Mary Katherine Blackwood, également surnommée Merricat, nous raconte ici sont histoire, qui est aussi celle de sa famille.
Très vite, on apprend qu'un drame s'est passé et que de cette famille Blackwood, il ne reste, hormis la jeune fille, que Constance, sa soeur aîné, et l'oncle Julian, cloué dans son fauteuil roulant.
Ils vivent depuis toujours semble-t-il dans une vieille demeure, plus ou moins à l'écart du monde, non loin d'un village tranquille à la vie bien rangée comme il en existe tant aux Etats-Unis. Tout se passe dans une routine voulue, à la vie agréable et sans surprise, jusqu'à ce qu'un jour le cousin Charles viennent frapper à la porte...
D'emblée, comme dans son autre chef-d'oeuvre qu'est "
Maison hantée",
Shirley Jackson instaure un climat malsain, bâti en grande partie sur le non-dit et l'utilisation de personnages à la psychologie torturée et très bien rendue.
Les éléments purement fantastiques sont peu nombreux, voire inexistants, jusqu'aux dernières pages où l'on bascule pleinement dans le genre, et où l'auteur parvient à inscrire son histoire dans le légendaire.
On retrouve donc des personnages mal dans leur peau, qui ont un difficile rapport au monde extérieur, à la société; ainsi que le thème de la
Maison hantée.
Ce roman est un véritable bijou de subtilité, relevé d'une belle histoire d'amour entre soeurs (qui peuvent être vues comme les deux pendants d'une même psyché), histoire qui perdure par-delà la mort.