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Christophe Claro (Traducteur)
ISBN : 2207252000
Éditeur : Denoël (29/08/2002)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 184 notes)
Résumé :
« Je fais encore des cauchemars. D'ailleurs, j'en fais si souvent que je devrais y être habitué depuis le temps. Ce n'est pas le cas. Personne ne s'habitue vraiment aux cauchemars. .. Ainsi parle Johnny Errand au seuil de cette Maison des feuilles, et de poursuivre sa mise en garde : « Ça ne se produit pas immédiatement, mais sans prévenir vous vous apercevrez que les choses ne sont pas telles que vous pensiez qu'elles étaient. Livre subversif, livre défendu, le lec... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
Hugo
30 juin 2016
★★★★★
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C'est l'impression d'être une vieille fille avec mes petites habitudes, tous les matins après mon chocolat, et mes sprits, je m'attable devant mon clavier Azerty pour écrire, pour redonner à mon égo une place de choix dans ma tête de con, ça m'amuse, et je prends mon pied…
Mais il est l'heure de se mettre au boulot, sortir les dossiers, analyser l'ampleur de l'ennui qui m'attend, dépossédé de toute motivation prolétaire…
Putain de merde j'ai rendez vous avec mon patron dans un cabinet d'architectes, pour discuter boulot, moi qui aimerais parler voyages, plongées, lectures, que dalle, ça parle capitalisme et meubles sur mesure, moi fringué en chemise à carreaux et jeans, le poil à l'air, au milieu des costards, coincés dans cette atmosphère apathique, je respire l'aigri par mon comportement, doux rêveur qui se laisse bercer par leurs caprices d'archi :
- Pardonnez-moi mon réveil brutal, mais le meuble là, il vole ?
- Euh oui, tout à fait, pour des raisons esthétiques ils nous semblaient très artistiques qu'il puisse voler
- Oui mais je ne suis pas magicien
- C'est vous le technicien, nous les rêveurs
- Eventuellement je peux vous proposer des petits ballons gonflés à l'hélium
- de quelle couleur les ballons ?
J'ai déjà décroché, absorbé par toutes ces nanas qui se trémoussent leur maquillage de classe avec grâce, déjà perdu de cet univers qui m'échappe de plus en plus, j'ai pris un coup dans la gueule, victime récente d'une crise existentielle qui me fait de l'oeil, d'un mal de vie à la con, pas vraiment légitime au regard de la misère du monde, mais égoïstement je ferme les yeux sur ma petite personne pour retrouver cette sérénité désertée au prix de l'amour irrationnel…
Il me reste cette petite chose qui dandine son cul, petite bouille blondinette à bouclettes, un chouchou dans les cheveux, un petit bidon à croquer, un sourire espiègle, un caractère à la con, un papa à la con qui profite de ce petit machin qui fou le sourire partout la gueule…
Hier après le taf je l'ai emmené au parc, toboggan, balançoire et c'est le bonheur tout bête qui se balance :
- Pousse papa, pousse papa…
- Je te pousse je te pousse
- Papa à Gwenn, assis à côté de Gwenn
- Attends je matte les mamans
C'est tout con des fois, un peu à l'eau de rose, mais c'est du kif en miniature, ça vous câline la tronche à coups de bisous, ça vous sourit l'innocence, t'es là à prendre ton pied, à t'occuper de ton petit souci d'amour, qui roule du cul quand elle coure, qui saute partout, dopé à l'énergie, pot de colle à souhait, un régal de la vie, sucré, qui vous aime sans condition… Et puis le retour à la routine qui vous convient mais parfois plombée par des événements bien compliqués à gérer, ou le temps s'égraine au fil des journées, des semaines et des mois qui défilent, sans trop comprendre pourquoi des fois l'histoire tranquille d'une vie pépère part en sucette, inutile de se torturer indéfiniment, il faut savoir redonner un peu de sens à ce qui n'en a pas, et le vent souffle les feuilles dans mon appartement aux cris de ma fille qui réclame son chocolat du soir :
- Un seul parce que après tu ne vas plus rien bouffer
- Un seul vui… non deux, un tuc, un chocolat
- T'es dure en affaire toi
A plus les copains
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Marquise_de_Miaoucha
17 avril 2012
★★★★★
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Tout commence par une critique dithyrambique dans un magazine féminin. On annonce un « livre-culte », un livre hors du commun, un livre étrange, déroutant mais « cultissime » ! Et ça, ça nous interpelle !
