ISBN : 2867465818
Éditeur : Liana Lévi (2011)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Tomelilla, une petite ville de Scanie, à l'extrême sud de la Suède, où Konrad Jonsson aurait préféré ne jamais revenir.
Mais la police ne lui laisse pas le choix : ses parents adoptifs viennent d'être abattus d'une balle dans la nuque et les douze millions gagnés... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par ppette007, le 04 mars 2012

    ppette007
    Tomelilla, petite ville du sud de la Suède, à notre époque. Konrad Jonnson, un journaliste chevronné mais à la dérive, se voit forcé de retourner dans la ville qui l'a vu grandir et qu'il a fui à l'âge de dix-sept ans. Ses parents adoptifs, Signe et Herman, viennent d'y être assassinés d'une balle dans la tête. Ils sont morts riches d'une petite fortune gagnée au loto, ce qui le désigne comme suspect idéal pour la police tout comme son frère adoptif, Karl. Etrangement, cette région habituellement sans histoire est rapidement troublée par un autre assassinat, celui de deux jeunes albanais. Une étincelle qui ravive les tensions entre les différentes communautés. Suspecté de meurtre, Konrad est obligé de sortir de sa torpeur pour mener l'enquête et se disculper. Ce retour aux sources sera aussi synonyme de quête identitaire pour notre journaliste qui cherche à découvrir la vérité sur sa mère, Agnes Stankiewic, mystérieusement disparue lorsqu'il avait sept ans.
    Olle Lönnaeus nous offre ici un livre à mi-chemin entre thriller et roman social. Il prend tout son temps pour démêler les différentes intrigues de son histoire, mêlant passé et présent. Cette lente progression vers la vérité lui permet d'approfondir les traits de personnalité des différents acteurs de ce roman, qui paraissent tous être d'une manière ou d'une autre en quête de rédemption. A commencer par Konrad, traumatisé par un reportage en Irak durant lequel son collègue a été exécuté. Au fil des pages et des flashbacks, son personnage gagne en épaisseur. Son passé d'enfant martyrisé en raison de ses origines polonaises refait peu à peu surface. Abandonné par sa mère, il a passé le reste de sa vie à fuir : fuir la maison de ses parents adoptifs pour lesquels il ne ressent aucun sentiment, fuir sa fille et son ex-femme, etc. Ses retrouvailles avec son ancien ami Sven, lui aussi marginalisé, vont le confronter à ses propres lâchetés. Il n'avait rien fait alors pour défendre celui-ci attaqué en raison de ses préférences sexuelles. Konrad est un personnage qui subit et semble incapable de se libérer de ses vieux démons.
    Mais ce livre est surtout l'opportunité pour l'auteur de dépeindre une société suédoise marquée par la xénophobie et l'homophobie. En effet, la description qu'il fait de la petite ville de Tomelilla (dans laquelle il vit) est loin d'être flatteuse. Il s'agit d'une ville sinistrée où fleurissent les idées extrémistes et l'intolérance. Parmi les habitants désoeuvrés, on trouve de nombreux sympathisants nationalistes dont certains sont des nostalgiques de l'empire nazi et s'expriment sans aucune retenue. L'atmosphère devient donc vite étouffante et ceci pas seulement du fait de la canicule.
    En conclusion, le lecteur ne doit pas s'attendre à des rebondissements ou à des scènes d'action dans ce roman policier tout en subtilité dans lequel les enjeux essentiels sont les relations entre les personnages dont l'auteur arrive bien à saisir toute la complexité.
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    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 11 mai 2012

