AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2246798809
Éditeur : Grasset (2012)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 118 notes)
Résumé :
C'est sans doute le dernier secret de Khadafi. Et le plus scandaleux. En novembre 2011, Annick Cojean publiait dans Le Monde un article terrifiant.

Une jeune femme y racontait comment l'année de ses 15 ans, le Guide libyen la repérait dans son école, lui caressait les cheveux, et la désignait ainsi à ses gardes comme son esclave sexuelle à vie.

Violée, battue, forcée par son maître à consommer avec lui alcool et cocaïne, et intégré... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
Colette
09 novembre 2016
  • 4/ 5
Un très bon document que nous livre la journaliste Annick Cojean, dans lequel elle dénonce les crimes sexuels perpétrés par Mouammar Kadhafi en quarante deux ans de pouvoir.
Ce livre se présente en deux parties principales.
Dans la première nous découvrons le témoignage de Soraya, une jeune fille de quinze ans qui a été enlevé pour servir le frère Guide. Celui-ci, toujours avide de chair fraîche, lui a pris sa virginité, l'a violée à maintes reprises quand bon lui semblait, il l'a battue, droguée et humiliée pendant cinq années. Mais Soraya n'est qu'une esclave sexuelle parmi tant d'autres dans le sous-sol du Colonel qui constitue son harem.
Soraya nous explique ses craintes et ses douleurs, mais le plus difficile sont les passages où elle raconte toutes les perversions de ce tyran irascible à l'obsession maladive et brutale. Toujours affamé de sexe, il contraint des centaines de personnes a satisfaire ses perversions, qu'ils soient hommes, femmes ou adolescentes.
Dans la seconde partie Annick Cojean nous relate son enquête à travers les différents intervenants qu'elle a pu rencontrer lors de son voyage en Libye, notamment des rebelles après la mort du dictateur.
Elle cherche avant tout à dénoncer les crimes de Kadhafi et de ses multiples complices pour faire justice à toutes ces femmes détruites. Elle nous parle aussi de Mabrouka Shérif, la plus grande complice de Kadhafi et également bourreau et geôlière de Soraya.
Par ailleurs, Annick Cojean rencontre d'autres victimes qui témoignent anonymement. Mais le sujet reste malheureusement encore tabou dans la société libyenne actuelle. Ce qui ne facilite pas le travail de la journaliste.
Elle dénonce aussi l'envers du décor notamment à propos des gardes du corps féminins du Colonel Kadhafi, avec lesquelles il aimait tant se pavaner en public, celles que la presse internationale avait surnommées les "amazones" et qui n'étaient autres que ses esclaves sexuelles elles aussi. Tous ses dires se confirment à travers les nombreux témoignages qui correspondent.
Le plus écoeurant est probablement tout le système mis en place pour permettre au dictateur de trouver ses nouvelles proies: des rabatteurs à son service ciblent notamment les écoles et les salons de beauté pour trouver de nouvelles jeunes filles. Tout est étudié pour avilir et écraser toujours plus de personnes.
J'étais étonnée de constater que le terme "pédophile" ne soit pas une seule fois cité dans cet ouvrage. Il est pourtant mentionné que le Colonel voulait au moins quatre vierges par jour et que celles-ci avaient une moyenne d'âge entre douze et quinze ans. Répugnant!
Une belle preuve de courage pour toutes ces femmes qui se battent pour qu'on reconnaisse leur statut de victimes et également pour l'auteure qui s'est investie pour mettre à jour la vérité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          366
Lune
02 octobre 2012
  • 5/ 5
Sommes-nous « les proies » d'une hallucination ? Sommes-nous « les proies » d'un cauchemar dont on se réveillera en sueur mais rassurés d'être dans notre lit douillet ?
Non, nous sommes « les proies » d'une lecture effarante. Âmes trop sensibles s'abstenir ? Certainement pas, savoir et diffuser sont de la responsabilité de chacun. Et nous ne pouvons que rendre hommage à la journaliste d'investigation Annick Cojean d'avoir rendu public ce sujet.
Dans notre confort de pays libre d'expression, il est difficile de nous imaginer à quel point l'histoire de Soraya puisse avoir eu lieu sans que rien ni personne ne s'en soit ému, scandalisé et dénoncé. Sujet tabou. En parler demeure difficile. Obscurantisme.
Tels sont pourtant les faits : l'horreur dépasse la réalité de ce que nous pouvons imaginer : silence, culpabilité, rejet sont les revers de cette souffrance que son témoignage nous apporte.
Il y a l'ogre pervers Khadafi à la sexualité anormalement débordante, anarchique et destructrice aussi bien pour des jeunes filles que pour des jeunes garçons. Salué en « guide » pendant ses voyages en Afrique de manière passionnelle voire hystérique, reçu par des chefs d'état... on ne connaît que trop les images qui nous firent frémir.
Un chaos de sentiments accompagne tous les témoignages recueillis, la mémoire est-elle parfaitement exacte ou amplifie-t-elle les souvenirs en les gonflant des vécus de chacun ?
Quoi qu'il en soit, l'abjection est totale et bien réelle. Tous les superlatifs du monde ne suffisent pas pour décrire l'épouvante dans laquelle des hommes ont plongé d'autres hommes et particulièrement les femmes notamment en décrétant le viol comme « arme de guerre ».
Les blessures dans la chair, le non-dit trop présent, le trouble permanent, « l'omerta » décrétée empêchent toujours ces femmes de respirer. Et cela durera tant que la raison ne l'emportera pas.
Un espoir : ces associations de femmes qui tentent d'imposer leur existence autrement que comme créatures dont on dispose... mais ces autres sacrifiées qui ne peuvent parler, quand les entendra-t-on ?
Je suis fière qu'une femme journaliste ait eu le courage de s'investir dans ce travail et je la salue.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
