> Charlotte Maurat (Autre)
> Raymond Las Vergnas (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253004359
Éditeur : LGF - Livre de Poche


Note moyenne : 4.42/5 (sur 546 notes) Ajouter à mes livres
Orpheline, Jane Eyre est recueillie à contrecoeur par une tante qui la traite durement et dont les enfants rudoient leur cousine. Placée dans un orphelinat, elle y reste jusqu'à l'âge de dix-huit ans. Elle devient alors institutrice dans une famille et tombe passionnéme... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 02 septembre 2011

    juliette2a
    Jane Eyre un merveilleux livre !
    C'est l'histoire d'une orpheline, Jane Eyre, recueillie (par promesse avant la mort de son mari) par sa tante Mrs. Reed. Jane est sans cesse maltraitée par sa tante et ses cousins.
    Puis un jour, elle est placée dans le pensionnat de Lowood de l'âge de huit ans à dix-huit ans.
    Elle décide finalement de poster une annonce dans un journal pour devenir institutrice.
    Mrs. Fairfax, la gouvernante de Thornfield Hall, répond finalement à son annonce favorablement. Jane arrive donc à Thornfield où l'amour va naître entre elle et le propriétaire de la demeure, Mr. Rochester.
    Malheureusement, plusieurs problèmes vont se poser... Jane Eyre et Edward Rochester réussiront-ils à être heureux ?
    Jane Eyre est tout simplement le meilleure livre que j'aie jamais lu !
    Un magnifique livre pour une merveilleuse histoire d'amour... (j'adore les scènes de l'incendie et de la réception !)
    Tout simplement parfait et inoubliable !
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    Critique de qualité ? (26 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Youplala, le 18 février 2008

    Youplala
    Un ptit résumé de l'histoire: Jane Eyre est une orpheline recueillie par sa méchante marâtre tante qui ne l'aime pas et qui le lui montre chaque jour qui passe. Lassée de voir sa nièce, la tata pas sympa (ok, ce jeu de mot est pourri) l'enverra dans une école pour jeunes filles sans fortune où Jane apprendra tout ce qui lui sera nécessaire afin de devenir enseignante. Une fois qu'elle sera en âge de se prendre en charge, elle quittera son école afin d'aller travailler chez un certain Mr Rochester où elle éduquera la pupille de celui-ci. La relation entre Jane Eyre et son maître ne restera pas purement professionnelle, mais des tas d'obstacles se dresseront entre eux dont un terrible secret.
    Wutherings Heights d'Emily Brontë est l'un de mes romans favoris et je m'étais jurée un jour de lire les oeuvres de ses soeurs afin de voir si elles avaient été aussi bonnes qu'elle, et j'ai plus particulièrement choisi Jane Eyre car Boréale avait rédigé il y a quelques temps un article élogieux dessus.
    Je dois dire que je n'ai pas été déçue. Je ne sais pas ce que me réservent les autres livres du Challenge ABC, mais Jane Eyre restera assurément l'un de mes plus grands coups de coeur de l'année (je suis même déterminée à le relire en anglais afin de mieux en saisir les subtilités).
    J'y ai retrouvé un peu le même genre d'ambiance que dans Wuthering Heights, mais en moins violente et tourmentée. On y retrouve les thèmes de la destinée, de la blessure à vif d'un homme seul, de la monstruosité, du bonheur inaccessible et de la vengeance... mais le personnage principal est bien différent d'Heathcliff ou Kathy.
    Jane est un personnage très sensé, elle a la tête sur les épaules, une haute estime d'elle-même et elle foule joyeusement du pied les préjugés sociaux de l'époque qui voulaient qu'une femme soit une pauvre petite chose fragile et stupide tandis que la classe sociale était la chose la plus importante qui soit.
    Quant à l'histoire, bien qu'elle paraisse gnangnan quand on lit le résumé je l'ai trouvée tout à fait juste. Pas de mièvrerie casse-pieds, pas de héros surhumains. D'ailleurs, le fait que Jane soit décrite comme pas très jolie et que Mr Rochester soit carrément laid m'a bien aidée à plus rentrer dans le roman car ces personnages semblent tout ce qu'il y a de plus normal. Ils doutent, ils prennent certaines décisions puis s'en repentent, ils se font arnaquer, ils ne savent pas quoi faire et ensuite se retrouvent coincés dans certaines situations pas géniales... comme vous et moi en gros. :-)
    Bien sûr, certains coups de théâtres assez hallucinants sont de temps en temps glissés dans l'intrigue afin de faire avancer les choses. Au point que je me suis demandée si Charlotte Brontë n'était pas fan de Molière pour faire des retournements de situation aussi abracadabrants. Surtout au cours de la troisième partie du roman, où là il y a vraiment des évènements complètement dingues qui se produisent. Et forcément, Jane Eyre baisse un peu en qualité au cours de ces passages. Mais le reste est tellement chouette qu'on lui pardonne. :-)
    Pour finir, sans savoir que cela avait été étudié maintes et maintes fois, j'ai trouvé que Jane Eyre ressemblait beaucoup à Rebecca de Daphné du Maurier (enfin, plutôt le contraire vu leur date de parution ^^). En beaucoup moins chiant (j'ai jamais fini Rebecca, c'était beaucoup trop lent pour moi). Par exemple, il y a pas mal de descriptions dans Jane Eyre et dans REBECCA. Ben dans ce dernier je me suis emm**dée comme un rat mort, alors que dans le premier c'est passé comme une lettre à la poste.
    Maintenant il ne me reste plus qu'à lire "The Professor" de Charlotte Brontë afin de voir si je peux revivre les mêmes sensations de lecture!
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 23 décembre 2007

