ISBN : 207037226X
Éditeur : Gallimard (1980)


Note moyenne : 4.45/5 (sur 40 notes) Ajouter à mes livres
Le Sang noir est l'histoire d'une journée de 1917, dans une ville provinciale de l'arrière. C'est à travers le calvaire du professeur de philosophie Merlin, dit Cripure (à cause de la Critique de la raison pure), le tableau d'une société de pharisiens, de grotesques, de... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 28 février 2008

    Woland
    Auteur méconnu bien qu'il frolât de peu le Goncourt en 1935 et obtînt le Renaudot en 49 pour « Le jeu de patience », Louis Guilloux nous a laissé plusieurs romans.
    Mais son œuvre la plus célèbre demeure « Le Sang noir », authentique et cruel petit joyau qui nous conte vingt-quatre heures de la vie d'une ville de province – laquelle pourrait être Saint-Brieuc, dont Guilloux était originaire – alors que les mutineries désorganisent le front en 1917.
    Le héros de ce roman – ou son anti-héros car Cripure annonce à sa manière les losers que le roman et le cinéma américains ne tarderont pas à mettre en scène – est un professeur de philosophie nommé Merlin, comme l'enchanteur, mais que ses élèves ont affublé du surnom de « Cripure » par référence à cette « Critique de la Raison Pure » qu'il aime à citer.
    De Merlin-Cripure, nous dirions aujourd'hui qu'il est un asocial. D'une intelligence brillante et d'une sensibilité tout aussi profonde, il n'a connu que l'échec : son mariage avec Toinette, la seule femme qu'il ait vraiment aimée, s'est conclu par l'adultère de la jeune femme avec un "officier blond" que Cripure fut trop lâche pour acculer au duel ; ses premiers écrits, dont un volume intitulé « La Pensée Médique », et qui avait attiré sur lui l'attention des initiés, se sont finalement échoués sur une thèse consacrée à un autre philosophe local, Turnier – thèse que Cripure, encore sous le coup de sa rupture avec Toinette, avait volontairement sabotée ; dans sa profession, il est périodiquement chahuté par ses élèves et, lorsque débute le roman, certains d'entre eux ont même entrepris de desserrer les écrous de sa bicyclette afin de provoquer un accident qui pourrait s'avérer mortel.
    Cripure vit en ménage avec Maïa, une paysanne dévouée qui, en dépit de ses sautes d'humeur et de ses manies de paranoïaques, voue à "son homme" un amour réel. Ses autres Compagnons sont quatre petits chiens avec lesquels il aime aller chasser tôt le matin lorsqu'il en a le loisir. Les puces qui infectent son bureau. Et bien sûr les livres et la poussière qui peuplent aussi ledit bureau.
    Autour de lui, gravitent une foule de personnages qu'il est difficile d'oublier tant le trait du romancier s'est fait aiguisé : Nabucet, l'un des collègues de Cripure, homme cultivé mais dont l'hypocrisie nous fait gricer des dents et qui voue à Cripure une haine d'autant plus violente qu'il le sait bien supérieur à lui ; Moka, le surveillant "à la crête de feu et au visage de lait", l'un des rares « amis » de Cripure et son ancien élève, qui le révère à l'égal d'un dieu ; Faurel, le député, lui aussi ancien élève de Merlin, et qui tentera de le sauver des conséquences du duel que lui cherchera Nabucet ; l'ineffable Babinot, figure-type et outrancière du patriote revanchard dont les inepties militaristes et cocardières ennuient à peu près tous ceux qui le croisent et qui ne savent comment se débarrasser de lui ; pour lui faire pendant, Guilloux a imaginé le capitaine Plaire, sorte de ganache ami de Nabucet mais qui, à la fin du roman, se révèle homme d'honneur ; Otto Kaminski, officier d'origine juive, jouisseur et cynique, qui complote de quitter la ville en enlevant la fille du notaire – une brute, ce notaire, une horreur de père Evil or Very Mad ; Mme de Villaplane, sa logeuse, aristocrate déchue qui ne vit plus que dans ses rêves et qui finira par se suicider en apprenant le départ de son hôte …
    Tout cela sur fond d'ombre et de pluie, dans une ville fantôme qui, je ne sais pourquoi, m'a évoqué tout à la fois le contraire absolu du « Clochermerle » de Chevallier, ces descriptions plus aiguës qu'on ne le pense que Germaine Acremant faisait de l'univers provincial d'avant-guerre et même certaines descriptions fantastiques de Jean Ray.
    Bien que la ville soit éloignée du front, la Grande guerre, qui traîne en longueur, nous accompagne du début jusqu'à la fin du roman.
    Par les convois de soldats d'abord, ces conscrits qui s'en vont se faire tuer pour que puisse survivre une armée de profiteurs. Par l'émeute qui éclate à la gare, lorsque certains soldats refusent de monter dans les trains alors que, sur le front, les mutineries de 1917 ont déjà commencé.
    Mais aussi, mais surtout, par ces figures d' « embusqués » que représentent Babinot et Nabucet. Encore le premier a-t-il perdu son fils à la guerre – mais il est le seul à l'ignorer et le livre s'achève sans qu'on l'en ait prévenu - alors que le second, lui, n'est et ne se veut qu'un parasite dissimulé sous une courtoisie mondaine qui ne l'empêche pas de jeter des coups d'œil trop appuyés à toutes les jeunes filles passant à sa portée - spécialement si elles sont ou trop jeunes ou trop pauvres pour se défendre.
    Et le constat est effrayant car, pour nous qui savons, l'ombre de la Seconde guerre mondiale prend déjà racine sur ce terreau revanchard. Ce sont les Babinot et les Nabucet qui imposeront à l'Allemagne vaincue ce traité de paix indigne des vainqueurs. Ce sont eux qui permettront au sentiment nationaliste allemand de renaître dans des conditions telles que le Nazisme n'aura aucun mal à trouver des laudateurs. Ce sont eux encore qui, plus tard, se placeront sous la garde du régime de Vichy. Ce sont eux ...

