ISBN : 2266162691
Éditeur : Pocket (2006)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 358 notes) Ajouter à mes livres
Un sujet très fort parfaitement maîtrisé: Yasmina Khadra réussit la gageure de mettre en scène à travers le destin singulier d’un seul personnage le déchirement tragique de deux peuples condamnés à vivre ensemble.

Amine, chirurgien israélien d’origine pal... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 23 septembre 2011

    lehane-fan
    Theme qui a été , est et sera surement pour longtemps encore d'actualité . Un remede à la folie des hommes n'ayant , à ce jour , toujours pas été trouvé . Un conflit Israelo-Palestinien qui s'enlise . Une seule réponse envisagée , l'embrigadement de fanatiques et leur manipulation mentale conduisant irrémédiablement au pire .
    La lecture de ce livre s'apparente à une explosion . Tout d'abord , je l'ai vaguement entendu mais ne m'en suis pas vraiment inquiété ce qui explique cette lenteur à m'immerger dans un theme pourtant tres fort puis j'ai ressenti le souffle de l'explosion et là , impossible de lacher cette histoire poignante , véritable cri anti-terroriste .
    Le docteur Amine a tout pour etre heureux . Un bon boulot lui permettant de vivre confortablement mais surtout une femme qu'il aime comme au premier jour : Sihem . Sihem qui , aux yeux d'Amine , ne peut etre la terroriste incriminée qui vient de se faire exploser en rayant ainsi 17 personnes de la carte des vivants .
    L'auteur ne perd pas une seconde en nous plongeant immediatement au coeur de l'histoire . L'attentat vient d'etre perpétré , Amine est directement confronté à l'inimaginable . A la phase bien compréhensible du déni va succeder assez rapidement celle de la quete de vérité . C'est dans un chaos personnel de tous les instants qu'Amine va tenter de retracer les derniers jours de sa femme en essayant d'en comprendre les motivations .
    Au-delà de l'acte en lui-meme , Khadra dresse un portrait tres réussi de l'humain qui est au coeur de cette tragédie , que celui-ci soit victime ou bourreau . Il ne juge à aucun moment laissant le soin au lecteur de se forger sa propre opinion . Il dépeint tres justement ces conflits religieux pouvant conduire au pire . Il dresse habilement le portrait d'une personne que rien ne prédestinait à finir comme martyre . Il évoque , sans jamais tomber dans le pathos , l'incroyable douleur que représente la perte de l'etre tant aimé dans des conditions aussi inexplicables . Il donne quelques clés tendant à expliquer le pourquoi de tels actes ( expropriations arbitraires ; destruction du foyer , aux frais de l'occupant , arbitraire... ) , mais sans jamais les légitimer .
    Le plus triste dans cette histoire , c'est que finalement Khadra semble penser que ces sordides faits divers n'ont pour seule vocation qu'attiser les rancoeurs et conduire immanquablement à de nouvelles représailles . La loi du Talion prevaut plus que tout ! La seule solution envisageable , c'est l'eradication pure et simple de l'un des deux belligérants .
    L'attentat est un livre douloureux sur un acte arbitraire qui semble , hélas , avoir encore de beaux jours devant lui .
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Gast, le 22 mars 2011

    Gast
    Livre sur un sujet brûlant, sujet déchaînant les passions où la haine répond à la haine ; où ne pas soutenir ouvertement un camp vous condamne à être contre les deux camps.
    Yasmina Khadra réussi ici un coup de maître. Très bien écrit, ce texte réussi avec une efficacité redoutable à faire germer les sentiments de désespoir, de joie ou de haine qui secouent les âmes nées dans ce chaudron infernal. Face à L'attentat suicide de sa femme qu'il n'arrive pas à imaginer commettre tel acte absurde et meurtrier, le docteur Amin Jafaari part en quête de réponse pour comprendre, et ainsi savoir s'il doit se condamner ou se pardonner de n'avoir pas su détecter et arrêter le geste de sa femme.
    L'auteur a su, dans l'aspect Israélien, très bien rendre l'incompréhension de cette société face à l'acte a priori absurde de se faire sauter au milieu d'une population civile. Sans concession, il décrit très bien la haine et la paranoïa qui peut sous-tendre la société de l'état hébreux. Néanmoins, alors qu'il a réussi à très bien présenter le désespoir et la misère profonde des Palestiniens, j'ai eu la vague impression que l'auteur a fait preuve de complaisance, car à aucun moment je n'ai senti les dérives poluitiques pouvant venir des dirigeants Palestiniens. Même la scène avec le cheick est d'ailleurs évocatrice puisque ce dernier n'est in fine pas un personnage si négatif que cela.
    De plus, à vouloir expliquer le geste de la femme du docteur Jafaari de manière trop exhaustive et définitive, geste à mon sens difficilement compréhensible pour qui n'a pas vécu cette démarche visant à se donner la mort en emportant des innocents avec soi, Yasmina Khadra a affaibli son récit par des justifications qui ne m'on guère convaincu car beaucoup trop romanesques.
    Reste qu'au final, et malgré un dernier quart du livre en dessous du niveau des trois premiers quarts, ce livre reste un très bon ouvrage qui permet, sinon de comprendre, au moins d'approcher les haines intriquées qui minent cette région du monde et empêchent toute paix durable.
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 19 décembre 2010

