ISBN : 2290033154
Éditeur : J'ai Lu (1999)


Note moyenne : 4.27/5 (sur 44 notes) Ajouter à mes livres
Evelyn Couch, une femme entre deux âges (« Je suis trop jeune pour être vieille et trop vieille pour être jeune » dit-elle), dépressive, rend visite à une parente dans un hôpital. Là, elle y fait la rencontre d'une charmante octogénaire, Ninny Threadgoode, qui lui racon... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 17 août 2010

    LiliGalipette
    Roman de Fannie Flagg.
    Années 1980. Evelyn Couch accompagne chaque semaine son époux Ed à la maison de retraite de Rose Terrace. Elle s'échappe toujours très vite de la chambre de sa belle-mère, Big Momma, et se réfugie dans un couloir ou une salle commune pour y grignoter avidemment toute sorte de confiseries. Elle rencontre un jour une vieille femme, Ninny Threadgoode. L'aïeule se prend rapidement d'affection pour Evelyn qui, à presque cinquante ans, est prisonnière d'une idée de femme parfaite jamais atteinte. Mrs Threadgoode raconte à Evelyn toute une existence de bonheur et de labeur à Whistle Stop, une bourgade agglutinée autour d'une gare de triage perdue en Alabama. Véritable mémoire dotée de parole, elle fait revivre pour elle et pour son amie des personnages hauts en couleurs et touchants, telles les inséparables Idgie et Ruth qui tenaient avec une générosité sans borne le Whistle Stop Café ou encore tous les membres de la grande famille Threadgoode qui accueillait sans distinction de couleur ou de naissance les âmes de passage.

    "Whistle Stop n'a jamais été qu'un bled au bord de la voie ferrée" (p. 118) mais "le Whistle Stop Café était le foyer de tous ceux qui n'en avaient pas, c'était là qu'on se retrouvait tous, c'était là qu'était la vie." (p. 454) Les lieux perdus d'une Amérique frappée par la crise de 1929 sont le théâtre d'une vie rude mais nimbée de grâce. L'obscur bouiboui que tiennent Idgie et Ruth, deux femmes de caractères, devient le lieu de rendez-vous incontournable d'une population qui reste digne au plus fort de la misère. Au Whistle Stop Café, tous les hobos de passage, tous les Noirs et tous les gens de couleurs de la région trouvent une assiette chaude et une porte ouverte. le Ku Klux Klan peut venir avec ses costumes et ses torches, les propriétaires des lieux savent leur tenir tête. "Quand on pense que ces crétins sont terrifiés à l'idée de manger à côté d'un noir et qu'ils gobent des oeufs crus tout droit sortis du cul d'une poule!" (p. 72), voilà le type de discours qu'Idgie tient à ceux qui auraient le toupet de lui reprocher de vendre à des Noirs!

    Le roman est construit autour de plusieurs voix narratives. Il y a la gazette de Dot Weems qui, sous couvert de média populaire, est en réalité un incessant babillage matrimonial et une déclaration d'amour sans cesse renouvelée à la "chère moitié". D'autres journaux comblent les blancs. le flot de paroles de Ninny Threadgoode, récit nostalgique mais sans tristesse, tient la majeure partie du récit. Il y a aussi une narration que l'on pourrait qualifier de "normale", avec un narrateur inconnu et un ton impersonnel. Ce qui fait l'originalité de ce roman, c'est qu'un même évènement commence d'un point de vue, se poursuit avec un autre et se termine sur un troisième. L'histoire n'est jamais univoque, la polyphonie révèle les mystères et entérine le réalisme: le narrateur omniscient est une chimère, la mosaïque de points de vue et le croisement des informations rétablissent la vraie connaissance autour d'un fait

    Le récit ne tient pas compte des règles du temps. La narration se joue de la chronologie: une conséquence est souvent annoncée avant ses causes et les différentes voix narratives reprennent ensuite l'ordre du temps. L'intensité dramatique est au plus fort avec des annonces très prématurées de meurtre, de procès ou de disparition. le retour dans le temps se fait sur plusieurs mois, parfois plusieurs années, mais le plus souvent sur seulement quelques jours. le drame se désamorce toujours avec humour et bienveillance. La bêtise humaine est la grande victime des manipulations temporelles.

