ISBN : 2266172719
Éditeur : Pocket (2007)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 132 notes) Ajouter à mes livres
Kafr Faram. Un petit village aux confins du désert irakien. on y débat devant la télévision, et surtout on s'y ennuie, on attend, loin de la guerre que viennent de déclencher les occidentaux et qui embrase le reste du pays. Mais le conflit, avec son lot de brutalités, d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par amartia, le 07 février 2012

    amartia
    Après Les hirondelles de Kaboul, et L'attentat, Yamina Khradra reste au Moyen Orient pour continuer de lutter contre l'incompréhension qui caractérise les relations entre l'Occident et cette région si proche et pourtant si mal connue .
    L'auteur écrit à la première personne et se met donc dans la peau d'une jeune Bédouin, revenu vivre au village suite à la fermeture de l'université de Bagdad, une jeune qui s'ennuie et pour qui, jusqu'ici, la guerre menée par l'armée américaine n'a que très peu touché.
    "Mais comme le dit le proverbe ancestral, si tu fermes ta porte aux cris de ton voisin, ils te parviendront par la fenêtre. "
    Il ne suffira pas de deux bavures terribles, il faudra que l'honneur de son père soit bafoué, pour qu'il sorte de sa torpeur.
    Il se rend à Bagdad et entre dans la spirale infernale. Même s'il va participer à un attentat, le jeune homme n'est en rien mu par des questions religieuses, et Khadra sait à nouveau secouer notre paresse intellectuelle et notre propension à mettre les gens dans des tiroirs, à étiqueter leurs actions, à fonctionner par cliché.
    Si le thème du roman est principalement le pourquoi et le comment, un jeune Irakien, va entrer dans le cercle, je dirais même la spirale, du terrorisme, c'est aussi et peut-être surtout, une déclaration de foi quant au rôle des intellectuels, de quelle qu'origine qu'ils soient, afin de tenter d'éviter les désastres et les injustices auxquels nous assistons.
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    Lien : http://meslecturesintantanees.blogspot.com/2012/02/yamina-khadra-les..
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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 12 juillet 2011

    Malaura
    Jeune Bédouin, le narrateur vit avec les siens à Kafr Karam, une miséreuse bourgade du désert irakien.
    Sa vie bascule le jour où les GI pénètrent dans le village et avec eux la violence des armes et l'humiliation.
    Ce jour-là il a vu ce qu'un fils ne doit jamais voir : son père dégradé, avili, malmené par les soldats américains.
    Le coeur empli de colère, de haine et d'aversion, décidé à laver l'honneur de sa famille et faire payer l'affront, il part pour Bagdad rejoindre un groupe terroriste.

    Avec la sombre puissance qu'on lui connait, Yasmina Khadra continue son exploration du clivage entre Orient et Occident et analyse les raisons de cette aversion sourde entre les deux mondes; un clivage né de mentalités trop souvent irrespectueuses, provocatrices et arrogantes, engendrant des sentiments extrèmes d'humiliation, de colère et de dégoût.
    Superbement écrite, cette fiction décrit avec beaucoup de réalisme le long cheminement de la haine qui conduit au terrorisme.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par AmandineMM, le 14 septembre 2011

