ISBN : 9973580184
Éditeur : Elyzad (2009)


Note moyenne : 4/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Algérie, années 1990. Elles ont été des milliers à être enlevées, violées, parfois assassinées, les filles de la décennie noire. Ces très jeunes filles, à qui l on a demandé de pardonner, se sont tues et ont ravalé leur honte. Tandis que résonne le cri de l une d entre ... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par sandrine57, le 10 février 2012

    sandrine57
    Un pays. Deux femmes. Deux voix. Deux douleurs.
    L'une est enseignante, l'autre est sa brillante élève. La première a quitté l'Algérie, a choisi l'exil pour échapper à la violence. La seconde n'a pas eu le choix et a subi les coups et les viols à répétitions d'hommes qui au nom d'un idéal corrompu s'arrogent le droit de salir, d'avilir, de soumettre.
    La première souffre de cet exil forcé mais salutaire. A la nostalgie de son pays s'ajoute la culpabilité d'avoir abandonné à leur terrible sort toutes ces jeunes femmes qui sont ses soeurs, d'avoir baissé les bras, d'avoir échoué à enseigner la tolérance, d'avoir trouvé le bonheur loin de toutes ces horreurs.
    La seconde souffre dans sa chair et dans son corps de tous les sévices qu'elle a endurés, mais aussi dans sa tête et dans son coeur de devoir se taire et, au nom de la réconciliation nationale, de devoir pardonner même.
    Quand on lit la biographie de Wahibi KHIARI, on imagine que son roman est largement inspiré de sa propre vie. Comme son héroïne, elle est enseignante et a quitté l'Algérie. C'est par l'écriture qu'elle a apaisé ses souffrances. C'est ainsi qu'elle a pu donner une voix à toutes ces femmes algériennes qui durant les années 90 ont subi de plein fouet la haine et la violence qui sévissait dans leur pays. Ces femmes enlevées, violées, assassinées, reniées par leurs familles qui n'ont eu que le silence pour répondre à leurs douleurs, silence qu'on leur a imposé et silence qu'on leur a opposé.
    Ce livre est un témoignage fort et poignant mais plein de pudeur où deux femmes se racontent au nom de toutes les autres femmes.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par carnetdelecture, le 07 mars 2012

    carnetdelecture
    En 1991, l'Algérie connait une des pires périodes de son histoire. le pays est plongé dans une guerre civile qui n'épargne personne. Les citoyens sont rapidement pris pour cible et massacrés avec toute leur famille. Seules les jeunes filles échappent à ce traitement. Pour elles, un autre sort est prévu : enlevées, séquestrées, elles sont mariées de force à leurs geôliers et deviennent leurs esclaves sexuelles. Evidemment, sans protection, ces jeunes filles tombent rapidement enceintes et n'ont d'autre choix que de mettre au monde l'enfant du viol. L'avortement ne peut être pratiqué que dans des conditions bien précises, que très peu d'entres elles sont en mesure de remplir. Mais, alors qu'elles pensaient avoir passé le pire, le gouvernement algérien les humilie une dernière fois en leur demandant de pardonner à ces hommes « égarés », qui ne savaient pas ce qu'ils faisaient.
    Nos Silences est le premier roman de Wahiba Khiari. Très personnel et inspiré de sa propre vie, il nous raconte le quotidien de deux jeunes algériennes pendant la guerre civile.
    D'un coté, une jeune professeur d'anglais, qui tente de faire passer les valeurs de tolérance et d'ouverture à ses élèves mais qui baisse les bras face à la violence qui l'entoure. Elle choisit alors de quitter l'Algérie et de s'installer en Tunisie, où l'attend une vie meilleure. de l'autre coté, une jeune fille à peine pubère nous raconte l'assassinat de sa famille et le calvaire qu'elle subit dans un cachot humide. Sur le mode de la confidence, elle nous parle de sa peur, de sa colère et de la résignation qui l'envahit.
    L'auteure, qui a échappé au mal qui touchait son pays pendant la décennie noire, conçoit ce livre comme un témoignage, une parole donnée à toutes ces belles silencieuses, qui se sont tues, honteuses de ce qu'elles avaient vécu. Pour Wahiba Khiari, Nos Silences est aussi un témoignage de solidarité envers ces femmes, elle qui se sent maintenant coupable d'avoir fui ces atrocités.
    De son premier texte, Wahiba Khiari dit : « Il me fallait parler, parler pour toutes celles qui ont choisi de se taire. Celles qui ont vécu l'horreur mais aussi celles qui, comme moi, ont quitté le pays. Avec un sentiment de culpabilité. On a voulu tourner la page, faire comme si… Malgré ce qui a été dit, déjà écrit sur cette tragédie, l'oubli nous guette. Je ne peux et ne veux oublier ce que nous avons traversé. Mes mots contre l'amnésie collective complice et coupable, des mots pour nous libérer. »
    Un livre poignant, qui ne tombe pas dans le pathos, mais qui interpelle. L'écriture d'une femme qui s'exprime pour toutes celles qui n'ont pas pu le faire.