    Mais Cripure, lui, Cripure, paranoïaque et colérique, tendre et sensible, esprit brillant emprisonné dans un corps infirme qui le rendait « différent » dès sa naissance (Cripure souffre de « deux pieds de géant »), est d'une autre trampe. On se doute très vite qu'il ne verra pas l'Armistice mais on comprend aussi que cela vaut mieux pour lui : dans un monde où prolifèrent les Nabucet et les Babinot, un Cripure n'a plus sa place et doit retourner au mythe.
    Cripure est un homme d'honneur qui ne croit plus en l'honneur mais dont la fierté suprême est de se tuer au nom d'un idéal qu'il sait irréalisable. Cripure met en somme ses actes en accord avec ses pensées - et il faut beaucoup de courage pour se livrer à cet exercice. Stupide, me direz-vous : ce n'est pas ainsi qu'on survit. Peut-être … Mais le souffle que Guilloux a su donner à son héros est tel que, lorsqu'il meurt, c'est cette grandeur que nous emportons avec nous. ;o)
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par alaiseblaise, le 04 mars 2012

    alaiseblaise
    Oui, j'insiste, il faut lire «Le Sang noir» de Louis Guilloux sous peine, sous peine de, j'sais pas moi, sous peine d'ignorance de la nature humaine tiens.
    «J'admire et j'aime l'oeuvre de Louis Guilloux, qui ne flatte ni ne méprise le peuple dont il parle et qui lui restitue la seule grandeur qu'on ne puisse lui arracher, celle de la vérité.» Albert Camus.
    Cher lecteur, installez-vous bien inconfortablement dans ce chef d'oeuvre oublié de la littérature française que Jorge Semprun considérait comme l'un des plus grands romans du XXe siècle.
    Plantons le décor. Sur scène, devant nous, tout près de nous, avec nous, à les toucher, à les sentir, à les écouter parler, crier, chuchoter et penser, des personnages uniques en leurs genres et pourtant si universels. Tous plus réalistes les uns que les autres. Guilloux se méfie de l'imagination comme de son ombre, comme de sa lumière. Il montre, il décrit. Il ne juge pas, il ne commente pas, il n'explique pas.
    En coulisse, très loin, l'odeur de la boucherie des tranchées, le grognement ignoble des gueules cassées, le vacarme de la révolution russe, les cris des poilus mutins aussitôt fusillés.
    Parfois le rideau frémit, une bise d'espoir, une brise de désespoir, le rideau se soulève et l'on voit tout: horrible!
    Nous sommes en 1917 dans une ville de province qui pourrait être Saint-Brieuc, ville natale de Guilloux, qui veut, sans la nommer, nous parler d'elle. Ici l'avant c'est l'arrière.
    Ce roman «qui offre de quoi perdre pied» (André Gide) transpire, respire à pleines pages Balzac, Céline, Nietzsche, Ibsen, Dostoïevski. Tout ça? Ben oui tout ça! «L'Homme révolté» de Camus nous tend la main tout au long des pages. Mais ce roman bouleversant rit aussi à plein poumons comme une comédie de boulevard. Une vraie Comédie Humaine mon cher Honoré! Chacun y joue son rôle. «Ce qu'il y avait d'intolérable, c'est que c'était toujours l'épicier qui était l'épicier, l'avocat, l'avocat, que M.Poincaré parlait toujours comme M.Poincaré, jamais, par exemple, comme Apollinaire et réciproquement..."
    Son «anti-héros» Merlin est professeur de philosophie (professeur de désordre) au lycée. A un an de la retraite. Ses élèves et les gens du village le surnomment Cripure car cet homme a mauvaise réputation. Cripure comme «Critique de la raison pure» (ou Cripure de la raison tique selon ses élèves) de Kant que ce professeur un peu loufoque aime tant commenter à ses élèves. Cripure donc a eu son heure d'importance à Paris: une thèse sur Tournier un philosophe (thèse jugée trop fantaisiste et refusée) et une étude sur la pensée médique. Il sait philosopher: «On vit comme si on avait une vie pour apprendre.» Imparable! Cripure est handicapé physique atteint d'une difformité si voyante.
