ISBN : 2742773924
Éditeur : Actes Sud (2008)


Note moyenne : 3.44/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Dans un manoir anglais, à la fin du XIXe siècle, Emily Pearl a trouvé une place comme préceptrice du fils d'un lord. Le petit maître est attachant, son père est un veuf d'une séduction puissante. Emily entame avec ardeur cette existence prometteuse. Mais la réalité rest... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(5)

> Ajouter une critique

  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    InColdBlog
    Les Vies d'Emily Pearl dont le titre du roman de Cécile Ladjali fait état, ce sont toutes celles que la jeune fille rêve de vivre et qu'elle s'invente grâce au pouvoir des mots. Car elle meurt d'ennui, notre jeune Emily. C'est peu de dire que sa vie ne lui convient pas et qu'elle aspire à mieux, plus grand, plus fort, plus intense.
    C'est parce qu'elle méprise la condition de ses parents qu'elle a commencé par quitter le foyer familial pour se faire employer à Green Worps.
    Virginia, sa sœur aînée, l'avait fait avant elle, laissant la campagne derrière elle pour une place de pelucheuse dans une industrie textile de Londres. Virginia, son modèle, dont elle attend les lettres comme autant de bulles d'air qui la ramènent à la vie. Virginia qui est sans cesse en mouvement, qui va toujours de l'avant, alors qu'elle ne cesse de se sentir ballottée par une vie sur laquelle elle n'a aucune prise. Virginia qui quitte la vieille Europe endormie pour le Nouveau Monde plein de promesses, rencontre l'amour en la personne d'Eliot, un pasteur, qui va lui donner une fille et avec lequel elle va parcourir l'Amérique pour défendre et propager leurs valeurs et leurs idées progressistes pour l'époque.
    Emily, elle, a beau devenir la maîtresse de Lord Auskin, elle ne peut échapper à sa condition. Si elle est son égale lors de leurs étreintes, elle retrouve sa position de domestique le reste du temps.
    Contrairement à sa sœur, elle n'aura pas la liberté de choisir son futur mari. Ses parents ont décidé pour elle : son promis ne sera autre que Pitch, le vacher, qu'elle hait pour l'enchaîner à sa condition et la condamner à mener la rustre vie d'une paysanne.
    Par deux fois, les deux sœurs auront l'occasion de se retrouver : une première fois, lorsque Emily accompagne lord Auskin lors d'un déplacement à Londres et la seconde, à l'occasion de l'enterrement de leurs parents. Les deux fois, les jeunes femmes vont se manquer d'un rien. Tant et si bien que connaissant l'esprit affabulateur et l'imagination débridée d'Emily, le lecteur en vient à douter de l'existence réelle de Virginia. Et si finalement Virginia n'était qu'un double fantasmé d'Emily, une image idéalisée de la femme qu'elle aimerait être.

    Emily Pearl n'est pas un personnage sympathique.
    La personnalité d'Emily est complexe, tourmentée. La jeune fille n'arrive pas à concilier ses ambitions personnelles et son destin qui semble tout tracé, tant par sa famille que par la société victorienne.
    Ne sachant comment s'y prendre pour parvenir à donner un sens à sa vie, elle accumule rancœurs et frustrations. Elle trouve temporairement une échappatoire dans son journal grâce auquel elle fait l'expérience du pouvoir que lui confèrent ses histoires et ses calomnies.
    A la voir aussi manipulatrice, jouer froidement avec les destins des gens de la maisonnée simplement pour pimenter son quotidien et se changer les idées, sans vraiment se soucier des répercussions de ses mensonges, on finit par douter de ses réelles intentions et même, parfois, de sa santé mentale. Est-elle cette jeune oiselle naïve ou une sournoise intrigante ? Sa relation trouble avec Auskin est-elle l'expression d'un amour sincère ou est-elle pour Emily le moyen d'atteindre son but ?
    Sans cesse, Emily réprime ses sentiments qu'elle ne semble exprimer pleinement qu'en présence de Terence à qui elle apporte sans relâche toute son attention et toute son affection.
    Et c'est justement au moment où elle va laisser parler son cœur et donner la preuve ultime de son amour qu'elle va commettre l'irréparable et tout perdre.

