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ISBN : 2070387046
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 4.08/5 (sur 274 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"J'ai retrouvé ce journal dans deux cahiers des armoires bleues de Neauphle-le-Château.
Je n'ai aucun souvenir de l'avoir écrit.
Je sais que je l'ai fait, que c'est moi qui l'ai écrit, je reconnais mon écriture et le détail de ce que je raconte, je revois ... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Tempuslegendae, le 21 novembre 2012

    Tempuslegendae
    Quoiqu'elle puisse se souvenir maintenant, Marguerite Duras a bien éprouvé ceci: «Je me suis trouvée devant un désordre phénoménal de la pensée et du sentiment auquel je n'ai pas osé toucher et au regard de quoi la littérature m'a fait honte.» Nous découvrons ici une femme au coeur de l'Histoire, et de sa propre histoire, dans laquelle elle essaie de décoder avec son lecteur les thèmes de la mémoire, de l'attente, enfin les portes condamnées de sa vie. Peut-on avoir oublié à ce point l'existence d'un journal, le sien, manuscrit secret qui renferme bien des confidences, des mots, beaucoup de maux? «Les cahiers de guerre» sont la trame d'un concentré d'émotions dans lequel on peut lire l'attente déchirante d'une femme, épouse de Robert, lui-même arrêté en 1944. Mais le mal est un mot faible: traumatisme conviendrait mieux. En effet, elle a greffé sans le savoir sa propre douleur dans l'espoir. Pourquoi voulait-elle évacuer ainsi cette partie de sa vie, exorciser le mal par l'oubli? Pourquoi avoir écrit un journal qui est la mémoire des temps forts pour ensuite faire un déni de sa propre écriture? Évidemment, le roman répond à toutes ces questions. C'est grâce à la ténacité et l'agressivité littéraire de Marguerite DURAS, à sa façon de relater l'histoire, qui marqueront tant sur le papier que dans l'âme, que l'empreinte indélébile reste liée à la douleur pour ces cinq années de la seconde guerre. «Comment ai-je pu écrire cette chose que je ne sais pas encore nommer et qui m'épouvante quand je la relis. Comment ai-je pu de même abandonner ce texte pendant des années dans cette maison de campagne régulièrement inondée en hiver».Bien sûr, dans une vieille chaumière existait un manuscrit rempli d'une écriture tremblante et souffreteuse, celle d'une femme dont l'angoisse et la douleur mêlées ont motivé un récit de honte et de désespoir. L'écriture de ce roman paru quarante ans après son épreuve fait de M. DURAS une écrivaine hors norme; la fraîcheur des détails et des émotions reste intacte.
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  • Par PiertyM, le 22 décembre 2014

    PiertyM
    De courtes phrases, de petits mots, simples et profonds, ils nous font vivre l'instant de la douleur. Sans enthousiasme, on lit le livre calmement comme si on entendait un petit vent siffler à nos oreilles. On se laisse emporter par le bruit silencieux des mots, on se rapproche tout doucement de la douleur...de celle qui attend l'être aimé, revenu des camps de concentration...de celle qui se sent persécutée par un agent de la Gestapo...
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    • Livres 5.00/5
    Par Malice, le 11 juillet 2012

    Malice
    Le texte qui porte le titre de la douleur, est un très grand texte. Il ma bouleversé, tellement c'est très bien écrit c'est remarquable de justesse, d'émotion, de ressenti. Je l'ai lu deux fois en peu de temps. Elle raconte le retour de Robert Antelme. Il avait été déporté à Buchenwald puis à Dachaud. Elle l'épouse avant la guerre en 1939. Ils ont un garçon, il meurt en 1942. La même année elle fait la connaissance de Dionys Mascolo. Il est dans le comité de lecture chez Gallimard. Marguerite Duras et Robert Antelme entrent dans la résistance. Leur groupe tombe dans un guet-apens. Ils seront aidés par François Mitterand, mais Robert Antelme est arrêté et envoyé dans un camps le 1er juin 19944. Il a été déporté à Buchenwald puis à Dachaud . A son retour elle le soigne. Puis, ils divorcent en 1946 ne pouvant plus rester ensemble. Elle décrit admirablement bien dans ce récit l'attente, l'angoisse de savoir si la personne est vivante ou morte. Dans ce livre, d'autre texte sur cette période extrêmement trouble et complexe entre les vrais et les faux résistant. Elle nous raconte aussi de sa liaison avec l'homme qui a arrêté Robert Antelme dans la nouvelle intitulée « Monsieur X. dit ici Pierre Rabier », elle doit , il faut qu'il lui donne des informations utiles pour le réseau de la résistance.
    Grand Texte surtout celui qui s'intitule : "La Douleur". Ce livre est l'écho du climat qui régnait après guerre en France, trouble règlement de compte entre les vrais et les faux résistants

