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— Pacemaker —

J'avais aimé Virginia, ma première incursion dans l'oeuvre de Jens Christian Grøndahl, aimé pour l'ambiance incertaine dans laquelle il m'invitait avec simplicité et dont une citation de ce roman-ci me paraît décrire le secret : « Nous n'avons à notre disposition que nos mots usés. Ils se mettent parfois en travers du chemin, d'autres fois, ils ne suffisent pas mais, sans eux, il n'y aurait pas d'histoire, rien que le mutisme têtu des choses et des instants qui s'enfuient en passant fugacement. »

Grøndahl approche au plus près ses personnages, au premier rang desquels le narrateur anonyme des Bruits du coeur, sans que ce dernier et nous non plus ne les rencontrions véritablement, chacun ne pouvant être que frôlé, deviné, jamais possédé.
Cependant, la fluidité du style, la finesse des évocations, ne laissent pas de nous raconter un monde, par des détails, des considérations générales, nous menant l'air de rien au seuil de l'intime et à la limite de l'universel.

« La nuit tombe moins rapidement et, malgré le froid, il y a quelque chose dans les dernières lueurs éclairant le ciel qui nous dit que l'on peut raisonnablement se mettre à penser au printemps. »

Le véhicule, c'est dans ce roman le double récit, mené dans une forme d'introspection par le narrateur à partir de la mort d'une son ami d'enfance : « Quand je parle de lui, je raconte seulement comment il est devenu une partie de ma propre histoire. Je ne parvenais pas à me pardonner mon nombrilisme mais, d'un autre côté, comment cesse-t-on de contempler ce noeud ridé cerné de peau fine, ce lieu qui témoigne de la coupure brutale du lien avec le corps originel de l'amour ? »

L'amour, sous toutes ses formes, comment il se noue. L'histoire suivant aussi le fil d'un secret dont, pour tout dire, la révélation ne m'intéressait à la fin plus du tout sans que le roman m'ennuyât vraiment, vraiment tout à fait.

