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ISBN : 2070382362
Éditeur : Gallimard (11/04/1990)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Il ne sait pas encore, ce vieil homme qui soliloque dans les rues d'une ville de province, ce « retraité » dont toute la vie, sans doute, s'est passée à battre en retraite, le plus dignement possible - il ne sait pas encore, ce Coco perdu, qu'il se parle à lui-même parce qu'il n'a déjà plus d'interlocuteur. Il vient d'accompagner sa femme au train de Paris. Brève absence ? Court voyage ? Rien de tout cela... Après deux jours d'angoisse inavouée, le narrateur s'aperç... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
lecassin
09 février 2013
★★★★★
★★★★★
Louis Guilloux. militant antifasciste de la première heure, mais surtout un homme dont l'engagement au Parti Communisme le mènera à accompagner André Gide dans son « Voyage en URSS ».
« Coco perdu », le dernier ouvrage publié par Louis Guilloux, deux ans avant sa mort.
A l'entame de ce petit ouvrage et connaissant le passé de l'auteur, tout laisse à supposer que le « coco » en question est un militant communiste. Il n'en est rien… et l'auteur nous le confirme d'entrée, qui fait dire à l'homme : « mais vous savez, moi, question politique, c'est fini fini depuis longtemps, oh, là là ! »
Un homme soliloque à la fin de sa vie.
On comprend très vite qu'elle ne lui a pas apporté le « minimum syndical » de bonheur ; et qu'il n'en attendait pas à vrai dire beaucoup plus…
Un homme soliloque, dont nous ignorons tout jusqu'à son nom ; de retour dans sa province à la retraite. Tout juste saurons nous qu'il est marié : il accompagne sa femme à la gare. Elle part. Pour où ? Pour combien de temps ? Nul ne sait… Tout juste saurons nous qu'il n'aime pas la gare, mais la fréquente pour acheter son tabac.
Un homme soliloque, et c'est l'occasion pour l'auteur de parler du temps qui passe, du sens qu'on doit (peut) donner à sa vie. Un texte poignant de la part d'un écrivain engagé, mais ici résigné, alors qu'il est rattrapé par « le vent du soir » qui vient de se lever…
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raton-liseur
26 février 2012
Monologue de deux jours d'un homme qui voit sa vie se déliter peu à peu. Retraite, retour en province, un ménage qui bat de l'aile. Deux jours qui sonnent comme le début de la fin, celle que l'on ne s'avoue pas, celle d'une vie sans relief.
Livre court, tout entier fait de la triste solitude d'un homme passé à côté de tout mais qui n'attendait rien d'autre de la vie. Une vie qui s'est déroulée comme une mécanique bien rôdée qui n'a jamais nécessité l'intervention de personne et qui s'achèvera dans la même indifférence qu'elle s'est déroulée.
Ce livre n'est pas le plus représentatif de l'oeuvre de Louis Guilloux, cet écrivain breton et communiste du siècle dernier, mais il est le dernier roman qu'il a publié, deux ans avant sa disparition en 1980. Et le récit de cette fin inéluctable prend alors un autre relief. Il a l'amertume d'une vie qui s'en va sans s'être trouvé un sens, et, chose étonnante, il n'a pas la veine militante dont Louis Guilloux a fait preuve toute sa vie. Je pensais que le Coco du titre serait un communiste sur la fin, mais je n'ai aucune idée, après avoir refermé ce livre, des opinions politiques du narrateur, et c'est le coco pauvre type et non le coco rouge qui narre cette histoire depuis le seuil de la vieillesse.
Ce livre, sous-titré « Essai de voix » est à la fois une réflexion sur le temps qui passe et un timide essai stylistique pour sortir des conventions de la narration. S'il n'égale pas le grand chef-d'oeuvre de Louis Guilloux qu'est le Sang noir, et s'il semble dénoter parmi ses livres sur la grandeur ouvrière (Le pain des rêves) ou la lutte politique, ce court roman dévoile une facette de l'auteur qui ne m'était pas familière, plus humaine, plus résignée. Plus lucide peut-être aussi, une facette qui décrit les limites de la philosophie de l'absurde popularisée par Camus et dont Louis Guilloux est un précurseur.
