> Christophe Claro (Traducteur)

ISBN : 2207252000
Éditeur : Denoël (2002)


Note moyenne : 4.11/5 (sur 62 notes) Ajouter à mes livres
« Je fais encore des cauchemars. D'ailleurs, j'en fais si souvent que je devrais y être habitué depuis le temps. Ce n'est pas le cas. Personne ne s'habitue vraiment aux cauchemars. .. Ainsi parle Johnny Errand au seuil de cette Maison des feuilles, et de poursuivre sa m... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 28 septembre 2008

    Woland
    House of Leaves
    Traduction : Claro
    Réflexion que l'on peut qualifier d'abyssale sur les apparences et ce que nous percevons de la réalité aussi bien par l'oeil que par l'oreille, "La Maison des feuilles" se présente sous l'aspect, assez innocent à première vue, de deux récits, le second surlignant le premier. De temps à autre, les notes de "l'Editeur" viennent éclairer ou assombrir le second texte.
    C'est un vieillard étrange et retrouvé mort depuis peu dans une chambre qu'il avait pris soin de calfeutrer contre la lumière du jour et, de façon générale, contre l'extérieur, qui a rédigé le premier texte. Son nom était Zampano - comme le héros de "La Strada" de Fellini. Et son récit d'ailleurs concerne le cinéma puisqu'il n'y est question que du film réalisé par Will Navidson sur les aberrations spatiales qu'il a enregistrées au coeur de la maison qu'il venait d'acheter loin de New-York. Titre du film en question - devenu film-culte, nous l'assure Zampano : le "Navidson Record."
    A la mort de Zampano, son "héritage", ce manuscrit biffé et raturé en tous sens, ce pavé énorme et où s'exprime toute l'érudition et la passion de celui qui l'a écrit, a atterri entre les mains de Johnny Errand, un trentenaire au roman familial assez corsé et qui, depuis un temps qui ne sera pas indiqué au lecteur, vivote comme il peut en travaillant pour un salon de tatouage. Quand il ne travaille pas, Johnny Errand le bien nommé ("La Maison des feuilles" est bourrée de clins d'oeil du même type) fait la bringue et abuse de l'alcool et de toutes les substances, licites ou pas, qui permettent d'oublier la réalité - ou de la faire reculer, tout simplement. Et puis, bien sûr, il y a le sexe. Mais peu à peu, au fur et à mesure qu'il avance dans la lecture du manuscrit de Zampano, Johnny va remplacer tout ça par l'incroyable, la prodigieuse histoire du "Navidson Record".
    Au début, le lecteur trouve inutiles et même carrément superflus les notes et apartés de Johnny. Jusqu'au moment où il se rend compte que, tout comme elle a permis à Zampano d'aller jusqu'au bout de lui-même, l'affaire du "Navidson Record" est destinée à faire atteindre à Johnny une nouvelle dimension de son être.
    "La Maison des feuilles" se vit comme une forme de voyage initiatique à travers bien des choses : d'abord la maison elle-même mais aussi la culture de l'image qui est la nôtre, l'imaginaire fantastique que nous nous sommes formé en visualisant toutes sortes de films d'horreur (ou plutôt en acceptant que soient mis en images les bons vieux mythes avec lesquels la littérature nous avait déjà fait faire connaissance ) et, encore plus profond, nos angoisses personnelles les plus profondes (l'image des parents, la sexualité, la Mort et, pire que la Mort, le Néant ...), le terrible sentiment de solitude qui nous accable d'autant plus pesamment que nous vivons en groupes de plus en plus importants, la quête de Dieu, de ce qu'il est, de ce qu'il n'est pas, de ce qu'il ne peut pas être (qui nous fait revenir à la quête de la vie intra-utérine, la maison des Navidson pouvant symboliser la matrice originelle), l'espoir, le désespoir, le ... la ...
    D'une construction exemplaire, "La Maison des feuilles" ne demande en fait à son lecteur que quelques minuscules efforts (s'adapter à son format, suivre les instructions qui nous recommandent de consulter l'annexe tant et non pas celle qui la précède chronologiquement, se poster devant la glace pour lire certains textes en écriture-miroir, mettre notre livre la tête en bas ou sur le côté pour suivre la progression du récit, etc ...) pour lui faire partager ses fabuleuses richesses - que les amateurs de livres et de cinéma devineront peut-être plus rapidement que les autres cependant.
    En bonne logique, toute personne née dans les cinquante dernières années du XXème siècle devrait se sentir concernée par "La Maison des feuilles" et y reconnaître l'essence même de ce siècle entièrement dominé par l'emballement des technologies, la précipitation des événements et le galop déchaîné des images s'annulant l'une l'autre avant de se réunifier pour former à nouveau, et dans la plus totale, la plus absolue des contradictions, une réalité à nouveau cohérente.
    "La Maison des feuilles", c'est moi, c'est vous, c'est votre voisin, c'est la fin d'un siècle qui allait trop vite et le début d'un autre qui prend la même direction, c'est une vision à la fois débridée et concise de la société où nous sommes nés et où nous mourrons, c'est toute notre culture occidentale ...
    ... et c'est aussi un roman fantastique, un film d'épouvante, une réflexion philosophique, un film mystique, un documentaire sur le rôle déterminant de l'image dans notre civilisation, une boîte de Pandore, une bibliothèque qui n'en finit pas, un escalier qui n'en finit pas ...
    ... et, plus simplement, un sacré bon roman. ;o)
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Marquise_de_Miaoucha, le 17 avril 2012

