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ISBN : 2246798809
Éditeur : Grasset (2012)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 114 notes)
Résumé :
C'est sans doute le dernier secret de Khadafi. Et le plus scandaleux. En novembre 2011, Annick Cojean publiait dans Le Monde un article terrifiant.

Une jeune femme y racontait comment l'année de ses 15 ans, le Guide libyen la repérait dans son école, lui caressait les cheveux, et la désignait ainsi à ses gardes comme son esclave sexuelle à vie.

Violée, battue, forcée par son maître à consommer avec lui alcool et cocaïne, et intégré... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
Lune
Lune02 octobre 2012
  • Livres 5.00/5
Sommes-nous « les proies » d'une hallucination ? Sommes-nous « les proies » d'un cauchemar dont on se réveillera en sueur mais rassurés d'être dans notre lit douillet ?
Non, nous sommes « les proies » d'une lecture effarante. Âmes trop sensibles s'abstenir ? Certainement pas, savoir et diffuser sont de la responsabilité de chacun. Et nous ne pouvons que rendre hommage à la journaliste d'investigation Annick Cojean d'avoir rendu public ce sujet.
Dans notre confort de pays libre d'expression, il est difficile de nous imaginer à quel point l'histoire de Soraya puisse avoir eu lieu sans que rien ni personne ne s'en soit ému, scandalisé et dénoncé. Sujet tabou. En parler demeure difficile. Obscurantisme.
Tels sont pourtant les faits : l'horreur dépasse la réalité de ce que nous pouvons imaginer : silence, culpabilité, rejet sont les revers de cette souffrance que son témoignage nous apporte.
Il y a l'ogre pervers Khadafi à la sexualité anormalement débordante, anarchique et destructrice aussi bien pour des jeunes filles que pour des jeunes garçons. Salué en « guide » pendant ses voyages en Afrique de manière passionnelle voire hystérique, reçu par des chefs d'état... on ne connaît que trop les images qui nous firent frémir.
Un chaos de sentiments accompagne tous les témoignages recueillis, la mémoire est-elle parfaitement exacte ou amplifie-t-elle les souvenirs en les gonflant des vécus de chacun ?
Quoi qu'il en soit, l'abjection est totale et bien réelle. Tous les superlatifs du monde ne suffisent pas pour décrire l'épouvante dans laquelle des hommes ont plongé d'autres hommes et particulièrement les femmes notamment en décrétant le viol comme « arme de guerre ».
Les blessures dans la chair, le non-dit trop présent, le trouble permanent, « l'omerta » décrétée empêchent toujours ces femmes de respirer. Et cela durera tant que la raison ne l'emportera pas.
Un espoir : ces associations de femmes qui tentent d'imposer leur existence autrement que comme créatures dont on dispose... mais ces autres sacrifiées qui ne peuvent parler, quand les entendra-t-on ?
Je suis fière qu'une femme journaliste ait eu le courage de s'investir dans ce travail et je la salue.
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Nastie92
Nastie9216 mai 2013
  • Livres 5.00/5
En 2011, après la mort du dictateur Mouammar Kadhafi, Annick Cojean enquête sur le rôle des femmes dans la révolution libyenne. Elle commence à pressentir qu'elles ont été plus que d'autres les victimes du régime. Mais elle n'arrive pas à obtenir de témoignage (pas plus que la Cour pénale internationale qui enquête également), seulement quelques bribes, quelques rumeurs. Jusqu'à ce qu'elle rencontre Soraya.
À quinze ans Soraya a été repérée par Kadhafi, puis enlevée pour aller grossir les rangs du harem du dictateur. Elle se retrouve alors séquestrée dans le sous-sol sordide d'une des résidence du "guide".
Soraya, comme de nombreuses autres jeunes femmes, voire jeunes filles, se trouve à la merci du "colonel", sommée de se rendre illico dans sa chambre dès que l'envie lui prend. Elle va y subir les pires horreurs, les pires humiliations. Violée, battue, droguée, elle n'est qu'un bout de viande entre les griffes du monstre.
Sa famille est impuissante à la sortir de là :
"Porter plainte ? Auprès de qui ? Pourquoi ? Soraya était partie dans une voiture du protocole, encadrée par des gardes du corps attachés au Guide. Toute protestation était impensable. Qui songerait, en enfer, à porter plainte contre le diable ?"
