> Alain Gnaedig (Traducteur)

ISBN : 2070782050
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 3/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
Nous sommes en 1977. Un jeune homme croise à la Gare Centrale de Copenhague une jeune femme, "dégingandée, les cheveux châtains en bataille et le visage angueleux". Il l'héberge quelques jours avant de découvrir qu'elle lui a donné un faux nom - elle s'appelle Sonja et ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 26 mai 2011

    canel
    Un conseil : là encore, ne lisez pas la 4ème de couv' si vous voulez avoir quelque chose à découvrir !
    Le narrateur, un étudiant, travaille l'été au service de réservation des hôtels de la Gare Centrale de Copenhague. Une jeune fille, Randi Petersen, lui confie la clef d'une consigne automatique où elle vient de déposer un sac, puis lui demande de l'héberger. Elle disparaît au bout de quelques jours, manifestement après s'être rendu compte que le jeune homme a fouillé dans ses affaires et découvert sa véritable identité : Sonja Evers... le narrateur croise par hasard quinze ans plus tard Sonja, il la suit et va tenter de résoudre l'énigme de cette femme dont la fuite l'a visiblement hanté pendant toutes ces années.
    Je n'en dévoile pas plus. C'est l'histoire de deux individus tourmentés : l'un par l'énigme d'une jeune femme, l'autre par le poids de son passé et sa culpabilité. Il y est question de la peur de la vacuité de l'existence, de la "philosophie" du terrorisme, de la fascination que peut exercer un individu quasi-inconnu sur un autre pendant plusieurs années de séparation, de la Justice et de la justice (culpabilité, remords)... Certaines des réflexions suscitées par ce roman très riche m'ont rappelé l'excellent Le Liseur de Bernhard Schlink.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Deuzenn, le 25 novembre 2011

    Deuzenn
    Jens Christian Grondhal a un vrai talent pour mêler intimement la petite histoire à la grande Histoire sans en avoir l'air. La preuve avec ce roman dans lequel un étudiant croise dans une gare une jeune femme qui le subjugue immédiatement. Qui est-elle, que fait-elle, il n'en saura rien- le prénom qu'elle prétend être le sien est un faux. Elle ne laisse qu'une clé avant de s'évaporer dans la nature. Ce que renferme le coffre qu'ouvre cette clé laisse le jeune homme pour le moins déconcerté.
    Quinze ans plus tard, par hasard, ils se revoient et vient le temps des explications, qui surgissent peu à peu. Car derrière l'histoire de cette jeune femme un peu paumée se profile l'ombre des "Années de plomb", cette période dans les années 70 où l'Allemagne connut une vague de terrorisme incarnée par la Fraction Armée Rouge, plus célèbre sous le nom de la Bande à Baader.
    Jens Christian Grondhal tisse des liens subtils entre tous les événements, met en scène l'instrumentalisation de la naïveté pour finir par poser la question de la rédemption mais sans y répondre. Au lecteur de choisir sa voie, à l'image des personnages principaux.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par le-mange-livres, le 05 avril 2012

    le-mange-livres
    "C'est toujours moi, ce jeune homme qui allait par les rues de Copenhague, désorienté, une clef de consigne en poche, et j'en sais à peine plus sur lui que ce qu'il pouvait deviner sur celui que je suis aujourd'hui" (pages 13-14).
    Nous sommes au Danemark, à la fin des années 1970. le narrateur, un étudiant, rencontre fortuitement Sonja, une jeune femme séduisante mais aux abois. "Elle rêvait d'autre chose, de partir très loin, mais même ses rêveries la déprimaient, par leur côté songe-creux et fade, et par leur distance avec sa réalité" (page 49).
    Elle semble se cacher, et fuit sans s'être dévoilée. Quinze ans plus tard, alors qu'il ne l'a pas oubliée, il croit la reconnaître dans une rue, la suit, l'aborde. Elle finit par lui raconter son histoire, qui nous emmène dans l'Allemagne de la bande à Baader et de la violence des activistes clandestins. Elle se confie, et raconte sa dérive progressive, liée à son absence de culture politique, qu'elle ne parvient pas - ou plus - à comprendre aujourd'hui : "les décors étaient réels, mais ils appartenaient à une histoire qui n'avait rien à voir avec elle" (page 77).
    Un livre plein de retenue sur la culpabilité, la responsabilité, le pardon ... et le désenchantement. C'est un bon roman, mais c'est peut-être justement ce côté désenchanté qui m'a un peu déçue ou fatiguée, même si je suis toujours assez sensible à la thématique des "rendes-vus manqués".