Je referme ce livre avec la gorge serrée, quittant ce personnage dont je ne connais même pas le nom et qui me fait penser à mes grands-parents qui eux aussi reprenaient le chemin de leur ville de Bretagne pour prendre leur retraite. Serons-nous tous ainsi lorsqu'il nous sera donné de savoir que les années et les projets sont dorénavant derrière nous ? Donner un sens à sa vie, vivre sans regret, est-ce bien possible, est-ce bien raisonnable. Est-ce seulement possible ?
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Apoapo
07 janvier 2017
★★★★★
★★★★★
« Il arrêtait plus. Il parlait de conscience, de méditation, il citait la Bible, et il finit par me demander... si j'étais content de ma vie ?
Sur le coup, j'ai failli l'envoyer dinguer. Sans blague ! Est-il possible qu'on vienne chez les gens leur poser des questions pareilles ? J'aurais pu lui faire remarquer gentiment qu'il était un peu indiscret. Je l'ai pas fait. Pourquoi ? Parce que tout con qu'il était, le type était plutôt gentil. Qu'est-ce que je lui ai répondu ? J'en sais rien. Il en a conclu je sais pas quoi. Et alors voilà qu'il porte les deux mains à son front et il me dit :
Si vous voulez, nous allons prier ensemble...
Alors là, excusez-moi ! » (pp. 49-50)
Monologue d'un homme au crépuscule de sa vie, rentré dans sa petite ville natale pour sa retraite. du samedi, jour de marché, au lundi matin au passage du facteur, il prend conscience que Fafa, sa femme partie pour Paris, ne reviendra plus. Entre les lignes de ce journal de solitude et d'abandon, dans la détresse de l'âge où les projets n'ont plus cours, tout un petit monde provincial point, avec ses comparses loufoques.
Comme Cripure dans le sang noir, voilà encore un personnage poignant, peint dans un style impeccable ; comme toujours, le cadre est parfait.
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tilly
18 mars 2015
★★★★★
★★★★★
Coco perdu, c'est le dernier ouvrage (sous-titre : Essai de voix, récit) d'un écrivain de quatre-vingts ans. Pour moi c'est un roman vrai de vrai, et si récit il y a écrit sur la couverture, c'est pour la forme, parce que le personnage principal (non nommé, appelons-le Coco) se récite, soliloque, tout ce qui lui passe par la tête d'un samedi midi au lundi matin qui suit.
Coco donc, est retraité, réinstallé dans la ville de province (sans doute bretonne) où il est né. Sa femme, de quelques années plus jeune que lui, est repartie passer quelques jours à Paris. Après l'avoir conduite à la gare, il se retrouve “veuf” comme le plaisantent les quelques connaissances qu'il croise dans les restaurants et dans les cafés où il tente de faire passer le temps.
Le temps qui passe (ou ne passe pas), l'ennui d'une petite ville de province, surtout en fin de semaine, les minuscules incidents de la rue, les petites histoires des autres. Mais surtout, la montée en Coco du sentiment diffus de la fin qui sera lente et longue à venir : il n'est pas encore un vieillard, juste un vieil homme qui prend peu à peu conscience de sa solitude présente, mais aussi passée, et surtout future. Déchirant.
“ [...] je me suis dit que si c'était comme ça, on n'avait pas trop à se demander si il fallait faire ou pas faire ci ou ça. Y avait p't'être qu'à laisser faire ? Au fond, je me suis dit que si c'était comme ça, ça nous regardait pas. Oui, si c'était comme ça. Oui, mais alors, je me suis dit, un peu après, je me suis demandé comment il se faisait qu'il me venait souvent l'idée qu'il y avait, malgré tout, quelque chose à faire ? Quoi ? C'est ça le hic. Quelque chose à faire que pour mon compte je faisais pas, quelque chose à faire tous les jours que j'avais pas fait, justement. Ca me revient encore de temps en temps, surtout le soir, avant de me fourrer dans les toiles. Quand je regarde ma journée, je me dis : qu'est-ce que tu as oublié ? T'avais quelque chose à faire, et tu l'as pas fait ? Qu'est-ce que c'était ? Mais aussitôt allongé dans mes toiles, bien au chaud, bien douillet, j'y pense plus. Ou bien c'est pour me dire que ça n'a pas plus d'importance que le reste...
