> Gilles Berton (Traducteur)

ISBN : 2702478298
Éditeur : Le Masque (1994)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.71/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
Vétéran du front turc et ancien policier, Bernie Gunther, trente-huit ans, est devenu détective privé, spécialisé dans la recherche des personnes disparues. Et le travail ne manque pas, à Berlin, durant cet été 1936 où les S.A., à la veille des jeux Olympiques, se harge... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Bigmammy, le 04 avril 2012

    Bigmammy
    Premier volet de La trilogie berlinoise de Philip Kerr, auteur écossais aussi féru d'investigations historiques qu'habile à susciter un suspens haletant, et qui a choisi de situer les aventures de son héros, le détective Bernie Gunther, dans l'Allemagne nazie, avant et après la guerre.
    Passé la référence assumée au Philip Marlowe de Raymond Chandler, nous voici transportés à l'été 1936, à Berlin, où le régime nazi a choisi d'inviter le monde entier pour célébrer le triomphe de la race aryenne dans un stade olympique hurlant et le bras levé. On fait aussi un peu de nettoyage en débarrassant la vue des multiples kiosques où l'on vend der Stürmer, le journal violemment antisémite de Julius Streicher, tandis que partout dans les rues et les cabarets paradent en uniforme les grossiers SA et les cruels SS, et que se mettent des bâtons dans les roues les hommes de la Kripo (police criminelle), de la Sipo ( Renseignements généraux) et de la Gestapo (police secrète d'Etat).
    Evidemment, malgré une traduction très efficace (Gilles Berton), on se meut plus facilement dans ce polar très dense si on maîtrise la prononciation allemande, la topographie particulièrement compliquée de Berlin et l'histoire du IIIème Reich. Car vont défiler des personnages ultra-célèbres, mais qui, à l'époque où se situe l'intrigue, n'ont pas donné encore la pleine mesure de leur noirceur : Heydrich, Himmler, Goering, Goebbels …
    Notre détective, un ancien de la police de l'Alex (Alexander Platz) ne cache pas son aversion pour la dictature et n'approuve pas la persécution encore rampante des Juifs, les ziganes, les homosexuels, les communistes, les catholiques. Il va devoir enquêter sur une affaire qui touche un magnat de la sidérurgie, très en vue en ces temps de réarmement camouflé. Herr Six mandate donc Bernhard Gunther pour retrouver non pas tant le meurtrier de sa fille, trouvée morte dans sa maison incendiée au côté de son mari, mais le collier de diamants de sa mère, qui a été volé au cours de ce cambriolage qui a mal tourné…selon les premières constatations.
    Mais rien n'est simple dans un pays soumis à une dictature où bien des gens disparaissent, se font tabasser ou, comme Gunther, envoyer en camp de concentration (à Dachau, plus précisément) pour y retrouver un perceur de coffres qui s'y cache. Bref, sitôt le premier opus de la série terminé, on ne peut s'empêcher le commencer le deuxième, qui lui, se passe en 1938, en pleine négociation des accords funestes de Münich.
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  • Par le-mange-livres, le 05 avril 2012

