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> Alain Gnaedig (Traducteur)

ISBN : 2070312984
Éditeur : Gallimard (2004)


Note moyenne : 3.78/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le narrateur, dont nous ne saurons jamais le nom, approche de la quarantaine. Il vit à Copenhague, où il gagne assez modestement sa vie en tant que spécialiste des estampes japonaises. Son ami d'enfance, Adrian, vit désormais à New York où il connaît une belle réussite ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Tempuslegendae, le 09 mars 2013

    Tempuslegendae
    C'est ennuyeux à dire, mais les livres les plus beaux sont souvent les plus tristes. Á notre époque où le rire résonne comme un mot d'ordre, où nos talentueux écrivains ont, au pire un look, au mieux un style, avant d'avoir quoi que ce soit à raconter, la littérature ose se réfugier dans ce qui fait au fond son magnifique ordinaire: amitiés ou amours défuntes et temps qui passe.
    «J'ai reçu une lettre de mon plus vieil ami cinq jours après sa mort. Ce n'était pas une lettre d'adieu. Il avait été victime d'une crise cardiaque pendant une partie de squash à Manhattan. Je n'aurais jamais cru que l'on puisse mourir ainsi, à notre âge. Adrian avait 39 ans, j'étais son cadet de deux semaines. […] Désormais, c'est moi qui serait plus âgé que lui, toujours plus, et si tant est que je vive assez vieux, il m'apparaîtra alors comme un jeune homme que j'ai connu autrefois.» Ainsi débute «Bruits du cœur», le roman de Jens Christian GRONDAHL et, dès les premières lignes, l'évidence de ce que, faute de mieux, on appellera «un chef d'œuvre» s'impose. S'il vous plait, ne me regardez pas comme ça!
    Récit d'une vie vue à travers le prisme d'une amitié perdue, ce roman nous bouleverse avec simplicité (c'est la seule expression que je propose). le narrateur rencontre donc Adrien. Ils sont amis, vont à l'école, aiment des femmes (peut-être la même, mais au fond quelle importance?), apprennent à oublier leurs parents, deviennent architectes et hommes d'affaires, passent leurs vacances au bord de la mer du Nord, voyagent et s'oublient peu à peu. Alors Adrien meurt dans les circonstances que nous connaissons, et que reste-t-il? Une merveille de roman que l'on n'oubliera plus. le deuil et le chagrin peuvent-ils être magnifiques?
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    • Livres 4.00/5
    Par Cath36, le 18 décembre 2011

    Cath36
    Ce livre du grand écrivain danois Jens Christian Grondahl pourrait lui aussi s'appeler "A la recherche du temps perdu" , à cela près qu'il est beaucoup plus court et beaucoup plus dense ! le Narrateur (dont nous ne savons pas le nom) débute son histoire au moment de la mort de son ami d'enfance Adrian, se remémorant ainsi toute sa vie.. Et dès lors, c'est une succession de flash-back reliés au présent par un jeu très habile d'écriture qui mêle l'imparfait au présent de narration (le passé composé et le plus que parfait exprimant eux aussi le temps où se situe le narrateur), et par lequel l'auteur parvient à faire ralentir ou accélérer le temps de la mémoire. Grondhal procède également par une série de phrases courtes avec une accumulation de détails comme si il y avait urgence à dire les choses et à les dire bien ; comme si la mémoire des évènements et des gens risquait de faire faux bond ; comme si le temps passé devenait une sorte de filet dans lequel s'englue la réalité présente ; comme si l'angoisse naissait de ce qui ne reviendra plus, et avec elle l'intensité et le chagrin de la perte, à travers le vertige de vivre. L'écriture est percutante et sait donner du sens en peu de mots à ce qui se passe. L'imparfait donne au présent ce sentiment de vertige fait de constatation devant le temps qui s'écoule et de sentiment d'irréparable face à ce qui a été raté, tandis que le passé composé assène en quelque sorte la continuité de ce qui se poursuit. Il en fait aussi un temps de réflexion, qui permet au narrateur de mieux comprendre ce qui se jouait alors ( "Du reste, il est faux de dire que j'avais oublié les femmes. Je pensais souvent aux derniers moments passés en compagnie d'Ariane, de Paula et de Julie. Je ne savais que faire de ma honte et j'ai laissé le temps l'enterrer sous des couches de jours") et de prendre du recul par rapport au présent. Ambiguïté du présent, perte du passé, impossible maîtrise de sa vie et relations aux autres faites d'égoïsme, d'inconscience, et de volonté d'exercer un pouvoir, et puis, la prise de conscience surgissant, de regrets et de remords, il y a tout cela dans ce livre et c'est pourquoi chacun d'entre nous peut s'y retrouver.
    "J'envie ceux qui disent ne rien regretter, comme dans la chanson d'Edith Piaf. Si l'on ne regrette rien, on est soit un saint soit un philosophe. Ou alors on a la mémoire extrêmement courte. Ce qui ne serait pas le pire, d'ailleurs. Si seulement on pouvait oublier. Les gens disent toujours qu'il ne sert à rien d'avoir des regrets, mais est-ce une raison pour faire comme si rien ne s'était passé ?"
    Un petit volume, mais un grand livre, assurément.
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    • Livres 4.00/5
    Par Fleur, le 06 septembre 2011