C'est vrai, faut que j'l'avoue, j'ai pas beaucoup d'instruction. ”
Je rechignerais je crois, à lire autre chose de Louis Guilloux de peur de ne pas retrouver ailleurs chez cet auteur, la force, l'humanité, et l'actualité surprenantes de son texte ultime. Par beaucoup de côtés (sujet, forme), Coco perdu me rappelle Renata n'importe quoi de Catherine Guérard, et me donne aussi envie de relire du “gris” de Simenon, le Chat, par exemple.

Lien : http://tillybayardrichard.ty..
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Les critiques presse (1)
Bibliobs17 novembre 2011
Sans nostalgie ni acrimonie, et dans une prose lavée de tout slogan, de tout mensonge, l'ex-coco fait le compte, entre Aix et Vitry, des espérances trahies et des illusions perdues. Son petit livre est à la fois le tombeau d'une génération et un précis de solitude. Poignant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations & extraits (4) Ajouter une citation
raton-liseurraton-liseur26 février 2012
Une fois posé là bien tranquille devant un pastis, il vous revient toutes sortes de trucs qu’on croyait pas, tout un cinéma, on se laisse aller, on n’se sent plus responsable même de soi. On regarde, on pense à tout et à rien. On perd le fil, on le rattrape, celui-là ou un autre, on se rappelle des moments quand on était gosse, ou à la guerre, n’importe. Là-dessus voilà un type qui vous dit bonjour, on échange quelques mots et tout est cassé, mais ça fait rien, on regarde devant soi, y a du monde, il faut beau, on regarde et voilà le petit cinéma qui recommence. On se dit des trucs, on pense à la vie. On se dit qu’on a eu tort ou raison, on sait pas bien on se dit qu’entre-temps il y aurait eu autre chose à faire, on sait pas quoi. (…) Je sais bien faut pas nier la chance mais faut pas non plus toujours tout mettre sur le compte des circonstances. On y est bien pour quelque chose, quand même ? Est-ce qu’il y a encore des gens qui croient au Jugement dernier ? Je dis ça comme ça. Moi je peux pas y croire. C’est pas ma faute. (p. 82-83, Chapitre 8).
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raton-liseurraton-liseur26 février 2012
J’ai jamais su qui il était, je lui au jamais parlé, j’ai jamais rien demandé à personne. Je le voyais quelquefois dans la rue (…). Comme ça pendant des années. Et jamais personne avec lui, ni chez lui. Dès qu’arrivait le beau temps, je le voyais sortir de chez lui une petite table en fer, ronde, peinte en vert. Il installait sa table derrière sa maison. Je savais, à ce moment-là, qu’il n’était pas loin de midi. Il allait chercher une nappe, toujours blanche, il en recouvrait la table, ensuite il mettait le couvert. Comme il prenait son temps ! Mais le couvert mis ce n’était pas encore fini. Il manquait les fleurs. Il allait en choisir quelques-unes, il allait chercher un vase, le remplir d’eau à un robinet dans son jardin et, enfin, il posait le vase sur la table d’un côté, la bouteille de vin de l’autre. A ce moment-là, les douze coups de midi sonnaient à l’église. Comme ça pendant des années. (p. 102-103, Chapitre 11).
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lecassinlecassin09 février 2013
Je me plais pas ici. C’est mort. Faut pas oublier que j’ai habité Paris pendant vingt-cinq ans. C’est Fafa qui a voulu qu’on vienne ici quand j’ai pris ma retraite. Moi j’étais pas très chaud, mais je voulais bien. On serait au calme, on ferait des balades. Alors on a acheté la villa ça va faire huit ans, mais je ne m’y plais pas.
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lecassinlecassin09 février 2013
Je vais pas rester toute la journée dans ma bergère à attendre un coup de téléphone qui viendra pas. En avant ! et je suis reparti. Où ? Devant moi…
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