    chocobogirl
    Konrad Jonsson revient à Tomelilla, cette petite ville qu'il s'était juré d'oublier. S'il y retourne aujourd'hui, c'est qu'il y est convoqué par la police : ses parents adoptifs viennent de mourir. Herman et Signe viennent d'être victime d'un meurtre et laissent derrière eux un joli magot gagné à la loterie. de l'argent qui aiderait bien Konrad, journaliste en panne d'inspiration et d'argent depuis qu'une mission a laissé son accompagnateur pour mort. Sans alibi, Konrad devient le principal suspect. Durant l'enquête de la police, ce dernier replonge alors dans ses souvenirs et se penche sur le mystère qui entoure la disparition de sa vraie mère, Agniezka, une polonaise ostracisée tout comme son fils, ce "bâtard de Polak" qui subit particulièrement la haine du fils légitime de Herman et Signe. Un retour sur le passé difficile qui mènera chacun à expier ses fautes.
    Voici un bon polar suédois qui nous mène tout droit dans une petite ville aux accents racistes voisine d'Ystad où officie le célèbre Wallander de papier.
    Le retour de Konrad dans la ville se fait sous le signe du malaise. Homme un peu largué, père d'une grande fille dont il n'est pas très proche, divorcé et s'investissant peu dans sa nouvelle relation amoureuse, Konrad va devoir affronter et exorciser ses peurs. Parti de Tomelilla pour une raison que nous découvrirons au cours du roman, il culpabilise quelque peu de n'avoir jamais pris de nouvelles de ses parents adoptifs mais peu aimants, d'avoir abandonné Sven le seul ami qu'il avait pour fuir un passé qu'il a occulté depuis toujours. Son retour provoque pourtant des réminiscences de sa vie avec sa mère et entraîne beaucoup de questionnements de sa part. Enquêtant à sa façon sur cette femme qui a disparu mais qui est toujours resté dans son cœur, Konrad va peu à peu tisser des liens entre ses recherches et la mort de ses parents adoptifs, et retrouver l'équilibre qui lui manquait depuis toujours.
    Vous l'aurez compris l'enquête policière se double surtout d'une quête identitaire et c'est cette dernière qui nous est donné le plus à voir. L'enquête suit son cours et nous y avons accès par l'intermédiaire d'un journaliste bien renseigné qui se prend d'affection pour Konrad et l'aide dans ses recherches. Konrad se révèle bien vite un personnage très intéressant dont la quête est passionnante. Sans être totalement de neige, il apparaît avec ses failles et ses faiblesses qui le rendent attachant.
    Les autres personnages apparaissent également assez troubles. Chacun semble avoir quelque chose à cacher et un terrible secret pèse évidement sur certains.
    Au delà de cette histoire familiale, l'auteur nous déroule un portrait assez sombre de la société suédoise : racisme, intolérance, homophobie, partisans d'extrême-droite, lâcheté et abandon, ... La vie est loin d'être une réjouissance ici. Pourtant quelques fenêtres plus lumineuses s'ouvrent ici et là : l'amour d'une fille pour son père, l'amour d'un homme pour une femme. Après avoir expié ses fautes, le bonheur semble encore possible heureusement et on referme le livre sur une note d'espoir.
    Ce qu'il faut expier s'avère donc un très bon polar qui offre une intrigue étoffée et des personnes riches sans tomber dans une surcharge sanglante. Toute la réussite de l'auteur tient dans l'art de mener une histoire dont le final ne lassera pas de nous surprendre tout en construisant avec beaucoup de réalisme une fresque sociale et psychologique des habitants de Scanie. Une très bonne découverte que je vous conseille donc !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-ce-qu-il-faut-expier-o..
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    • Livres 5.00/5
    Par Philes67, le 18 février 2012

    Philes67
    Konrad Jonsson s'est enfui à l'âge de 17 ans de Tomelia, village à l'extrême sud de la Suède où il ne se passe jamais rien de palpitant. Ses parents adoptifs, avec qui il n'avait plus de liens, ont gagné une très grosse somme au loto et viennent de se faire assassiner. Pour la police, Konrad est le suspect idéal.
    En quête d'identité , il retourne dans ce village sinistré que la crise a rendu encore plus xénophobe qu'avant. Et là, les souvenirs remontent...
    Il y a une abondance de thèmes dans ce roman: la peur, l'abandon, la solitude, la haine d'autrui, la vieillesse, la guerre, la mort, la violence, le poids de la religion, le châtiment, la culpabilité, l'échec, la fuite comme élément de survie...
    Un polar dans lequel le suspense a moins d'importance que le cheminement existentiel des personnages principaux et les relations qu'ils entretiennent entre eux.
    Captivant.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Actualitte , le 23 novembre 2011
    La qualité de l'écriture, les images souvent poétiques, le sens du détail, la lenteur même des événements (il y a peu d'actions dans ce polar), le regard juste du quotidien, ajoutent au sentiment d'imprégnation délicieux. Un livre pénétrant où l'effet de surprise n'est même plus attendu, où Konrad, seul, suffit à nous retenir et à satisfaire notre plaisir.
    Lire la critique sur le site : Actualitte






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