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Mon père couleur de nuit4Ajouter à mes livres
Le père d'Hannah est un survivant des camps de concentration. Il fait partager chaque jour à sa famille sa souffrance et les atrocités qu'il a vécues : les baraquements, la faim, les tortures, les maladies, le travail forcé ... Peu à peu, cet univers de mort et de doule... > voir plus
Hannah est persuadée que le camp est un état, comme une maladie ou un accident. Elle ne comprend d'ailleurs pas très bien pourquoi ni comment son père a attrapé le camp. Par contre, ce qu'elle sait, c'est qu'il est différent des autres pères. C'est sans doute pour cela qu'il a eu le camp. A la maison, tout le monde le trouve normal. Même s'il a contracté quelques tics avec son camp. Parce que le camp a non seulement marqué son visage, mais aussi ses doigts qui martèlent en permanence les rebords de la fenêtre, une table ou le bras d'un fauteuil. Ses pieds aussi ont été marqués par le camp. Ils ne le laissent jamais en paix. Le quotidien des camps, Jochel - le père d'Hannah - le fait vivre tous les jours, dès le petit-déjeuner à sa petite famille. Même ses rêves, ou plutôt ses cauchemars, sont imprimés de la vie du camp. Chaque nuit, il reconstruit une usine à lui tout seul. Il est capable de tout, le père d'Hannah, même de faire des ustensiles de cuisine et de les cacher sous ses aisselles. Il a rencontré tant d'hommes qui - comme lui - avaient le camp, qu'il a appris des tas de chansons. http://dunlivrelautre.over-blog.org/article-16788943.html
"Il ne le nomme jamais par son nom. Ca s'appelait Trebibor, Majdawitz, Soblinka ou Birkenhausen. Il dit "le camp" comme s'il n'en avait existé qu'un seul. "Après la guerre, dit-il, j'ai vu un film sur le camp. Des prisonniers étaient en train de se faire frire un œuf pour le petit-déjeuner". de la paume de la main, il se frappe le front. "Un œuf ! dit-il d'une voix acérée. Dans le camp !". le camp est donc un endroit où on ne se fait pas d'œufs. Plus encore qu'un endroit, le camp est un état." "Mon père couleur de nuit" s'ouvre sur ces lignes. le ton est donné. le père d'Hannah est revenu des camps de concentration. Nous ne savons pas où habite la famille. Jochel, ce père miraculé , son comportement et surtout ses propos sont une énigme pour Hannah et ses deux frères. Découpé en chapitres très courts qui sont autant de bourrasques violentes d'émotions, ce livre opposé toute l'horreur des camps à l'innocence des enfants. la suite sur :
http://fibromaman.blogspot.com/2011/11/carl-friedman-mon-pere-couleur-de-nuit.html
Un roman avec les mots et la vision d'une enfant sur le passé de son père. Et quel passé. Car le père "a le camp". Déporté et revenu physiquement des camps, il n'en est pas revenu dans sa tête et les histoires qu'il raconte à ses enfants sont celles du camp. Ces enfants, les 3, sentent que quelque chose ne va pas dans leur famille, mais ils aiment leur père et ses histoires. Même si cela les oblige, eux aussi, à "être dans le camp". Car les histoires du père sont racontés sans fioriture, à chaque chapitre une nouvelle anecdote. Un roman avec des mots simples qui décrit de quelle façon l'homme peut-être un loup pour l'homme. L'image que je retiendrai : Celle du père, fumant après le repas, et racontant une histoire.
Ce roman est insoutenable à certains moments. L'intensité du vécu ,dans un camp de concentration, du père, entraîne sa famille dans un comportement extrême. Ce père qui continue à extraire sa souffrance ,pèse lourd et génère une angoisse au quotidien pour ses proches. Cette lecture demande des pauses;
Il ne le nomme jamais par son nom. Ca s'appelait Trebibor, Majdawitz, Soblinka ou Birkenhausen. Il dit "le camp" comme s'il n'en avait existé qu'un seul. "Après la guerre, dit-il, j'ai vu un film sur le camp. Des prisonniers étaient en train de se faire frire un œuf pour le petit-déjeuner". De la paume de la main, il se frappe le front. "Un œuf ! dit-il d'une voix acérée. Dans le camp !". Le camp est donc un endroit où on ne se fait pas d'œufs.
Il ne le nomme jamais par son nom. Ca s'appelait Trebibor, Majdawitz, Soblinka ou Birkenhausen. Il dit "le camp" comme s'il n'en avait existé qu'un seul. "Après la guerre, dit-il, j'ai vu un film sur le camp. Des prisonniers étaient en train de se faire frire un œuf pour le petit-déjeuner". De la paume de la main, il se frappe le front. "Un œuf ! dit-il d'une voix acérée. Dans le camp !". Le camp est donc un endroit où on ne se fait pas d'œufs.
Et il a le camp dans les pieds. Au milieu de la nuit, ceux-ci se glissent hors du lit et l'entraînent par l'escalier au bout du couloir. Nous l'entendons de loin, ouvrir et fermer les portes, ne trouvant derrière aucune d'elles le calme qu'il recherche.