    LiliGalipette
    Roman de Yasmina Khadra. Lettre K de mon Challenge ABC critiques Babelio. Lecture commune avec Liyah.
    Une femme, une charge meurtrière dissimulée sous une robe de grossesse, se fait exploser dans un restaurant de Tel-Aviv. À l'hôpital, le docteur Amine Jaafari s'affaire pour sauver les victimes de la tragédie. Il opère des heures, ne pensant qu'à soigner et prolonger la vie. Quand la police lui apprend que le kamikaze était sa femme Sihem, Amine perd pied.
    D'origine bedouine, Amine a fait sa place dans la bonne société israëlienne. Il a pris la nationalité du pays et son travail est reconnu dans les hautes sphères du pays. Mais que faire face à la vindicte populaire: "À ses yeux, [...] je reste l'Arabe - indissociable du bougnoule de service et, à un degré moindre, de l'ennemi potentiel." (p. 89) Amine ne peut croire que sa douce Sihem est devenue cette kamikaze qui a tué une dizaine d'enfants et renoncé à son mariage. Amine se persuade qu'il a manqué l'indice qui lui aurait permis de sauver sa femme et son monde. "Si ma femme s'est donné la mort, c'est la preuve que je n'ai pas su lui faire préférer la vie." (p. 113)
    Amine part à Bethléem et à Janin en Palestine pour trouver des coupables. Mais il se heurte aux hommes de la Cause qui érige sa femme en sainte et lui reprochent d'avoir renié ses origines. "Votre femme était une martyre. Nous lui serons éternellement reconnaissants. Mais ça ne vous autorise pas à chahuter son sacrifice ni à mettre en danger qui que ce soit. Nous respectons votre douleur, respectez notre combat." (p. 146) Amine se débat dans un nouveau monde où il doit réapprendre à vivre sans sa femme, avec son souvenir, avec le nouveau visage qu'elle a pris et avec le regard des autres.
    Amine n'a jamais pris part "dans le conflit sanglant qui ne fait, en vérité, qu'opposer à huis clos les souffre-douleur aux boucs émissaires d'une Histoire scélérate prête à récidiver." (p. 175) Il a préféré se donner corps et âme à la lutte contre la souffrance, en exerçant de son mieux ses talents de chirurgien. La fin de son histoire ressemble à son début et n'est que la suite d'une longue série de tragédies.
    Le récit est à la première personne et, immédiatement, il prend à la gorge. La dérive d'Amine fait suinter entre chaque ligne une douleur infinie. Ce texte m'a bouleversée. Loin d'être une énième illustration du conflit israëlo-palestinien et sans prétendre donner des réponses, la prose de Yasmine Khadra met en mots une déchirure chargée d'histoire et de non-sens. "Le Juif est né libre comme le vent, imprenable comme le désert de Judée. S'il a omis de délimiter sa patrie au point qu'on a failli la lui confisquer, c'est parce qu'il a longtemps cru que la Terre promise était d'abord celle où aucun rempart n'empêche son regard de porter plus loin que ses cris. [...] Tout Juif de Palestine est un peu arabe et aucun Arabe d'Israël ne peut prétendre ne pas être un peu juif." (pp. 252-253)
    Je termine avec une bouleversante description de Jérusalem: "Par-dessus le muret de la résidence, on peut voir les lumières de Jérusalem, avec le minaret et le clocher de ses églises qu'écartèle désormais ce rempart sacrilège, misérable et laid, né de l'inconsistance des hommes et de leurs indécrottables vacheries. Et pourtant, malgré l'affront que lui fait le Mur de toutes les discordes, Jérusalem la défigurée ne se laisse pas abattre. Elle est toujours là, blottie entre la clémence de ses plaines et la rigueur du désert de Judée, puisant sa survivance aux sources de ses vocations éternelles auxquelles ni les rois de naguère ni les charlatans d'aujourd'hui n'auront accédé. Bien que cruellement excédée par les abus des uns et le martyre des autres, elle continue de garder la foi - ce soir plus que jamais. On dirait qu'elle se recueille au milieu de ses cierges, qu'elle recouvre toute la portée de ses prophéties maintenant que les hommes se préparent à dormir. le silence se veut un havre de paix. La brise crisse dans les feuillages, chargée d'encens et de senteurs cosmiques. Il suffirait de prêter l'oreille pour percevoir le pouls des dieux, de tendre la main pour cueillir leur miséricorde, d'une présence d'esprit pour faire corps avec eux. [...] Aujourd'hui encore, partagée entre un orgasme d'odalisque et sa retenue de sainte, Jérusalem a soif d'ivresse et de soupirants et vit très mal le chahut de ses rejetons, espérant contre vents et marées qu'une éclaircie délivre les mentalités et leur obscur tourment. Tout à tour Olympe et ghetto, égérie et concubine, temple et arène, elle souffre de ne pouvoir inspirer les poètes sans que les passions dégénèrent et, la mort dans l'âme, s'écaille au gré des humeurs comme s'émiettent ses prières dans le blasphème des canons..." (pp. 149 à 151)
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par fee-tish, le 01 octobre 2011