Dans Virginia, plus court, quelque chose de mal-aimable avait davantage retenu mon attention. Ici, tout est parfaitement et sans doute trop bien huilé à mon goût. Bien menée, bien écrite, cette histoire ne m'a en définitive que peu intéressé — ce qui est somme toute un problème de taille à ma satisfaction de lecteur.
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Pourquoi avais-je réservé ce livre à la bibliothèque ? Je ne m'en souviens plus, comme demain je ne me souviendrai plus de son contenu... alors j'en fais vite la critique.
Le narrateur apprend la mort subite, à quarante ans, de son ami d'enfance.
Les souvenirs remontent, en vrac. Les années qu'il a passées avec Adrian son ami, Ariane la soeur de celui-ci, l'amour de sa vie, avec ses parents, son fils...
Il y a des pages et des pages d'écriture, normal me direz vous, c'est un livre ! Des descriptions à n'en plus finir. Exemple : "C'est là, où se rejoignent les routes de la nuit aux petites heures enfumées de l'aube Ces lieux obscurs fonctionnent comme les ventricules du coeur de la ville, recevant péniblement leurs flots de songe-creux, de sages et de beauté fanées, avant de les rejeter dans les artères grises et vides du matin. La décoration la plus marquante du lieu est un grand tableau des années cinquante, montrant une blonde apeurée, au milieu de la rue, qui perd son slip tandis que le tramway se rapproche au loin entre ses jambes. " voilà, comme je l'ai dit , c'est écrit, mais suffit -il d'écrire pour écrire un livre ?
Je me suis ennuyée.
Quatre mauvaises critiques sur cinq, promis, je ne me défoule pas...mais la roue va tourner, j'en suis sûre.
Ce soir les amis, je pars à Combray, chez mon ami Marcel et je lirai ses longues phrases qui m'enchantent et me comblent .
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Ce livre du grand écrivain danois Jens Christian Grondahl pourrait lui aussi s'appeler "A la recherche du temps perdu" , à cela près qu'il est beaucoup plus court et beaucoup plus dense ! le Narrateur (dont nous ne savons pas le nom) débute son histoire au moment de la mort de son ami d'enfance Adrian, se remémorant ainsi toute sa vie.. Et dès lors, c'est une succession de flash-back reliés au présent par un jeu très habile d'écriture qui mêle l'imparfait au présent de narration (le passé composé et le plus que parfait exprimant eux aussi le temps où se situe le narrateur), et par lequel l'auteur parvient à faire ralentir ou accélérer le temps de la mémoire. Grondhal procède également par une série de phrases courtes avec une accumulation de détails comme si il y avait urgence à dire les choses et à les dire bien ; comme si la mémoire des évènements et des gens risquait de faire faux bond ; comme si le temps passé devenait une sorte de filet dans lequel s'englue la réalité présente ; comme si l'angoisse naissait de ce qui ne reviendra plus, et avec elle l'intensité et le chagrin de la perte, à travers le vertige de vivre. L'écriture est percutante et sait donner du sens en peu de mots à ce qui se passe. L'imparfait donne au présent ce sentiment de vertige fait de constatation devant le temps qui s'écoule et de sentiment d'irréparable face à ce qui a été raté, tandis que le passé composé assène en quelque sorte la continuité de ce qui se poursuit. Il en fait aussi un temps de réflexion, qui permet au narrateur de mieux comprendre ce qui se jouait alors ( "Du reste, il est faux de dire que j'avais oublié les femmes. Je pensais souvent aux derniers moments passés en compagnie d'Ariane, de Paula et de Julie. Je ne savais que faire de ma honte et j'ai laissé le temps l'enterrer sous des couches de jours") et de prendre du recul par rapport au présent. Ambiguïté du présent, perte du passé, impossible maîtrise de sa vie et relations aux autres faites d'égoïsme, d'inconscience, et de volonté d'exercer un pouvoir, et puis, la prise de conscience surgissant, de regrets et de remords, il y a tout cela dans ce livre et c'est pourquoi chacun d'entre nous peut s'y retrouver.
"J'envie ceux qui disent ne rien regretter, comme dans la chanson d'Edith Piaf. Si l'on ne regrette rien, on est soit un saint soit un philosophe. Ou alors on a la mémoire extrêmement courte. Ce qui ne serait pas le pire, d'ailleurs. Si seulement on pouvait oublier. Les gens disent toujours qu'il ne sert à rien d'avoir des regrets, mais est-ce une raison pour faire comme si rien ne s'était passé ?"
Un petit volume, mais un grand livre, assurément.
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Retour de lecture sur "Bruits du coeur" très beau roman publié en 1999, de Jens Christian Grøndahl, écrivain danois de renommée internationale. Adrien, la quarantaine, qui vit à New York depuis quelques années envoie une lettre au narrateur qui est son ami d'enfance. Dans cette lettre, celui-ci explique qu'il y a quelque chose qui le tourmente et qu'il aimerait bien en discuter avec lui. Malheureusement il meurt d'une crise cardiaque avant d'avoir pu lui en parler. le narrateur, dont nous ne connaîtrons jamais le nom, se rappelle également que lors de leur dernière entrevue Adrien lui avait dit qu'il aimerait bien être lui. Il reste donc avec cette interrogation de savoir à quoi son ami d'enfance faisait allusion. le roman est construit autour de cette intrigue, et le narrateur nous raconte l'histoire de sa vie et de celle d'Adrien, leur enfance commune, leurs mariages, leurs séparations, sa paternité et leurs différentes rencontres entre New York et Copenhague, pour finir par nous expliquer ce qui tourmentait tant son ami. L'auteur nous expose ses réflexions sur l'amitié, sur l'amour, avec beaucoup de sensibilité, de subtilité et avec un ton très nostalgique. C'est un très beau roman, très dense, très intériorisé, et c'est dans l'exploration de l'âme humaine que se trouve toute la force de ce roman. Celle-ci est faite de manière très minutieuse en s'attachant aux détails, comme dans ces estampes japonaises, qui sont la passion du narrateur, et pour lesquels ce sont les petits détails qui font tout. Les parcours de chacun sont décrits avec beaucoup de compassion et d'humanité, avec un regard particulièrement lucide. le portrait du narrateur, qui est chauve, petit, peu ambitieux, est très réaliste et l'auteur en fait un personnage très humain et attachant, en exposant ses doutes, ses renoncements et ses erreurs. C'est la vie de tout à chacun qui est finalement racontée, tout le monde peut y trouver son compte, s'y retrouver au moins partiellement. L'écriture de Grøndahl est très belle, élégante et mélancolique, ce qui donne un roman très touchant et très agréable à lire. C'est au final un très bon moment de lecture, un livre qui, avec ses bruits du coeur omniprésents jusqu'à la toute fin, laisse sa trace dans notre esprit encore un long moment après l'avoir définitivement refermé.
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Un très beau texte, une belle musique de mots pour relater, de manière lucide et poétique, les aléas de toute existence. Des parcours de vies complexes mais pleins d'humanité qui nous encouragent à ressentir de l' empathie vis à vis des personnages.
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Au hasard d'une conférence avec Jens Christian Grondahl, ce fut la rencontre avec un écrivain danois qui a tant de choses à nous dire pour nous inviter à réfléchir.
Il maîtrise parfaitement le français et lorsque je m'en étonne, sa réponse me laisse perplexe.... Il a appris le français à l'école et ses visites en France lui permettent de l'entretenir!
Ces livres comme ses paroles sont très denses, il nous faut du temps pour digérer, comprendre et apprécier!
Les bruits du coeur, roman de l'amour .... ou des amours
Ceux de l'ami avec les femmes de sa vie,
Ceux du narrateur avec les rencontres de sa vie,
Celui du narrateur avec son ami d'enfance, avec le fils qu'il a juste "fabriqué" avant de vraiment l'adopter.
Un décryptage, une découverte et une analyse de l'amour avec les différents paliers : naissance, évolution, plénitude et disparition avant la renaissance sous une autre forme.
Les bruits du coeur c'est tout cela avec une maîtrise de l'écriture et une virtuosité saisissante .... Et il faudra attendre la dernière ligne du roman pour avoir encore un dernier clin d'oeil ... Bruits du coeur! Superbe lecture
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Il y a des auteurs où, dès les premières pages, on se demande pourquoi on ne les a pas lus plus tôt. Grøndahl pour moi en fait partie.