Alors on va à la librairie, on le trouve dans les rayons, on le prend dans les mains et là, première constatation : il n'est pas comme les autres. Il est lourd, dense, et de forme presque carrée. On le feuillette pour mieux s'imprégner de son contenu et là, c'est la stupeur… On trouve différentes polices, des paragraphes non justifiés, des pages ne contenant qu'un mot au milieu, ou en bas, ou en haut, des mots en couleur bleue (ce n'est qu'à la lecture proprement dite que l'on constatera qu'il n'y a que le mot maison écrit en bleu, comme dans le titre), certaines pages ont même des textes écrits à l'envers, en miroir, des textes encadrés insérés au milieu d'un autre texte…. On se demande alors vraiment si on aura le courage de lire cette « chose ». Et puis on se dit que si les critiques l'ont qualifié de « culte » c'est probablement qu'il faut voir au-delà de l'apparence… Même si le contenant est un peu loufoque, voyons le contenu !
Donc, on l'achète et…..il reste deux mois sur la table de nuit car on n'ose pas l'affronter. Puis, un matin, (ou plutôt un soir), on se sent d'attaque et on ouvre « La maison des feuilles » et on comprend très vite, presque tout de suite, pourquoi tous l'ont couronné et encensé ! On se laisse prendre par sa magie, par sa puissance. Au bout d'à peine quelques pages, on sent déjà bien qu'à la fin de ce livre, on ne sera plus comme avant.
L'histoire qui est le fil conducteur de ce roman (car malgré tout il s'agit bien d'un roman), est très prenante, à la limite de l'angoisse et réveille en nous nos plus anciens cauchemars de maison hantée, de monstres qu'on devine mais qu'on ne voit jamais…Les passages angoissants sont savamment dosés et alternent avec des paragraphes parlant de tout autre chose : il faut mettre son esprit au diapason et ne pas perdre le fil !
Le chapitre sur les labyrinthes est extraordinairement bien construit : on croit se perdre dans les dédales du (ou plutôt des) texte, puis on retrouve une sortie, puis non, c'était une impasse, il faut se replonger dans les couloirs, dans les notes de bas de pages, dans les circonvolutions du livre : c'est un véritable labyrinthe mais aussi un véritable tour de force qu'a accompli là Danielewski et on ne peut éprouver qu'une admiration sans borne, teintée d'une pointe de jalousie, il faut bien l'admettre…Pourquoi n'a-t-on pas un tel génie ?
On comprend aussi qu'il lui ait fallu 12 ans pour l'écrire, et que le traducteur ait pris un tel plaisir à transcrire ce texte.
Il n'y a qu'un mot qui nous vienne à l'esprit, même s'il peut en choquer quelques uns : c'est jouissif !
Pour conclure, je conseille vivement cette expérience à tous ceux qui aiment VRAIMENT les livres !
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Woland
28 septembre 2008
★★★★★
★★★★★
House of Leaves
Traduction : Claro
Réflexion que l'on peut qualifier d'abyssale sur les apparences et ce que nous percevons de la réalité aussi bien par l'oeil que par l'oreille, "La Maison des Feuilles" se présente sous l'aspect, assez innocent à première vue, de deux récits, le second surlignant le premier. de temps à autre, les notes de "l'Editeur" viennent éclairer ou assombrir le second texte.
C'est un vieillard étrange et retrouvé mort depuis peu dans une chambre qu'il avait pris soin de calfeutrer contre la lumière du jour et, de façon générale, contre l'extérieur, qui a rédigé le premier texte. Son nom était Zampano - comme le héros de "La Strada" de Fellini. Et son récit d'ailleurs concerne le cinéma puisqu'il n'y est question que du film réalisé par Will Navidson sur les aberrations spatiales qu'il a enregistrées au coeur de la maison qu'il venait d'acheter loin de New-York. Titre du film en question - devenu film-culte, nous l'assure Zampano : le "Navidson Record."