    Fleur
    Il y a des auteurs où, dès les premières pages, on se demande pourquoi on ne les a pas lus plus tôt. Grøndahl pour moi en fait partie.
    Adrian est mort à 39 ans d'une crise cardiaque pendant une partie de squash. Son meilleur ami (le narrateur dont on ne connaîtra jamais le nom) tente de faire son deuil en sondant ses souvenirs pour comprendre ce qui les a unis mais aussi séparés. Chacun d'eux a en effet, une personnalité très différente et pourtant, ils ne manquèrent pas dès leur plus âge de faire les 400 coups ensemble.
    Adrian plutôt beau gosse, est issu d'une famille bourgeoise et a parfaitement réussi sa vie - ou presque - à New-York, tandis que notre narrateur, mal dans sa peau, issu d'une famille modeste qui côtoie la prostitution, peine à trouver sa place.
    Avant de mourir, Adrian, qui avait pourtant tout pour lui, a déclaré à son ami: «J'aurais volontiers été toi, je le pense vraiment.» et de rajouter dans sa lettre « j'ai besoin de te parler d'une chose qui me tourmente depuis longtemps.». C'est cette dernière phrase qui ne cesse de tourmenter notre narrateur. Des secrets l'un pour l'autre, ils en ont eu. Et c'est peut-être finalement ces moments de troubles qui s'essaimèrent dans leur vie, qui ont fait de celle-ci et de leur amitié, ces contours si chaotiques.

    Ce roman se conçoit comme un questionnement. Ce n'est pas de la nostalgie qui ressort de ce deuil mais plutôt un retour sur soi. Connaissons-nous vraiment ceux qui nous entourent ? et de soi-même finalement, que connaît-on ? Grøndahl pour cela, y mêle habilement passé et présent. L'écriture y est dense, subtile et intelligente pour sonder le plus profond des sentiments et de l'être.
    Ce n'est sans doute pas étonnant si notre narrateur aime les estampes. J'y vois un parallèle intéressant sur la propre vie du narrateur, quand on sait que pour fabriquer ces images il faut d'abord inciser la matière. Entailler les souvenir pour comprendre l'existence… le rapprochement avec les estampes d'Hokusaï « le monde flottant » n'en est que plus troublant et donne une autre image des pensées qui hantent notre personnage.

    C'est un roman auquel j'ai été très sensible et qui m'a beaucoup touchée.