    Woland
    Jane Eyre
    Traduction : Charlotte Maurat pour le Livre de Poche
    Surprenant roman que "Jane Eyre" : une intrigue d'un romanesque outrancier mais parfaitement maîtrisée (si l'on excepte la partie où Rochester déclare sa flamme à Jane et lui demande de l'épouser, qui est sacrément gnangnan), des personnages qui, sans l'indéniable talent de son auteur, ne seraient que caricatures, et enfin des prises de position féministes proprement ahurissantes chez une fille de pasteur aussi soumise que le fut Charlotte et qui s'insèrent avec audace dans un récit touffu où abondent les descriptions parfois trop appliquées de la campagne anglaise et (pour mon goût) les références un peu trop nombreuses - surtout dans le dernier tiers du livre - à la Bible, au péché, aux pécheurs, etc, etc, etc ...
    Plus que tout, c'est le plaisir profond que Charlotte Brontë prit à l'écrire - et que l'on sent pratiquement à toutes les lignes - qui fait de "Jane Eyre" un monument incontournable de la littérature anglaise. Paradoxalement cependant, "Jane Eyre" est aussi une espèce de contre-monument à l'Ere victorienne : car c'est avec jouissance, avec sensualité et avec une frénésie authentique que la romancière y envoie valser les conventions sociales et mondaines. Allons plus loin et n'hésitons pas à écrire qu'une lecture attentive et impartiale de ce "pavé" démontre une perversité raffinée mise en oeuvre pour légitimer ce qui, si on le regarde bien, demeure bel et bien la séduction d'un quadragénaire fortuné et viveur par une fausse innocente de vingt ans sa cadette.
    "Fausse innocente" en effet parce que le personnage de Jane Eyre est ambigu. Enfant, elle a déjà les haines d'une adulte passionnée dont, pas une minute et malgré les touchants efforts de celle qui l'a imaginée pour la ramener au Créateur, à la Bible et à tout ce que l'on voudra dans ce goût-là, on ne parvient à croire une minute qu'elle se soit assagie. Quoi ! Une femme capable d'éprouver une passion amoureuse aussi violente pour un homme qu'on devine extrêmement charnel serait aussi la plus candide et la plus pieuse des ouailles du pasteur local ? Im-pos-si-ble, déclare très vite le lecteur qui manque d'ailleurs quelquefois d'apposer le terme "arriviste" à ce parcours impeccable vers la réussite sociale.
    La construction du roman, elle, est par contre extrêmement claire et vient se greffer sur un sens de l'analyse qui surprend chez un auteur si jeune et surtout si dépourvu d'expérience du monde. Sous une autre plume, "Jane Eyre" ne serait qu'un conte de fées pas très net aux entournures, mis à la mode du XIXème siècle. Mais la force de caractère de son auteur est telle qu'elle parvient à nous le faire lire encore, à plus d'un siècle de sa première parution, avec un intérêt qui ne faiblit que très rarement tout au long du récit. Pour un livre, pour son créateur, c'est là la marque de l'immortalité.
    Il faut dire que Charlotte Brontë, en bonne romancière, fonde sa fiction sur des bases réelles : l'institution Lowood, où la petite Jane est envoyée par sa tante par alliance, Mrs Reed, reproduit les us et coutumes d'une institution où séjournèrent Charlotte et l'une de ses soeurs ; les personnages de bigots que l'on aperçoit par ci, par là (notamment la famille Brocklehurst) sont peints probablement d'après nature : Brontë n'était pas pour rien fille de pasteur ; la bigamie froidement envisagée par Edward Rochester fait écho à un fait divers qui fut rapporté à la romancière alors qu'elle était une toute jeune institutrice de 19 ans, en poste chez Miss Wooler ; quant au personnage de Mr Rochester lui-même - et à la fascination qu'il exerce très tôt sur la gouvernante de sa pupille - ils évoquent irrésistiblement la passion malheureuse de Charlotte pour M. Héger qui tenait à Bruxelles un pensionnat où la jeune fille enseigna un temps avec sa soeur, Emily.
    Les piques contre le caractère des Français, que l'on rencontre çà et là dans le roman, proviennent en partie de la rancoeur que Charlotte conserva envers M. Héger, lequel, désireux de sauvegarder son propre mariage, mit brutalement fin à la correspondance qu'elle ébaucha avec lui après son départ de Bruxelles. Eh ! oui, ce n'est pas un hasard si la petite Adèle est née française !
    Idem pour les critiques voilées de la foi catholique (Eliza, l'aînée des cousines de Jane, a pour projet de se convertir au catholicisme et devient d'ailleurs supérieure d'un couvent, en France). Fille d'un pasteur anglican, Charlotte Brontë ne se pardonna jamais d'avoir cédé, à Bruxelles, à la tentation du papisme : on sait en effet que l'exaltation amoureuse et les souffrances qu'elle ressentit à l'époque la conduisirent même à se confesser. (La pratique de la confession est, de toutes façons, l'une des rares choses que beaucoup de non-catholiques, célèbres ou pas, envient à l'Eglise de Rome. Wilde lui-même la trouvait "sublime.")
    "Jane Eyre" n'est peut-être pas un roman à lire quand on a vingt ans car on risque alors de passer à côté de ses indéniables qualités littéraires ainsi que de l'ambiguïté de ses héros. Mais si on l'a lu à cet âge, il faut au moins se promettre de le relire vingt ans plus tard : tel un bon vin (français, cela va de soi ! ;o)), il ne cesse de se bonifier avec le temps.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Delaetitia, le 23 février 2008

