Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique


> Alain Gnaedig (Traducteur)

ISBN : 9782070125289
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 3.32/5 (sur 60 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
'Les meilleures années appartiennent-elles toujours au passé? En est-on responsable? Ces questions viennent hanter Ingrid Dreyer, architecte et mère divorcée, au cours de quatre jours dramatiques, où plus rien ne se révèle être comme elle le croit.

Lorsq... > voir plus
Lire un extrait Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (20)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Tempuslegendae, le 25 avril 2014

    Tempuslegendae
    Pourquoi oublie-t-on aussi facilement les traducteurs, qui font un travail phénoménal d’intercession en amont, pour ne pas dire prépondérant au service des lecteurs? Certes, le travail d’écriture du danois Jens Christian GRONDHAL est immense, mais s’il n’y avait pas cette appropriation temporaire d’un tiers pour la traduction du texte, peut-être serions-nous loin d’en comprendre toutes les finesses. Donc, en tout bien tout honneur, saluons au passage Alain Gnaedig, polyglotte, pour sa touche indispensable concernant «Quatre jours en mars».
    Ce roman passe pou être le plus accompli des ouvrages de GRONDHAL. C’est le plus ample et le plus ambitieux.
    Ingrid, architecte dans un prestigieux cabinet, apprend, alors qu’elle se trouve en Suède, que son fils, ce dadais maigrichon, ce gamin qui demeure «son bébé», qu’elle n’a pas vu grandir, qu’elle se reproche de ne pas avoir aidé à s’émanciper, vient de tabasser, avec une bande de copains, un jeune arabe.
    En quatre journées, tandis qu’elle ne parvient pas à établir le contact avec le coupable mutique, c’est toute sa vie à elle (soit près d’un demi siècle) qui ressurgit en anamnèses s’entrechoquant, se combinant, se contredisant. Bousculées, confuses ou trop nettes, douloureuses, parfois emmêlées et lacunaires, tissant un complexe réseau de mémoire duquel on devine que les souvenirs personnels de GRONDHAL ne sont pas absents. Une vie indissociable de celle de sa mère, de sa grand-mère, de son ex-mari, et maintenant de son amant. Comme dans cette famille proliférante et non moins «décomposée», typique de notre société, on se marie plusieurs fois, on multiplie les liaisons; d’ailleurs, en toute honnêteté, il m’est arrivé de me perdre un peu dans cette histoire, de regretter presque l’absence d’un arbre généalogique. Et, par chance, aucune pièce du puzzle ne s’est égarée.
    Mais, c’est surtout Ingrid qui se perd à chercher le sens de son existence, entre Ada, l’aïeule, auteure à turban, en cours d’oubli, dont le comportement théâtral épuise, Berthe, mère demeurée petite fille, fière de fréquenter la sphère des écrivains, ou, plein de courtoise compréhension, de vraie tendresse, ce Frank vieillissant, qui ne quittera jamais, pour Ingrid, son épouse. Bref, j’arrêterais ici cette description de personnages, préférant sans mesure vous les laisser découvrir, l’idée n’en sera que meilleure.
    Enfin, ce n’est pas sans une pointe d’émotion que l’on se prend à méditer sur cette addition de facteurs héréditaires, de hasards, de sursauts de la volonté et d’occasions perdues qui composent un destin.
    Voici un roman qui, à mon sens, n’aura pas démérité les étoiles que je lui attribue sans hésitation.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 21         Page de la critique

  • Par Aela, le 03 juillet 2013

    Aela
    Ingrid Dreyer a 48 ans, elle est architecte danoise, divorcée et mère d'un adolescent.
    Elle vit un moment charnière de son existence.
    Son fils est arrêté par la police pour violences commises sur un jeune Arabe.
    Comment en est-on arrivé là?
    Elle fait défiler son passé et ressasse sa culpabilité.
    Un portrait de femme de notre temps, d'une grande acuité psychologique.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 25         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par pyrouette, le 30 septembre 2014

    pyrouette
    J'ai ressenti une immense et inoxerable solitude en lisant cette histoire. La solitude que se traîne depuis toujours Ingrid, malgré sa vie professionnelle réussie. Un mariage raté, un enfant, un amant marié, une mère et une grand-mère brillantes, présentes et… pesantes. Ingrid en est là quand elle apprend par un appel téléphonique que son adolescent de fils vient de tabasser un jeune immigré en fauteuil roulant. Elle était en déplacement, laisse tout tomber et rentre. Pour essayer de comprendre les actes de son fils, comprendre sa vie, remonter le fil du passé vers les deux femmes de sa vie. Quand une femme arrive au fond d'une impasse, elle a le choix : soit faire un retour en arrière, soit foncer et tout faire exploser. Ingrid, va dans un premier temps, choisir la première solution.


