Une femme découvre presque en même temps que son mari la quitte et qu'elle n'est pas la fille de l'homme qui croyait être son père. Vie brisée, mémoire brisée, tout vole en éclats. Ce texte est un roman sur le doute, la remise en question, la libération des femmes et le post-féminisme, un roman aussi sur les relations mère-fille, sur le couple et la fin du couple, sur l'adultère, sur la filiation et sur le temps. Bref un grand roman. Une fois de plus Grondhal se met dans la tête de son personnage et le laisse parler, exprimer les méandres de ses pensées et de sa psychologie. Malheureusement on s'y noie un peu, et ce qui nous permettait de nous attacher à ce personnage finit par être la raison pour laquelle il nous donne l'impression de tourner en rond. Peut-être le texte est-il trop long et l'auteur veut-il aborder trop de thèmes, ce qu'il fait toujours en profondeur ? Peut-être est-ce le reflet d'une société profondément narcissique où tout tourne autour de l'ego de chacun ?
Cela dit, j'ai beaucoup aimé ce texte et cette femme dans laquelle je me suis retrouvée comme avec une soeur. Profondément humain, il sonne extrêmement vrai et la justesse des remarques de
Grondahl m'ont plus d'une fois époustouflée. Oui ce bilan sur la condition féminine post XXe genre "les femmes pour les nuls", si je puis dire, intéressera à la fois les femmes et les hommes qui tentent de les comprendre. (A quand du reste une oeuvre littéraire genre "les hommes pour les nulles ?" je suis intéressée...Comme dit l'héroïne : "Les hommes jeunes sont devenus si féminins, et cela depuis que je porte des pantalons. Curieusement, les hommes de mon âge se sont montrés plus féminins à partir du moment où ils ont porté la barbe...On peut accepter que les hommes ne pensent plus à vous tenir la porte, mais voyez un peu leur attitude avachie. Ça n'arrange rien s'ils sont doué pour planter des clous.")