissimuler d'un toujours possible malheur qui pourrait la rattraper, Léna évolue en lisière de la vie, le corps rivé à l'arbre sous sa fenêtre tandis que son esprit s'en va batifoler vers les mystères de la vie de Vassili ou le long de l'Ob qui a bercé son enfance.
    Effacée, rêveuse, à la limite sauvage, Léna tire sa patience de sa Sibérie natale où elle fut élevée par Varvara, une bonne vieille communiste qui héberge déjà Dimitri, un géologue moscovite déplacé dans les années soixante par la Sécurité de l'Etat afin de s'occuper de la station de géographie de Ketylin, à savoir une baraque paumée dans un trou perdu du Grand Nord. Comme rééducation, Dimitri aurait pu tomber plus mal, car l'arrivée de Léna va permettre à ces trois êtres malmenés par la vie de refonder un semblant de famille. Léna grandira donc entre Dimitri le taiseux rêveur qui ne s'amine qu'au contact des trésors de la terre, et Varvara la bavarde et pragmatique babouchka qui s'accroche coûte que coûte à son vieux rêve communiste.
    Plus tard, quelque part en Russie centrale dans l'appartement communautaire n°12, les fréquentes absences de Vassili ramènent Léna vers la Sibérie par le biais des longues lettres qu'elle échange avec Varvara et Dimitri.
    Un jour, Vassili est sélectionné pour faire partie de la prochaine mission qui rejoindra la station Mir . Léna pressent alors que la bulle qu'elle s'est construite ne va pas tarder à exploser. Sa routine rassurante se détraque, obsédée qu'elle est par moult questionnements. Que vont donc chercher les hommes dans l'espace ? Pourquoi ceux qui en reviennent ont-ils tous le même vide au fond des yeux ? Que va-t-elle devenir ?
    Un très très beau voyage littéraire, qu'on se le dise !
    J'ai adoré la compagnie de ces quatre personnages aux antipodes les uns des autres mais soudés pour nous offrir un condensé du peuple russe ancré dans sa terre et son Histoire.
    "Peut-être était-ce cela leur étrange lien commun : la nostalgie de l'inaccessible."
    J'ai aimé Léna, le cheminement de cette femme cristallisée dans l'attente. Ell cultive l'absence comme une fleur fragile, brode sa vie à petits points de glace pour anaesthésier cette douleur d'enfance qui finira forcément par se rouvrir.
    Vassili m'a emportée avec lui dans les étoiles. le récit de l'aventure spatiale soviétique qu'il raconte aux enfants de l'appartement communautaire est passionnant et la fuite en avant de cet homme, si loin, la lutte qu'il met un point d'honneur à mener pour la gloire de son pays en voie de disparaître sous les assauts de la Perestroïka, très émouvantes.
    Et bien sûr le duo Varvara-Dimitri qui fonctionne à merveille, tour à tour grave, drôle, tendre.
    Quand elle a la tête dans les étoiles, Virginie Deloffre nous parle avec bonheur et poésie de la Terre et de l'expérience unique vécue par quelques privilégiés.
    Et quand ses peids arpentent la Sibérie, c'est avec le même amour que les petits peuples du Grand Nord.
    J'avoue, la rentrée littéraire a parfois du bon...Un vrai coup de foudre pour ce roman qui me fait sortir de ma léthargie bloguesque avant que l'hibernation totale me tombe dessus.
    Je regrette que ce roman ne soit pas sur la liste du Goncourt des Lycéens, voilà un livre qui leur aurait certainement plu.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par kathel, le 12 mars 2012

