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ISBN : 2070387046
Éditeur : Gallimard

Note moyenne : 4.12/5 (sur 337 notes)
Résumé :
"J'ai retrouvé ce journal dans deux cahiers des armoires bleues de Neauphle-le-Château.
Je n'ai aucun souvenir de l'avoir écrit.
Je sais que je l'ai fait, que c'est moi qui l'ai écrit, je reconnais mon écriture et le détail de ce que je raconte, je revois l'endroit, la gare d'Orsay, les trajets, mais je ne me vois pas écrivant ce Journal. Quand l'aurais-je écrit, en quelle année, à quelles heures du jour, dans quelles maisons? Je ne sais plus rien. [..... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Tempuslegendae
Tempuslegendae21 novembre 2012
  • Livres 5.00/5
Quoiqu'elle puisse se souvenir maintenant, Marguerite Duras a bien éprouvé ceci: «Je me suis trouvée devant un désordre phénoménal de la pensée et du sentiment auquel je n'ai pas osé toucher et au regard de quoi la littérature m'a fait honte.» Nous découvrons ici une femme au coeur de l'Histoire, et de sa propre histoire, dans laquelle elle essaie de décoder avec son lecteur les thèmes de la mémoire, de l'attente, enfin les portes condamnées de sa vie. Peut-on avoir oublié à ce point l'existence d'un journal, le sien, manuscrit secret qui renferme bien des confidences, des mots, beaucoup de maux? «Les cahiers de guerre» sont la trame d'un concentré d'émotions dans lequel on peut lire l'attente déchirante d'une femme, épouse de Robert, lui-même arrêté en 1944. Mais le mal est un mot faible: traumatisme conviendrait mieux. En effet, elle a greffé sans le savoir sa propre douleur dans l'espoir. Pourquoi voulait-elle évacuer ainsi cette partie de sa vie, exorciser le mal par l'oubli? Pourquoi avoir écrit un journal qui est la mémoire des temps forts pour ensuite faire un déni de sa propre écriture? Évidemment, le roman répond à toutes ces questions. C'est grâce à la ténacité et l'agressivité littéraire de Marguerite DURAS, à sa façon de relater l'histoire, qui marqueront tant sur le papier que dans l'âme, que l'empreinte indélébile reste liée à la douleur pour ces cinq années de la seconde guerre. «Comment ai-je pu écrire cette chose que je ne sais pas encore nommer et qui m'épouvante quand je la relis. Comment ai-je pu de même abandonner ce texte pendant des années dans cette maison de campagne régulièrement inondée en hiver».Bien sûr, dans une vieille chaumière existait un manuscrit rempli d'une écriture tremblante et souffreteuse, celle d'une femme dont l'angoisse et la douleur mêlées ont motivé un récit de honte et de désespoir. L'écriture de ce roman paru quarante ans après son épreuve fait de M. DURAS une écrivaine hors norme; la fraîcheur des détails et des émotions reste intacte.
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PiertyM
PiertyM22 décembre 2014
De courtes phrases, de petits mots, simples et profonds, ils nous font vivre l'instant de la douleur. Sans enthousiasme, on lit le livre calmement comme si on entendait un petit vent siffler à nos oreilles. On se laisse emporter par le bruit silencieux des mots, on se rapproche tout doucement de la douleur...de celle qui attend l'être aimé, revenu des camps de concentration...de celle qui se sent persécutée par un agent de la Gestapo...
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Marti94
Marti9419 décembre 2015
  • Livres 5.00/5
Bouleversant!
« La douleur » de Marguerite Duras est un recueil de six textes publiés en avril 1985 et dont le titre reprend celui du premier récit qui est aussi le plus long et sans conteste le plus frappant. Il traduit l'angoisse intolérable et le déchirement intérieur.
Dans ce texte, Marguerite Duras raconte l'insupportable attente du retour de déportation de son mari, Robert Antelme (Robert L. dans le texte), à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Ce récit autobiographique de Duras évoque ses souffrances et sa peur de ne pas le voir revenir. Toute l'intrigue du livre est basée sur cette attente.
Marguerite Duras parle donc à la première personne. Pour ne pas sombrer, elle va aussi participer à L Histoire, à la Seconde Guerre mondiale, d'une autre manière : en travaillant au Service des Recherches du journal Libres afin de communiquer aux familles des nouvelles des prisonniers. « Je travaille sans lever le nez, je ne pense à rien d'autre qu'à bien orthographier les noms ».
Concernant ce travail, Marguerite Duras a repris, à l'automne 1944, la gérance du journal Libres dont François Mitterrand est le directeur (Morland dans le texte). Elle y crée « un service de recherches très actif qui centralise le maximum d'informations sur les convois et les évacuations, fournies pour la plupart par les prisonniers évadés lors des transferts de camp à camp ». A la libération, elle interrogea aussi les libérés au centre d'Orsay afin de communiquer via le journal des informations à leurs familles.