Nastie92
16 mai 2013
  • 5/ 5
En 2011, après la mort du dictateur Mouammar Kadhafi, Annick Cojean enquête sur le rôle des femmes dans la révolution libyenne. Elle commence à pressentir qu'elles ont été plus que d'autres les victimes du régime. Mais elle n'arrive pas à obtenir de témoignage (pas plus que la Cour pénale internationale qui enquête également), seulement quelques bribes, quelques rumeurs. Jusqu'à ce qu'elle rencontre Soraya.
À quinze ans Soraya a été repérée par Kadhafi, puis enlevée pour aller grossir les rangs du harem du dictateur. Elle se retrouve alors séquestrée dans le sous-sol sordide d'une des résidence du "guide".
Soraya, comme de nombreuses autres jeunes femmes, voire jeunes filles, se trouve à la merci du "colonel", sommée de se rendre illico dans sa chambre dès que l'envie lui prend. Elle va y subir les pires horreurs, les pires humiliations. Violée, battue, droguée, elle n'est qu'un bout de viande entre les griffes du monstre.
Sa famille est impuissante à la sortir de là :
"Porter plainte ? Auprès de qui ? Pourquoi ? Soraya était partie dans une voiture du protocole, encadrée par des gardes du corps attachés au Guide. Toute protestation était impensable. Qui songerait, en enfer, à porter plainte contre le diable ?"
Le livre est divisé en deux parties : le témoignage de Soraya, puis " l'enquête ". Dans cette seconde partie, on apprend que Kadhafi avait mis en place un système bien organisé. Des rabatteurs cherchaient sans arrêt de nouvelles proies, car le dictateur était avide de chair fraîche sans cesse renouvelée.
Certains passages du livre m'ont littéralement donné envie de vomir. Kadhafi était un grand malade, fou, pervers, drogué et avide de pouvoir sur le monde entier, sur les femmes en particulier. Ses gardes du corps, ses amazones comme on s'amusait à les appeler, faisaient sourire partout : elles n'étaient en réalité que ses esclaves sexuelles.
Dire qu'il a été reçu avec tous les honneurs à l'ONU et qu'il s'est pavané dans presque tous les grands pays de notre planète...
La Lybie est le pays africain qui contient les plus grandes réserves de pétrole : jusqu'où est-on prêt à s'abaisser, et devant qui, pour un peu d'or noir ?
Merci à Annick Cojean de nous ouvrir les yeux sur ces horreurs, sans toutefois tomber dans le voyeurisme. Son livre est une lecture difficile, mais c'est un mal nécessaire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
rabanne
11 décembre 2015
  • 3/ 5
Témoignage terrible d'une victime du dirigeant libyen, Kadhafi, qui révéla le scandale du harem que ce dernier entretenait dans le secret de ses palais.
En façade, une garde personnelle rapprochée composée de femmes, militaires aguerries. En réalité, des jeunes femmes le plus souvent kidnappées très jeunes, et enrôlées de force pour remplir une mission bien moins glorieuse.
Kadhafi ne recule devant rien, à coups d'intimidation et de manipulation, pour satisfaire ses besoins, un féroce appétit qui relève de la pathologie (violant même des hommes de son gouvernement).
On ne regarde plus le personnage de la même manière après une telle lecture, bien que l'on sache que pouvoir et sexe font hélas souvent "bon" ménage...
Commenter  J’apprécie          230
paroles
21 avril 2013
  • 3/ 5
La nausée. Voilà ce que j'ai ressenti à la lecture de ce livre. Difficile, très difficile d'avancer dans ce témoignage. Plusieurs fois, j'ai lâché ce livre. Ensuite j'ai laissé passer plusieurs semaines avant d'en reprendre la lecture.
Pourquoi continuer ? Je ne voulais pas laisser tomber Soraya. Cette jeune femme a eu le courage de témoigner.
Ce témoignage, recueilli par Annick Cojean, concerne la première partie du livre. C'est l'histoire d'une jeune Libyenne dont la vie a basculé lorsqu'elle a croisé, vers l'âge de quinze ans, le Guide. Elle a été enlevée, battue, violée, insultée par celui qui prônait la liberté et le respect des femmes. Ce même dictateur qui emmenait partout sa colonie militaire et féminine. Cet homme qui paradait, entourée de ses amazones, dans le monde entier, qui jouait la comédie du bon chef d'Etat, a oppressé des centaines de femmes et d'hommes pour satisfaire ses besoins sexuels, mais aussi parce que le viol était pour lui une arme…
La seconde partie concerne l'enquête même d'Annick Cojean. Une enquête laborieuse, car la Libye se tait. Il lui a été très difficile de recouper les informations car la peur continue de régner sur le pays, malgré la mort de Kadhafi. La peur et puis surtout la honte, l'humiliation. Impossible de parler sur un sujet extrêmement tabou comme le sexe. Plutôt tuer la cause du malheur, du déshonneur que de porter secours à la personne violée. Plutôt tuer « la coupable d'avoir été victime. »
Voilà Soraya, toi qui as si peur qu'on ne t'entende pas, je me fais le relais de ton histoire pour prouver que ton « malheur, inaudible en Libye et donc inracontable, ne passe pas par pertes et fracas ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
Citations & extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
ColetteColette07 novembre 2016
Combien d'histoires terribles m'ont été racontées de ces gardes rendus fous de colère, de dépit, de jalousie, après la confession de leur jeune femme, qui ont voulu se venger du Guide et ont été massacrés sur ces ordres! Plusieurs ont été pendus, d'autres découpés en morceaux. Deux d'entre eux ont eu les membres attachés à des voitures partant dans des directions opposées. La scène, filmée, était montrée aux gardes nouvellement embauchés afin qu'ils sachent ce qu'il en coûtait de trahir le maître de Bab al-Azizia.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
ColetteColette07 novembre 2016
(En parlant du Colonel Kadhafi):

