ISBN : 2253006211
Éditeur : Le Livre de Poche (2002)


Note moyenne : 3.69/5 (sur 36 notes) Ajouter à mes livres
L'affection que le jeune Philip nourrit, en dépit de la différence d'âge, pour son cousin Ambroise Ashley le pousse à gagner Florence sitôt que ce dernier, qui a épousé une comtesse italienne, lui écrit pour demander son aide. A peine arrivé, il apprend la mort d'Ambroi... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 04 novembre 2011

    Woland
    My Cousin Rachel
    Traduction : Denise van Moppès
    Englué dans une atmosphère singulièrement sombre, si ce n'est glauque avec les pages du début qui s'ouvrent sur un gibet encore garni, "Ma cousine rachel" est le roman du Doute et du Non-Dit. Son rythme est à l'image de l'ambiance : lent, voire pesant et même lassant pour ceux qui, ne connaissant pas d'autres oeuvres de l'auteur, commencerait par "Ma cousine rachel" pour se plonger dans son univers (ce que je déconseille fortement). Moi-même, à certains moments, comme par le passé, j'ai failli décrocher mais j'ai pris sur moi et résolu d'aller jusqu'au bout du périple.
    En apparence, le thème est simple : un riche propriétaire terrien britannique du XIXème, Ambrose Ashley, qui a élevé son neveu Philip plus comme son fils que comme un simple neveu, doit, pour sa santé, aller prendre le soleil sur le continent. Après avoir confié sa propriété à Philip, devenu jeune homme, Ambrose entreprend donc son tour de l'Europe méridionale et tombe sous le charme de l'Italie et de la jeune veuve qu'il y rencontre, la comtesse Rachel Sangaletti. Bien entendu et malgré leur différence d'âge, il finit par l'épouser et remet indéfiniment son retour dans la pluvieuse Angleterre. Et puis, voilà que les lettres envoyées régulièrement à Philip commencent à s'espacer et, plus grave encore, à devenir incohérentes, évoquant désormais la douce Rachel comme une empoisonneuse en puissance qui tente de se débarrasser de son second mari ...
    Accouru trop tard en Italie, un Philip remonté et au bord de l'explosion y apprend la mort de son oncle et le départ de "la contessa" que l'étrange et trop séduisant homme d'affaires de Rachel, Rainaldi, dépeint au jeune homme comme une fuite légitime loin du chagrin provoqué par la mort d'Ambrose. Il ne reste donc plus au jeune Anglais qu'à regagner son pays.
    Quelques mois plus tard, il reçoit une lettre de sa cousine Rachel, lui demandant s'il veut bien prendre en charge les divers papiers, bagages, etc ... ayant appartenu à son époux et qu'elle ramène dans la patrie de celui-ci. Poussé par les uns, mis en garde par les autres, Philip accepte de recevoir la jeune femme dans la propriété dont il est pour l'instant le seul héritier, son oncle n'ayant pas eu le temps de modifier son testament.
    Débute alors un étonnant ballet dont les différents tableaux vont insensiblement amener Philip à revoir son opinion sur Rachel, puis à tomber amoureux d'elle et enfin à la demander en mariage. Pourtant, le doute finira par triompher et la jeune femme n'aura jamais de troisième mari. Mais tout cela ne s'achèvera pas sans avoir transformé Philip lui-même en assassin.
    Ce qu'il y a d'incroyable dans ce roman, c'est l'habileté avec laquelle, peu à peu, Daphne du Maurier, fait partager à son lecteur les doutes, les rages, la répugnance et à nouveau les doutes, puis l'horreur de Philip Ashley. On en sort sans bien savoir si l'on a rêvé ou pas, si oui ou non, Rachel a empoisonné non seulement son deuxième mari mais aussi le comte Sangaletti, si, enfin, elle a tenté d'agir de même envers Philip après que celui-ci lui eût assuré son avenir financier. Certes, il y a ces baies de cytise qui surgissent ici et là, en quelques éclairs maléfiques, tantôt dans la gaieté du soleil de Florence, tantôt dans les tiroirs du bureau, dans l'appartement occupé par Rachel chez son jeune cousin. Mais est-ce suffisant ? La preuve directe, éclatante, manque toujours - et ne cessera de manquer.
    A la fin du roman, Philip, pourtant, convaincu que le seul intérêt guide les actes de Rachel, laisse celle-ci partir en promenade dans le parc alors en plein travaux du domaine, espérant bien (mais sans le confier à quiconque) qu'il lui arrivera malheur. Seulement, après le drame, le pauvre garçon n'est à nouveau plus sûr de rien, hormis d'une chose : il a quant à lui, c'est certain, provoqué la mort de celle qu'il aimait.
    Un roman glauque, noir, compact et qui laisse son lecteur dans le doute. Eût-il possédé un rythme plus enlevé et dépeint le caractère des personnages avec un brio semblable à celui entrevu dans "Rebecca", que "Ma cousine rachel" ne serait pas resté cantonné dans ce que j'appellerai les oeuvres "mineures" de son auteur.
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    • Livres 4.00/5
    Par paullilas, le 13 octobre 2010

    paullilas
    Lu pendant mon adolescence mais j'en garde un excellent souvenir meme si dans mon souvenir c'est un livre très austere
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 08 février 2012