    Delaetitia
    L'emploi à la première personne nous rend très proche de l'héroïne Jane Eyre. le lecteur vit à ses côtés, éprouve ses peines et ses joies, suit son évolution de petite orpheline pauvre et rejetée jusqu'à l'âge adulte. C'est aussi par la suite, une merveilleuse histoire d'amour qui naît entre deux êtres si différents que les remous de la vie ne cesseront de séparer et de malmener.
    Charlotte Brontë laisse d'ailleurs au fil des pages quelques traces de rencontres et d'évènements qui ont eu lieu dans sa vie bien que son oeuvre ne soit pas autobiographique (le pensionnat, son poste d'institutrice…). Elle nous dépeint aussi une Angleterre victorienne des plus caricaturale entre noblesse vaniteuse, superficielle et pauvres gens loyaux, authentiques. La romancière joue avec les clichés : la qualité d'une personne étant proportionnelle à sa bourse, les riches étant les méchants et les pauvres, les gentils. Jane en est le parfait exemple puisque sans fortune et sans parents, elle devient un fardeau pour sa famille d'adoption riche et hautaine. Même si Charlotte est fille de pasteur, les références multiples à la religion (bible, péchés et compagnie) deviennent malgré tout agaçantes.
    Par contre, les descriptions des paysages et de l'atmosphère sont tout simplement enchanteurs. Campagne verdoyante le jour, sombres et maléfiques, la nuit. La superstition et le surnaturel font partis des éléments marquant du roman. On les retrouve sous forme de rêves, de signes et d'allusions (rêves d'enfants au mauvais présages, marronnier foudroyé…). Cela renforce le côté sinistre de l'histoire. Les personnages sont, eux, fouillés, cernés, analysés avec détails. L'écriture est quant à elle, délicate, immuable, passionnée.
    Un récit qui donne à réfléchir, une belle leçon de vie qui pousse à voir au delà des apparences. Bref, un livre qui ne laisse pas indifférent. Un chef d'œuvre, certainement !
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Elphie, le 13 avril 2011

