ISBN : 226001822X
Éditeur : Julliard (2010)


Note moyenne : 3.01/5 (sur 68 notes) Ajouter à mes livres
Présentation de l'éditeur

Après sa trilogie politique autour des conflits du Moyen-Orient (Les Hirondelles de Kaboul, L’Attentat, Les Sirènes de Bagdad), après un grand roman d’amour (Ce que le jour doit à la nuit), Yasmina Khadra, qui ne craint pas les c... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par patachinha, le 11 avril 2010

    patachinha
    Je découvre pour la première fois Yasmina Khadra avec L' Olympe des infortunes, et j‘ y ai pris beaucoup de plaisir. Ce roman me donne l' envie de découvrir ses autres titres.
    Il aborde un thème qui m' est très cher, à savoir la question de l' exclusion et de la pauvreté. C' est un monde qui grouille en parallèle de notre société, que nous côtoyons si souvent sans qu' on prenne forcément la peine de s' arrêter pour regarder ce qui se passe de l' autre côté du fossé. Ils sont pourtant si visibles, mais personne ne les voit, c‘ est certainement plus facile de détourner le regard…
    Yasmina Khadra a choisi l' abondance des personnages, tous plus particuliers les uns que les autres pour dépeindre ce monde d' incohérence et de solitude. Car si la majeure partie de ces laissés-pour- compte récuse la société dans laquelle il vivait, ses valeurs; ce refuge n' est autre qu' une micro-société, où l' oisiveté se dispute à la beuverie, aux railleries, aux bagarres, aux réflexions disparates sur un monde meilleur, à des gestes dépourvus de sens…

    Ce livre nous fait poser beaucoup de questions, sans laisser de réponses claires. Qu' est-ce qui amène une personne dans la vie réelle à s' enfoncer dans ce milieu si obscur, si lointain, si inconcevable? Comment arriver à ne pas être miné par la folie et espérer un jour meilleur? A quoi, à qui s' accroche-t-on dans ces instants où on est seul face à soi même, face à ses échecs, face à une société qui nous rejette? Pourquoi préfère-t-on s' embourber encore un peu plus plutôt que de chercher secours dans la société dite individualiste? Car je ne crois pas qu' il n' y est qu' individualisme et égoïsme, parfois on tend la main et on ne récolte que mépris ou méfiance…

    L' auteur a voulu je pense dénoncer ces gens abandonnés à leur sort, mais il donne aussi une vision très humaine des relations que ces indigents entretiennent entre eux. Il y a une sorte d' éthique entre ces compagnons d‘ infortune, bâtie sur une solidarité primaire et si touchante. Je me suis beaucoup rappelée du livre Dans la dèche à Paris et à Londres d' Orwell. Car on sentait vraiment qu' il existait une rivalité, une méfiance réciproque, en même temps qu' un soucis d' aider de façon désintéressée, aider son prochain dans la nécessité. C' est finalement beau et pas si utopique, dans le total dénuement on est capable du meilleur et du pire…
    De tous les vices, triomphe finalement de belles valeurs, que les âmes aigries, noircies par tant de souffrances ne savent effacer.

    Je dédie ce livre, même s' ils ne le sauront jamais à quatre personnes que je croise depuis des années et qui m' ont toujours intriguée. Une dame d' une quarantaine d‘ années, si souriante, qui dit bonjour à tout le monde, avec son gobelet, qui attend sagement devant chez André que quelqu' un s' arrête pour elle, ou simplement lui rétribue ce sourire si sincère.
    Un monsieur d' une cinquantaine qui a ses habitudes devant l' Eglise Saint Maurice, et qui crie toujours bonjour madame! à tue-tête pour attirer l' attention. Un jeune homme d' une trentaine qui se plante fréquemment devant une boulangerie Paul, avec son petit chien, par jour de pluie, vent et même de neige. Enfin une dame de couleur que l' on croise le plus souvent à la Gare Lille-Flandres avec des habits tous plus improbables les uns que les autres, ses canettes de bière, ses chicots, sa bave, son regard hagard , qui n' a pas l' air d' avoir conscience d' où elle se trouve. C' est à ces gens que je pense automatiquement dès que l' on me parle de pauvreté. La ville est le théâtre de beaucoup plus de misères, elles sont plus visibles du moins. Si ces gens pouvaient s' imaginer que je pense à eux, ça ne leur avancerait à rien de le savoir au fond, ou peut- être que si qui sait? La satisfaction de ne pas se savoir invisibles, et de ne pas être si répugnants aux yeux d' autres humains …
     