    Lien : http://pyrouette.canalblog.com/archives/2014/09/28/30666140.html#com..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 24         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par myrtille81, le 08 septembre 2012

    myrtille81
    Ingrid Dreyer est divorcée et vit avec son fils de quinze ans. Architecte, elle est en déplacement d'affaire quand elle apprend que son fils a été arrêté par la police pour agression raciste.
    Le roman va suivre Ingrid pendant quatre jours, quatre jours d'introspection, de questionnements et remises en question. Quatre jours pendant lesquels les souvenirs remontent.
    Quatre jours en mars est un roman psychologique et contemplatif. Malgré le fait divers du départ, il n'y a que très peu d'action. Juste une vie. Dans ses moindres détails.
    Les personnages de ce roman sont justes, les relations familiales et amoureuses sont décortiquées sans aucune simplification ou manichéisme. Ainsi que leurs blessures.
    A travers les nombreux souvenirs d'Ingrid, l'auteur interroge. Qu'est ce qu'être mère ? Comment dépasser ses blessures ?Comment pardonner et se pardonner ? Comment assumer ses choix, accepter sa vie ?
    L'auteur aborde la fragilité d'un être, d'une vie.
    Ce qui m'a le plus marqué dans ce roman est sa construction parfaitement maîtrisée. Rien n'est linéaire ; le roman saute d'une époque à l'autre et d'un lieu à l'autre. le récit suit le fil des pensées d'Ingrid, les méandres de ses souvenirs. Et malgré ce fil décousu, je ne me suis pas sentie perdue plus de trois lignes.
    L'écriture est très belle. Mais parfois trop travaillée, soignée. J'ai eu parfois l'impression qu'au lieu de chercher le mot juste, l'auteur a cherché le mot le plus affecté.
    Un autre petit bémol, j'ai trouvé le roman un brin trop long j'aurais par moment préféré un peu moins de détails.
    Malgré ces quelques bémols, j'ai vraiment apprécié la lecture de ce roman. J'ai retrouvé quelques points communs avec Joyce Carol Oates dans l'art de scruter les âmes de ses personnages. C'est une lecture qui, à l'instar d'Ingrid, mène à l'introspection.


    Lien : http://mumuzbooks.blogspot.fr/2012/09/jens-christian-grndahl-quatre-..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 16         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par som, le 09 octobre 2012

    som
    Quatre jours, c'est exactement le temps qu'il faudra à Ingrid pour voir son fils quitter la maison brusquement, à la suite d'une bagarre qui a mal tourné, pour rompre avec son bel mais plus tout à fait jeune amant et surtout pour revisiter son histoire personnelle puis, par ricochet, celles de sa mère et de sa grand-mère.
    A travers ces trois générations de femmes, Jens Christian Grondahl étudie l'effet irrémédiable du temps sur les élans du cœur et sur les corps. Par touches délicates, il peint le délitement de ses héroïnes pourtant si fortes. le passé s'entremêle au présent dans un jeu d'échos déformants, quelque peu proustiens, la nostalgie en moins, la lucidité en plus. La frontière entre le temps passé qui ne sera plus, celui qui revient en cycle et le présent est parfois si ténue que l'on ne sait plus trop si on a affaire à trois destins distincts ou à une seule et même vie. En tout cas, la subtilité du procédé amène le trouble et l'admiration pour cette qualité littéraire.
    Roman sur la transmission donc, mais également esquisse des relations hommes-femmes dans les pays nordiques. On ne saurait dire qui s'en tire le mieux. Les protagonistes masculins, volontairement en retrait, se caractérisent par une certaine faiblesse. Plusieurs se font quitter, certains sont poussés au suicide. Les femmes se trouvent face à une alternative assez simple : la gentille épouse au foyer versus la femme de tête indépendante mais abonnée à la solitude. Bref, tout le monde en ressort déboussolé.
    L'élégance du style, parfois très sophistiqué il est vrai, invite à une lecture lente, à petites doses. Ce livre doit être dégusté pour être apprécié, un peu comme on croque du bout des lèvres un chocolat saturé de cacao.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la critique

> voir toutes (27)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par joedi, le 13 mai 2012

