ISBN : 2849490911
Éditeur : Petit à Petit (2007)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
" Tous les jours pareils. J'arrive au boulot (même pas le travail, le boulot) et ça me tombe dessus, comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme la brûlure de la balle sur la tempe. Un travail trop connu, une salle de contrôle écrasée so... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 20 mars 2012

    canel
    En une quinzaine de zooms, appelés 'chapitres nouvelles' par le dessinateur, les auteurs nous montrent le quotidien difficile des ouvriers d'une usine classée Seveso.
    Fatigue des "senior", pénibilité des 3/8, impression de gâcher sa vie, envie de tout plaquer mais en même temps peur du chômage, accidents du travail parfois mortels, peur, alcoolisme, hiatus manoeuvres/cadres... Quelques moments de trêve : les amitiés viriles, l'apéro (à consommer avec modération car la déprime pousse vite vers l'abus), le soutien des syndicats, les grèves et manifs.
    A l'instar du propos, la forme de cette BD est très sombre : le fond et le cadre sont souvent noirs, et cette couleur est également prégnante dans les dessins chargés.
    Un album très intéressant sur la condition ouvrière mais aussi plus généralement sur le malaise au travail, susceptible de toucher tout le monde, a fortiori en période de crise économique. de quoi relativiser encore une fois sur sa propre vie mollassonne de fonctionnaire, émaillée d'autres difficultés certes, mais de gravité moindre.
    Pour couronner le tout : une postface riche sur chacun des deux auteurs, on aimerait avoir ce genre d'informations plus souvent dans les BD.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par BVIALLET, le 16 mai 2012

    BVIALLET
    Ouvrier dans une usine classée « Seveso 2 » de l'agglomération rouennaise, J.P.Levaray nous livre son témoignage sur une condition sociale délassée et sans grand espoir. L'industrie chimique française est sinistrée. Elle sait qu'elle finira comme la sidérurgie et le textile. Elle est en train de vivre ses toutes dernières années avant d'être totalement délocalisée vers des lieux moins exigeants sur les rejets dans l'environnement et sur la santé physique et mentale des employés. En effet, le tableau que nous trace l'auteur est particulièrement catastrophique. Les ouvriers n'en peuvent plus d'un travail abrutissant, répétitif, salissant et dangereux. Son usine est la sœur jumelle de la tristement célèbre AZF de Toulouse et les accidents s'y multiplient avec toutes sortes de conséquences dramatiques. Arrive la catastrophe dans la ville rose et plus rien ne sera comme avant dans le groupe. le patronat multipliera les plans sociaux et les restructurations en tous genres…
    Se plaçant lui-même dans une situation ambiguë, (« en tant que libertaire, dit-il, je milite contre ce système, pour sa destruction et par l'action syndicale, je participe à parer au plus pressé, à aménager »), Levaray est à la fois « un militant engagé dans le social » et un anarchiste et un utopiste fort sympathique. Il veut encore pouvoir rêver « d'un monde sans classe ni Etat, d'une société sans salariat, où l'on réfléchirait sur la consommation et la production, sur la façon de travailler » ; (un monde)  « où la production jugée socialement utile se ferait dans de petites unités non polluantes, basées au maximum sur les machines, sur l'automatisation et l'informatique. » Un témoignage rare et intéressant (qui donc sait vraiment ce qui se passe derrière ces murs d'usine ? Combien d'ouvriers ont eu la possibilité de prendre la plume et surtout d'être édités ?), mais totalement désabusé. La lutte des classes n'est plus ce qu'elle était à la belle époque. Il me semble déjà dépassé car la crise qui est là pour longtemps et qui n'a pas fini de tout détruire sur son passage risque de changer définitivement la donne. Pour l'histoire sociale de ces 30 dernières années…