    Idgie, de son nom complet Imogen, est un garçon manqué sans aucun complexe. Élevée au grand air dans les traces de son grand frère Buddy, charmeuse d'abeilles et petite polissonne au grand cœur, elle n'a ni la langue dans la poche ni le sang froid. Prompte à défendre ceux qu'elle aime, elle se fait justicière. Elle mène une vie de bâton de chaise avec ses amis du Club des Cornichons mais assume ses responsabilité auprès de Ruth et de son fils. À ce personnage s'oppose celui d'Evelyn. Cette dernière est coincée dans des stéréotypes et des clichés. Complexée, elle se réfugie dans la boulimie. Ce n'est qu'auprès de Mrs Threadgoode qu'elle trouve une oreille tendre et plusieurs modèles de vraies femmes à suivre. Idgie, Ruth, Ninny elle-même, sont des femmes heureuses malgré leurs malheurs, fortes et lumineuses. Evelyn trouve la force de se réveiller et se révèler à elle-même pour devenir une femme dont elle peut être fière.

    Entre Idgie et Ruth, il y a plus qu'une amitié farouche et indestructible. le roman aborde avec une immense pudeur la question de l'homosexualité féminine. Placer ce sujet dans l'Alabama de la première moitié du 20° siècle est audacieux. L'état est profondément sudiste, raciste et conservateur. Mais le sujet n'a pas vocation à choquer. L'auteure n'utilise pas les mots qui choquent, elle parle d'amitié, d'amour et de fidélité à toute épreuve, sans verser dans le sordide ni le voyeurisme. Idgie accueille Ruth après l'avoir tirée d'un ménage malheureux et violent. Devenue chef et soutien de famille, Idgie assume aussi l'enfant de Ruth et Stump devient pour tout le monde et sans cancan "le petit garçon d'Idgie et de Ruth" (p. 134)

    Ce texte délicat se place dans la veine de chefs-d'œuvre comme La Couleur pourpre d'Alice Walker ou Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur d'Harper Lee. J'avais beaucoup aimé le film éponyme de Jon Avnet avec Fannie Flag et Kathy Bates. Je recommande cette lecture à toutes les femmes parce qu'il y a au moins une des héroïnes de ce roman qui leur correspond.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Melopee, le 11 juin 2011

    Melopee
    Il est venu le temps pour moi de vous parler de ce fameux livre dont on a fait grand bruit et qui a donné lieu au film du même nom. D'entrée, je peux dire que j'ai été emportée par la plume de Fannie Flagg. On ne peut pas la qualifier de grand écrivain au sens littéraire du terme mais son con oeuvre vaut le coup d'être abordée.
    Beaucoup ont fait des résumés avant moi alors au risque de faire des redites je vais tenter de dégager l'essentiel de ce qui a retenu mon intérêt. Ce livre dresse des parallèles entre le début de 1929, et la crise qui jalonna cette année-là et les années 80 où une femme mal dans sa peau vient rendre visite à sa belle-mère, internée en maison de retraite. L'histoire se met en place : Evelyn, la visiteuse est en fait la narratrice de notre roman qui se prend d'amitié pour une autre pensionnaire âgée pétrie de souvenirs.
    Et dans les souvenirs il y a un lieu caractéristique : Whistle stop, dans l'Alabama, lieu où se concentrent Blancs et Noirs sans distinction de couleurs. Il y a le petit restaurant tenu par Ruth et Idgie avec la compagnie de Sipsey, d'Onzell et de toute une flopée de personnages contrastés.
    On file au gré des souvenirs et des épisodes qui ont remué la charmante bourgade jusqu'à la fin des années 50 en s'intéressant aux gens qui l'ont faire vivre et lui ont donné une âme.
    Quel beau moment ! Un réel plaisir que de se pencher sur cette lecture ! J'ai apprécie le fil chronologique non linéaire avec le constant parallèle entre la maison de retraite, lieu si paisible, et Whistle Stop où j'avais l'impression de pénétrer dans l'animation des cuisines, des plats concoctés avec soin. Rien n'échappait à la description : les bavardages et autres errances solitaires, les liens sacrés de la famille qui se renforcent au fur et à mesure de l'action.
    Rien n'a dénoté à ce portrait d'une ville comme en marge de l'Amérique balayée par le racisme envers les Noirs, d'une ville où le Ku Klux Klan n'est pas une menace. Où la vie peut continuer car la confiance en autrui est la plus forte !
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par keisha, le 07 février 2009