    AmandineMM
    Dans le cadre de cette trilogie et de ce projet littéraire, ce livre-ci me semble le plus abouti des trois (bien que mon préféré soit plutôt Les hirondelles de Kaboul pour le style et le sujet abordé). le malentendu qui oppose Orient et Occident y est abordé plus explicitement que jamais et est même nommé à plusieurs reprises. En effet, les Irakiens dont le territoire est envahi ne sont pas seulement en colère contre les Américains, mais contre l'ensemble de l'Occident qui les rabaisse et a perdu ses valeurs au profit de l'argent. La haine les aveugle, et certains en viennent à détester le monde entier, oubliant que tous ne sont pas responsables de leur malheur et s'y sont opposés. Malgré tout, d'autres proposent d'autres discours, plus pacifistes. Encore une fois, Khadra multiplie les points de vue et les opinions, sans en choisir vraiment une, et laisse le lecteur face à toutes ces voix discordantes.
    Celle qui raconte le récit est à la première personne du singulier : il s'agit d'un personnage que je rapprocherais plutôt de ceux des Hirondelles de Kaboul que de celui de L'attentat. Passif et terré dans son village, jusque-là épargné par la guerre et les combats, il changera d'attitude et se révoltera après l'humiliation « de trop », la perte de son honneur qu'il se doit de venger dans le sang. Il part alors à Bagdad où il espère agir, puis à Beyrouth.
    Ce qui m'a marqué dans ce tome-ci, ce sont les personnifications des deux villes citées ci-dessus : les agissements des hommes lui sont attribués et c'est elle qui reçoit les adjectifs qu'ils mériteraient peut-être. Cela commence dès le tout début du roman et revient à plusieurs reprises. Je ne me souvenais pas de ce procédé stylistique dans les autres livres de Khadra, mais il l'utilise magistralement.


    Lien : http://minoualu.blogspot.com/2011/09/trilogie-du-grand-malentendu-ya..
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  • Par MDO, le 20 septembre 2011

    MDO
    Ce livre décrit la descente aux enfers d'un jeune homme rattrapé par le terrorisme.
    Fuyant Kafr Karam, son village, jusqu'à Bagdad, ce jeune Bédouin découvre une ville déchirée par la guerre. Sans ressources, sans repères, il devient une proie facile pour les Islamistes.
    Avec ce troisième volet d'une trilogie, Yasmina Khadra situe clairement l'origine du dialogue de sourds entre l'Orient et l'Occident. Dès le début du roman, le décor est planté : la vie quotidienne du personnage principal et narrateur (dont on ne connaîtra jamais le nom) dans son village, sa famille, ses amis, jusqu'au jour où… Puis l'auteur déploie l'intrigue : comment un jeune homme lettré bascule vers la haine et comment un esprit lucide se sacrifie pour une question d'honneur.
    Yasmina Khadra a beaucoup de choses à dire : dans un style simple, direct, il ne tire aucune conclusion ; mais avec subtilité, il laisse le lecteur réfléchir et comprendre pour l'amener à un dénouement dont on ne sort pas indemne.
    [Monique Leriverend]
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 22 mai 2011

    brigittelascombe
    Quels éléments déclenchants interagissent pour vous transformer en un terroriste pur et dur? Quel élément enclenchant fera que malgré TOUT vous ne serez jamais un terroriste?
    Voilà en gros les deux sujets phares de ce livre coup de poing.
    Pour démontrer sa foi en l'homme même provoqué par ceux d'en face l'auteur laisse parler son héros qui revient sur son passé, dans ce petit village paisible de Kafr Karam occupé par des occidentaux irrespectueux car les traditions c'est du sacré. Et lorsqu'on bombarde à feu et à sang, lorsqu'on pénètre de nuit dans l'intimité d'un foyer tranquille, lorsqu'on dénude les femmes et surtout lorsque l'on humilie le patriarche au sexe nu certains disjonctent des envies de vengeance plein la tête. Mais Yasmina(alias Mohamed Moulessehoud) veille et au dernier moment....suspense...
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 mars 2007
    Lecture jeune, n°121 - Yasmina Khadra clôt avec cet ouvrage sa trilogie sur les grandes métropoles d’Orient (Kaboul pour Les hirondelles de Kaboul, Tel-Aviv pour L’attentat (LJ n° 117), Bagdad et Beyrouth ici) gravement meurtries par la guerre, le fanatisme et le terrorisme. Le narrateur est cette fois l’apprenti terroriste, pari d’écriture plus redoutable que dans ses précédents romans. Le récit débute et se termine à Beyrouth, présentée comme une sorte de prostituée, métaphore du profond malentendu entre l’Orient et l’Occident. L’auteur retrace l’itinéraire d’un jeune bédouin qui vivait paisiblement, selon une tradition millénaire, aux portes du désert, loin des fureurs guerrières de Bagdad. Son existence bascule dans l’horreur après les sévices et les « bavures » de combattants américains pour qui quelques vies, même arbitrairement abattues, ne comptent guère. Humilié, plein de haine, il rejoint à Bagdad les groupes de djihadistes, aux itinéraires variés mais soudés par le même sentiment d’humiliation. Le lecteur découvre avec lui la difficulté de survivre dans cette ville et les facettes d’une violence barbare et multiforme. Yasmina Khadra ne se contente pas de ce portrait, si fouillé soit-il. Il traque les compromissions, faiblesses et contradictions de chaque camp, essaie de comprendre l’origine des conflits Orient-Occident et refuse tout manichéisme simpliste, refus qui le conduit à imaginer un dénouement inattendu : la tragédie n’éclate pas toujours sous la plus prévisible et la pire des formes. Cette fiction bien écrite, très nuancée, réussit à rendre compte de l’extrême complexité d’une situation tragique au sens fort du terme. Clairement engagée contre les intégrismes de tous bords, elle ne peut laisser indifférents ses lecteurs, notamment les grands adolescents qui souvent s’interrogent sur la violence du monde, les problèmes du terrorisme et de l’intégrisme. Marie-Françoise Brihaye

