Après
Les hirondelles de Kaboul, et
L'attentat, Yamina Khradra reste au Moyen Orient pour continuer de lutter contre l'incompréhension qui caractérise les relations entre l'Occident et cette région si proche et pourtant si mal connue .
L'auteur écrit à la première personne et se met donc dans la peau d'une jeune Bédouin, revenu vivre au village suite à la fermeture de l'université de Bagdad, une jeune qui s'ennuie et pour qui, jusqu'ici, la guerre menée par l'armée américaine n'a que très peu touché.
"Mais comme le dit le proverbe ancestral, si tu fermes ta porte aux cris de ton voisin, ils te parviendront par la fenêtre. "
Il ne suffira pas de deux bavures terribles, il faudra que l'honneur de son père soit bafoué, pour qu'il sorte de sa torpeur.
Il se rend à Bagdad et entre dans la spirale infernale. Même s'il va participer à un attentat, le jeune homme n'est en rien mu par des questions religieuses, et Khadra sait à nouveau secouer notre paresse intellectuelle et notre propension à mettre les gens dans des tiroirs, à étiqueter leurs actions, à fonctionner par cliché.
Si le thème du roman est principalement le pourquoi et le comment, un jeune Irakien, va entrer dans le cercle, je dirais même la spirale, du terrorisme, c'est aussi et peut-être surtout, une déclaration de foi quant au rôle des intellectuels, de quelle qu'origine qu'ils soient, afin de tenter d'éviter les désastres et les injustices auxquels nous assistons.
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