    Elphie
    Jane Eyre, quand on le commence, difficile de s'arrêter ! J'avais oublié combien j'aimais la manière d'écrire de Charlotte Brontë. Elle ne tombe jamais dans le sentimentalisme : elle a fait de Jane une héroïne forte, téméraire, intelligente, qui n'a pas grand chose à perdre, mais bien tout à gagner !
    J'admire Jane. Même dans les pires moments, quand elle croit que la fin est proche, elle tient bon. Elle est... forte. Je sais, je me répète mais c'est vrai. J'aime sa manière d'être, sa façon de parler, sa timidité qui en fait ne l'est pas.
    J'aime Jane car elle est partie de rien et est arrivé à tout. Et tout ça, par la force de sa volonté. Jamais elle ne s'est laissée abattre, jamais elle ne s'est découragée, et les rares fois où ça lui arrivait, ça ne durait pas bien longtemps ! Jamais je n'ai eu l'idée de la plaindre, je savais qu'elle arriverait à s'en sortir, que c'était juste un mauvais moment à passer.
    Quant à Rochester, jamais je ne l'ai trouvé distant ou froid. Il a un caractère particulier, mais comme Jane, c'est parce qu'il a subit de nombreuses épreuves par le passé. J'aime son côté "vulcanien", ses sautes d'humeur, ses questions bizarroïdes. On ne sait jamais à quoi s'attendre avec lui, ça le rend intéressant à étudier et à observer et Jane s'en donne à cœur joie !
    Et puis, c'est un très bon acteur et un calculateur : mention spéciale au passage où il utilise Blanche pour rendre Jane jalouse et ainsi être sur de ses sentiments.
    Rochester sous ses airs de « Vulcain » est un homme torturé, amoureux, romantique (voyez ses déclarations d'amour à Jane), qui ne se croit pas supérieur aux autres car plus fortunés : Jane et lui étaient égaux, il ne cesse d'oublier qu'elle n'est « que » gouvernante.
    J'aime beaucoup la relation entre Jane et Rochester. Au départ, la curiosité s'installe entre eux : ils ont chacun une forte personnalité qui, comme je l'ai déjà dit, sont vraiment intéressante à étudier. C'est ce qui se passe entre eux : ils sont curieux, ils se cherchent, se découvrent, essaient de percer à jour les sentiments de l'autre... Et au fur et à mesure qu'ils s'observent, des sentiments amoureux naissent entre eux. Et ce qui au départ était un défaut devient leur plus grande qualité.
    Rochester a été le premier à tomber sous le charme, et selon moi, c'est arrivé dès qu'il l'a rencontré dans le bois. Dès le début, il a été attiré par elle, elle était différente de toutes les demoiselles autour de lui, son esprit est à la hauteur du sien, il sent qu'il a trouvé quelqu'un avec qui parler, et qui le comprend.
    Les sentiments amoureux de Jane sont venus plus tard, quand elle a commencé à voir que Rochester s'intéressait à elle. A partir de ce moment, elle a porté un tout autre regard sur lui. Et chaque fois que ce dernier ne faisait pas attention à elle, ses sentiments se renforçaient.
    Le livre est parfait en tout point, l'histoire est cohérente du début à la fin. Mais j'avoue tout de même avoir un peu de mal avec le passage où Jane découvre comme de par hasard que les membres de la famille qui l'a si gentiment recueillie sont ses cousins ! Je trouve ça un peu « fort » on va dire. Qu'ils connaissent ses cousins passe encore, mais qu'elle soit tombée pile-poil chez eux, j'ai eu peu de mal à m'y faire. Mais bon, il faut se dire que Dieu est derrière tout ça ...
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Citations et extraits