    Lien : http://carnetdelecture.skynetblogs.be/archive/2012/03/07/nos-silence..
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 11 janvier 2012

    mimipinson
    « Alors je suis partie, un peu comme on se lance sur une feuille blanche, avec en tête juste un mot qui inspire et l'espoir profond d'une lointaine écriture .J'ai quitté mon pays parce qu'il ne m'était plus supportable ni même possible d'y vivre. »
    Parce qu'elle aura eu la force, et la possibilité de partir, c'est avec ses mots, et ceux d'une autre qu'elle brise le silence, les silences de toutes celles, victimes innocentes d'un conflit qui les dépasse et d'une idéologie assassine, qui ont été contraintes au silence et à la soumission.
    Elles parlent à tour de rôle. L'une enseigne « une langue vivante dans un pays où l'on se mourrait », l'autre recevait cet enseignement, promesse d'une vie libre et meilleure. L'une s'est enfuie, l'autre a été rattrapée par les barbares. L'une est vivante, pleine de remords, de douleurs, l'autre n'est plus qu'une ombre.
    Elles n'ont pas de nom, elles sont toutes celles réduites à se taire ici ou là, hier, aujourd'hui, et demain.
    Cette femme que j'imagine douce a des poignards entourés de velours sous sa plume. Son écriture crie une révolte longtemps retenue, utilise beaucoup de langage du corps, comme si elle voulait donner encore plus de voix à ces corps violentés.
    Ce livre m'a appelée, cramponnée. Il met en mots, les maux d'un pays qui n'a pas encore fait son inventaire. C'est avec la littérature, entre autre, que certaines voix se font entendre. Les éditions Elyzad, ont le courage d'offrir ces ouvrages là où la parole ne se libère pas encore facilement ; qu'elles soient encouragée à laisser parler celles et ceux qui ont à dire.
    Merci à libfly qui m'a à nouveau fait ce cadeau.
    Nos Silences a reçu le Prix Senghor du premier roman francophone 2010
    Il a été crée pour distinguer et promouvoir des écrivains d'expression française qui ont réussi à créer, en utilisant la langue qu'ils ont en partage, « des œuvres de Beauté », chargées d'humanité, expressives d'un langage neuf et d'harmonies originales.


    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2012/01/nos-silences.html
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par kikou114, le 12 novembre 2011

    kikou114
    Je viens d'achever ce livre. Effroyables que le destin de ces jeunes filles. L'auteur fait parler à tour de rôle une femme professeur d'anglais, qui a choisi de fuir et une de ses brillantes élèves qui a du subir. Se lit très vite car court. Terrible.
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par alison.trebes, le 21 décembre 2011

    alison.trebes
    Un récit à deux narrateurs. Une professeur d'anglais qui a préféré quitté l'Algérie pour fuir les violences faites aux femmes et qui culpabilise et une de ces élèves qui, elle, va les subir.
    Un récit poignant de destins terribles et brisés.
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Critiques presse (1)


  • Actualitte , le 02 septembre 2011
    C’est poignant, violent, terrible. Les mots sont forts, précis, sans concessions. L’histoire est dramatique comme ces destins brisés.
    Lire la critique sur le site : Actualitte

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Citations et extraits

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  • Par mimipinson, le 11 janvier 2012

    « Alors je suis partie, un peu comme on se lance sur une feuille blanche, avec en tête juste un mot qui inspire et l’espoir profond d’une lointaine écriture .J’ai quitté mon pays parce qu’il ne m’était plus supportable ni même possible d’y vivre.
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