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Ancolie, le 25 mai 2012

    Ancolie
    Pacha, Negus, Ach, Junior,... vagabonds de leur état, vivotent sur un terrain vague, fiers de ne devoir rien à personne avec leur liberté comme seule richesse. Jusqu'au jour où apparaît Ben Adam, sorte de messie qui prône un retour à la vie réelle. S'ensuit, pour Junior, jeune vagabond légèrement demeuré, et pour son protecteur Ach, une bataille philosophique. Que vaut-il mieux : se délecter du fatalisme ou se battre pour faire de sa vie quelque chose de valable ?
    J'ai beaucoup aimé ce petit roman avec ce thème cher à Yasmina Khadra, l'idée de se dire que la vie vaut la peine d'être vécue et l'importance de savoir ce que l'on va en faire.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par mondedegaia, le 14 avril 2011

    mondedegaia
    J'ai découvert Yasmina Khadra avec ce livre.
    Mieux vaut tard que jamais, depuis le temps que j'en entendais parler! Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir alors, à peu près 10 ans après tout le monde, que cet auteur est un homme!
    Bon, peu importe après tout, et ce livre alors?
    D'abord, il y a des personnages. Que je découvre dans un décor qui commence par me paraitre quasi vide : un no man's land, un dépotoir coincé entre une ville et la mer. On sent le le soleil.
    Et puis, au fur et à mesure, les personnages prennent des couleurs. D'abord ils ont des noms, leur humanité se pose. Plus tard, à force d'abuser de paroles, ils deviendront des allégories, il ne leur restera que des surnoms : le Simplet, le Musicien, qui finira sa déchéance en s'appelant le Borgne... Les lieux aussi se complexifient, peu à peu on établit la carte de leur domaine, avant de se rendre compte que ce domaine n'est qu'une partie de ce qu'on peut découvrir, explorer.
    On sent bien que ce n'est pas que l'histoire de ces quelques hommes posés là que Yasmina Khadra a voulu nous raconter.
    En tout cas, moi j'y ai lu...
    Une question sur ces hommes, ces femmes, que nous mettons au rebut?
    La différence entre société et communauté.
    Une question sur la tension qui vit en nous, entre l'acceptation de vivre au jour le jour ce qu'on peut attendre de la vie, et les pièges d'un espoir qui nous pousse à vouloir l'absolu. Avec entre les deux, la vie telle qu'on pourrait la vivre au mieux...
    Le piège de s'immiscer dans la vie des autres, de vouloir lui insuffler une trajectoire plus conforme à nos aspirations d'absolu, sans accepter ensuite notre responsabilité.
    Ce piège de l'espoir qui maintient en vie ou qui fait mourir.
    C'est peut être très personnel, comme interprétation.
    Plus généralement, je garde des descriptions de la mer, de la plage, des diatribes lyriques et imagées...
    J'ai vraiment été portée par la musique de la langue, tout au long du livre, et rien que pour ça, je le relirais, et je lirais d'autres ouvrages de Yasmina Khadra. J'en ai même regretté de ne pas être en première au lycée, dans les études de texte et les synthèses, parce que là, j'aurais peut être bien adoré!
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par brigittelascombe, le 17 mai 2011

    brigittelascombe
    Imaginez une décharge publique près de la mer, une poubelle dont certains déchets suffisent aux "Hors" pour vivre en autarcie.Imaginez quelques portraits bien brossés et pourtant dégoutants: un pacha brutal, son mignon et sa bande d'ivres morts,une fantomatique Mama qui charrie son compagnon sur une brouette pour le désaouler,un videur de sable de but en blanc,un Junior simplet sous l'aile d'un borgne... bref imaginez une Olympe où les dieux déchus se rouleraient dans la violence avec volupté comme un troupeau de pourceaux. Au jeu de l'oie de l'absurde Junior va tenter le jackpot encouragé par son mentor. Mais comment ne pas se bruler les ailes au feu de la réalité de la ville dont les néons illusoires clignotent pour vous envoyer illico en case prison? Non personne ne peut fuir cette olympe sulfureuse s'il a connu le souffre pour seul horizon. Personne? Si peut être le seul à avoir vécu l'ailleurs et la chaleur d'un vrai foyer. Un livre dur et pourtant si vrai car l'Olympe des paumés existe malheureusement de par le monde bien cachée sous des tas d'immondices.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Inextenso, le 21 février 2011