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  • Par Maykeiza, le 06 décembre 2008

    Jamais, dit-il, en grinçant des dents, jamais il n'y eut créature plus fragile et indomptable. Ce n'est qu'un roseau dans ma main ! (Et il me secoua de toute la force de ses bras.) Je pourrais la tordre entre le pouce et l'index ; mais à quoi cela me servirait-il de la ployer, de la briser, de la broyer ? Voyer ces yeux, voyez l'âme résolue, farouche, libre, qui s'y reflète, qui me défie, non seulement avec courage, mais avec un amer triomphe. Quoi que je puisse faire de sa cage, je ne puis atteindre ce sauvage et merveilleux esprit ! Si je brise, si je détruis la légère prison, mon outrage ne fera que libérer le captif. Je pourrais conquérir la demeure, mais son hôte s'évaderait vers le ciel avant même que je fusse en possession de son abri d'argile. Et c'est toi, esprit, avec ta volonté, ton énergie, ta vertu, que je veux, et non pas seulement ta fragile enveloppe. Tu pourrais de toi-même venir d'un vol léger te blottir contre mon cœur, si tu le voulais ! Saisi malgré toi, tu échapperais à mes embrassements, tu t'évanouirais, telle une essence, avant que je n'aie respiré ton parfum. Oh ! Viens, Jane, viens !
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  • Par artemis, le 11 août 2009

    "Il n'y a rien de si triste que la vue d'un méchant enfant, reprit-il, surtout d'une méchante petite fille. Savez-vous où vont les réprouvés après leur mort?"
    Ma réponse fut rapide et orthodoxe.
    "En enfer, m'écriai-je.
    -- Et qu'est-ce que l'enfer? pouvez-vous me le dire?
    -- C'est un gouffre de flammes.
    -- Aimeriez-vous à être précipitée dans ce gouffre et à y brûler pendant l'éternité?
    -- Non, monsieur.
    -- Et que devez-vous donc faire pour éviter une telle destinée?"
    Je réfléchis un moment, et cette fois il fut facile de m'attaquer sur ce que je répondis.
    "Je dois me maintenir en bonne santé et ne pas mourir."

    (Dialogue entre Jane Eyre et Mr Brockelhurst à Gateshead)
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  • Par Maykeiza, le 06 décembre 2008

    Chaque atome de votre chair m'est aussi précieux que ma propre chair ; dans la souffrance, dans la maladie, j'y attacherai autant de prix. Votre intelligence est un trésor pour moi ; si elle était ruinée, elle resterait toujours mon trésor. Si vous étiez folle, je vous emprisonnerais dans mes bras, non dans une camisole de force ; votre étreinte, même furieuse, aurait un charme pour moi. Si vous vous jetiez sur moi aussi férocement que cette femme l'a fait ce matin, je vous presserais sur mon cœur avec autant d'amour que de force pour vous contenir. Je ne m'éloignerais pas de vous avec dégoût, comme je l'ai fait devant elle ; dans vos moments d'apaisement, vous n'auriez pas d'autre garde, pas d'autre nurse que moi ; je me pencherais sur vous avec une inlassable tendresse, même si vous ne me donniez pas un sourire en retour ; je ne me fatiguerais jamais de plonger mon regard dans vos yeux, même s'ils n'avaient plus une lueur de conscience pour me reconnaître.
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  • Par Youplala, le 18 février 2008