    le-mange-livres
    Encore un détective privé désabusé, mais dans un cadre original, celui du IIIe Reich triomphant, avec la montée du parti nazi, son apogée et sa chute, abordés successivement dans les différents volets de l'ensemble, parus à la fin des années 1980, récemment réédités en poche.
    Le premier épisode de cette Trilogie berlinoise se déroule en 1936, pendant les Jeux Olympiques de Berlin. Bernie Gunther (on dirait un privé américain) est un ancien de la police berlinoise : il a quitté ses rangs lors de la purge des éléments jugés "peu sûrs" par le nouveau régime. Reconverti et installé à son compte, il enquête surtout sur des affaires sordides de divorce, mais aussi, de plus en plus, sur les disparitions soudaines d'opposants ou de Juifs, qu'il retrouve trop souvent noyés dans des canaux ou déjà déportés dans les camps de travail.
    Jusqu'au jour où lui propose une curieuse affaire. le poids lourd de la sidérurgie allemande lui confie une enquête concernant la mort de sa fille et de son gendre dans un incendie criminel, à l'occasion duquel un bijou de très grand prix a disparu. Bien vite, l'intrigue révèle des ramifications insoupçonnés, et l'on ne tardera pas à croiser Goering ou Goebbels dans des circonstances étonnantes.
    Et aussi un véritable "goût de Berlin", une ville que j'adore : "Berlin j'adorais cette ville autrefois, avant qu'elle ne tombe amoureuse de son propre reflet et se mette à porter les corsets rigides qui l'étouffaient peu à peu. J'aimais la philosophie bon enfant, le mauvais jazz, les cabarets vulgaires et tous les excès culturels de la République de Weimar qui avait fait de Berlin l'une des villes les plus fascinantes de l'époque" (page 73).
    C'est dans ce Berlin des années 1930 que se joue la montée anxiogène du parti nazi, avec ses nombreuses "Violettes de mars" (les opportunistes rejoignant le parti après sa victoire, et prêts à tout pour obtenir un "petit" numéro d'adhérent sur leur carte, preuve d'une fidélité indéfectible), les rivalités entre les SA et les SS, le cadre social de plus en plus contraint et étouffant (avec obligation d'écouter les discours radiodiffusés et le développement des camps), où les esprits libres trouvent bien difficilement leur place.
    Un bon bouquin, dans lequel on se plonge avec plaisir, d'autant que la trame de l'intrigue policière est bonne, voire même réussie. Pas de doute, un roman qui doit se retrouver dans les valises de Madle et Vincent pour les prochaines vacances !

    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.fr/2011/03/lete-de-cristal-philip-ke..
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par yokai, le 20 février 2012

    yokai
    L'été de cristal est le premier volet d'un triptyque, connu sous le nom de La trilogie berlinoise, qui a pour protagoniste principal un détective privé dénommé Bernhard Gunther. Pour l'instant ça ne fait pas rêver, on se croirait presque dans un épisode de Derick mais attendez la suite. La particularité réside dans le contexte servant de cadre à ces histoires. Elles se déroulent en Allemagne pendant le IIIme Reich. L'été de cristal / la nuit de cristal, le parallèle est plutôt facile voire un peu grossier. Ce manque de finesse n'est pas imputable à l'auteur mais à un choix éditorial un peu trop marketing — chacun ses goûts - puisque le titre du livre était à l'origine Les violettes de mars. Ce titre qui ne vous dit peut-être rien — c'était mon cas — est tiré d'un terme désignant les adhérents tardifs au parti Nazi. C'est à dire ceux qui se sont ralliés à la cause des plus forts une fois qu'ils ont été au pouvoir.
    Vous conviendrez qu'exercer la profession de détective privé à cette époque relève de la performance d'équilibriste. Pour être capable d'enquêter et de mettre son nez dans des affaires louches en se faufilant entre les différents appareils répressifs du régime sans passer par la case camps, il faut la jouer fine et, dans ce registre, il faut reconnaître que notre homme est plutôt habile. Il se voit confier par un riche industriel, Hermann Six, la tâche de retrouver un collier de diamants d'une très grande valeur. Malheureusement pour lui et comme souvent, il va vite s'avérer que cette simple affaire de vol a des connexions avec une affaire touchant aux plus hautes sphères du pouvoir personnifié par le premier ministre lui-même, le terrible Goering.
    La multiplicité des formes du roman policier m'étonne toujours. Ils peuvent se dérouler dans des cadres très variés et originaux et avoir un véritable fond historique comme c'est le cas ici. Il faut dire que la violence ne date pas d'hier et n'a pas de frontière, c'est à minima une constante internationale et intemporelle. le positionnement de ce livre dans l'univers du IIIme Reich est vraiment un gros plus mais n'allez pas croire que tout repose là dessus. L'histoire est très prenante et évolue de manière linéaire sans véritable temps mort. Elle est assez complexe pour tenir les lecteurs les plus exigeants en haleine. Il faut également souligner la personnalité attachante de Bernhard Gunther qui possède un humour sarcastique très développé et un culot incroyable. de plus, son aversion pour les Nazis fait du bien. C'est une lecture que je conseille vivement en particulier si vous êtes intéressés par cette période noire de l'histoire.
    Les éditions Pocket ont rassemblé ce livre et les deux suivants dans le recueil La trilogie berlinoise.