    Lien : http://livresdemalice.blogspot.fr/2007/03/marguerite-duras.html
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  • Par NMTB, le 20 décembre 2014

    NMTB
    La douleur, le journal qui ouvre ce recueil, a eu lieu à Paris, au printemps 1945, alors que les alliés sont en train d'achever l'Allemagne, qu'on découvre peu à peu l'horreur des camps nazis, que les prisonniers de guerre se font fusillés, qu'il faut pourtant envisager le pardon, la reconstruction et les prochaines élections. Et tout le monde se positionne. Il y a ceux qui sont déjà prêt à oublier, ceux qui ne pensent qu'à se venger, ceux qui ménagent leurs futurs électeurs. Et parmi eux, Marguerite est comme en suspension, dans l'attente d'un coup de téléphone, de son mari peut-être mort. Elle erre de son appartement à la gare d'Orsay, centre de rapatriement des prisonniers de guerre. La première question qu'on lui pose lorsqu'on la croise n'est plus « ça va ? » mais « alors ? ». « Rien », pas de nouvelle. Elle l'imagine dans un fossé noir, face contre terre, troué de balles, ou bien avançant dans une colonne de prisonniers, affamé, presque mort. Mais rien, toujours l'attente. Puis le téléphone sonne enfin, c'est François Mitterrand, le chef de son groupe de résistants, il a retrouvé Robert à Dachau. Robert revient à Paris, « trente-huit kilos répartis sur un corps d'un mètre soixante-dix-huit ». Il va devoir réapprendre à manger et à vivre en silence. Ce premier récit est très fort émotionnellement, direct comme un journal intime peut l'être. Les autres récits, s'ils sont en partie issus de l'expérience de Marguerite Duras en tant que résistante, sont plus romancés. Même si dans l'introduction de « Monsieur X. dit ici Pierre Rabier », Duras précise qu'il s'agit d'une histoire vraie jusque dans le détail, ça reste une histoire ; et une histoire bien construite, avec des coïncidences, des rebondissements, de la tension. Une histoire de résistant. Les deux textes qui suivent concernent le traitement des prisonniers au sein de la résistance, tandis que les deux derniers sont assez courts et plus évasifs, bien qu'ils concernent aussi la deuxième guerre mondiale. Ce recueil vaut surtout d'être lu pour La douleur. Mais l'ensemble du recueil sert aussi à rappeler la seule véritable conclusion que devrait inspirer les camps de concentration : « Nous sommes de la race de ceux qui sont brûlés dans les crématoires et des gazés de Maïdanek, nous sommes aussi de la race des nazis. »
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    • Livres 4.00/5
    Par le-mange-livres, le 27 avril 2015

    le-mange-livres
    Dépitée d'avoir égaré mon Hiver arctique dans le train, je me lance dans une nouvelle lecture, que je dévore littéralement en deux jours.
    En fait j'ai assez peu lu Duras jusqu'à présent ; quelques lectures finalement assez éparses, Dix heures er demie du soir en été (très très bien), Des journées entières dans les arbres, Un barrage contre le Pacifique (Madeline, c‘est pour toi) et évidemment un souvenir magnifique des dialogues d‘Hiroshima mon amour … et je me rends compte que c'est bête, parce que j'ai toujours bien aimé. Voici donc une nouvelle étape dans ma découverte de Marguerite Duras.
    La douleur est en fait un recueil de plusieurs textes courts : La douleur à proprement parler, Monsieur X dit ici Pierre Rabier, Albert des Capitales, Ter le milicien, L'Ortie brisée, Aurélia Paris, qui ont tous en commun de se dérouler entre 1944 et 1945. Ces récits traitent de différents aspects de la fin de l'occupation et de la Résistance : l'attente du retour des déportés dans La Douleur, les réseaux de résistance dans Monsieur X dit ici Pierre Rabier, l'épuration sauvage dans Albert des Capitales, Ter le milicien, les oubliés et les victimes dans L'Ortie brisée ou Aurélia Paris.
    Le plus bouleversant est sans aucun doute La Douleur, qui revêt un caractère autobiographique (comme les trois récits suivants) puisqu'il s'agit d'un journal qu'une Marguerite Duras qui dépérit a tenu à l'issue de la guerre, dans l'attente du retour de son mari, Robert Antelme (l'auteur de L'Espèce humaine), déporté à Dachau suite à son arrestation par la Gestapo, après une dénonciation. « De Gaulle n'attend plus rien, que la paix, il n'y a que nous qui attendions encore, d'une attente de tous les temps, de celle des femmes de tous les temps, celle des hommes au retour de la guerre » (page 60).
    Le récit commence par un texte écrit a posteriori, et qui donne d'emblée le ton : « je me suis trouvée devant un désordre phénoménal de la pensée et du sentiment, auquel je n'ai pas osé toucher et au regard de quoi la littérature m'a fait honte » (page 12).
    Il s'agit là d'un aspect de la vie de Duras que j'ignorais complètement, je n'avais jamais su qu'elle avait activement participé à la Résistance (dans le réseau commandé par François Mitterand). Au-delà des aspects biographiques, le récit est sublime dans sa description des émotions et des tourments de l'attente. C'est brut, ce n'est pas « écrit » à proprement parler, mais c'est tellement juste ! « Je ferme les yeux. S'il revenait, nous irions à la mer, c'est-ce qui lui ferait le plus plaisir. Je crois que de toutes façons je vais mourir. S'il revient, je mourrai aussi » (page 39). le tout dans son style si particulier, si clair, et si terriblement exact, si pertinent.
    Un récit désespéré, écrasé par la peur et des sentiments contradictoires, mais aussi un récit profondément lucide, dont le ton se détache des écrits de la même période, notamment en ce qui concerne l'attitude face aux Allemands et au génocide. « Si l'on fait un sort allemand à l'horreur nazie, et non pas un sort collectif, on réduira l'homme de Belsen aux dimensions du ressortissant régional. La seule réponse à faire à ce crime est d'en faire un crime de tous. de le partager » (page 65).