    Généralement, on croit les femmes très calmes; mais elles ont la même sensibilité que les hommes; tout comme leurs frères elles ont besoin d'exercer leurs facultés, il leur faut l'occasion de déployer leur activité. Les femmes souffrent d'une contrainte trop rigide, d'une inertie trop absolue, exactement comme en souffriraient les hommes; et c'est étroitesse d'esprit chez leurs compagnons plus privilégiés que de déclarer qu'elles doivent se borner à faire des puddings, à tricoter des bas, à jouer du piano, à broder des sacs. Il est léger de les blâmer, de les railler, lorsqu'elles cherchent à étendre leur champ d'action ou à s'instruire plus que la coutume ne l'a jugé nécessaire à leur sexe.
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  • Par csapin, le 23 mars 2011

    Me blâmera qui voudra quand j'ajouterai que lorsque, de temps à autre, je faisais une promenade solitaire dans le parc, lorsque je descendais jusqu'à la grille, à travers laquelle j'envoyais mon regard se promener le long de la route ; lorsque, tandis qu'Adèle jouait avec sa bonne et que Mme Fairfax confestionnait des gelées dans resserre, je grimpais à l'étage supérieurs, je soulevais la trappe de la mansarde et, parvenue sur le toit, je portais mon regard au loin par-dessus le champ isolé et le coteau, le long de la ligne d'horizon indistincte... qu'alors j'aspirais à posséder un pouvoir de vision qui me permît de dépasser ces limites, qui pût atteindre le monde actif, les villes, ces régions pleines de vie dont j'avais entendu parler mais que je n'avais jamais vues ; qu'alors je regrettais de ne pas posséder plus d'expérience concrète, de ne pas avoir plus de relations avec mes semblables, de ne pas mieux connaître la diversité des caractères que je ne le pouvais avec ce qui était à ma portée. (...)

    Qui me blâmera ? Bien des gens, sans doute, et l'on va me traiter d'éternelle mécontente. Je n'y pouvais rien ; cette agitation était dans ma nature ; elle me troublait parfois de façon douloureuse. En ce cas, je ne trouvais de soulagement qu'en arpentant sans fin le couloir de l'étage supérieur, protégée par le silence et la solitude de l'endroit, en permettant à mon imagination de poser les yeux sur toutes les visions lumineuses qui pouvaient surgir devant elle... et, certes, elles étaient nombreuses et brillantes ; en laissant mon coeur se soulever d'un moment d'exultation qui, s'il le rendait lourd à l'heure de l'épreuve, le gonflait de vie ; ou mieux encore, en ouvrant mon oreille intérieure à un récit qui ne s'achevait jamais... à un récit que créait et narrait sans cesse mon imagination, animé par tout ce que je désirais et ne trouvais pas dans mon existence actuelle en fait d'incidents, de vie, de chaleur, de sentiment.

    Il est vain de prétendre que les humains doivent se satisfaire de la tranquillité ; il leur faut du mouvement ; et s'ils n'en trouvent pas, ils en créeront. Des millions d'individus sont condamnés à un destin plus immobile que le mien, mais ces millions sont en rébellion silencieuse contre leur sort. Nul ne sait combien de révoltes, en dehors des révoltes politiques, fermentent dans la masse des vivants qui peuplent la terre. Les femmes sont censées être très paisibles en général, mais les femmes ont tout autant de sensibilité que les hommes ; il leur faut des occasions d'exercer leurs facultés et un champ d'action tout comme à leurs frères ; elles souffrent de contraintes trop rigides, d'une stagnation trop complète, exactement comme en souffriraient des hommes ; et c'est par étroitesse d'esprit que leurs compagnons plus privilégiés décrètent qu'elles devraient se borner à faire des entremets et à tricoter des chaussettes, à jouer du piano ou à broder des sacs. Il est sot de les condamner ou de se moquer d'elles quand elles cherchent à faire ou à apprendre plus de choses que la coutume n'a déclarées nécessaires aux personnes de leur sexe.
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