    [...] ... Tard dans la nuit, bien après minuit, la laissant endormie, je revins dans le boudoir. Le mouchoir y était toujours mais la lettre [du supposé amant de Rachel] avait disparu. Je regardai la cheminée, il n'y avait pas de cendres dans l'âtre. J'ouvris les tiroirs du bureau, y trouvai tous ses papiers en ordre, mais de lettre point. Elle n'était ni dans le classeur ni dans aucun des petits tiroirs que j'ouvris. Un seul était fermé à clef. Je pris mon couteau et le glissai dans la fente. J'y aperçus quelque chose de blanc. J'allai à ma chambre, pris mon trousseau de clefs sur ma table de chevet et essayai la plus petite. Elle tourna, le tiroir s'ouvrit. J'y mis la main et en sortis une enveloppe, mais mon excitation fut déçue, car ce n'était pas la lettre de Rainaldi que je tenais entre mes doigts, mais une simple enveloppe contenant des cosses remplies de graines. Les graines s'échappèrent des cosses et se répandirent par terre. Elles étaient vertes et très petites. Je les regardai et me rappelai en avoir déjà vues de semblables. Elles étaient de la même espèce que celles que Tamlyn [le jardinier] avait jetées par dessus son épaule et que celles qui jonchaient le sol de la cour de la villa Sangaletti et que la servante avait balayées.

    C'étaient des graines de cytise, poison pour le bétail et pour l'homme. ... [...]
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  • Par Woland, le 08 février 2012

    [...] ... Dans l'ancien temps, on pendait les gens au carrefour des Quatre-Chemins.

    On ne le fait plus. Maintenant, quand un assassin paie sa dette à la société, cela se passe à Bodmin, après jugement en due forme aux assises. Je parle des cas où la loi le condamne avant que sa propre conscience ne l'ait tué. C'est mieux ainsi. Cela ressemble à une opération chirurgicale, et le cadavre reçoit une sépulture décente bien que la tombe reste anonyme. Dans mon enfance, il en allait autrement. Je me rappelle avoir vu, petit garçon, un homme enchaîné et pendu au carrefour où se croisent les quatre chemins. Son visage et son corps étaient enduits de goudron afin d'en retarder la corruption. Il resta pendu là cinq semaines avant d'être décroché et ce fut la quatrième semaine que je le vis.

    Il se balançait sur son gibet, entre ciel et terre, ou, comme me le dit mon cousin Ambrose, entre ciel et enfer. Il n'atteindrait jamais le ciel et l'enfer qu'il avait connu était perdu pour lui. Ambrose toucha le cadavre du bout de sa canne. Je le vois encore, remuant au vent comme une girouette sur un pivot rouillé, pauvre épouvantail qui avait été un homme. La pluie avait pourri sa culotte, sinon son corps, et des lambeaux de coutil se détachaient, comme des bandes de papier, de ses membres enflés.

    C'était l'hiver et un passant facétieux avait enfoncé une branche dans le gilet déchiré, à l'occasion des fêtes. Je ne sais pourquoi cette plaisanterie apparut à mes yeux de sept ans comme le suprême outrage, mais je ne dis rien. Ambrose avait dû m'emmener là dans un dessein précis, peut-être pour éprouver mes nerfs, pour voir si je me sauverais, ou rirais, ou crierais. Etant tout ensemble pour moi un tuteur, un père, un frère, un conseiller, en fait tout mon univers, il me mettait continuellement à l'épreuve. Nous fîmes le tour du gibet, il m'en souvient, Ambrose taquinant le pendu avec sa canne ; puis il s'arrêta, alluma sa pie et posa la main sur mon épaule.

    - "Tu vois, Philip," dit-il. "C'est là où nous finissons tous par arriver. Les uns sur un champ de bataille, d'autres dans leur lit, d'autres suivant leurs destins particuliers. On n'y échappe point. Il n'est jamais trop tôt pour apprendre cette leçon. Mais voilà comment finit un criminel. Que cela soit un avertissement à tous deux d'avoir à vivre sagement. " ... [...]
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  • Par patouche, le 08 mars 2011

    J'aime le calme d'une pièce après une reception.
    Les sièges sont déplacés, les coussins en désordre,
    tout montre que des gens se sont amusés;
    et l'on revient dans le salon vide, heureux que ce soit terminé,
    heureux de se reposer et dire : Nous revoilà seuls.
    Ambroise me disait à Florence que cela valait la peine de supporter l'ennui des visiteurs rien que pour le plaisir de leur départ.
    Comme il avait raison !
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  • Par alicejo, le 23 août 2011

    L'argent, Dieu me pardonne de dire cela, est à présent l'unique chemin de son cœur.
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  • Par alicejo, le 23 août 2011

    Je ne suis pas un voyageur. Tu es pour moi le monde.
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Marie Darrieussecq - Rebecca & Daphné du Maurier - Rapport de Police : Où Marie Darrieussecq parle de Daphné du Maurier et de Rebecca, des accusations de plagiat et de la "plagiomnie", de jalousie et de calomnie, lors d'un séminaire : "De la plagiomnie", à l'Ecole Normale Supérieure, à l'occasion de la parution de "Rapport de police - Accusations de plagiat et autres modes de surveillance de la fiction", aux éditions P.O.L, à Paris, rue d'Ulm, le 14 janvier 2010








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