    Lien : http://www.aubonroman.com/2012/02/lete-de-cristal-par-philip-kerr.html
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    • Livres 4.00/5
    Par bibliame, le 10 mars 2011

    bibliame
    Premier épisode de La trilogie berlinoise, « L'été de cristal » décrit le fonctionnement de l'Allemagne nazie à Berlin dans les années 1936 au travers des enquêtes de Bernhard Gunther, ex commissaire de police, reconverti en détective privé par désaccord avec les choix faits par la police du IIIème Reich.
    Personnage désabusé, Bernie essaie de vivre tant bien que mal dans ce monde devenu infâme. Son humour cynique et salvateur lui permet de mener à bien ses enquêtes, tout en faisant le constat d'une société perdue ou « la survie devient l'unique objectif de chacun ».
    "Comment décrire l'indescriptible ? Comment parler de ce qui rend muet d'effroi ? Beaucoup de mes compagnons d'infortune, quoique plus cultivés que moi, étaient incapables de trouver les mots adéquats. C'était un silence né de la honte, la honte de voir les innocents eux-mêmes devenir coupables. Car privé du moindre de ses droits, l'homme redevient une bête. Les affamés chapardent la nourriture d'autres affamés. La survie devient l'unique objectif de chacun, et cette préoccupation prime, et même occulte, l'expérience vécue. "

    Description noire, mais Ô combien réelle, et fort bien documentée, d'un pan de l'histoire que l'on souhaiterait n'avoir jamais connu.
    Ce premier tome de la « La trilogie berlinoise » est suivi de « La Pâle figure », puis
    d' « Un requiem allemand »
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    • Livres 4.00/5
    Par argali, le 27 décembre 2010

    argali
    Ce policier n'est pas un polar de plus. Il nous donne l'occasion de nous plonger dans l'Allemagne des années 30 et d'explorer les consciences de l'Allemagne nazie. On sent un réel travailleur d'historien derrière l'intrigue policière.
    La toile de fond est sombre : rafles, nationalisme, persécutions, propagande, corruption… et peur aussi. Une peur qui fait se comporter comme des salauds ceux qui ne partagent pourtant pas les idées en vigueur. Une peur qui annihile toute rébellion, toute opposition car seul compte l'espoir de rester en vie.
    L'intrigue peut sembler un prétexte mais elle est au cœur de l'histoire et rend la lecture palpitante. le style est vif et précis, le héros sympathique, gardant un esprit lucide sur l'époque et ses distances par rapport aux autorités en place, les indices permettent de se créer une hypothèse personnelle mais l'auteur garde sous le coude des rebondissements qui tiennent en haleine.
    Une vraie réussite à tous les niveaux, aussi bien pour son contexte historique que pour le personnage de Bernie ou son intrigue.
    Un bémol : la foison des personnages - aux noms très proches, parfois - peut faire perdre le fil de l'histoire.
    Une question : pourquoi ne pas avoir gardé le titre original (Les Violettes de Mars) bien plus parlant que celui-ci.
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Citations et extraits

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  • Par bibliame, le 17 mars 2011