    Elle feuillette le livre. Ici et là, on voit une femme en tailleur serré ou une petite Fiat, une Topolino pétaradante qui, telle une éphémère, indique quand le cliché a été pris. Les édifices antiques ont l'air d'une indifférence monumentale, pour eux, un siècle est insignifiant. Les gens n'on aucune importance. Après un certain niveau de destruction, les ruines du Forum se sont détournées de toute humanité pour virer à l'abstraction majestueuse et minérale. Peu importe si ce sont les troupeaux de moutons pastoraux de l'Age d'or ou les Japonais avec Sony et visière qui passent entre l'herbe écrasée et les colonnes rongées.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 8         Page de la citation

  • Par Aproposdelivres, le 23 septembre 2014

    Elle a déjà mis une de ses boucles d'oreilles et cherche à se saisir de la seconde lorsque le téléphone sonne. Les pulsations de la tonalité lui semblent aussi étrangères que les meubles anonymes de la chambre. Elle reste devant le miroir. Son rouge à lèvres est trop vif, c'était un essai, d'habitude elle porte une nuance plus pâle. C'est sûrement Morten, son coordinateur de projet, qui, comme toujours, est en avance. Pourtant, il reste encore quelques minutes avant leur rendez-vous dans le hall de l'hôtel. Il sait où se trouve le restaurant. De toute façon, c'est lui qui règle les détails de logistique. Mais aujourd'hui, elle s'est bien débrouillée, encore une fois. La présentation s'est déroulée comme prévu, même les questions des maîtres d'ouvrage sont restées dans le cadre prévu, et elle s'est montrée claire et concentrée.
    Elle s'autorise à continuer de regarder son reflet dans le miroir, puisqu'elle a décidé de faire comme si elle n'était pas là. Le bourdonnement intermittent du téléphone lui donne l'impression d'être surveillée. Elle ferait mieux de mettre sa deuxième boucle d'oreille, de prendre sa pochette, de poser son manteau sur le bras et de sortir dans le couloir silencieux. Elle croise son regard. Ingrid Dreyer, quarante-huit ans. Une femme célibataire, qui a réussi et, aux yeux de certains, encore belle. Du moins, aux yeux de ceux qui lui importent, mais elle a trop maigri. On le voit avec la robe qu'elle a choisie pour la soirée, on voit son âge. Il y a quelque chose à la clavicule et à la peau des bras, mais pas seulement.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la citation

  • Par pyrouette, le 29 septembre 2014

    Vieillir n'apporte aucune sagesse, mais il y a l'autorité de l'irrémédiable, et c'est le souvenir des meilleures années. Cette brève période où l'on faisait un avec son temps, dans un échange sans heurts, actif et plein d'espoirs.

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la citation

  • Par joedi, le 16 mai 2012

    Ada se métarmophosait quand ils descendaient de l'autocar et parcouraient le bout de chemin, chargés de leurs sacs à dos et de leurs valises. C'était comme si elle s'écaillait, comme si elle perdait quelque chose de raide et de guindé, elle commençait à rire de toutes ses dents au lieu de sourire du bout de ses lèvres maquillées. Il lui plaisait de jouer à la paysanne pendant quelques semaines, de déambuler en bottes de caoutchouc ou en sabots, avec un foulard bariolé noué autour de la tête.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la citation

  • Par joedi, le 05 mai 2012

    Quand ils se regardaient dans les yeux, dans une chambre d'hôtel aux rideaux tirés, on aurait dit qu'il contemplait une des ramifications possibles de l'existence, comme s'il pouvait la replacer ailleurs, à un stade antérieur, et modifier la direction que les choses avaient prise.

    Commenter     J’apprécie          0 11         Page de la citation

> voir toutes (6)

Videos de Jens Christian Grondahl

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Jens Christian Grondahl

Jens Christian Grondahl - Les complémentaires .
Jens Christian Grondahl - Les complémentaires aux éditions Gallimard. Traduit du danois par Alain Gnaedig. Rentrée littéraire 2013. http://www.mollat.com/livres/grondahl-jens-christian-les-complementaires-9782070134984.html Notes de Musique : Jan Garbarek - Bobo Stenson Quartet - 03 Hasta Siempre








Sur Amazon
à partir de :
4,00 € (neuf)
3,88 € (occasion)

   

Faire découvrir Quatre jours en mars par :

  • Mail
  • Blog

Découvrez la collection Folio

> voir plus

Quiz