    Marquise_de_Miaoucha
    Tout commence par une critique dithyrambique dans un magazine féminin. On annonce un « livre-culte », un livre hors du commun, un livre étrange, déroutant mais « cultissime » ! Et ça, ça nous interpelle !
    Alors on va à la librairie, on le trouve dans les rayons, on le prend dans les mains et là, première constatation : il n'est pas comme les autres. Il est lourd, dense, et de forme presque carrée. On le feuillette pour mieux s'imprégner de son contenu et là, c'est la stupeur… On trouve différentes polices, des paragraphes non justifiés, des pages ne contenant qu'un mot au milieu, ou en bas, ou en haut, des mots en couleur bleue (ce n'est qu'à la lecture proprement dite que l'on constatera qu'il n'y a que le mot maison écrit en bleu, comme dans le titre), certaines pages ont même des textes écrits à l'envers, en miroir, des textes encadrés insérés au milieu d'un autre texte…. On se demande alors vraiment si on aura le courage de lire cette « chose ». Et puis on se dit que si les critiques l'ont qualifié de « culte » c'est probablement qu'il faut voir au-delà de l'apparence… Même si le contenant est un peu loufoque, voyons le contenu !
    Donc, on l'achète et…..il reste deux mois sur la table de nuit car on n'ose pas l'affronter. Puis, un matin, (ou plutôt un soir), on se sent d'attaque et on ouvre « La Maison des feuilles » et on comprend très vite, presque tout de suite, pourquoi tous l'ont couronné et encensé ! On se laisse prendre par sa magie, par sa puissance. Au bout d'à peine quelques pages, on sent déjà bien qu'à la fin de ce livre, on ne sera plus comme avant.
    L'histoire qui est le fil conducteur de ce roman (car malgré tout il s'agit bien d'un roman), est très prenante, à la limite de l'angoisse et réveille en nous nos plus anciens cauchemars de maison hantée, de monstres qu'on devine mais qu'on ne voit jamais…Les passages angoissants sont savamment dosés et alternent avec des paragraphes parlant de tout autre chose : il faut mettre son esprit au diapason et ne pas perdre le fil !
    Le chapitre sur les labyrinthes est extraordinairement bien construit : on croit se perdre dans les dédales du (ou plutôt des) texte, puis on retrouve une sortie, puis non, c'était une impasse, il faut se replonger dans les couloirs, dans les notes de bas de pages, dans les circonvolutions du livre : c'est un véritable labyrinthe mais aussi un véritable tour de force qu'a accompli là Danielewski et on ne peut éprouver qu'une admiration sans borne, teintée d'une pointe de jalousie, il faut bien l'admettre…Pourquoi n'a-t-on pas un tel génie ?
    On comprend aussi qu'il lui ait fallu 12 ans pour l'écrire, et que le traducteur ait pris un tel plaisir à transcrire ce texte.
    Il n'y a qu'un mot qui nous vienne à l'esprit, même s'il peut en choquer quelques uns : c'est jouissif !
    Pour conclure, je conseille vivement cette expérience à tous ceux qui aiment VRAIMENT les livres !
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Vance, le 10 avril 2010