A la mort de Zampano, son "héritage", ce manuscrit biffé et raturé en tous sens, ce pavé énorme et où s'exprime toute l'érudition et la passion de celui qui l'a écrit, a atterri entre les mains de Johnny Errand, un trentenaire au roman familial assez corsé et qui, depuis un temps qui ne sera pas indiqué au lecteur, vivote comme il peut en travaillant pour un salon de tatouage. Quand il ne travaille pas, Johnny Errand le bien nommé ("La Maison des Feuilles" est bourrée de clins d'oeil du même type) fait la bringue et abuse de l'alcool et de toutes les substances, licites ou pas, qui permettent d'oublier la réalité - ou de la faire reculer, tout simplement. Et puis, bien sûr, il y a le sexe. Mais peu à peu, au fur et à mesure qu'il avance dans la lecture du manuscrit de Zampano, Johnny va remplacer tout ça par l'incroyable, la prodigieuse histoire du "Navidson Record".
Au début, le lecteur trouve inutiles et même carrément superflus les notes et apartés de Johnny. Jusqu'au moment où il se rend compte que, tout comme elle a permis à Zampano d'aller jusqu'au bout de lui-même, l'affaire du "Navidson Record" est destinée à faire atteindre à Johnny une nouvelle dimension de son être.
"La Maison des Feuilles" se vit comme une forme de voyage initiatique à travers bien des choses : d'abord la maison elle-même mais aussi la culture de l'image qui est la nôtre, l'imaginaire fantastique que nous nous sommes formé en visualisant toutes sortes de films d'horreur (ou plutôt en acceptant que soient mis en images les bons vieux mythes avec lesquels la littérature nous avait déjà fait faire connaissance ) et, encore plus profond, nos angoisses personnelles les plus profondes (l'image des parents, la sexualité, la Mort et, pire que la Mort, le Néant ...), le terrible sentiment de solitude qui nous accable d'autant plus pesamment que nous vivons en groupes de plus en plus importants, la quête de Dieu, de ce qu'il est, de ce qu'il n'est pas, de ce qu'il ne peut pas être (qui nous fait revenir à la quête de la vie intra-utérine, la maison des Navidson pouvant symboliser la matrice originelle), l'espoir, le désespoir, le ... la ...
D'une construction exemplaire, "La Maison des Feuilles" ne demande en fait à son lecteur que quelques minuscules efforts (s'adapter à son format, suivre les instructions qui nous recommandent de consulter l'annexe tant et non pas celle qui la précède chronologiquement, se poster devant la glace pour lire certains textes en écriture-miroir, mettre notre livre la tête en bas ou sur le côté pour suivre la progression du récit, etc ...) pour lui faire partager ses fabuleuses richesses - que les amateurs de livres et de cinéma devineront peut-être plus rapidement que les autres cependant.
En bonne logique, toute personne née dans les cinquante dernières années du XXème siècle devrait se sentir concernée par "La Maison des Feuilles" et y reconnaître l'essence même de ce siècle entièrement dominé par l'emballement des technologies, la précipitation des événements et le galop déchaîné des images s'annulant l'une l'autre avant de se réunifier pour former à nouveau, et dans la plus totale, la plus absolue des contradictions, une réalité à nouveau cohérente.
"La Maison des Feuilles", c'est moi, c'est vous, c'est votre voisin, c'est la fin d'un siècle qui allait trop vite et le début d'un autre qui prend la même direction, c'est une vision à la fois débridée et concise de la société où nous sommes nés et où nous mourrons, c'est toute notre culture occidentale ...
... et c'est aussi un roman fantastique, un film d'épouvante, une réflexion philosophique, un film mystique, un documentaire sur le rôle déterminant de l'image dans notre civilisation, une boîte de Pandore, une bibliothèque qui n'en finit pas, un escalier qui n'en finit pas ...
