Voilà pour clore - au moins pour un moment car il reste des titres que je n'ai pas encore lus - mon exploration de la collection "Confessions" que j'ai vraiment voulu soutenir et transmettre dans ce blog.
Dans ce récit, le lecteur est immergé dans l'angoisse et la tristesse d'un enfant qui vit mal la transition qui se dessine devant lui. le futur est évoqué avec appréhension, les événements familiaux narrés au présent expriment la peur de la perte. On ne sent pas le regard adulte, l'auteur a voulu se rapprocher le plus possible de son sentiment d'enfant. le lecteur est donc au coeur de l'action et des pensées du narrateur, mais il manque peut-être la morale à tirer de tout ça.
L'angoisse est explorée dans ses nombreuses formes. Une menace plane sur toute la famille : la perte possible de leur grand-père. Passage obligé certes, mais pour le narrateur, c'est également une sorte de signe. Cette peur nouvelle le fait basculer dans le monde adulte. Il se met à culpabiliser sans raison, ce qui creuse la distance entre lui et ses cousins plus jeunes, qu'il regarde souvent de loin, pensif. le paysage bucolique est le miroir de l'innocente enfance, que le narrateur doit quitter. Mais à mi-chemin entre les champs et les discussions des adultes dans la cuisine, il est dans un entre-deux assez dérangeant.
Bernard Friot ouvre chaque chapitre par des poésies, genre qu'il affectionne beaucoup. le texte revêt souvent un ton mélancolique voire dramatique. Les descriptions de la grand-mère qui continue, malgré tout son chagrin et ses larmes, ses activités quotidiennes sont très touchantes. Un beau récit, sobre, grave et mélodieux sur le mal-être adolescent et la réflexion sur la perte.
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