    Lien : http://tournerlespages.over-blog.com/article-bruits-du-coeur-8349911..
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    • Livres 5.00/5
    Par christinebeausson, le 07 septembre 2013

    christinebeausson
    Au hasard d'une conférence avec Jens Christian Grondahl, ce fut la rencontre avec un écrivain danois qui a tant de choses à nous dire pour nous inviter à réfléchir.
    Il maîtrise parfaitement le français et lorsque je m'en étonne, sa réponse me laisse perplexe.... Il a appris le français à l'école et ses visites en France lui permettent de l'entretenir!
    Ces livres comme ses paroles sont très denses, il nous faut du temps pour digérer, comprendre et apprécier!
    Les bruits du cœur, roman de l'amour .... ou des amours
    Ceux de l'ami avec les femmes de sa vie,
    Ceux du narrateur avec les rencontres de sa vie,
    Celui du narrateur avec son ami d'enfance, avec le fils qu'il a juste "fabriqué" avant de vraiment l'adopter.
    Un décryptage, une découverte et une analyse de l'amour avec les différents paliers : naissance, évolution, plénitude et disparition avant la renaissance sous une autre forme.
    Les bruits du cœur c'est tout cela avec une maîtrise de l'écriture et une virtuosité saisissante .... Et il faudra attendre la dernière ligne du roman pour avoir encore un dernier clin d'oeil ... Bruits du cœur! Superbe lecture
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    • Livres 4.00/5
    Par kathy, le 16 avril 2011

    kathy
    Un très beau texte, une belle musique de mots pour relater, de manière lucide et poétique, les aléas de toute existence. Des parcours de vies complexes mais pleins d'humanité qui nous encouragent à ressentir de l' empathie vis à vis des personnages.
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Citations et extraits

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  • Par kathy, le 16 avril 2011

    Je ne sais comment l'amour survient ni comment il s'éteint, et j'ai cessé de me le demander. Mais je ne crois pas que l'amour se trompe ou doute de son apparence. On n'aime jamais en vain, mais l'on aime parfois aveuglément, voire même malgré ce que l'on voit. Je sais qu'il y a des amours heureuses et malheureuses, cependant, je n'en sais guère plus. Quelquefois, on aime l'amour jusqu'à le briser, d'autres fois il dévore tout le reste. De temps en temps, il meurt, mais il est aussi capable de survenir aux moments les plus inattendus. Et ça, je l'avais oublié.
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  • Par kathy, le 16 avril 2011

    Elle avait perdu le contact avec ses amis d'autrefois... Je ne sais pourquoi elle m'a raconté son histoire dès ma première rencontre. Peut-être raconte-t-on son histoire parce que l'on est sur le point de la laisser derrière soi. Peut-être se met-on en mouvement sans même en avoir conscience. Tandis que l'on raconte, on comprend que l'histoire appartient au passé, que l'avenir a déjà commencé et que la vie continue tandis que l'on regarde en arrière.
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  • Par Cath36, le 18 décembre 2011

    Certes le destin de chacun est ce que l'on fait de celui-ci, mais ce que l'on fait devient alors aussi irrémédiable que le sort véritable. Ce que l'on fait, et ce que l'on néglige de faire. Ce que l'on dit, et ce que l'on exprime jamais. Ce que l'on permet aux autres de voir, et ce que l'on tient devant soi pour qu'ils ne le manquent pas. Ce qui arrive, ce que l'on devient.

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  • Par kathy, le 15 avril 2011

    La pudeur était à la base de notre amitié et peut-être est-ce pour cela que nous étions si liés. Du reste, je ne suis pas certain que les confidences apportent grand-chose, ni même que cela aide un ami si l'on écoute ses jérémiades. J'ai dans l'idée qu'il peut se développer une forme de solidarité équivoque car, au bout du compte, on se solidarise avec la détresse ou les soucis, et non avec le pauvre bougre qui doit tenter de se remettre sur pied et de repartir.
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  • Par Cath36, le 18 décembre 2011

    Il n'y avait rien à comprendre. Certains faits sont incompréhensibles et aussi durs qu'une pierre tombale et le concept d'éternité. Il faut se contenter d'en prendre acte.

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Videos de Jens Christian Grondahl

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Vidéo de Jens Christian Grondahl

Jens Christian Grondahl - Les complémentaires .
Jens Christian Grondahl - Les complémentaires aux éditions Gallimard. Traduit du danois par Alain Gnaedig. Rentrée littéraire 2013. http://www.mollat.com/livres/grondahl-jens-christian-les-complementaires-9782070134984.html Notes de Musique : Jan Garbarek - Bobo Stenson Quartet - 03 Hasta Siempre











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