Adrian est mort à 39 ans d'une crise cardiaque pendant une partie de squash. Son meilleur ami (le narrateur dont on ne connaîtra jamais le nom) tente de faire son deuil en sondant ses souvenirs pour comprendre ce qui les a unis mais aussi séparés. Chacun d'eux a en effet, une personnalité très différente et pourtant, ils ne manquèrent pas dès leur plus âge de faire les 400 coups ensemble.
Adrian plutôt beau gosse, est issu d'une famille bourgeoise et a parfaitement réussi sa vie - ou presque - à New-York, tandis que notre narrateur, mal dans sa peau, issu d'une famille modeste qui côtoie la prostitution, peine à trouver sa place.
Avant de mourir, Adrian, qui avait pourtant tout pour lui, a déclaré à son ami: «J'aurais volontiers été toi, je le pense vraiment.» et de rajouter dans sa lettre « j'ai besoin de te parler d'une chose qui me tourmente depuis longtemps.». C'est cette dernière phrase qui ne cesse de tourmenter notre narrateur. Des secrets l'un pour l'autre, ils en ont eu. Et c'est peut-être finalement ces moments de troubles qui s'essaimèrent dans leur vie, qui ont fait de celle-ci et de leur amitié, ces contours si chaotiques.

Ce roman se conçoit comme un questionnement. Ce n'est pas de la nostalgie qui ressort de ce deuil mais plutôt un retour sur soi. Connaissons-nous vraiment ceux qui nous entourent ? et de soi-même finalement, que connaît-on ? Grøndahl pour cela, y mêle habilement passé et présent. L'écriture y est dense, subtile et intelligente pour sonder le plus profond des sentiments et de l'être.
Ce n'est sans doute pas étonnant si notre narrateur aime les estampes. J'y vois un parallèle intéressant sur la propre vie du narrateur, quand on sait que pour fabriquer ces images il faut d'abord inciser la matière. Entailler les souvenir pour comprendre l'existence… le rapprochement avec les estampes d'Hokusaï « le monde flottant » n'en est que plus troublant et donne une autre image des pensées qui hantent notre personnage.