Il confirmait, certes, son originalité sur la scène mondiale. Mégalomane et provocateur, le Colonel attachait une importance considérable à son image et aux mises en scène de ses apparitions et discours. Il se voulait à part, unique, ne supportait aucune concurrence ou comparaison, empêchait qu'émerge de son pays au autre nom que le sien (pas un écrivain, musicien, sportif, commerçant, économiste ou politique libyen qui n'ait pu s'imposer sous son règne, les joueurs de football ne pouvaient même être cités que par le numéro de leur maillot). L'idée d'intriguer le monde entier en se présentant comme le seul chef d'Etat pourvu d'une garde entièrement féminine comblait donc cette ambition.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
SpilettSpilett10 octobre 2012
Et soudain Il est arrivé. Dans un crépitement de flashes, entouré d'une nuée de gens et de femmes gardes du corps. Il portait une tenue blanche, le torse recouvert d'insignes, drapeaux et décorations, un châle beige sur les épaules de la même couleur que le petit bonnet posé sur sa tête et d'où émergeaient des cheveux très noirs. Ça s'est passé très vite. J'ai tendu le bouquet, puis j'ai pris sa main libre dans les miennes et l'ai embrassée en me courbant. J'ai senti alors qu'il comprimait étrangement ma paume. Puis il m'a jaugée, de haut en bas, d'un regard froid. Il a pressé mon épaule, posé une main sur ma tête en me caressant les cheveux. Et ce fut la fin de ma vie. Car ce geste, je l'ai appris plus tard, était un signe à l'adresse de ses gardes du corps signifiant: "Celle-là, je la veux !"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
ColetteColette07 novembre 2016
(En parlant du Colonel Kadhafi):