    fee-tish
    Troisième expérience de lecture avec Yasmina Khadra et ce ne sera certainement pas la dernière.
    L'attentat est un livre très court (moins de 250 pages) et très poignant. le thème du terrorisme y est traité de façon plutôt intéressante et inhabituelle. Pour résumer, L'attentat suicide est perpétré par la femme du narrateur, le docteur Amine Jaafari. Dès qu'Amine apprend qu'il s'agissait de sa femme, Sihem, son monde bascule littératalement. Il faut expliquer que l'histoire se déroule en Israël, à Tel Aviv. Amine et Sihem sont musulmans mais plutôt très intégrés dans la sociétés israëlienne, leur niveau de vie élevé leur permet de vivre dans une belle maison, de faire des voyages, etc. le questionnement d'Amine, une fois qu'il accepte que sa femme n'était pas vraiment ce qu'elle disait être, est de savoir comment il n'a rien pu voir venir. La culpabilité que lui fait porter Khadra permet de l'emmener assez loin dans les recherches sur l'endoctrinement. Et malheureusement, il va se heurter à un mur de silence, de menace.
    Ce court roman m'a fait prendre conscience que l'intégrisme sous toutes ses formes ressemble à une secte. Une fois endoctriné, un gourou (qu'il soit imam ou autre) peut faire faire n'importe quoi à ses ouailles. Et ces personnes sont tellement convaincues de leur combat que mourir pour lui est le meilleur symbole de leur fidélité.
    Quels réseaux sont derrière tout ça ? Finalement le personnage d'Amine démontre qu'il est presque impossible de remonter ces filières. Cela ressemble à une mafia religieuse : il faut donner de l'argent pour une Cause et s'y dévouer totalement. Assez terrifiant.
    Quoiqu'il en soit Yasmina Khadra arrive à nous tenir en haleine en alternant le roman et la réflexion assez profonde sur le terrorisme. Et il le fait très bien. Sans être le meilleur livre que j'ai lu en 2011, c'est en tout cas un livre intelligent tel qu'on en lit peu.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par emeralda, le 28 mars 2011