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Citations et extraits

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  • Par claireogie, le 19 décembre 2010

    "Il faut t'endurcir. Il faut savoir renoncer aux peines des autres ; elles ne sont bonnes ni pour eux ni pour toi. Tu es trop mal loti pour t'attendrir sur le sort d'autrui..." En vain. On ne naît pas brute, on le devient ; on ne naît pas sage, on apprend à l'être. Moi, je suis né dans la misère et la misère m'a élevé dans le partage.
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  • Par Cali, le 05 mars 2008

    Souleyman courait, courait, l'echine roide, les bras ballants, le corps ridiculement penché sur la gauche. Rien qu'à sa façon de courir, on voyait bien qu'il n'était pas normal. Mais, en temps de guerre, le bénéfice du doute privilégie la bavure au détriment du sang-froid; cela s'appelle la légitime défense... Le premier coup de feu m'ébranla de la tête aux pieds, telle la décharge d'un electrochoc. S'ensuivit le déluge. Hébété, complètement dans les vapes, je voyais des flopées de poussière jaillir du dos de Souleyman, situant les points d'impact. Chaque balle qui atteignit le fugitif me traversait de part et d'autre. Un forumillement intense me dévora les mollets avant de se déverser dans mon ventre. Souleyman courait, courait, à peine secoué par les balles qui lui criblaient le dos. A côté de moi, le ferronnier s'egosillait comme un forcené, le visage en larmes...
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  • Par l-opulence-de-la-nuit, le 15 juillet 2011

    Ce qui était terrifiant, dans cette histoire, était l'aisance avec laquelle je passais d'un univers à l'autre sans me sentir dépaysé. C'est d'une facilité ! Je m'étais couché garçon docile et affable, et je m'étais réveillé dans la chair d'une colère inextinguible. Je portais ma haine comme une seconde nature ; elle était mon armure et ma tunique de Nessus, mon socle et mon bûcher ; elle était tout ce qui me restait en cette vie fallacieuse et injuste, ingrate et cruelle.
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  • Par l-opulence-de-la-nuit, le 13 juillet 2011

    Je ne me souviens pas d'avoir été proche de lui ou de m'être blotti contre sa poitrine ; toutefois j'étais convaincu que si je venais à faire le premier pas, il ne me repousserait pas. Le problème : comment prendre un tel risque ? Immuable tel un totem, mon vieux ne laissait rien transparaître de ses émotions.
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  • Par Sachenka, le 31 juillet 2011

    Les jours passaient leur chemin, semblables à une caravane fantôme. Ils surgissaient de nulle part, au petit matin, sans grâce ni panache, et disparaissaient le soir, subrepticement, happés par les ténèbres. Cependant, les enfants continuaient de naître, et la mort de veiller à l'équilibre des choses.
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