Le livre est divisé en deux parties : le témoignage de Soraya, puis " l'enquête ". Dans cette seconde partie, on apprend que Kadhafi avait mis en place un système bien organisé. Des rabatteurs cherchaient sans arrêt de nouvelles proies, car le dictateur était avide de chair fraîche sans cesse renouvelée.
Certains passages du livre m'ont littéralement donné envie de vomir. Kadhafi était un grand malade, fou, pervers, drogué et avide de pouvoir sur le monde entier, sur les femmes en particulier. Ses gardes du corps, ses amazones comme on s'amusait à les appeler, faisaient sourire partout : elles n'étaient en réalité que ses esclaves sexuelles.
Dire qu'il a été reçu avec tous les honneurs à l'ONU et qu'il s'est pavané dans presque tous les grands pays de notre planète...
La Lybie est le pays africain qui contient les plus grandes réserves de pétrole : jusqu'où est-on prêt à s'abaisser, et devant qui, pour un peu d'or noir ?
Merci à Annick Cojean de nous ouvrir les yeux sur ces horreurs, sans toutefois tomber dans le voyeurisme. Son livre est une lecture difficile, mais c'est un mal nécessaire.
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rabanne
rabanne11 décembre 2015
  • Livres 3.00/5
Témoignage terrible d'une victime du dirigeant libyen, Kadhafi, qui révéla le scandale du harem que ce dernier entretenait dans le secret de ses palais.
En façade, une garde personnelle rapprochée composée de femmes, militaires aguerries. En réalité, des jeunes femmes le plus souvent kidnappées très jeunes, et enrôlées de force pour remplir une mission bien moins glorieuse.
Kadhafi ne recule devant rien, à coups d'intimidation et de manipulation, pour satisfaire ses besoins, un féroce appétit qui relève de la pathologie (violant même des hommes de son gouvernement).
On ne regarde plus le personnage de la même manière après une telle lecture, bien que l'on sache que pouvoir et sexe font hélas souvent "bon" ménage...
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paroles
paroles21 avril 2013
  • Livres 3.00/5
La nausée. Voilà ce que j'ai ressenti à la lecture de ce livre. Difficile, très difficile d'avancer dans ce témoignage. Plusieurs fois, j'ai lâché ce livre. Ensuite j'ai laissé passer plusieurs semaines avant d'en reprendre la lecture.
Pourquoi continuer ? Je ne voulais pas laisser tomber Soraya. Cette jeune femme a eu le courage de témoigner.
Ce témoignage, recueilli par Annick Cojean, concerne la première partie du livre. C'est l'histoire d'une jeune Libyenne dont la vie a basculé lorsqu'elle a croisé, vers l'âge de quinze ans, le Guide. Elle a été enlevée, battue, violée, insultée par celui qui prônait la liberté et le respect des femmes. Ce même dictateur qui emmenait partout sa colonie militaire et féminine. Cet homme qui paradait, entourée de ses amazones, dans le monde entier, qui jouait la comédie du bon chef d'Etat, a oppressé des centaines de femmes et d'hommes pour satisfaire ses besoins sexuels, mais aussi parce que le viol était pour lui une arme…
La seconde partie concerne l'enquête même d'Annick Cojean. Une enquête laborieuse, car la Libye se tait. Il lui a été très difficile de recouper les informations car la peur continue de régner sur le pays, malgré la mort de Kadhafi. La peur et puis surtout la honte, l'humiliation. Impossible de parler sur un sujet extrêmement tabou comme le sexe. Plutôt tuer la cause du malheur, du déshonneur que de porter secours à la personne violée. Plutôt tuer « la coupable d'avoir été victime. »
Voilà Soraya, toi qui as si peur qu'on ne t'entende pas, je me fais le relais de ton histoire pour prouver que ton « malheur, inaudible en Libye et donc inracontable, ne passe pas par pertes et fracas ».
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Pixie-Flore
Pixie-Flore26 juin 2013
  • Livres 5.00/5
Ce livre se compose de trois parties. D'abord un prologue, où l'auteur nous narre ce qui l'a amené en Libye et sa rencontre avec Soraya. Ensuite vient le douloureux témoignage de cette dernière. Un témoignage poignant. Finalement, Annick Cojean nous livre son enquête. Celle qui consistait à faire éclater la vérité mais qui fut si dure à mener de part le silence qui entoure les horreurs commises par une partie de la population. La honte est plus dure à porter que le silence.