    Vance
    On a donc entre les mains un texte racontant le film, annoté par Zampano qui y a ajouté nombre de citations, sur-annoté par Johnny lui-même, et complété par des annexes dont certaines concernent la personnalité ou le passé de Johnny. Bien entendu, chaque lecture montre progressivement combien le texte de base rend fou celui qui entreprend d'y travailler.
    Au début, j'ai eu du mal, puis ensuite on découvre la véritable trame sous-jacente (celle qui est évoquée en 4e de couverture) et on essaie d'aller au devant de cette gageure, en parallèle avec celle qui est progressivement dévoilée, celle de l'intérieur-externe de cette maison cauchemardesque. le problème vient surtout de toutes les annotations et des ruptures dans le récit lorsque le premier auteur reprend la parole.
    Ce n'est pas un livre dont on peut se taper un bout de chapitre chaque soir avant le dodo, parce que chaque fois, on est obligé de revenir 10 pages en arrière pour le reprendre. Il est éprouvant, parfois malsain, souvent fascinant, évoque la psychanalyse, surfe sur le spleen romantique avant de plonger dans l'horreur métaphysique : si les errances et les visions hallucinées du narrateur peinent à nous toucher, si les notes du précédent propriétaire du livre semblent énigmatiques, la narration adroite concernant le film de Davidson parvient à distiller quelques moments de pure angoisse, voire d'effroi.
    Au final, je suis content d'être allé au bout, d'avoir satisfait une saine curiosité face à l'accroche qui m'avait poussé à acquérir le livre. En même temps, un peu déçu car on a quand même l'impression de ne pas avoir concrétisé tout ce qui était promis. De la frustration donc, mais pas de ressentiment vis-à-vis de l'auteur qui a su nous duper, nous manipuler avec compétence et un brin de vice, procédant par coups, augmentant l'attente en se servant de l'Internet comme les producteurs de Blair Witch ont su le faire pour faire de leur film l'un des plus rentables de tous les temps. La Maison des feuilles est un roman remarquable, pratiquement abouti et particulièrement séduisant, qui parvient à transformer l'acte de lecture en expérience multi-dimensionnelle. Sur le plan de l'épouvante, il est intéressant mais manque de substance, délayant la peur viscérale (atavique) qui hante les profondeurs de cette maison à la géométrie non-euclidienne chère à Lovecraft par des atermoiements et des digressions intellectuelles parfois trop lourdes à digérer. On pourrait se contenter de ne lire que le Navidson Record, ce qui ferait du livre un roman à géométrie variable, mais ôterait tant de matière littéraire !
    [...]

    Lien : http://journal-de-vance.over-blog.com/article-10662236.html
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Beatrice64, le 03 mars 2011

    Beatrice64
    Pas facile de parler du pavé de Danielewski… Roman à tiroir, le livre tourne autour d'un mystérieux film, le Navidson Record, du nom de son réalisateur, qui découvre un jour que sa maison est plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur: une porte ouvre sur un couloir froid et obscur à géométrie variable alors que la logique la plus élémentaire voudrait qu'elle donne sur le jardin… Johnny Errand trouve un manuscrit relatant cette expérience, et commence à faire des cauchemars… Dévoré, au sens propre, par les notes de plus en plus envahissantes de J. Errand, bousculé dans sa typographie et sa mise en page, le livre se fait labyrinthe (coup de chapeau en passant au traducteur). Un «livre-objet» assez angoissant qui vous empêchera de dormir.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par ledrake, le 28 juin 2009

    ledrake
    Las ! Ce livre ne mérite pas la moitié des efforts que réclament sa lecture. Schizophrène, brouillon, inutilement académique, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire cet ouvrage. Surprenant certes, de prime abord, par sa construction et la superposition des partis-pris plutôt innovants (exploitation des pieds de page, références bidons, etc...), jusqu'à ce que, la surprise passée, l'étonnante vacuité de l'ensemble s'impose : il est difficile, voire impossible, de percevoir réellement les motivations de Navidson dans sa recherche frénétique, de Zampano dans ce qu'il reste de sa poussive analyse, de Johnny dans sa folie naissante.
    J'ai bien conscience d'avoir baclé la lecture de cet ouvrage, surtout sur la fin et d'en avoir perdu une part du propos de l'ouvrage. J'aurais aimé un récit plus classique, plus fidèle à sa quatrième de couverture... Tant pis, j'arrête le massacre...
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Author Mark Z. Danielewski is interviewed about his book "House of Leaves". (en anglais)








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