    Inextenso
    L'Olympe des infortunes nous emmène dans un monde à part, un terrain vague en périphérie d'une grand ville, devenu le royaume de quelques sans-abris à l'esprit libre et à l'histoire tourmentée. Peu à peu cette république des exclus nous livre ses secrets. L'Olympe des infortunes se veut une fable, un conte philosophique sur la violence du monde actuel mais l'omniprésence des dialogues ôte toute profondeur aux personnages et empêche une réflexion plus globale sur les dérives de la société. Les lieux communs sont nombreux (l'argent corrompt tout, vivre en marge est une forme de liberté) et la vision de la société reste manichéenne. On ressent malgré tout une réelle tendresse de l'écrivain pour ses personnages mais cela ne suffit pas à leur donner un relief, une psychologie propre. A vrai dire, je n'ai pas bien saisi où l'auteur voulait nous emmener, quelle était la "morale" de tout cela.
    Quant au style, il péche par excès : excès de sentiments, d'adjectifs, de métaphores. Tout cela manque, à mon goût, de sobriété. De plus, (sans doute pour coller à la réalité de cette communauté de "laissés-pour-compte" ) l'auteur mélange dans ce roman le registre familier et les envolées lyriques ce qui donne un style heurté comme dans cette phrase au rendu un tantinet absurde : "Lorsqu'il est question de s'offrir la tronche d'un bougre expiatoire, il se découvre aussitôt une vocation transcendante et s'y investit à fond la caisse, quitte à y laisser des plumes". le mélange des genres n'est pas des plus heureux, sans parler de la surenchère d'adjectifs. Bref, le moins que l'on puisse dire c'est que je n'ai pas accroché ni sur le fond, ni sur la forme.
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Citations et extraits

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  • Par Ancolie, le 25 mai 2012

    - C'est vrai qu'il y a pour chaque personne une étoile, là-haut ?
    - En tous les cas, nul n'est foutu de reconnaître la sienne...
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  • Par MyriamBachon, le 23 juin 2010

    La vraie richesse est de ne rien attendre des autres.

    Si j’étais le Bon Dieu, je finirais par me manifester pour mettre un terme à la pagaille qui sévit sur terre.

    Si on refilait un sou à chaque con sur Terre, on finirait par ruiner tous les empires ;

    Aucun homme n’a le droit de tourner le dos au Monde. Son devoir est de faire face à l’adversité, de lui survivre, car le sacrifice suprême n‘est pas d’offrir sa vie, mais de l’aimer malgré tout.

    Que l’on soit couvert de hardes ou de soie, l’on n’est jamais que soi.

    Méfie toi de ce qui brille ; lorsque ça ne t’aveugle pas, ça te brûle.

    L’amour est l’essence de la vie, son sens et son salut.S’il vient vers toi, garde-le et ne le lâche plus. S’il te fuit, cours-lui après. Si tu ne sais pas où le trouver, invente-le. Sans lui, l’existence n’est qu’un gâchis, un passage à vide, une interminable chute libre.

    La ville, ce n’est pas un endroit où on se reconstruit quand on tombe très bas.
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  • Par nicolopoulos, le 13 mars 2011

    La chance nous sourit tous les matins, le bonheur nous accueille tous les soirs, et on s'en rend pas compte. On s'y habitue. On fait pas gaffe à ce que l'on possède puis, hop ! d'un claquement de doigts, on s'aperçoit que l'on a tout faux. Parce qu'on croit avoir décroché la lune, on veut croquer le soleil aussi, et c'est là qu'on se crame les ailes...
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  • Par ChezLo, le 13 novembre 2010

    - Eh bien, si t'es content, je le suis aussi. Il faut que tu te visses ceci dans le crâne : ici, c'est notre Olympe, et t'es ma part d'éternité. A nous deux, nous sommes le monde. T'es l'oeil qui me manque, je suis la raison qui te fait défaut. Alors s'il-te-plaît, tâche de ne pas trop t'éloigner. Je parie que t'es allé sur la jetée, ce matin. Que tu t'affiches avec Haroun, ça passe, c'ets un Horr. Mais que tu te mêles aux gars de la jetée, qui font le contraire de ce qu'ils promettent, qui crachent sur la ville et qui se gênent pas de fouiller dans ses poubelles, ça, c'est pas réglo. Ces zigotos sont capables de t'entraîner avec eux jusqu'en ville et...
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  • Par liratouva2, le 26 mars 2010

    «Surgi d’on ne sait où, une espèce de Moïse surplombe la bande, dressé sur un monceau de galets…L’homme est un géant emmitouflé dans une sorte de soutane d’une blancheur immaculée. Ses longs cheveux lactescents lui cascadent sur la poitrine, semblables à une coulée de neige. …Il s’approche du groupe, effleurant à peine le sol, la robe aussi remplie de vent qu’une voile.»
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