    emeralda
    J'aime lire, ce n'est pas un secret, mais parfois, je manque de temps pour assouvir ma passion autant que je le voudrais.
    Heureusement, avec les audios-livres, il est possible d'emporter de bons romans avec soi et de les découvrir alors que l'on conduit (pas soporifique si le lecteur est habile), on repasse, on cuisine, on fait du sport. Personnellement, je les écoute surtout en transpirant, dans mon club de sport, sur des machines de tortures (oups, pardon, des engins de remise en forme) et au volant de ma voiture (car oui, je suis assez souvent sur la route).
    C'est relativement cher, enfin autant qu'un livre grand format ou à peu près, mais pour ma part, je les emprunte dans l'une des diverses médiathèques où je suis inscrite. Regardez près de chez vous, je suis certaine que la votre en possède également.
    Cette fois, j'ai jeté mon dévolu sur "L'attentat" de Yasmina khadra (lu par Henri Thomas)
    Yasmina Khadra est le pseudonyme de l'écrivain algérien Mohamed Moulessehout. C'est la première fois que je lis ou plutôt écoute, dans ce cas précis, un de ses ouvrages.
    Pour en savoir plus sur cet auteur, au passé militaire assez chargé, je vous invite à suivre ce lien, vous renvoyant sur sa page wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Yasmina_Khadra
    Vous pouvez aussi aller sur son site officiel : http://www.yasmina-khadra.com/index.php
    Henri Thomas (le lecteur) est comédien depuis 1986 et il est également un formateur dans le domaine de la lecture à haute voix.
    Il se passionne pour les problématiques de notre monde contemporain et cela explique sans doute pourquoi on le retrouve sur cet audio-livre.

    De quoi parle cet ouvrage ?
    Dans un restaurant de Tel-Aviv, une femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients.
    A l'hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d'origine arabe, opère à la chaîne les survivants de L'attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d'urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. le sol se dérobe alors sous ses pieds : il s'agit de sa propre femme. Comment admettre l'impossible, comprendre l'inimaginable, découvrir qu'on a partagé, des années durant, la vie et l'intimité d'une personne dont on ignorait l'essentiel ? Pour savoir, il faut entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré du peuple palestinien...

    Ce que j'ai pu penser de cette lecture/écoute ?
    Comme souvent, pour débuter notre écoute, on peut entendre un peu de musique. Elle est là pour poser une ambiance et sera un leitmotiv, un repère tout au long de la lecture (écoute). C'est un petit plus pour compenser l'absence du livre physique.
    Je ne sais pas vous, mais quand je lis, j'aime parfois faire des petites pauses et regarder plus attentivement la couverture de mon livre ou tout autre détail de cet objet qui est synonyme de passage d'émotions, de savoirs… Cela me permet de méditer sur ce que je viens de lire, de prolonger le plaisir ou de ne rien faire…
    Cette fois (puisque je n'en suis pas à mon coup d'essai concernant les livres-audios), j'avoue que j'ai été un peu déçue.
    Je l'ai écouté via mon iPhone, puisque j'avais transféré sans peine les fichiers sur mon iTunes et que j'avais tout bêtement, enfin, synchronisé mon smartphone pour pouvoir l'avoir sur moi en toutes circonstances : voiture, TGV et salle de sport.
    Le rendu sonore est de bonne facture, mais j'attendais mieux de la part d'Henri Thomas qui a pour moi massacrait le texte. Je suis désolée, mais sa lecture était lamentable, sa voix atone et il était presque impossible de distinguer les différents protagonistes dans les scènes de dialogues. Souvent, les comédiens changent un peu leur intonation, modifient quelques peu leur voix, bref, on distingue aisément qui dit quoi, mais là, pas moyen. C'était frustrant !
    Après quelques chapitres, je m'y suis faite, mais je suis restée un peu sur ma faim.
    L'histoire en boucle est bien maîtrisée et l'on sent bien que Yasmina Khadra est au fait de son sujet pourtant très délicat car qu'y a-t-il de pire que ces histoires d'attentats suicides, que cette guerre que se livrent les Palestiniens et le peuple d'Israël ?
    Je l'avoue, je ne comprends pas toujours que l'on puisse se haïr de la sorte sur une terre dite Sainte ! Les religions ne sont-elles pas censées prôner l'amour de son prochain ? La tolérance ? La pitié ? Mais là, je m'éloigne du sujet (encore que…).
    Nous allons suivre Amine Jaafari, Israëlien d'origine arabe qui a très bien réussit dans la vie puisqu'il est devenu chirurgien alors qu'il sort d'une famille pauvre. Il mène une vie tranquille ou presque (il en voit des patients touchés par les attentats à Tel Aviv, mais il a fait un mariage heureux, il gagne bien sa vie, il peut voyager partout dans le monde…), quand soudain tout bascule.
    Il devient la preuve vivante que personne n'est à l'abri, que l'on ne voit pas toujours ce qui est sous notre nez. Il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.
    Il va vouloir comprendre comment sa femme, la belle et si douce Sihem a pu devenir une kamikaze. Il va aller jusqu'au bout au mépris de tous les dangers et la vérité l'attendra peut-être au tournant d'un chemin de pierre…
    Yasmina Khadra à travers le personnage d'Amine pose les questions que l'on se pose tous : Pourquoi ? Qui a raison ? Est-ce utile à quelqu'un ? Et les proches dans tout cela ? etc…
    Amine va se sentir trahit, bafoué, immensément seul. Il a été trompé !
    Sihem n'est pas simplement morte, elle a emporté avec elle des victimes innocentes, des enfants. Elle s'est faite exploser, mais elle a exploser également son couple en apparence si solide, si unit. Les certitudes ont volé en éclat.
    Un ouvrage grave où la mort est partout, même et surtout parmi les vivants. Ce n'est donc pas vraiment un ouvrage qui va vous dérider, ce serait même plutôt le contraire, mais il offre une vision assez juste de la situation militaire, politique et religieuse de Tel-Aviv, de Jérusalem, et de la Terre Sainte en général.
    J'ai apprécié le contenu, mais moins la forme car le lecteur n'était pas à la hauteur de l'ouvrage.
    Rendez-vous manqué, mais je vais retenter l'expérience avec d'autres titres car j'ai eu aussi de belles surprises avec d'autres titres.
    Ma note pour le contenu : 15 / 20
    Ma note pour le support : 11 / 20
    Nota bene : Durée totale d'écoute ---- 7 h 15.
    Prix littéraires et prochaine adaptation au cinéma :
    L'attentat a obtenu entre autre récompense : le Prix Découverte Figaro Magazine-Fouquet's, le Prix des libraires 2006. le Grand Prix des Lycéens, le Prix Tropiques 2006 et le Grand Prix des Lectrices Côté Femmes. Il a également été sélectionné pour le Grand Prix du Roman de l'Académie française, le prix Renaudot 2005 et le prix Goncourt 2005.
    Les droits de L'attentat (The attack) achetés pour la réalisation d'un film aux USA par Random House Films et Focus Features.