    Cripure le voilà et malgré ce portrait saisissant nous le prendrons en amitié. «Son petit chapeau de toile rabattu sur l'oeil, sa peau de bique flottante, sa canne tenue comme une épée, et cet effort si pénible à chaque pas pour arracher comme d'une boue gluante ses longs pieds de gugusse, Cripure avait l'air dans la rue d'un somnolent danseur de corde. Sa myopie accusait le côté ahuri de son visage, donnait à ses gestes un caractère ralenti, vacillant, d'ivrogne ou de joueur à colin-maillard.»
    Louis Aragon disait de Cripure qu'il était «nécessaire à la pleine compréhension de l'homme d'aujourd'hui, une arme pour l'homme de demain contre l'homme d'hier.» Cripure fait bande à part dans le village. Il rejette le lache patriotisme des planqués de la grande guerre (officiers, ministres), il crache sur Dieu, l'argent et l'armée (depuis l'affaire Dreyfus). Mais il sait déjà que la révolution qui se prépare à l'est ne sera pas pour lui. Trop tard.
    Cripure aura tout raté: sa carrière d'écrivain, ses amours... le Paradis artificiel sur Terre comme au Ciel! Il restera donc le bouc émissaire (à la peau de bique!) des «bien pensant» et des nantis. Ce Cripure c'est le portrait tout craché de Georges Palante le professeur de philosophie de Louis Guilloux lycéen à Saint-Brieuc. Palante, l'athée social, vénéré par Michel Onfray qui lui consacra son premier livre et adulé par Albert Camus, est le philosophe de l'aristocratisme individuel, l'auteur de «Combat pour l'individu» ou «La sensibilité individualiste». Palante était atteint d'acromégalie, une maladie dégénérative. Sa thèse avait été refusée. Tiens, tiens!
    Mais dans ce roman il y a aussi Maïa la phénoménale compagne illettrée de Cripure, ses chiens à puces, son bureau poussiéreux bourré à craquer de livres, l'odieux Nabucet, le doux farfelu Moka, Faurel le député et son fils déserteur, Babinot le patriote ridicule, Kaminski le cynique et suffisant officier, Mme de Villaplane l'aristocrate déchue, Monfort l'étudiant poète-révolutionnaire, Glâtre le collectionneur d'images des catalogues de modes, la belle Toinette et son officier blond et beaucoup d'autres illustres copies conformes, informes, difformes à la nature humaine. de l'hypocrisie considérée comme un des beaux arts!
    Simplement, avec pudeur et générosité, Guilloux sait révéler le Bien et le Mal qui déchirent les couples, empoisonnent les familles, attisent les luttes de classe, provoquent les guerres. A la vie, à la mort!
    Cher lecteur, n'ayez pas peur des 600 pages. Elles se lisent à la mesure des courts chapitres (comme autant de Nouvelles) qui rythment la lecture. Je vous le dis pompeusement, je pourrais écrire une thèse sur ce livre... Bon, pas sûr qu'elle soit acceptée par un académique jury bien pensant... «Ne vient de nous-mêmes que ce que nous tirons de l'obscurité qui est en nous, et que ne connaissent pas les autres.» Marcel Proust.
    le sang obscur comme Le Sang noir de ceux qui n'ont plus que l'apparence de la vie...
    Mais c'est aussi un beau roman d'amour. "Maïa, rouge et échevelée, le visage ruisselant de larmes, luttait de son mieux contre ceux qui étaient trop pressés de contempler la mort d'un autre, et retrouvait toute sa véhémence, tout son génie de l'injure."
    Louis Guilloux (1899-1980) est un auteur trop méconnu. Ami de Camus et de Malraux, admirateur de Conrad, son nom est associé au Prix Louis Guilloux décerné chaque année à une œuvre de langue française ayant une «dimension humaine d'une pensée généreuse, refusant tout manichéisme, tout sacrifice de l'individu au profit d'abstractions idéologiques».
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Corboland78, le 28 mars 2012

