Et si
Sherlock Holmes et le Dr Watson avaient été contemporains d'
Arthur Conan Doyle et que ce dernier avait vécu avec eux des histoires tellement folles qu'il lui serait impossible d'en relater la stupéfiante vérité ? Dès lors, il serait obligé d'affadir ses récits et de faire des deux héros des gentlemans certes doués, mais horriblement normaux. C'est le pari de L'Instinct de l'équarrisseur, biographie totalement folle d'un
Arthur Conan Doyle complètement dépassé par les évènements et mangé tout cru par un Holmes cruel et un Watson envahissant. Au menu : monde parallèle, démon, vaisseau spatial et inventions folles. C'est une succession de scènes d'action qui sentent la poudre, une enfilade permanente d'exagérations littéraires. Holmes est un asssassin impitoyable. Moriarty massacre des enfants. Il y a des ewooks (ou presque). Et c'est drôle.
Bon, il y a comme un parfum de la ligue des gentlemen extaordinaires, car
Thomas Day convoque le ban et l'arrière-ban littéraire de cette époque (et donc, forcément, je suis passé à côté de plusieurs clins d'oeil). Ce n'est d'ailleurs pas la meilleure idée du roman : les passages avec
Jack London ou
Oscar Wilde auraient gagné à laisser encore plus de place au duo Holmes/Watson. Mais que d'agitation dans ce roman qui se moque de la légende de Baker Street ! Doyle est bringuebalé d'un point à l'autre de l'intrigue pour assister in fine à l'incontournable affrontement entre deux monstres d'égale envergure. Si Guy Ritchie est dans l'exagération avec son
Sherlock Holmes,
Thomas Day est lui dans une outrance permanente. Il pousse la manette à fond, à toute vapeur. Alors oui, ça dérape par moment, mais dans l'ensemble, ça tient superbement
La Route pour peu que l'on accepte ce genre de transgression.
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