Robert L. reviendra du camp de Dachau dans un corps où la vie n'a plus de poids : « il devait peser entre trente-sept et trente-huit kilos : l'os, la peau, le foie, les intestins, la cervelle, le poumon, tout compris : trente-huit kilos répartis sur un corps d'un mètre soixante-dix-huit ».
Elle va le soigner. Pourtant, dans la vie de Marguerite Duras, il y a Dionys Mascolo (D. dans le texte) qui va l'accompagnée durant l'attente du retour de Robert, son ami. Il y a plus qu'une simple complicité entre eux, même si D. est resté en retrait car il respectait les sentiments de Marguerite pour son mari.
Ce texte poignant m'a profondément marquée.
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Sivoj
Sivoj11 juillet 2016
  • Livres 4.00/5
Il s'agit d'un recueil de nouvelles autobiographiques, dont la principale se titre La douleur, et raconte l'attente par Marguerite du retour de son mari Robert des camps de concentration ; l'attente qui s'éternise, qui fait douter et se dire qu'il est sûrement mort, qu'il vaudrait peut-être mieux qu'il le soit, et qui la tue elle aussi.
La nouvelle suivante, Monsieur X. dit ici Pierre Rabier, raconte la période, situé entre l'arrestation de Robert et sa déportation, pendant laquelle Marguerite fréquente un agent de la Gestapo qui prétend pouvoir aider son mari.
Les deux nouvelles suivantes, Albert des Capitales, Ter le milicien, illustrent les activités d'épuration par la résistance, après la libération de Paris. le récit étant à la troisième personne, le personnage principal se nommant Thérèse, malgré que l'auteur nous dise "Thérèse, c'est moi", je ne sais pas si c'est tout à fait biographique, si un peu de fiction est venue s'y ajouter pour romancer l'histoire, ou si c'est une fiction mais que l'auteur fait référence au "Madame Bovary, c'est moi" de Flaubert.
Les deux dernières nouvelles après celles-là sont bien précisées comme étant entièrement fictionnelles, ce sont deux contes, sur la mort et sur la guerre.
On reconnait le style Duras dès les premières lignes ; la réaffirmation du sujet de sa phrase, ses répétitions, ses phrases courtes sans verbe, l'emploi du présent, le rythme, tout contribue à faire l'effet d'une transcription écrite du langage oral et donne l'impression de suivre des souvenirs vivants plutôt qu'une narration :
« Face à la cheminée, le téléphone, il est à côté de moi. À droite, la porte du salon et le couloir. Au fond du couloir, la porte d'entrée. Il pourrait revenir directement, il sonnerait à la porte d'entrée : « Qui est là - C'est moi. » Il pourrait également téléphoner dès son arrivée dans un centre de transit : « Je suis revenu, je suis à l'hôtel Lutetia pour les formalités. » Il n'y aurait pas de signes avant-coureurs. Il téléphonerait. Il arriverait. Ce sont des choses possibles. Il en revient tout de même. Il n'est pas un cas particulier. Il n'y a pas de raison particulière pour qu'il ne revienne pas. Il n'y a pas de raison pour qu'il revienne. Il est possible qu'il revienne. Il sonnerait : « Qui est là. - C'est moi. » Il y a bien d'autres choses qui arrivent dans ce même domaine. Ils ont fini par franchir le Rhin. La charnière d'Avranches a fini par sauter. Ils ont fini par reculer. J'ai fini par vivre jusqu'à la fin de la guerre. Il faut que je fasse attention : ça ne serait pas extraordinaire s'il revenait. Ce serait normal. Il faut prendre bien garde de ne pas en faire un événement qui relève de l'extraordinaire. L'extraordinaire est inattendu. Il faut que je sois raisonnable : j'attends Robert L. qui doit revenir. »
Certains monologues intérieurs m'ont fait penser à Molloy de Samuel Beckett, du fait de l'enchainement de phrases courtes, qui se reprennent, se corrigent entre elles. Molloy touche à la folie, alors que qu'ici on est plutôt dans l'inquiétude et l'amertume, mais les procédés semblent parfois avoir des points communs, même si ça reste léger et que c'est peut-être une coïncidence. le monologue intérieur est beaucoup moins présent dans les nouvelles suivantes, plus narratives, de même que le style de prose Marguerite Duras se reconnait surtout dans la première.