    Corboland78
    Louis Guilloux (1899-1980) journaliste, natif de Saint-Brieuc, publie son premier roman en 1927 et en 1935 Le sang noir rate de peu le prix Goncourt, raflé par Joseph Peyré avec Sang et Lumière. Ses convictions humanistes le conduiront à devenir secrétaire du 1er Congrès mondial des écrivains antifascistes et responsable du Secours Populaire.
    Ce roman – Le sang noir - est considéré comme le chef d'œuvre de Louis Guilloux et s'attire les louanges d' André Gide et Albert Camus. L'action se déroule dans une petite ville de province sur une seule journée, en 1917. Année emblématique puisque la Grande Guerre, comme on l'appelle, tourne à l'hécatombe, voit surgir les mutineries de poilus et les exécutions pour l'exemple, tandis que les Russes font leur révolution.
    Le personnage principal, professeur de philosophie, se nomme Merlin mais tout le monde l'appelle Cripure. Ce sobriquet résulte d'un jeu de mot de potache sur l'ouvrage de Kant Critique de la raison pure qui devient « Cripure de la raison tique » d'où le surnom. Cripure a eu son heure de gloire à une époque grâce à un ouvrage savant mais depuis il végète, écrivant sans jamais le finir un bouquin qui devrait être son apothéose. Il vit en ménage, tant bien que mal, avec une souillon Maïa et sombre lentement dans l'alcoolisme entouré de ses chiens. Moqué de tous ou presque en raison de son infirmité, de trop grands pieds, Cripure fuit tous ces cloportes qui dans cette petite ville continuent de jouer leur rôle alors qu'au loin la guerre gronde et que leurs fils en reviennent amochés – pour les chanceux qui reviennent – avant de repartir au front. La description faite par Guilloux de cette humanité est féroce, riches ou pauvres, bourgeois ou ouvriers, tous ou presque traînent leur mesquinerie, leur bassesse, leur lâcheté, leur méchanceté. « J'ai toujours vécu seul, répliqua Cripure, absolument tout seul. Je ne serais pas plus seul chez les Canaques. »
    En ce jour fatidique, la coupe va déborder pour Cripure, qui gifle son ennemi de toujours, Nabucet, un fat prétentieux et arriviste. le duel devient inévitable et le sort de Cripure paraît scellé puisque l'offensé a choisi l'épée. Les quelques heures qui vont suivre nous entraînent dans des rebondissements, le duel est annulé mais Cripure ne sera pas sauf pour autant, et des révélations hélas ! tardives, Maïa et Cripure qui vivaient comme chien et chat se cachaient à leur insu des sentiments plus tendres.
    Un livre remarquable en tout point, à lire toute affaire cessante. Je me demande encore comment j'ai pu vivre jusqu'à ce jour sans l'avoir encore lu. Inutile de vous dire que je vais approfondir ma connaissance de l'œuvre de Louis Guilloux.
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    • Livres 5.00/5
    Par gigi55, le 28 décembre 2010

