Conte de Noël de
Charles Dickens, paru en 1843, est également connu sous le titre
Un chant de Noël, ou encore
Cantique de Noël et Chanson de Noël.
J'ai découvert ce conte quand j'avais douze ou treize ans et il m'avait beaucoup marquée. Cet univers tristement réaliste, froid et gris qui bascule tout à coup dans le fantastique m'avait subjuguée. Lorsqu'il a été remis à la mode par l'adaptation de Robert Zemeckis sous le titre
Le drôle de Noël de Scrooge, je l'ai fait lire à mes sixièmes, juste avant Noël, comme de juste, et nous nous sommes régalés !
Ebenezer Scrooge est un vieux notaire acariâtre qui vit seul dans une vaste demeure. Cet Harpagon british n'a de cesse de faire des économies et pour cela, de tyranniser son employé, Bob Cratchit. Meurtri dans sa lointaine jeunesse, Scrooge est persuadé que la joie est futile et vaine, qui plus est en cette période de Noël. « Oh ! Mais quel radin ce Scrooge ! et dur à la tâche ! Un vieux mécréant cupide, qui vous pressurait, vous extorquait, vous possédait, vous rabiotait, vous entortillait tout ce qu'il savait ! Dur et anguleux comme une pierre à feu de laquelle aucun acier n'avait jamais fait jaillir une seule étincelle de générosité ; et secret, solitaire et fermé comme une huître. le froid en lui avait figé tous les traits de son vieux visage, pincé son nez pointu, fripé ses joues, raidi sa démarche, rougi ses yeux et bleui ses lèvres minces. du givre blanc recouvrait sa tête, ses sourcils et son menton pointu. Il transportait toujours et partout avec lui cette basse température qui lui était propre ; il en glaçait son bureau au cœur de la canicule et ne le dégelait pas d'un degré à Noël. »
Alors qu'il vient une fois de plus de malmener et son employé et son neveu venu l'inviter pour les fêtes, il découvre le fantôme de Jacob Marley, son ancien associé mort depuis sept ans ce dernier lui promet une vie dans l'au-delà bien sinistre s'il persiste à se fermer à toute humanité. Pendant trois nuits vont se succéder les esprits de Noël, celui du passé, celui du présent et enfin, celui de l'avenir. Scrooge va alors comprendre qu'il compromet non seulement son avenir, mais aussi celui de ses proches, en particulier la vie de Tiny Tim, le petit garçon malade de Bob Cratchit.
Le thème du cœur de pierre à qui s'offre la possibilité d'une rédemption est devenu récurrent dans la culture, notamment dans les séries et les dessins animés. Scrooge est d'ailleurs le véritable nom de notre ami Balthazar Picsou. J'aime beaucoup les descriptions tout à la fois ciselées et truculentes de Dickens qui nous happent et nous retiennent en otage jusqu'à la fin de l'histoire.
Un conte qui recèle toujours la même magie pour moi... J'attends de voir si film de Zemeckis saura me séduire tout autant...