C'est un roman auquel j'ai été très sensible et qui m'a beaucoup touchée.
Lien : http://tournerlespages.over-..
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Une lettre qui arrive après la mort de son auteur, deux amis d'enfance, l'un à Copenhague, l'autre aux Etats-Unis. Une femme entre les deux, soeur de l'un, maîtresse de l'autre. Une grande demeure bourgeoise, des estampes japonaises, un hôtel de passe. Et entre les lignes, une vie racontée, une réflexion introspective et nostalgique, portée par un style intimiste. le passé échappe, glisse, oblige à se contenter d'interprétations insatisfaisantes. Je me suis un peu ennuyée, la faute peut-être à quelques longueurs, même si l'écriture est fluide et élégante. le manque d'action ne me gène pas d'ordinaire, mais je suis restée en dehors de cette lecture à l'atmosphère mélancolique.
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Jens Christian Grondahl
Bruits du coeur
roman Gallimard 1999 2002 267p
traduit du danois par Alain Gnaedig


le ton est mélancolique. le temps a passé, et passe encore quand la mort l'arrête et rappelle des moments du passé, avec des sentiments de culpabilité et d'incompréhension. Finalement c'est une enquête que mène le narrateur à la première personne qui vit à Copenhague, un homme de 39 ans dont celui qui fut son meilleur ami , Adrian, de deux semaines son aîné, vient de mourir d'une crise cardiaque, de stress, dit sa soeur Ariane, en lui laissant de son vivant une lettre dans laquelle il lui écrit qu'il a besoin de lui dire quelque chose que lui seul comprendra. A la dernière de leurs rencontres, il lui a répété par deux fois qu'il aimerait bien être à sa place.
Le narrateur est un homme chauve, plutôt perdu, père d'un fils de 13 ans, qui , après avoir quitté l'architecture, se passionne pour les estampes japonaises, parce qu'elles sont des « peintures du monde flottant », notamment celles de Hiroshige très doué pour le sens du détail, que partageait sa compagne Julie qui aimait à citer cette phrase : « Dieu est dans les détails. »
Adrian vient d'un milieu aristocratique, vivant entre une mère complètement déprimée depuis le départ de son mari, et sa soeur plus âgée de quatre ans, qui se révèle une brillante pianiste, mais qui n'atteindra jamais l'élite des virtuoses. le frère et la soeur vivent très librement. A 12 ans, le narrateur, issu d'un milieu nettement plus pauvre, dont le père alcoolique qui tient vaguement un hôtel de passe a été plaqué par sa mère laquelle n'a jamais connu de relations sentimentales épanouissantes, nourrit des sentiments amoureux pour Ariane.
Les enfants grandissent, ne deviennent pas ce qu'ils rêvaient d'être, Adrian séduit beaucoup de femmes et s'enfonce dans l'alcool et s'enfuit à New York, Ariane couche avec le narrateur. Un soir de forte ivresse, Adrian rencontre sa soeur et le narrateur est témoin de cette rencontre déstabilisante.
Les scènes que le narrateur se rappelle sont imprégnées de la lumière, des reflets, des gestes qui les accompagnaient. le narrateur se situe davantage dans l'observation des choses que dans l'action. Il est à l'écart de sa vie, toujours disponible pour un nouvel avenir dont il ne pressent pas grand-chose, peut-être parce qu'il n'a pas su garder Ariane, même si leurs corps ne s'accordent guère. le Danemark fut aussi le pays du prince Hamlet qui s'interrogeait sur l'existence.
C'est la vie comme elle passe, celle de tout un chacun, la nôtre assurément, et les bruits du coeur des personnages résonnent en rythme avec les nôtres dans un quotidien qui se ressemble pour faire entendre le temps qui passe en portant des moments heureux et malheureux. Rien n'est jamais définitivement fixé. de celui dont le coeur ne bat plus, on aura aussi la clef du secret, dont les trois personnages principaux hésitaient à ouvrir la porte. Une amitié a desserré ses liens, et reprend autrement quand les liens desserrés s'accrochent à d'autres que tend, dans ses hasards, la vie.
L'écriture de ce livre est tissée de simplicité et de sincérité. On se prend de sympathie pour le narrateur de petite taille qui essaie de se trouver une place dans sa vie. La lecture, motivée dès les premières lignes, remue et implique.
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Peu d'action et beaucoup d'introspection dans ce roman où un homme réfléchit à sa vie et à ses amours passés suite à la mort d'un de ces amis. Une écriture fluide, très belle, qui rend la lecture agréable et donne envie de suivre le fil des pensées de cet homme. L'auteur est décrit comme l'un des plus grands écrivains contemporains danois dans la présentation proposée par Folio.
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