    gigi55
    Vingt quatre heures de la vie d'une ville de Bretagne pendant la guerre de 14-18.
    C'est une galerie de portraits qui défilent au cours de chapitre courts qui constituent presque autant de nouvelles ou, à son tour, un personnage tient le premier rôle. Merlin - surnommé Cripure (comme la Cripure de la Raison Tique), professeur de philosophie batailleur, un peu paranoïaque, hésitant entre la révolte et la soumission traverse en claudiquant les pages du roman comme les rues boueuses de sa ville natale en laissant derrière lui quelques élèves nostalgiques marqués par son enseignement sans doute remarquable. Croulant sous le poids d'un monde qui explose dans la conflagration de la guerre de 14-18, Cripure finira par oser le geste radical et définitif qui lui rendra sa fierté et sa liberté.
    Parmi les nombreux personnages du roman - Maïa - bonne fille de ferme pleine de bon sens est d'une présence évidente auprès de Cripure et sa mauvaise humeur chronique.
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    • Livres 4.00/5
    Par Kittiwake, le 10 mai 2011

    Kittiwake
    Dans une petite ville de province, les personnages haut en couleurs animent la vie locale. S'en détache Cripure, un professeur de philosophie infirme, désabusé, que maintient en vie son projet d'écriture. Trahisons, mesquineries, guerres d'influence, deuils, amours déçues et amitié jalonnent ce récit, relatant la première guerre mondiale, du point de vue de ceux qui ne sont pas dans les tranchées.
    Une belle écriture, très sensible, et lucide
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Citations et extraits

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  • Par Corboland78, le 28 mars 2012

    C’était donc là cet homme tant cherché ! Il examina ce petit visage rougeaud, presque sans rides, qui se tendait vers le sien. Le front était étroit, et les cheveux courts et plantés bas ; mais quel regard de douleur ! Combien différent de ce regard qu’il avait dans la rue, à la porte de sa classe, quand il attendait que le concierge allât tirer la cloche ! Ce regard devint morne, Cripure remua les lèvres, fit bouger son dentier. D’un geste preste, qui dénotait une grande habitude, il chopa sur son cou une puce et l’écrasa. Il se frotta les tempes du bout des doigts, rajusta son binocle, puis rien ne bougea plus dans ce visage, sauf les yeux, quand il avisa un petit volume que depuis le début Etienne tenait sur ses genoux.
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