L'auteur nous montre que le viol en Libye n'est pas qu'un crime, c'est une arme de guerre qui consiste à briser des vies, des familles, toute une population. Effarant, consternant. C'est un livre essentiel qu'Annick Cojean a brillamment écrit. Je ne la connaissais pas. Mais en lisant l'enquête qu'elle a mené, j'ai compris que j'aurai toujours beaucoup d'estime pour cette journaliste qui a su briser un tabou. Malheureusement, j'ai l'impression que ce livre n'a pas eu assez d'écho, que le sort des femmes libyennes n'intéresse plus. Que le silence perdure.
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Citations & extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
SpilettSpilett10 octobre 2012
Et soudain Il est arrivé. Dans un crépitement de flashes, entouré d'une nuée de gens et de femmes gardes du corps. Il portait une tenue blanche, le torse recouvert d'insignes, drapeaux et décorations, un châle beige sur les épaules de la même couleur que le petit bonnet posé sur sa tête et d'où émergeaient des cheveux très noirs. Ça s'est passé très vite. J'ai tendu le bouquet, puis j'ai pris sa main libre dans les miennes et l'ai embrassée en me courbant. J'ai senti alors qu'il comprimait étrangement ma paume. Puis il m'a jaugée, de haut en bas, d'un regard froid. Il a pressé mon épaule, posé une main sur ma tête en me caressant les cheveux. Et ce fut la fin de ma vie. Car ce geste, je l'ai appris plus tard, était un signe à l'adresse de ses gardes du corps signifiant: "Celle-là, je la veux !"
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Minlinks1Minlinks124 septembre 2014
Il est arrivé en quelques minutes. Et il m'a quasiment enlevée. La voiture a foncé dans les rues de Tripoli, puis dans la banlieue, puis vers la campagne. Il était crispé sur son volant, attentif à la route. Moi, je le regardais de profils, la tête en arrière sur mon siège et détendue comme je ne l'avais pas été depuis des lustres. Je ne réfléchissais pas, je n'avais aucun plan, je souriais et faisais simplement confiance à cet homme que je ne voyais que la pour la troisième fois. Je ne m étais pas trompée. Il avais de la force et de la fougue. Il m'a conduite dans un petit bungalow de vacances. "Repose-toi, m'a-t-il dit. Je connais ton histoire. Désormais, je ne laisserais personne te faire de mal."
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Pixie-FlorePixie-Flore24 juin 2013
Des véhicules bariolés continuaient de sillonner la ville, dégorgeant de rebelles assis sur le capot, le toit, les portières, drapeaux au vent. Ils klaxonnaient, brandissaient chacun leur arme comme une amie précieuse qu'on emmène à la fête, qui mérite un hommage. Ils hurlaient "Allah Akbar", s'enlaçaient, faisaient le V de la victoire, un foulard rouge, noir, vert noué en pirate sur la tête ou porté en brassard, et qu'importe si tous ne s'étaient pas battus depuis la première heure, ou avec le même courage. Depuis la chute de Syrte, dernier bastion du Guide, et sa mise à mort fulgurante, tout le monde, de toute façon, se proclamait rebelle.
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Nastie92Nastie9216 mai 2013
J'ai couru dans ma chambre en sanglotant et je suis restée toute la soirée sous la douche. Je me lavais et je pleurais. Je ne pouvais plus m'arrêter. Il était fou, ils l'étaient tous, c'était une maison de dingues, je ne voulais pas en être. Je voulais mes parents, mes frères, ma sœur, je voulais ma vie d'avant. Et ce n'était plus possible. Il avait tout gâché. Il était dégueulasse. Et c'était le président.
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rolandm1rolandm128 juin 2013
Une jeune femme , que le connaissais pour son activisme a publié sur Facebook un message frivole: "C'est vendredi et le temps est fabuleux. Mais étant une femme, en Lybie, je me retrouve cloitrée à la maison et déprimée, car je n'ai pas le droit d'aller à la plage. Pourquoi n'y a-t-il pas de plages pour femmes? Combien êtes-vous les filles, à ressentir la même chose? Combien? Mais voyons des milliers! J'habite une rue donnant sur la plage et je n'ai pas le droit d'y mettre mes pieds nus, mes orteils! "
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Videos de Annick Cojean (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Annick Cojean

Annick Cojean est en tête à tête avec Gérard Collard
A Saint Maur en poche en juin 2013, Gérard Collard était en tête à tête avec Annick Cojean pour une discussion intense et émouvante sur son livre "Les Proies".
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