    La concierge était une pute en fin de carrière. Ses cheveux paraissaient aussi naturels qu'un défilé au pas de l'oie dans Wilhelmsrasse, et elle devait avoir une main enfouie dans un gant de boxe lorsqu'elle s'était appliqué son rouge à lèvres. Ses seins ressemblaient aux postérieurs de deux chevaux de trait épuisés.Peut-être avait-elle encore des clients, mais j'en aurais été plus étonné que de voir un Juif acheter du porc dans une boucherie de Nuremberg. Debout sur le seuil de son appartement, nue sous un peignoir crasseux aux pans ouverts, elle ralluma un mégot éteint.
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  • Par bibliame, le 10 mars 2011

    Comment décrire l’indescriptible ? Comment parler de ce qui rend muet d’effroi ?
    Beaucoup de mes compagnons d’infortune, quoique plus cultivés que moi, étaient incapables de trouver les mots adéquats. C’était un silence né de la honte, la honte de voir les innocents eux-mêmes devenir coupables. Car privé du moindre de ses droits, l’homme redevient une bête. Les affamés chapardent la nourriture d’autres affamés. La survie devient l’unique objectif de chacun, et cette préoccupation prime, et même occulte, l’expérience vécue.
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  • Par bibliame, le 10 mars 2011

    Il existe beaucoup de choses qui peuvent libérer l’homme, mais le travail n’en fait certainement pas partie. A vrai dire, au bout de cinq minutes à Dachau, la mort vous paraissait un moyen beaucoup plus sûr que le travail pour gagner votre liberté.
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  • Par bibliame, le 10 mars 2011

    Il n’y a rien de pire que d’attendre, que ce soit le résultat de tests à l’hôpital ou la hache du bourreau. Une seule chose compte : qu’on en termine le plus tôt possible. C’était d’ailleurs une technique que j’avais moi-même utilisée à l’époque de l’Alex, quand je laissai mijoter longuement des suspects avant de les interroger. Quand on attend l’imagination prend peu à peu le pas sur tout le reste, et transforme votre cerveau en enfer
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  • Par bibliame, le 10 mars 2011

    Détruire l’esprit humain par le travail forcé était le but de Dachau, la mort n’étant que la conséquence non recherchée de cet esclavage. La survie passait par l’acceptation d’un surcroît de souffrance pour les autres : tant que c’était un autre détenu qui se faisait battre ou lyncher, vous étiez sauf. Si l’occupant du grabat voisin mourait dans son sommeil, vous pouviez mangez sa ration pendant quelques jours.
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La chronique de Gérard Collard - Hôtel Adlon
Pour bien commencer le week-end, notre chroniqueur libraire Gérard Collard vous propose aujourd'hui le dernier livre de Philip Kerr : "Hôtel Adlon" (éditions du masque) qui n'est autre que la suite de La trilogie berlinoise... Regardez l'avis de Gérard Collard... La présentation du livre "La trilogie Berlinoire" par l'éditeur : Publiés pour la première fois entre 1989 et 1991, L'Eté de cristal, La pâle figure et Un requiem allemand ont pour toile de fond le IIIe Reich à son apogée et, après la défaite, l'Allemagne en ruine de 1947. Bernie Gunther, ex-commissaire de la police berlinoise, est devenu détective privé. Désabusé et courageux, perspicace et insolent, Bernie est à l'Allemagne nazie ce que Philip Marlowe est à la Californie de la fin des années 1930 : un homme solitaire, témoin de son époque. Des rues de Berlin "nettoyées" pour offrir une image idyllique aux visiteurs des Jeux olympiques à celles de Vienne la corrompue, Bernie enquête au milieu d'actrices et de prostituées, de psychiatres et de banquiers, de producteurs de cinéma et de publicitaires. La différence avec un film noir d'Hollywood, c'est que les principaux protagonistes s'appellent Heydrich, Himmler et Goering.... La présentation du livre "Hôtel Adlon" par l'éditeur : Dans ce sixième épisode, retour aux sources. Berlin, 1934 : le monde est aveugle. Mais Bernie Gunther, lui, ne l'est pas. Après avoir quitté la police de plus en plus nazifiée, il est chargé de la sécurité des résidents du célèbre hôtel ...








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