"Ce fils de Bédoin, né sous la tente, qui avait pendant toute sa jeunesse souffert de pauvreté et de mépris n'était mû que par la soif de revanche, analysait son collaborateur. Il avait les riches en horreur et il s'est employé à les appauvrir. Il détestait les aristocrates et les gens bien nés, ceux qui, naturellement, possédaient ce qu'il n'aurait jamais, culture, pouvoir et bonnes manières, et il s'est juré de les humilier. Cela passait forcément par le sexe." Il pouvait contraindre certains ministres, diplomates, militaires hauts gradés, à des relations sexuelles avec lui. "Ils n'avaient pas le choix, un refus valait condamnation à mort et l'acte par lequel il manifestait sa totale domination était tellement honteux qu'aucun ne pourrait s'en plaindre ni s'en prévaloir un jour." Il exigeait parfois qu'ils lui livrent leurs femmes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          72
Pixie-FlorePixie-Flore24 juin 2013
Des véhicules bariolés continuaient de sillonner la ville, dégorgeant de rebelles assis sur le capot, le toit, les portières, drapeaux au vent. Ils klaxonnaient, brandissaient chacun leur arme comme une amie précieuse qu'on emmène à la fête, qui mérite un hommage. Ils hurlaient "Allah Akbar", s'enlaçaient, faisaient le V de la victoire, un foulard rouge, noir, vert noué en pirate sur la tête ou porté en brassard, et qu'importe si tous ne s'étaient pas battus depuis la première heure, ou avec le même courage. Depuis la chute de Syrte, dernier bastion du Guide, et sa mise à mort fulgurante, tout le monde, de toute façon, se proclamait rebelle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Videos de Annick Cojean (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Annick Cojean

Annick Cojean est en tête à tête avec Gérard Collard
A Saint Maur en poche en juin 2013, Gérard Collard était en tête à tête avec Annick Cojean pour une discussion intense et émouvante sur son livre "Les Proies".
autres livres classés : lybieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

annick cojean les prois dans le harem de kadhafi

comment s'appelle la fille dont Annick fais le temoigne ?

Leila
soraya
faida
houda

12 questions
9 lecteurs ont répondu
Thème : Les proies, dans le harem de Khadafi de Annick CojeanCréer un quiz sur ce livre