    kathel
    Je le dis tout de suite, Léna est un très beau premier roman ! Il représente en même temps un concentré de ce qui fait la Russie actuelle et une trajectoire individuelle. Si on peut parler de trajectoire en ce qui concerne Léna. La jeune femme est en effet plus contemplative qu'active, plus dans l'attente que dans le mouvement. Pourtant elle est fascinante, ainsi que sa relation avec son mari Vassia, pilote dont le regard et le cœur ne s'éloignent de Léna que pour regarder vers l'horizon lointain de l'espace. D'ailleurs, quand il a vu Léna pour la première fois, il a trouvé qu'elle ressemblait à l'horizon. Quelle belle image !
    En partie épistolaire, le roman est entrecoupé des lettres de Léna aux personnes qui l'ont élevée, Varvara, une vieille babouchka attachée aux valeurs communistes et Dimitri, exilé resté au fin fond de la Sibérie pour avoir défendu des idées contraires à celle du régime soviétique. C'est un cliché de dire que c'est de l'« âme russe » qu'il s'agit dans ce roman, mais pourtant c'est ce qui vient à l'esprit en le lisant. En tout cas, j'ai aimé ce livre, son écriture délicate, ses personnages qui vous manquent une fois le livre refermé, comme des amis partis au loin. J'ai adoré aussi son atmosphère ou plutôt ses atmosphères, de la cuisine communautaire aux immensités sibériennes, de l'arbre de Léna à l'isba de Varvara.
    Pendant un moment, je ne sais pourquoi, je me suis imaginée une toute autre histoire que celle contée par Virginie Deloffre, le début laissait l'imagination assez ouverte à toutes sortes de suites possibles, et c'est un des atouts de ce livre aussi. Entre autres, car il est vraiment plein de qualités et j'espère fortement que Virginie Deloffre écrira de nouveau, et que, tout d'abord, vous serez nombreux à découvrir ce premier texte.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-virginie-deloffre-lena-1..
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 16 octobre 2011

    litolff
    Un premier roman réussi, insolite et prometteur.
    Lena semble avoir le coeur et le corps à jamais figé dans les glaces sibériennes, traumatisée par le décès tragique de ses parents. Elle a épousé Vassili, un brillant pilote de chasse de l'Armée Rouge qui l'aime, mais elle ne veut rien savoir de son métier qui l'arrache régulièrement à elle ; dès qu'il part, elle souffre et elle l'attend, elle ne fait rien d'autre, elle l'attend... A chaque départ et chaque retour, elle envoie une lettre à Dimitri et Varvara qui l'ont recueillie et adoptée à la mort de ses parents. C'est par ce procédé et par leur réponse qu'on en apprendra un peu plus sur l'enfance sibérienne de Léna, sa vie dans l'appartement communautaire de Moscou, les personnages de Dimitri et Varvara, et surtout, l'histoire de l'aventure spatiale soviétique : c'est là que le livre prend un tour passionnant car Virginie Deloffre parvient à faire ressentir tout le patriotisme, l'âme passionnée et la fierté du peuple russe incarnés en la personne de Youri Gagarine ainsi que l'incroyable pari des autorités soviétiques en matière spatiale. Lena elle-même finira par se sentir concernée, et par laisser fondre la gangue de glace qui l'enserre…
    Un roman lent et nostalgique, agrémenté par une belle plume tour à tour truculente ou poétique
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 25 mars 2012