    N'ayant aucune connaissance particulière en matière de romans victoriens et/ou gothiques, je n'ai pas été en mesure de faire une quelconque comparaison ou rapprochement avec le texte de Cécile Ladjali, sentir si Les Vies d'Emily Pearl était un clin d'œil, une parodie, un hommage aux maîtres du genre ou une libre ré-interprétation de l'auteur.
    Et pour une fois, je dirais tant mieux. J'ai ainsi pu apprécier ce roman pour lui-même. Si j'ai beaucoup aimé l'histoire et la tristesse poisseuse qui s'en échappe (l'élément liquide, sous toutes ses expressions, y est omniprésent), j'ai également pris beaucoup de plaisir avec la construction particulière du journal où s'enchevêtrent - sans véritable transition marquée par une ponctuation spécifique - les confidences d'Emily, des extraits des lettres de Virginia, des dialogues, ce qui s'est réellement passé et ce qui relève de l'imaginaire…
    Une très agréable lecture et un premier contact prometteur avec Cécile Ladjali que je dois à Brize qui en avait fait un livre voyageur.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Les%20vies%20d%27Emily%20Pearl
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par kathel, le 13 septembre 2010

    kathel
    Je ne suis pas particulièrement connaisseuse ni passionnée par les Romans victoriens, leur préférant souvent les contemporains, mais de temps en temps, un bon changement d'air s'impose et je suis ravie de lire Henry James ou W. Wilkie Collins. La présentation de ce roman français contemporain m'a intriguée, sans que je sois sûre d'y trouver… ce que j'y cherchais. Je l'ai lu sans déplaisir et en alignant page après page sans respirer, mais au bout du livre, je suis un peu mitigée.
    A la fin du XIXème siècle, Emily Pearl, jeune fille d'origine très modeste qui se verrait bien sortir de sa condition, obtient un emploi de préceptrice auprès d'un jeune garçon à l'esprit vif mais à la santé fragile. le maître des lieux est comme il se doit veuf et d'une séduction un peu trouble. Emily tient un journal intime, sans pudeur ni tabou, dans un style plutôt contemporain un peu déroutant au début. Passons sur cela, c'est un choix original de l'auteur, tout à fait intéressant et auquel je me suis vite adaptée. Entrer dans l'univers d'Emily, dans ses rêves, ses frustrations, ses fantasmes, est captivant, et surtout le versant de ses relations épistolaires avec sa sœur Virginia qui, d'une vie d'ouvrière du textile à Londres a immigré en Amérique où elle mène une vie très heureuse avec son époux Elliot, pasteur engagé. J'imaginais que cette sœur était un double fantasmé d'Emily et qu'une révélation viendrait le prouver à la fin du livre, cela n'apparaît pas ou alors de façon trop subtile pour moi… Une fin plus fantastique aurait pu s'ouvrir aussi, avec l'eau et l'ambiance poisseuse qui en résulte, omniprésente dans le récit d'Emily, mais là encore, ce que je pressentais n'est pas arrivé.
    Je dois reconnaître le talent de Cécile Ladjali à créer une atmosphère et à nous mener où elle veut, tout en nous faisant attendre autre chose ! Ce roman m'a un peu rappelé Ailleurs de Julia Leigh, lu l'année dernière, quoique j'ai davantage apprécié celui que je viens de finir, moins malsain qu'Ailleurs. Je me rends compte que j'ai très peu raconté ces vies d'Emily Pearl, vous verrez qu'il vaut mieux en savoir le moins possible pour les découvrir, ce que je vous engage à faire malgré mes quelques réticences.


    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-cecile-ladjali--les-vies..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par livr-esse, le 06 mai 2009

    livr-esse
    L'Histoire:
    Ce roman se passe en Angleterre à la fin du XIXe siècle.
    Emily Pearl est fille d'ouvriers et son avenir ne lui offre pas beaucoup d'espoirs.
    Elle est embauchée comme préceptrice du fils de Lord Auskin, s'installe dans ce manoir et commence alors à rédiger son journal.
    Elle y parle des autres employés, de son attirance pour Lord Auskin, de son existence qui ne lui convient pas...
    Car sa condition ne lui permet pas d'avoir de contrôle sur sa vie alors ce journal, qu'elle va volontairement laisser trainer, va lui servir à manipuler celle des autres.
    Emily Pearl reçoit aussi régulièrement des lettres de sa soeur, Virginia, partie faire sa vie à Londres puis aux Etats-Unis.
    Elle est admirative et envieuse de cette soeur libre, engagée et apparamment heureuse.
    Dans son journal, elle va donc introduire des passages de ces lettres au milieu du récit de son existence si terne.
    Et c'est à travers le regard d'Emily, qu'on va suivre la vie de ces protagonistes et cela réserve bien des surprises...
    Mon avis:
    Le récit avance, et la lectrice que je suis se fait prendre dans la toile tissée par Emily Pearl(...)