    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.fr/2010/08/la-douleur-marguerite-dur..
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Citations et extraits

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  • Par Wolland, le 26 novembre 2010

    Berlin flambe. Elle sera brûlée jusqu'à la racine. Entre ses ruines, le sang allemand coulera. Quelquefois on croit sentir l'odeur de ce sang. Le voir. Un prêtre prisonnier a ramené au centre un orphelin allemand. Il le tenait par la main, il en était fier, il le montrait, il expliquait comment il l'avait trouvé, que ce n'était pas de sa faute, à ce pauvre enfant. Les femmes le regardaient mal. Il s'arrogeait le droit de déjà pardonner, de déjà absoudre. Il ne revenait d'aucune douleur, d'aucune attente. Il se permettait d'exercer ce droit de pardonner, d'absoudre là, tout de suite, séance tenante, sans aucunement connaître la haine dans laquelle on était, terrible et bonne, consolante, comme une foi en Dieu. Alors de quoi parlait-il ? Jamais un prêtre n'a paru aussi incongru. Les femmes détournaient leurs regards, elles crachaient sur le sourire épanoui de clémence et de clarté. Ignoraient l'enfant. Tout se divisait. Restait d'un côté le front des femmes, compact, irréductible. Et de l'autre côté cet homme seul qui avait raison dans un langage que les femmes ne comprenaient plus.
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  • Par liratouva2, le 25 mai 2010

    d’abord distraitement puis de plus en plus fort. Le chat se couche sur le dos, il ronronne du désir fou d’Aurélia. Aurélia se couche contre le chat. Elle dit : " Ma mère, elle s’appelait Steiner."
    « Aurélia met sa tête contre le ventre du chat. Le ventre est chaud, il contient le ronronnement du chat, vaste, un continent enfoui.
    Steiner Aurélia. Comme moi.
    Je m’appelle Aurélia Steiner.
    J’habite Paris où mes parents sont professeurs.
    J’ai dix-huit ans.
    J’écris. »
    «C’est inventé. C’est de l’amour fou pour la petite fille juive abandonnée.
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  • Par She_Night, le 03 octobre 2010

    En mourant je ne le rejoins pas, je cesse de l'attendre.

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  • Par CoralieLeboucher, le 20 septembre 2014

    Parce que d'une seconde à l'autre seconde il va peut-être mourir, mais que ce n'est pas encore fait. Ainsi seconde après seconde la vie nous quitte nous aussi, toutes les chances se perdent, et aussi bien la vie nous revient, toutes les chances se retrouvent.

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  • Par liratouva2, le 25 mai 2010

    L’appartement est grand, presque vide, presque tout a été vendu. La dame se tient dans l’entrée, assise sur une chaise, à côté d’elle il y a un revolver. La petite fille l’a toujours connue là à attendre la police allemande. Nuit et jour, la petite fille ne sait pas depuis combien d’année la dame attend. Ce que sait la petite fille c’est que dès qu’elle entendra le mot polizeï derrière la porte la dame ouvrira et tuera tout, d’abord eux et puis ensuite, elles deux.
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