    Corboland78
    Je ne sais absolument rien de Virginie Deloffre, si ce n'est qu'elle est médecin à Paris et que Léna est son premier roman.
    Léna est née en Sibérie, orpheline elle a été adoptée par une parente éloignée Varia, qui héberge aussi chez elle un professeur moscovite, Dimitri, envoyé là par l'Administration pour « réaliser une prospection systématique, qui permettrait de guider le choix ultérieur des zones de forage » et qui depuis plus de vingt ans est resté là. Léna s'est mariée avec un pilote de l'armée de l'air, mais habituée aux grands espaces, à la solitude et aux rêveries, elle n'a pas voulu qu'ils s'installent dans la Base aérienne ; du coup, sa vie est rythmée par les départs et les retours de son mari pour quelques jours, entre leur appartement communautaire et son camp de base, une vie faite d'habitudes et de répétitions, qui la rassurent et créent une certaine stabilité. Nous sommes à la fin des années 80, Vassia son mari, lui ne rêve que d'une seule chose, participer à la conquête de l'espace et marcher dans les traces de Youri Gagarine, d'ailleurs il a été sélectionné avec d'autres pour un nouveau projet spatial secret.
    La structure du roman alterne les lettres envoyées par Léna à ses parents adoptifs, Varia et Dimitri, où elle leur raconte sa vie et les retours de Vassia et leur vie à tous deux pendant ces courtes permissions. Virginie Deloffre semble très bien connaître l'histoire Russe et la conquête de l'espace, nous faisant profiter de ses connaissances par de nombreux détails qui viennent enrichir le récit, mais au-delà d'un savoir qui pourrait n'être que livresque, on devine à certaines précisions et remarques que l'auteur sait parfaitement de quoi elle parle et qu'elle est certainement allée sur les lieux.
    Le roman n'est bien entendu pas consacré à l'histoire ou à l'ethnologie du peuple russe, il expose deux conceptions du monde qui divergent, ceux qui ont des rêves d'avenir comme Vassia et ceux qui savent se contenter de ce qu'ils ont comme Léna. Mais rien n'est jamais figé, l'Histoire est en marche, la Perestroïka, la glasnost, la démission de Gorbatchev, l'effondrement de l'URSS, vont mettre un terme au projet spatial. Vassia et Léna vont se retrouver, l'un avec des rêves moins grandioses et l'autre avec des projets d'avenir qui lui feront dire « J'ai des rêves moi aussi »..
    Pour un premier roman, je dois dire que je suis impressionné. L'écriture coulée, le rythme parfaitement calqué sur le propos et les caractères des personnages, en particulier cette Léna qui se complaît dans la routine, une saudade slave … La seule critique que je ferais, au début du roman, les dialogues sont épouvantables, quand Varia s'exprime on dirait un sketch des Vamps ! J'ai failli refermer le bouquin, ce qui aurait été une grosse erreur, car il s'agit d'un excellent premier roman.
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Critiques presse (2)


  • LeSoir , le 05 mars 2012
    Virginie Deloffre lie la vie de ses personnages à la perestroïka, les bouleversements de la fin des années 80 et du début des années 90.
    Lire la critique sur le site : LeSoir
  • Lhumanite , le 19 décembre 2011
    L’immense réussite de Virginie Deloffre, c’est de restituer la complexité et les contradictions de cette histoire dans le sillage de Léna et Vassili, Varvara et Dimitri. Et de rendre tangible la sorte d’horizon collectif qui se dessinait devant eux et les inspirait. Un hommage à l’utopie non réalisée ?
    Lire la critique sur le site : Lhumanite

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Citations et extraits

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  • Par litolff, le 16 octobre 2011

    Je ne sais pas pourquoi les hommes veulent aller plus loin. Mais ils l'ont toujours fait, ils ont toujours marché droit devant eux. Ils se sont heurtés à des déserts, puis à des montagnes, et ils les ont franchis. Ils sont arrivés à la mer et cet obstacle leur a pris des siècles. Mais ils ont appris à construire des bateaux et ils sont partis sur la mer au milieu des tempêtes, droit devant vers l'inconnu. Vers l'inconnu terrifiant toujours.Chaque étape de leur progression était jonchée de cadavres et pourtant ils ont continué jusqu'à couvrir la surface de la terre, et maintenant la terre ne leur suffit plus. Ils sont ensorcelés par les lointains. C'est une force en eux, sans doute semblable à celle qui habite les oies sauvages au printemps. L'étendue les attire, elle les appelle. Et ils se mettent en marche.
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  • Par yv1, le 25 août 2011