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Malice
Malice11 juillet 2012
  • Livres 5.00/5
Le texte qui porte le titre de la douleur, est un très grand texte. Il ma bouleversé, tellement c'est très bien écrit c'est remarquable de justesse, d'émotion, de ressenti. Je l'ai lu deux fois en peu de temps. Elle raconte le retour de Robert Antelme. Il avait été déporté à Buchenwald puis à Dachaud. Elle l'épouse avant la guerre en 1939. Ils ont un garçon, il meurt en 1942. La même année elle fait la connaissance de Dionys Mascolo. Il est dans le comité de lecture chez Gallimard. Marguerite Duras et Robert Antelme entrent dans la résistance. Leur groupe tombe dans un guet-apens. Ils seront aidés par François Mitterand, mais Robert Antelme est arrêté et envoyé dans un camps le 1er juin 19944. Il a été déporté à Buchenwald puis à Dachaud . A son retour elle le soigne. Puis, ils divorcent en 1946 ne pouvant plus rester ensemble. Elle décrit admirablement bien dans ce récit l'attente, l'angoisse de savoir si la personne est vivante ou morte. Dans ce livre, d'autre texte sur cette période extrêmement trouble et complexe entre les vrais et les faux résistant. Elle nous raconte aussi de sa liaison avec l'homme qui a arrêté Robert Antelme dans la nouvelle intitulée « Monsieur X. dit ici Pierre Rabier », elle doit , il faut qu'il lui donne des informations utiles pour le réseau de la résistance.
Grand Texte surtout celui qui s'intitule : "La Douleur". Ce livre est l'écho du climat qui régnait après guerre en France, trouble règlement de compte entre les vrais et les faux résistants
Lien : http://livresdemalice.blogsp..
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Citations & extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
WollandWolland26 novembre 2010
Berlin flambe. Elle sera brûlée jusqu'à la racine. Entre ses ruines, le sang allemand coulera. Quelquefois on croit sentir l'odeur de ce sang. Le voir. Un prêtre prisonnier a ramené au centre un orphelin allemand. Il le tenait par la main, il en était fier, il le montrait, il expliquait comment il l'avait trouvé, que ce n'était pas de sa faute, à ce pauvre enfant. Les femmes le regardaient mal. Il s'arrogeait le droit de déjà pardonner, de déjà absoudre. Il ne revenait d'aucune douleur, d'aucune attente. Il se permettait d'exercer ce droit de pardonner, d'absoudre là, tout de suite, séance tenante, sans aucunement connaître la haine dans laquelle on était, terrible et bonne, consolante, comme une foi en Dieu. Alors de quoi parlait-il ? Jamais un prêtre n'a paru aussi incongru. Les femmes détournaient leurs regards, elles crachaient sur le sourire épanoui de clémence et de clarté. Ignoraient l'enfant. Tout se divisait. Restait d'un côté le front des femmes, compact, irréductible. Et de l'autre côté cet homme seul qui avait raison dans un langage que les femmes ne comprenaient plus.
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She_NightShe_Night03 octobre 2010
En mourant je ne le rejoins pas, je cesse de l'attendre.
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liratouva2liratouva225 mai 2010
d’abord distraitement puis de plus en plus fort. Le chat se couche sur le dos, il ronronne du désir fou d’Aurélia. Aurélia se couche contre le chat. Elle dit : " Ma mère, elle s’appelait Steiner."
« Aurélia met sa tête contre le ventre du chat. Le ventre est chaud, il contient le ronronnement du chat, vaste, un continent enfoui.
Steiner Aurélia. Comme moi.
Je m’appelle Aurélia Steiner.
J’habite Paris où mes parents sont professeurs.
J’ai dix-huit ans.
J’écris. »
«C’est inventé. C’est de l’amour fou pour la petite fille juive abandonnée.
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liratouva2liratouva225 mai 2010
L’appartement est grand, presque vide, presque tout a été vendu. La dame se tient dans l’entrée, assise sur une chaise, à côté d’elle il y a un revolver. La petite fille l’a toujours connue là à attendre la police allemande. Nuit et jour, la petite fille ne sait pas depuis combien d’année la dame attend. Ce que sait la petite fille c’est que dès qu’elle entendra le mot polizeï derrière la porte la dame ouvrira et tuera tout, d’abord eux et puis ensuite, elles deux.
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CoralieLeboucherCoralieLeboucher20 septembre 2014
Parce que d'une seconde à l'autre seconde il va peut-être mourir, mais que ce n'est pas encore fait. Ainsi seconde après seconde la vie nous quitte nous aussi, toutes les chances se perdent, et aussi bien la vie nous revient, toutes les chances se retrouvent.
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Vidéo de Marguerite Duras
La parole des libraires - Spécial beaux livres .Karine, libraire à la librairie Comme un roman à Paris, nous présente ses trois coups de coeur en matière de beaux livre : Marguerite Duras de Laure Adler, L'incroyable bestiaire de Monsieur Anderson, Pina de Walter Vogel.
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