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par ChezLo, le 16 août 2011

    ChezLo
    Près de Rouen, à l'usine de Grande Paroisse (groupe Total, production d'engrais chimiques, d'ammoniac, d'hydrogène...) classé Seveso 2, des hommes travaillent et vivent de nombreuses heures de leur existence, en se relayant selon les 3x8, en allant au boulot le ventre serré, en affrontant des équipements dangereux, en rigolant des blagues dans le réfectoire, en sombrant parfois dans l'alcoolisme, en préférant les quarts de nuit où personne n'est sur votre dos. Malheureusement, des accidents, parfois mortels, font aussi partie de leur vécu, de leurs discussions, de leurs craintes. Les grèves surviennent de temps à autre. Mais il faut bien reprendre le travail un amer matin. Reprendre le chemin de l'usine. Putain d'usine.
    L'usine comme lieu familier, quotidien, symbole du métier d'une vie, d'un ancrage pour des hommes qui ne se verraient plus apprendre d'autres gestes. L'usine comme broyeur d'existence, anéantisseur de week-end en famille, symbole d'un travail qui ne plaît plus.
    L'usine de Grande Paroisse, c'est la soeur jumelle d'AZF à Toulouse. Après l'explosion médiatique de 2001, l'employé Jean-Pierre Lavaray, 30 ans de boîte en Normandie, se décide à écrire sur ces métiers dangereux et méconnus, sur des lieux protégés par le secret industriel, sur ses angoisses et son aliénation de salarié. Un récit sous forme de roman qui deviendra une bande dessinée grâce à Efix. Ce dernier possède un graphisme très rond, rappelant les BD humoristiques. Ca contraste beaucoup avec la gravité du récit, et ce décalage peut heurter au début. Les profils tout de noir qui surgissent plus tard, rendent au récit une ambiance plus sombre.
    Autour de notre ouvrier-narrateur, des collègues parfois rassurants, dilettantes, angoissés, déçus ou qui pètent carrément les plombs. On se souviendra des planches qui décrivent ce salarié mis à pied qui traverse Rouen sur un caterpillar pour rejoindre les ruelles étroites de la rive droite où habite son patron....

    Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2011/08/putain-dusine.html
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  • Par alouett, le 22 janvier 2012

    alouett
    (...)
    Le quotidien à l'usine vous connaissez ? Pour ma part, je ne connais pas même si j'ai des amis qui y travaillent. Un quotidien écrasant, des perspectives d'avenir incertaines voire inexistantes, une vie à la petite semaine.
    C'est ce qu'a décrit Jean-Pierre Levaray dans son roman Putain d'usine (paru aux Éditions Agone en 2005). L'ouvrage a depuis été l'objet d'un documentaire et d'une pièce de théâtre. C'est donc tout à fait naturellement que l'auteur accepte le projet d'adaptation BD de son ouvrage, d'autant qu'il est amateur de bandes dessinées. Olivier Petit le met donc en lien avec Efix, le courant passe entre les deux hommes, le projet démarre rapidement. Une partie « bonus » insérée en fin d'album est l'occasion de lire les auteurs sur leur collaboration.
    Ce n'est pas la première fois que j'ai cet album en main mais c'est la première fois que je parviens à dépasser les dix premières pages. En cause, un graphisme que je trouve écrasant, sombre… aussi morose que le quotidien qu'il illustre. Pour l'occasion, Efix a dû adapter son trait pour coller à univers beaucoup plus sombre que ceux qu'il dessine habituellement. le noir et blanc s'est imposé comme une évidence
    (..)

    Lien : http://chezmo.wordpress.com/2012/01/20/putain-dusine-levaray-efix/
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Citations et extraits

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  • Par ChezLo, le 12 août 2011

    Tous les jours pareils. J'arrive au boulot (même pas le travail, le boulot) et ça me tombe dessus, comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme la brûlure de la balle sur la tempe. Un travail trop connu, une salle de contrôle écrasée sous les néons, et des collègues que, certains jours, on n'a pas envie de retrouver. Même pas le courage de chercher un autre emploi. Trop tard. J'ai tenté jadis... et puis non, manque de courage pour changer de vie. Ce travail ne m'a jamais satisfait, pourtant je ne me vois plus apprendre à faire autre chose, d'autres gestes. On fait avec, mais on ne s'habitue pas. Je dis " on " et pas " je " parce que je ne suis pas seul à avoir cet état d'esprit : on en est tous là...
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  • Par alouett, le 22 janvier 2012

    Est-ainsi que les hommes vivent ? Où sont passés nos rêves de mômes ? Tu la voyais comme ça, toi, ta vie ? Alors aux grands maux les grands remèdes… Eh oui ! Paradoxalement, c’est pour tenir debout que l’homme se défonde. Ainsi soit-il
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