    C'est la fameuse Laideur Soviétique, inimitable, minutieusement programmée par le plan, torchonnée cahin-caha dans l'ivrognerie générale, d'une tristesse inusable. Un mélange d'indifférence obstinée, de carrelages mal lavés, de façades monotones aux couleurs uniques -gris-bleu, gris-vert, gris-jaune-, témoins d'un probable oukase secret ordonnant le grisaillement égalitaire de toutes les résines destinées à la construction du socialisme avancé. Un genre de laideur qu'on ne trouve que chez nous, que l'Ouest n'égalera jamais, malgré les efforts qu'il déploie à la périphérie de ses villes (p.49/50)
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  • Par kathel, le 12 mars 2012

    Je m’y suis habituée. Et même je préfère ainsi. Il me semble que l’absence de Vassili serait moins pure sinon, comme entachée par la connaissance du moment exact de son retour. Lorsqu’il tire la porte, puis tourne le coin de la rue, il disparaît dans un monde qui se conserve inconnu. Alors le temps s’enraye, et je m’enfonce en son absence. Elle est telle une longue, longue plaine, facile à marcher. Si haut que l’on cherche à grimper, on ne peut en voir la fin. Et c’est son infini qui me protège. La ligne des montagnes à l’horizon qui clame que la steppe a une borne, il ne faut pas l’imaginer. Abolir en soi l’instant qui ramènera Vassia, l’espérance aux couleurs trop vives et son déchirement, pour se recueillir en attente suspendue, éternelle.
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  • Par lilimarylene, le 26 août 2011

    Le seul espoir de survie quand la glace cède sous vos pieds, c'est de lancer au loin un crochet, un harpon, n'importe quoi qui puisse tenir un peu, et d'essayer de se hisser tout doucement, à plat, en rampant sur la plaque. Le problème, c'est le traîneau. Les affaires qu'on tire derrière soi, parce qu'on ne peut vivre sans, la tente, le duvet, le réchaud. Ou encore la petite balle rouge qu'on trimbale partout. Quand la glace se rompt, si le traîneau part aussi c'est fini. Il vous entraîne vers le fond de tout son poids. Il faut le détacher, il n'y a pas d'autre solution de s'en sortir. [...]
    C'est cela qu'elle n'avait pas voulu faire. Elle avait cru que Vassia avait suffisamment de force et qu'en s'accrochant à lui, il arriverait à haler le tout, elle et ce passé qu'elle portait, si lourd, dont elle cherchait sans fin le souvenir en restant immobile sur la chaise.
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  • Par litolff, le 16 octobre 2011

    Le rêve s'est effondré. L'homme nouveau s'est révélé aussi égoïste et haineux que le précédent, on n'a pas trouvé de combustible et on n'a fabriqué aucun médicament dans l'espace. On a fait des recherches laborieuses et des progrès scientifiques modestes.
    Mais on a relié les hommes entre eux. On leur a donné des moyens de communication dont ils n'avaient jamais disposé, qui tôt ou tard rendront caduques les frontières entre les pays. Et l'ironie du sort, c'est que cela va précipiter notre perte.
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Virginie Deloffre, "Léna"
Léna est née dans le Grand Nord sibérien. Elle aime plus que tout la brume, la neige, l'attente et l'immobilité, qui n'ont ni couleurs ni frontières. Son mari Vassia, pilote dans l'armée de l'air, n'a qu'un rêve : poursuivre la grande épopée soviétique de l'espace dont Gagarine fut le héros et qui reste l'immense fierté du peuple russe. Comment acclimater leur nature profonde, leurs sentiments et leur vision du monde si différents en ces temps incertains de la perestroïka qui voit s'effondrer leur univers ? Un étonnant premier roman où tout est dit de l'âme russe, paysans dans leurs kolkhozes, exilés dans la toundra, citadins entassés dans leurs appartements communautaires, qui tous ont pour ligne d'horizon l'envol et la conquête spatiale comme un Eldorado collectif et puissant. Virginie Deloffre est médecin à Paris. Fascinée depuis l'enfance par la Russie, elle signe ici son premier roman.








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