    Lien : http://espace-temps-libre.blogspot.com/2011/03/lattentat-de-yasmina-..
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Critiques presse (2)


  • Lecturejeune , le 01 mars 2006
    Lecture jeune, n°117 - Yasmina Khadra, d'habitude attachée à dénoncer le drame algérien (À quoi rêvent les loups, La Part du mort – Prix du meilleur polar francophone 2003), ancre ici son récit au coeur du conflit israélo-palestinien. En lice pour le Goncourt des lycéens, L'Attentat a bénéficié de bons échos dans la presse. À Tel Aviv, Amine, chirurgien arabe naturalisé israélien, confortablement installé dans sa vie tant professionnelle que sociale et personnelle, voit son univers basculer lorsqu'un attentat est perpétré par une kamikaze : sa propre épouse. Amine va mener un voyage initiatique qui l'obligera à questionner son couple, l'histoire de sa femme, la situation dans les territoires occupés. Ce périple au bout de la violence, du désespoir et de la haine, le ramènera à sa première conviction : le seul combat qu'il estime personnellement juste de mener est celui de médecin. Le thème est évidemment délicat. En véritable funambule, Yasmina Khadra évite l'écueil des jugements de valeur. Quelques pages profondes sur la folie des hommes en temps de guerre, le pacifisme solide d'Amine qui refuse la violence des deux bords, l'habile construction en boucle du texte portent le roman. Pourtant, il risque de laisser en marge les moins passionnés par le sujet, car bien qu'il apporte des nuances non négligeables sur cette actualité brûlante, le récit manque curieusement de sel… Isabelle Debouvère
  • Lecturejeune , le 01 mars 2006
    Lecture jeune, n°117 - Au coeur de sa profonde détresse, Amine mène son enquête pour comprendre ce qui s’est passé, ce qu’il n’a pas vu venir, les motivations de celle qu’il croyait connaître et qu’il aimait, cherchant une réponse au coeur du milieu islamique, au péril de sa propre vie. D’une terrible et cruelle actualité, ce roman passionnant nous tient en haleine. A la suite du dossier «Visions du conflit israélo-palestinien»(LJ n° 113), voici un roman à découvrir absolument. Mathilde Valognes

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Citations et extraits

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  • Par adeline1983, le 08 septembre 2011

    Amine Jaafari, médecin d'origine palestinienne installé - voire plus, intégré en Israël, se retrouve confronté de façon violente aux souffrances du peuple qu'il avait tenté de renier lorsque Sihem, sa belle et douce épouse, décide de se faire exploser au beau milieu d'un fast-food, entraînant avec elle dans cette mort terrible des dizaines d'innocents.