    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.fr/2011/03/les-mains-rouges-jens-chr..
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par chocobogirl, le 11 février 2011

    chocobogirl
    Le narrateur travaille au guichet de la gare de Copenhague. Il y fait la connaissance d'une certaine Randi et l'aide à trouver un hotel. Ils sympathisent. Avant de disparaitre, cette dernière lui donne une clé de consigne à garder. Il décide alors d'ouvrir la consigne et y fait une étrange découverte.
    20 ans plus tard, le jeune homme n'a rien oublié. Il est marié, a un travail et mène une vie routinière. Mais quand il recroise Randi par hasard, ses souvenirs prennent le pas sur le présent. Randi porte un autre nom, Sonja, et mène aussi une vie bien réglée.
    Que s'est-il passé durant toutes ces années ? Pourquoi lui-a-t'elle laissé ce colis encombrant ?
    Qui est vraiment Sonja ?
    Nous allons accompagner le narrateur dans la découverte du passé de Sonja, qu'elle va délivrer petit à petit. Sonja porte le poids de la culpabilité d'un acte qu'elle a découvert après coup. Rongé par le remord, elle cherche une absolution et un pardon qui ne viendront peut-être jamais.
    On pénètrera dans les cercles des groupuscules d'extrême gauche des années 70 et de leur idéologie extrémiste. On partagera les égarements des personnages un peu perdus dans l'histoire.
    Intéressant pour la découverte de certains aspects politiques de l'époque, ce roman reste néanmoins un peu léger et presque quelconque... du genre de ceux dont on aura tout oublié dans 1 mois...
    Le récit oscille en effet entre le côté historique des évènements de l'époque (les attentats extrémistes, les procès, la douleur des victimes ) et le côté plus intime du ressenti de Sonja pour qui je n'ai eu aucune empathie... L'auteur n'a aucun parti pris et n'accable aucun de ses personnages.
    De plus, la simplicité de l'écriture n'apporte aucun plus-value à ce roman qui reste trop en surface.
    Peut-être une marque de fabrique de cet auteur danois mais je n'y ai malheureusement pas été sensible...

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-les-mains-rouges-jens-..
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Apikrus, le 26 mai 2011

    Apikrus
    Le sujet principal du roman (le terrorisme révolutionnaire des années 1970 en Allemagne) est intéressant et traité subtilement, c'est à dire de manière non résolument caricaturale. L'histoire est cependant racontée dans un style détaché et froid qui participe peut-être à la neutralité de l'auteur dans l'analyse des faits mais nuit à l'agrément de la lecture - ce qui est dommage mais non rédhibitoire, compte tenu de sa brièveté (200 pages).
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Citations et extraits

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  • Par Deuzenn, le 23 novembre 2011

    Les événements dont je vais parler se sont passés avant que ma vie ne prenne forme. Elle pouvait encore partir dans toutes les directions, comme lorsque l'on erre au hasard, par un soir d'été. On est jeune, on se dit que tout est possible, même s'il n'arrive pas grand-chose pour autant. On est encore seul face à l'existence, détaché, parce que la vie ne s'est pas encore intéressée à nous, parce que nous n'y avons pas encore apposé nos marques. On peut même avoir l'impression d'être un intrus, un importun. La liberté a le goût amer du fruit vert tandis que l'on prolonge son errance à travers la ville assez longtemps pour la voir se vider des gens qui rentrent chez eux.
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  • Par le-mange-livres, le 05 avril 2012

    C'est toujours moi, ce jeune homme qui allait par les rues de Copenhague, désorienté, une clef de consigne en poche, et j'en sais à peine plus sur lui que ce qu'il pouvait deviner sur celui que je suis aujourd'hui.
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  • Par joedi, le 10 juillet 2011

    Ils s'étaient lancés dans une course à la radicalisation, un peu comme les moines dans un monastère du Moyen Âge rivalisaient de zèle pour s'infliger des pénitences toujours plus rudes. Tout devait être différent, tout devait changer, et ils avaient commencé par eux-mêmes dans une sorte d'exorcisme idéologique.
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  • Par joedi, le 08 juillet 2011

    Mais comme j'étais venu la déranger dans sa sphère, elle avait eu besoin de trouver un endroit où se débarrasser de l'histoire qu'elle avait portée seule pendant tant d'années. C'est l'impression que j'ai eue. Elle la déposait, comme on met un sac plastique à la consigne de la Gare Centrale.
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  • Par joedi, le 08 juillet 2011

    Elle se dit que son éternel sourire de gamin avait dû constituer sa manière d'éviter les choses et de s'esquiver au fil des ans, comme s'il avait savonné sa solitude pour que personne ne puisse sérieusement la saisir et la rompre.
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