... et, plus simplement, un sacré bon roman. ;o)
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KrisPy
19 août 2014
★★★★★
★★★★★
Etrange objet, étranges histoires... Celle de l'écriture du livre lui-même, qui a débutée sur internet, car l'auteur, au départ, ne voulait pas écrire un livre, mais voulait juste écrire une histoire qui fasse participer les lecteurs. le média web était encore un territoire méconnu du grand public, et permettait encore de faire des expériences intéressantes en direct, en étant connecté à des centaines, puis des milliers de lecteurs assidus.
Puis, devant l'ampleur qu'avait pris son concept et la complexité des histoires qui en résultait, Mark Danielewski décida d'en faire un vrai livre, avec du vrai papier, et que cet objet virtuel, - qui renvoyait en miroir cette mise en abîme perpétuelle, le film dans le film, "l'histoire derrière l'histoire dans l'histoire de l'histoire"... et cette maison, point de départ de tout - devait se matérialiser. Ce livre devenait littéralement La Maison des feuilles, celui qui abrite toutes ces feuilles pour les relier entre elles.
Et comme cette écriture "vivante" et partagée avec les internautes, au cours de ces 12 années, avaient parfois été chaotiques et au bord de la rupture, ou encore, inspirées et touchées par la grâce, on retrouve cela dans cet objet-livre/livre-objet, qui se lit comme on regarde un film compliqué et prenant, dont on ne comprendra tous les tenants et les aboutissants qu'à la fin, lorsque l'on aura tous les éléments en main... Ou comme un tableau qui mélangerait toutes sortes de styles, et qu'on ne pourrait pas interpréter ni analyser d'un seul tenant, et qui nécessiterait beaucoup de recul.
Oui, définitivement, ce livre est un curieux et bel objet d'art conceptuel et Danielewski a sans doute été inspiré par la technique du cut-up de William Burroughs, et l'a remise brillamment au goût du jour avec l'outil internet...
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HannibalLectrice
18 mars 2014
★★★★★
★★★★★

Dans son introduction, Johnny explique comment il a trouvé un mystérieux manuscrit à la mort d'un vieil homme aveugle, décidé de le mettre en forme et de l'annoter de façon très personnelle.
Le texte se présente comme un essai sur un film, le Navidson Record réalisé par Will Navidson, un photoreporter, lauréat du prix Pulitzer.
Will qui vient d'emménager avec sa famille dans une maison en Virginie, filme son installation, réalisant une sorte de " home movie ". Tout s'annonce bien jusqu'à ce qu'il découvre une pièce qui jusqu'alors n'existait pas.
Passé l'étonnement, il se rend à une évidence troublante : la maison est plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur.
Navidson tente d'explorer les lieux mais, après avoir manqué se perdre, il engage des explorateurs professionnels. L'horreur commence alors. Aussi bien pour les membres de l'expédition que pour le lecteur - lui-même égaré dans le dédale des notes qui envahissent les pages comme un lierre maléfique.
Que cache la maison ? Quel est ce grondement qu'elle émet de temps en temps ? Pourquoi Johnny a-t-il ces cicatrices ? Pourquoi le manuscrit de Zampano semble-t-il le rendre fou ?

Tout d'abord je tiens à remercier mon amie Cahuète qui ne me fait pas la tête (trop facile celle-là ! ) pour m'avoir fait découvrir ce livre (puisque c'en est un ! ) , mais aussi et surtout les éditions Denoël pour la réédition. Avant sa réédition ce fut comme la quête du Graal, le bouquin vendu d'occasion à un prix défiant toute concurrence entre 80 et 150 euros, outch !!! Certes j'aime les livres, mais franchement ça m'aurait fait un chouïa mal aux fesses que de sortir une telle somme....
Me reste la dure tâche que d'expliquer.. de vous donner mon avis sera beaucoup plus simple.
12 ans, voilà le nombre d'années qu'il aura fallu à l'auteur pour écire ce livre et cela ne m'étonne point. Une oeuvre d'art de part sa conception qui n'a rien de conventionnelle, conception qui est parfois déroutante, qui n'est pas linéaire, annotations, annotations dans les annotations, des phrases qui partent dans tous les sens, des pages blanches....