    Lien : http://www.livr-esse.com
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par CMazin, le 03 novembre 2010

    CMazin
    Issue de modeste condition, Emily Pearl est employée au Castle de Green Worps en tant que préceptrice du jeune fils de Lord Auskin, Terence, un garçon brillant, mais malheureusement atteint d'hydrocéphalie, et dont la mère est morte en couches.
    Entre les heures d'enseignement et les séances d'équitation, Emily profite de son poste d'observation privilégié dans toute la maisonnée de Lors Auskin et consigne dans son cahier secret (qu'elle laisse délibérément traîner partout, bien consciente qu'il ne peut qu'être lu par le maître de céans) tous les petits faits et gestes des uns et des autres. Et ces derniers sont bien souvent assaisonnés de quelques touches toutes personnelles (et pas toujours soucieuses de toute la vérité) dictées par ses propres ressentiments à l'égard des différents membres du personnel de la maison. Avec toutes les conséquences que cela peut entraîner.
    Emily correspond régulièrement avec sa sœur Virginia dont elle envie la capacité à avoir pu dire non à ses parents et ainsi, partir, loin, pour vivre la vie qu'elle souhaitait hors des contraintes parentales encore prégnantes dans ces années de fin de XIXe siècle. Mais le travail éreintant à l'usine ou les pressions du patron à l'égard de son personnel féminin sont-ils, dans le fond, si différents ?

    Lien : http://www.actualitte.com/dossiers/1193-manoir-angleterre-preceptric..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par wictoria, le 11 décembre 2008

    wictoria
    Angleterre, 1898. Emily Pearl entre au service de Lord Auskin en devenant la gouvernante de Terence, un garçon de 7 ans dont la mère est morte à sa naissance. De nature rêveuse et insatisfaite, elle rédige un journal dans lequel elle dépose ses frustrations, ses correspondances, ses souvenirs, comme un flux monocorde, sans ponctuation, mais avec de fausses accusations...
    Lire la suite

    Lien : http://monbiblioblog.blogspot.com/2008/12/les-vies-demily-pearl.html
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)

> voir toutes (4)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par wictoria, le 11 décembre 2008

    On saisit alors les fleurs, on pince les pétales entre nos ongles et, quand on obtient un nombre suffisant de confettis, on les lance par poignées dans l'air froid. Ils retombent comme une neige douce. Comme la pluie d'un mariage. On ne dira rien à papa, hein ? On ne dira rien à ton père. Allez, on file ! On a une promenade à cheval à faire, si je me souviens bien. Terence membrasse. Nous ne regardons pas en arrière. La tombe sans fleurs nous remercie peut-être déjà de ne pas avoir cru à sa réalité.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par TinyAkatsuki, le 15 août 2010

    C'est donc lui le dragon qui crache cet incendie d'insanités... Il lève les yeux vers ma lucarne, comme s'il avait senti que je l'observais. Je rencontre son regard animal pour la première fois. Il me voit. Il me salue en ôtant son chapeau, mais en continuant à fumer son cigare. S'il existe des demi-mondaines, cette terre abrite aussi des demi-gentlemen, à coup sûr !
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Lilly, le 14 février 2009

    " J'enviai alors cet homme et sa capacité à sélectionner les détails de la vie susceptibles de ne lui apporter que du bonheur et à jeter dans les douves de l'amnésie ceux qui auraient pu le conduire au désespoir. Je n'avais pas cette force. "

    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    Je me sentis mal. Je dus quitter ce quai de gare. Retourner chez Collins pour retrouver Alec et Terence. Cesser de jouer. Cesser de fuir. Leur dire la vérité. Que je les aimais tous les deux. Que je pouvais m’occuper de Terence comme de mon propre fils et chérir Alec comme un époux. Mais pourquoi ne trouvais-je pas la force en moi pour accomplir de telles évidences ?
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (3)

Videos de Cécile Ladjali

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Cécile Ladjali

La grande librairie 15/03/2012 sur France 5 de François Busnel, Cécile Ladjali parle de son nouveau livre "Aral"








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Les Vies d'Emily Pearl par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (18)

> voir plus

Quiz