    Les différentes parties du roman correspondent à la quête initiatique du héros, Amine, à la recherche d’une vérité qui lui est refusée : quelles sont les raisons qui ont pu pousser Sihem à commettre l’attentat ? Qui l’a conduite à ce geste terrible ? Avait-elle laissé un signe à son époux afin de lui permettre de pressentir son acte ?

    Amine, à travers le roman, poursuit une forme d’initiation qui va, en quelque sorte, l’amener à une nouvelle naissance symbolique : entre les premiers moments du roman et le terme de celui-ci, Amine connaît une évolution progressive qui le transforme, l’amène à reconsidérer profondément sa vie et ses choix, en faisant tomber une série de voiles qui masquaient une portion de réalité qu’il avait ignorée, volontairement ou non, consciemment ou non, jusqu’alors : celle-ci concerne à la fois son épouse, et l’aveuglement dans lequel il a partiellement vécu face à elle, ses origines et la vérité d’un peuple qui souffre et auquel il appartient, son propre statut et les enjeux profonds de son exil, de son choix de profession.

    Un roman percutant, qui ne se contente pas de lister des évidences, qui cherche à éviter les pièges du roman à thèse et de la neutralité inenvisageable dans la cas d'un tel sujet. Une oeuvre résolument engagée, donc, qui incite le lecteur à se poser les questions qui importent pour poser, à son tour, un regard critique et par là même engagé sur la difficile problématique israélo-palestinienne.
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  • Par Elisanne, le 17 juillet 2010

    On peut tout te prendre; tes biens, tes plus belles années, l'ensemble de tes joies, et l'ensemble de tes mérites, jusqu'à ta dernière chemise
    il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde que l'on t'a confisqué.
    Citation de qualité ? (46 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 19 décembre 2010

    "Par-dessus le muret de la résidence, on peut voir les lumières de Jérusalem, avec le minaret et le clocher de ses églises qu'écartèle désormais ce rempart sacrilège, misérable et laid, né de l'inconsistance des hommes et de leurs indécrottables vacheries. Et pourtant, malgré l'affront que lui fait le Mur de toutes les discordes, Jérusalem la défigurée ne se laisse pas abattre. Elle est toujours là, blottie entre la clémence de ses plaines et la rigueur du désert de Judée, puisant sa survivance aux sources de ses vocations éternelles auxquelles ni les rois de naguère ni les charlatans d'aujourd'hui n'auront accédé. Bien que cruellement excédée par les abus des uns et le martyre des autres, elle continue de garder la foi - ce soir plus que jamais. On dirait qu'elle se recueille au milieu de ses cierges, qu'elle recouvre toute la portée de ses prophéties maintenant que les hommes se préparent à dormir. Le silence se veut un havre de paix. La brise crisse dans les feuillages, chargée d'encens et de senteurs cosmiques. Il suffirait de prêter l'oreille pour percevoir le pouls des dieux, de tendre la main pour cueillir leur miséricorde, d'une présence d'esprit pour faire corps avec eux. [...] Aujourd'hui encore, partagée entre un orgasme d'odalisque et sa retenue de sainte, Jérusalem a soif d'ivresse et de soupirants et vit très mal le chahut de ses rejetons, espérant contre vents et marées qu'une éclaircie délivre les mentalités et leur obscur tourment. Tout à tour Olympe et ghetto, égérie et concubine, temple et arène, elle souffre de ne pouvoir inspirer les poètes sans que les passions dégénèrent et, la mort dans l'âme, s'écaille au gré des humeurs comme s'émiettent ses prières dans le blasphème des canons..." (pp. 149 à 151)
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  • Par shulien, le 18 mai 2010

    Tout le malheur des hommes vient de ce malentendu: ce que Dieu te prête tu dois savoir le rendre. Aucune chose sur terre ne t'appartient vraiment. Ni ta patrie dont tu parles ni la tombe qui te fera poussière parmi la poussière.
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  • Par Seraphita, le 10 août 2009

    Comme délivré de ses angoisses, l’enfant file sur l’arête des collines en battant des bras, la frimousse radieuse, les prunelles en liesse, et s’élance vers le ciel, emporté par la voix de son père : On peut tout te prendre ; tes biens, tes plus belles années, l’ensemble de tes joies, et l’ensemble de tes mérites, jusqu’à ta dernière chemise – il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde que l’on t’a confisqué.
    > lire la suite
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