Le livre est bourré de références bibliques, scientifiques, mythologiques, géologiques, philosophiques... qui peuvent parfois créer une certaine frustration (Pour ma part, la littéraire que je suis n'a rien compris aux références scientiques). Un passage oblige, car il s'agit là de "l'étude" d'une house movie et de ceux qui gravitent autour d'elle, une house pas comme les autres, une house plus grande à l'intérieur qu'a l'extérieur,...D'une maison labyrintique et infernale. Une maison qui met les personnages face à eux mêmes.
Une lecture qui demande pas mal de concentration et de calme au risque d'en perdre son latin. Mais une lecture originale, envoûtante, obsédante. Une lecture qu'il est difficile de classifier tant son genre est particulier et ce pour notre plus grand plaisir.
Un livre qui ne laisse pas indifférent mais qui au contraire nous pousse au questionnement pendant et après lecture.
Cette maison des feuilles n'est pour moi qu'une métaphore de l'existence.
Un livre hors du commun qui mérite son statut de mythe.....
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Citations & extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
KrisPyKrisPy21 novembre 2015
1er Jour : 10h38
(Devant la tente de Tom ; haleine qui gèle dans l'air)
Soyons sérieux. Un endroit pareil et forcément hanté. Voilà ce qui est arrivé à Holloway et à son équipe - les fantômes les ont eus. Et c'est ce qui va arriver à Navy et à moi. Les fantômes nous auront. Sauf qu'il est avec Reston. Il n'est pas seul. je suis seul. Je crois que c'est clair. les fantômes s'en prennent toujours en premier à celui qui est seul. En fait, je parie qu'ils sont là en ce moment même. Planqués.
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KrisPyKrisPy21 novembre 2015
Vous voyez que le vide est le soi-disant familier, or votre maison est infiniment familière, infiniment répétitive. Couloirs, corridors, pièces, sans cesse et encore. Un peu comme la maison de Dante après un bon nettoyage de printemps. C'est un lieu sans objet et sans vie; Cicéron a dit : "une pièce sans livres est comme un corps sans âme." Ajoutez donc l'âme à la liste. Un lieu sans vie, sans objet, sans âme. Sans dieu, également. L'abîme pré-divin de Milton ou dans l'univers nietzschéen post-divin.
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thirdlakethirdlake03 mai 2015
Il est impossible de se souvenir de l'obscurité.Voila pourquoi les spéléologues désirent retourner dans ces profondeurs invisibles d'ou ils reviennent à peine.C'est une accoutumance .Personnes n'est jamais satisfait .l'obscurité ne satisfait jamais.Surtout si elle emporte avec elle quelque chose,ce qu'elle fait presque à chaque fois.
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zofiamiuzofiamiu28 août 2015
[D]
30 août 1988
Il voulait aller se coucher avec elle, immédiatement, tirer les draps sur eux, enfouir ses orteils dans le matelas, presser ses talons contre ses mollets, tracer des fleuves le long de ses flancs avec ses doigts. Mais ces fantasmes éveillés prospèrent et meurent comme des mouches d'été. p. 562
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aleatoirealeatoire28 juillet 2013
J'ai fini par apprendre que Zampanò mentionnait de temps à autre sept noms : Béatrice, Gabrielle, Anne-Marie, Dominique, Eliane, Isabelle et Claudine.
Apparemment, il n'en parlait que quand il était triste et, pour une raison ou une autre, la proie soudaine d'un passé sombre et embrouillé. Sept maîtresses : voilà au moins qui est plus réaliste qu'une unique et mythique Hélène. Même à quatre-vingts ans passés, Zampanò recherchait la compagnie du sexe opposé. Ce n'est en rien une coïncidence si toutes les personnes qui lui faisaient la lecture étaient des femmes. Comme il le reconnaissait ouvertement : "Il n'y a pas de plus grand réconfort dans ma vie que les intonations apaisantes nichées dans la parole féminine."
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