    keisha
    La Gazette de Weems (bulletin hebdomadaire de Whistle Stop, Alabama) :
    "12 juin 1929 : le Whistle Stop Café a ouvert ses portes la semaine dernière, juste à côté de la poste où je travaille. Les propriétaires, Idgie Threadgoode et Ruth Jamison, m'ont dit que l'affaire démarrait bien. Idgie fait savoir à ceux qui la connaissent de ne pas s'inquiéter, ce n'est pas elle qui cuisine, mais deux femmes de couleur, Sipsey et Onzell ; et Big George, le mari d'Onzell, s'occupe du barbecue."
    Ainsi commence ce livre qui enthousiasme tellement ses lectrices (voir liens plus bas) que je n'ai pas résisté !
    C'est parti pour une belle histoire pleine d'amour et d'amitiés qui tourne autour de ce fameux café. Idgie Threadgoode , comme les membres de sa famille, n'hésite pas à donner sans calculer et bien des vagabonds de cette Amérique en crise se repassaient l'adresse du café ! le Ku Klux Klan local n'aimait pas trop qu'y soient servis des "nègres" - même à la porte de derrière - mais Idgie et Ruth ont tenu bon !
    En soixante ans il s'en passe ! Accidents , drames, disparition mystérieuse ; on y apprendra qui était Railroad Bill qui jetait du train de la nourriture dans les quartiers pauvres traversés , et n'a jamais été pris !
    Sans oublier la merveilleuse Ninny Threadgoode qui en 1986 raconte ses souvenirs à Evelyn Couch et contribue à changer sa vie.
    Des personnages et une histoire qui font bien chaud au coeur, je recommande cette lecture en ces temps d'hiver (ou même quand vous voulez) : plaisir assuré !
    Encore un peu de la Gazette de Dot Weems :
    "La société dramatique de Whistle Stop a donné vendredi soir sa représentation annuelle. (...) La pièce s'appelait Hamlet ; c'est un anglais qui l'a écrite, un certain William Shakespeare, qui n'est plus un étranger à Whistle Stop, car c'est également lui l'auteur de la pièce jouée l'an passé."
    Et en bonus, à la fin du livre : les recettes des plats servis au Whistle Stop Café, dont les fameux Beignets de Tomates Vertes ! A vos fourneaux !

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-26305900.html
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par etreneant, le 18 février 2012

    etreneant
    Un livre attachant, voire envoûtant,
    A savourer tranquillement.
    Amour et amitié y ont la part belle.
    Tolérance et justice triomphent sous le ciel
    D'un Alabama en pleine crise.
    Des femmes y gèrent sans surprise
    Un café, premier ou second foyer
    De tant de déshérités.
    On y sert aussi bien compréhension ou tendresse
    Qu'un divin plat de vertes tomates enchanteresses
    A savourer en bonne compagnie
    Car c'est cela, la vie!
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    • Livres 5.00/5
    Par patacaisse, le 15 avril 2010

    patacaisse
    J'ai adoré ce livre. Je n'ai pas pu m'en détacher tellement j'avais envie de savoir ce qui allait arriver à ces personnages devenus des familiers si rapidement. Je n'ai jamais eu autant de tendresse et d'amour pour des personnages de roman, je m'imaginais leur vies, leurs visages, leurs maisons. J'avais envie d'être avec eux.
    C'est une magnifique histoire.
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Citations et extraits

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  • Par patacaisse, le 15 avril 2010

    après ça, quand je suis rentrée chez moi, j'ai dit à mon amie Mrs. Otis qu'il ne nous restait plus qu'à attendre de claquer... Elle m'a répliqué qu'elle préférait dire "s'éteindre". La pauvre, je n'ai pas eu le coeur de lui dire qu'on n'était pas des lumières et que, de toute façon, péter les plombs, s'éteindre ou claquer, c'était du pareil au même.
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  • Par patacaisse, le 15 avril 2010

    Stump, tu ne voudrais pas venir chez moi et tirer sur ces vieux merles qui sont toujours sur le câble du télephone ? Je ne veux pas que tu leur fasses mal, je veux seulement que tu les effraies... tu comprends, je me demande s'ils ne sont pas là pour écouter mes conversations télephoniques... avec leurs pattes.
    Citation de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 17 août 2010

    Whistle Stop n'a jamais été qu'un bled au bord de la voie ferrée (p. 118)

    Le Whistle Stop Café était le foyer de tous ceux qui n'en avaient pas, c'était là qu'on se retrouvait tous, c'était là qu'était la vie. (p. 454)
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par etreneant, le 18 février 2012

    ... et qu'y a-t-il de pire qun'un homme qui a un petit bobo ? Je suppose que c'est pour cette raison que c'est nous, les femmes, qui faisons les enfants...
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par etreneant, le 18 février 2012

    se tromper est humain... pardonner est divin...
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